XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 2 septembre 2006

Mon cher Victor,

Je suis cernée ! Par quoi ? Que se passe-t-il encore ? Mardi après-midi, je n'ai quitté la fraîcheur de mon salon que pour aller chercher du pain, soucieuse de contribuer au bien-être de ma petite soeur, dont je suis responsable pendant quatre jours, en l'absence de mes parents partis vadrouiller dans la capitale. Il me semble pourtant que ta soeur n'est plus une enfant ! C'est vrai, elle a dix-huit ans... En fait, je disais ça histoire de jouer les vraies grandes soeurs, protectrices et bienveillantes ! Je me disais aussi... Alors, par quoi es-tu cernée ?

Par les auto-écoles ! En allant, donc, chercher du pain (cinq minutes à pieds de mon domicile !) j'ai croisé quatre véhicules provenant tous, ironie du sort, de l'auto-école à laquelle je suis inscrite ! Et pour couronner le tout, la seule, l'unique, la C3 blanche que je conduit habituellement, avec à son bord un apprenti-conducteur et mon moniteur de référence ! Et bien évidemment... Cette vision horrible t'a angoissée ? Terriblement ! J'ai eu instantanément mal au ventre et l'envie d'annuler ma prochaine heure de conduite. Tu ne m'avais pas dit que tu avais repris des heures !! Alors, tu en es où ? Humm... Eh bien... Te souviens-tu que j'ai raté le permis, Victor ? Oui, vaguement... Je dois dire que j'étais plus concentré sur ton concours que sur le permis ! J'avais pourtant fait part de ma déconfiture lors du grand examen... Comment as-tu pu oublier ?! Oh, allez, Mirabelle, ne m'en veux pas... Ce n'est pas grand chose le permis !

C'est là que je constate que tu ne me connais pas encore très bien, Victor. Pour moi, ce permis est une montagne. Depuis une semaine, je ne pense plus qu'à ma prochaine leçon, la première depuis mon échec ! Tu n'as pas conduit de tout le mois de Juillet ? Non ! Ce n'est pas faute d'avoir essayé, crois-moi ! Selon l'auto-école, impossible de me caser nulle part, hors de question de m'attribuer un autre moniteur le temps de quelques leçons, et tant pis si le mien est en vacances et si je dois rester plus d'un mois sans toucher un volant ! Eh bien ! Il semblerait que dans ton auto-école, le client ne soit pas roi ! Je ne te le fais pas dire !

Cette nuit, j'ai rêvé que je ratais une nouvelle fois le permis, Victor. Même inspecteur. Même panique. Mêmes erreurs de ma part. J'y pense. J'y repense. Evidemment, si tu ne fais pas d'efforts pour te sortir de ce schéma de l'échec, tu n'es pas sortie de l'auberge, ma pauvre Mirabelle ! J'essaie, pourtant ! Mais j'ai si peur que tous mes raisonnements tombent comme des châteaux de cartes ! Et je dois te dire une chose, Victor... Vas-y ! J'ai encore profondément honte de mon premier passage. J'ai honte. J'ai fait des erreurs inadmissibles. L'inspecteur a freiné sans arrêt. J'ai fait des erreurs inadmissibles malgré toutes ces heures d'apprentissage ! Dis-toi que lors de ta deuxième tentative, tu auras déjà l'expérience, tu ne seras pas plongée dans l'inconnu, contrairement à la première fois ! Et comme c'est l'inconnu qui inspire le plus de crainte... La deuxième fois se passera forcément mieux !

J'aimerais partager ton optimisme, Victor... Car les auto-écoles tournent dans ma tête, tu sais, comme dans les bandes dessinées, quand les héros se font assommer et que des chandelles tournoient au-dessus d'eux ! Euh... Non, je ne vois pas ! Peu importe... Tout ce que je peux te dire, c'est que j'ai de plus en plus de mal à m'endormir le soir et que si j'avais le choix, j'abandonnerais tout ça : je me désinscrirais de cette auto-école à la noix, j'achèterais une voiture sans permis et voilà ! Tu n'es pas sérieuse ? Bien sûr que non. Le permis de conduire est indispensable, surtout que comme en PE1, j'aurai en PE2 des stages à effectuer ! Je ne vais pas m'avouer vaincue... Tu me rassures ! Cependant, je t'assure, Victor, que depuis quelques jours, une question me turlupine : mais bon dieu ! Où est donc cette foutue marche arrière ?!

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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle
Samedi 2 septembre 2006

Mon cher Victor,

Voilà ce à quoi aurait pu ressembler la C3 de mon auto-école si l'inspecteur n'avait pas freiné une dizaine de fois, mercredi matin, alors que je passais le permis. Tu as passé le permis ?! Je sais, je te l'avais caché. Rassure-toi, tu n'es pas le seul à qui j'ai fait des cachoteries. J'ai très bien fait, étant donné que cette tentative d'obtention s'est soldée par un échec cuisant. Comme d'habitude, tu dois exagérer ! Oh que non... Je préférerais ! Raconte-moi tout ça...

J'étais convoquée au centre d'examen pour 9 h 30. Je constate avec horreur que j'ai malheureusement plus de cinquante minutes d'attente devant moi, puisque le candidat précédent n'est pas encore passé : tout est décalé, et me voilà condamnée à attendre dans la rue, seule avec mes angoisses et une furieuse envie de faire pipi... Tu pourrais m'épargner ce genre de détails ! Oh, allez, Victor, c'est la vie !

10h05 : c'est mon tour ! Le candidat précédent brandit le papier magique : tant mieux pour lui, c'est certain, mais son grand sourire me paraît indécent comparées à mes crampes d'estomac. Le bonheur a toujours quelque chose d'indécent, Mirabelle... Il paraît. L'inspecteur n'a pas l'air méchant. Je m'installe. Je n'ai plus de salive... Aucune importance : on ne me demande pas de faire la conversation mais de conduire, tout bêtement ! Enfin... Tu verras plus tard, Victor, que le "tout bêtement" est ironique dans mon cas ! Ma main tremble en tournant la clé. Le moteur se met en route. Ca y est, après bien plus de vingt heures de conduite (je ne te dirai pas combien tellement j'ai honte...), je passe le permis. C'est surréaliste. Première. Contrôle. Angle Mort. Clignotant. Me voilà sur la route. Je fais 10 m... ET JE CALE ! Tu sais, les automobiles, c'est un peu du chinois pour moi... Disons que j'en ai connu les prémices, mais rien à voir avec celles d'aujourd'hui ! Alors tu as beau être scandalisée d'avoir calé, ça ne parle pas trop, tu vois, Mirabelle... J'oublie parfois que tu viens du XIXème siècle, Victor, excuse-moi. Sache seulement qu'il ne faut pas caler. Et que je m'en veux. Cela fait une éternité que je n'avais pas calé. Il fallait que cela tombe pile le jour du permis. Ce n'est peut être pas si grave... Siiii !

Les trente minutes qui suivent ne sont qu'une succession d'erreurs, et non des moindres ! Des erreurs que je ne fais jamais pendant les leçons. Je suis dans un brouillard indéfinissable. J'ai perdu tous mes moyens. Je ne regarde rien, ce qui me vaut une réflexion de l'inspecteur, obligé d'intervenir de bout en bout : "Il faudrait peut être penser à observer...". Je ne vois pas les panneaux. Je change de file au dernier moment, m'arrête au milieu de la voie. Je ne me place pas correctement à l'entrée d'un rond-point. Je ne remarque pas qu'on me dépasse. Je roule à 60 sur une route à 80. Il pleut. J'ai mis les essuie-glaces mais j'ai oublié les feux de croisements. Dans les dernières minutes, je refuse une priorité. Je savais pourtant qu'il fallait laisser passer la voiture en face. Ma tête me dit quelque chose mais mon corps répond de la pire manière qui soit. Refus de priorité... Je conduis mal. Très mal. Certains diront même que ce n'est pas conduire...

Après un rangement en épi et aucune hésitation à l'interrogation orale (j'ai un A, c'est déjà ça...), je reviens à la case départ... Un sourire contrit de l'inspecteur, et une formule pour le moins délicate : "Eh bien, Mademoiselle, cela ne va pas être possible...". Mon pauvre Monsieur, je le savais dès les trois premières minutes... J'explique que j'ai paniqué. Cela ne sert strictement à rien, mais j'éprouve le besoin de me justifier. Il sait combien j'ai fait d'heures pour en arriver jusque là. J'ai honte. Tellement honte. Je récupère livret et carte d'identité. La monitrice de mon auto-école, assise à l'arrière, ne m'adresse pas un sourire. Je ne le mérite même pas. Je descends de voiture. J'entends le clac de la portière qui se referme. C'est terminé. Je n'ai pas le permis. Je rentre chez moi dans les larmes, complètement hagarde. Et voilà...

C'était ta première fois ? Oui. Eh bien alors ?! Tout n'est pas perdu ! C'est ce que j'essaie de me dire depuis deux jours. Je m'en veux tellement. J'ai fait tant d'heures de conduite, Victor, si tu savais... Quand je donne le chiffre exact autour de moi, on ouvre des yeux ronds. Je suis un phénomène de foire, Victor. Mais non, mais non... Tout le monde n'a pas le même rythme d'apprentissage, voilà tout ! N'en fais pas une montagne, tout de même ! Ce n'est que le permis ! Le permis est un facteur d'intégration sociale fort. J'ai vingt-deux ans. Beaucoup de jeunes filles de mon âge ont déjà le permis. Il y a des exceptions, sans aucun doute ! Et tu en connais sûrement ! C'est vrai... Toujours est-il que j'ai été incapable de contrôler mes émotions, mes angoisses. J'ai fait les pires erreurs qui soient. Tu te mets la pression, Mirabelle, ce n'est pas bon... Je ne sais pas être autrement ! Et j'ai réellement peur de ne pas dominer mes craintes la prochaine fois ! Et si ce scénario se répétait indéfiniment ? Si je perdais tous mes moyens à chaque passage ? Toutes les erreurs que j'ai faites ne viennent pas d'un déficit de connaissances, ni de techniques mal acquises. TOUT EST DANS MA TETE, Victor. Absolument tout. Et cela me fait très peur... Il faut espérer que cela se passera mieux la prochaine fois. Tu sauras à quoi t'attendre, la crainte de l'inconnu sera moins forte. Sans doute seras-tu plus détendue... Eh, Mirabelle ! Ce n'est pas la fin du monde ! C'était ton premier passage ! Ne t'enferme pas dans une spirale d'échec ! Redresse la barre ! Il faut y croire !

 

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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle
Dimanche 3 septembre 2006
Mon cher Victor,


C'est avec une grande déception que je t'annonce la terrible nouvelle : j'ai ENCORE raté mon permis de conduire. C'est pas vrai ?! Tu ne m'avais pas dit que tu devais le repasser ! Je ne suis pas folle : je ne voulais pas que tu me mettes la pression ! Je ne t'aurais pas mis la pression, Mirabelle ! Au contraire, j'aurais essayé de te donner confiance ! On dit ça, on dit ça... J'ai passé l'examen jeudi matin : il s'agissait du rendez-vous extrêmement important que j'évoquais dans cet article. On s'en serait douté !

En essayant d'être positive, je dirais que cela s'est tout de même mieux passé que lors de la précédente tentative, où j'avais complètement perdu mes moyens. Pour preuve de cette amélioration : pendant les trente-cinq minutes où j'ai été au volant, l'inspectrice (car c'était une femme et ne dis rien, Victor, car je t'assure que cela n'a pas joué en ma faveur...) n'a pas freiné une seule fois. C'est déjà bien ! C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'ai pas choisi de joindre à cet article l'image d'une voiture accidentée. Je souhaitais garder une note de légèreté, d'où les Simpsons. Une légèreté un peu balourde, tout de même, Mirabelle ! J'aime bien, moi, les Simpsons. J'entretiens justement une certaine tendresse pour leur balourdise... Si ça te plaît !

Revenons à nos moutons. J'avais pour objectif de repasser le permis avant de partir en Angleterre. Lors de mon avant-dernière leçon de conduite (ou plutôt celle que je CROYAIS la dernière) je suggère donc à mon moniteur de m'inscrire à l'examen avant mon départ.

- Tu pars quand exactement ?
- Vers le 20 Septembre.
- Le problème, c'est que je n'ai qu'une date avant le 20.
- Et c'est quand ?
- Après-demain.
- Allons-y pour après-demain, alors !

Et voilà comment j'ai repassé le permis en express. Seulement deux jours de stress. Tiens, ça rime ! Merci, Victor, j'avais remarqué ! Dans la nuit du 31 Août au 1er Septembre, mes rêves sont peuplés de C3, d'inspecteurs et de virage, et quand je me réveille au son du réveil... C'est fait exprès, toutes ces rimes ? Même pas ! Donc, quand je me réveille, je suis exténuée.

Je connais le refrain du permis, désormais. Mais quand je vois arriver, de loin, la C3 bleue de mon auto-école, mon ventre se noue. L'inspecteur est une inspectrice. Mon mystérieux inconnu est persuadé que "ça va bien se passer", et se réjouit que ce soit une femme, bien que, selon lui, "les femmes au pouvoir sont dangereuses". Je t'autorise, Victor, ainsi que nos lecteurs (et surtout lectrices !) à formuler des critiques par rapport à cette affirmation erronée, et précise, d'ores et déjà, que mon mystérieux inconnu est doté d'un humour parfois pas très drôle ! C'est embêtant, pour de l'humour ! Je suis bien de ton avis !

9 h 30. Je monte à bord de la C3. Je ne cale pas au bout de dix mètres, ce qui est plutôt bon signe. Les cinq premières minutes se déroulent parfaitement bien. La monitrice dépêchée au permis par mon auto-école fait la conversation à l'inspectrice. Un peu plus et on croirait que cette dernière ne me prête aucune intention, ayant accordé toute sa confiance à la conductrice que je suis.

- Vous vous arrêterez près de la voiture bleue, là, et vous ferez un créneau.

Fichtre. Mon coeur frémit. Un créneau. Lors de mes dernières leçons de conduite, mes créneaux étaient fluides, bien maîtrisés. Mais j'ai peur. A juste titre : je m'y reprends à trois fois pour cette satanée manoeuvre, reproduisant systématiquement la même erreur. Mon esprit s'emballe. Je ne parviens pas réfléchir à la solution miracle pour redresser la barre. L'inspectrice me fait remarquer que "quand même, Mademoiselle, on ne va pas y passer la nuit". Je viens à bout de mon créneau, laborieusement, au bout de plusieurs tentatives infructueuses et de soupirs agacés de l'inspectrice. Cette manoeuvre est un échec, je le sais. Je n'ai pas redressé les roues. Mal à l'aise, obsédée par la difficulté que me pose ce créneau, j'en ai oublié l'une des principales règles de la marche arrière, à savoir regarder derrière soi. Quand j'ai immobilisé la voiture, l'inspectrice me pose une question concernant l'intérieur du véhicule. Par chance, je tombe sur LA MEME QUESTION qu'à mon premier passage. Je réponds sans hésitation aucune. Nous repartons. Je tente de me calmer, de respirer tranquillement.

Nous voilà hors agglomération. Je passe la quatrième. Pas la cinquième, ce qui me vaut une remarque de l'inspecteur. Allons-y pour la cinquième. Je suis à 70 km/h alors que la limitation de vitesse pour jeune conducteur est à 80 km/h. L'inspectrice m'encourage à accélérer. Problème : j'ai du mal à doser l'accélération, et le compteur s'envole... A 90 km/h !

- Il ne faut pas exagérer non plus, Mademoiselle !

Argl. Je l'agace de plus en plus, c'est évident. Mon excès de vitesse n'aura pourtant duré qu'une fraction de secondes. Je vois le permis s'envoler... Surtout quand, à l'approche d'une priorité à droite, avec une visibilité excellente, je rétrograde en seconde par pur automatisme. Pour l'inspectrice, c'est la goutte d'eau :

- Non mais vous vous fichez du monde, Mademoiselle ! Vous voyez bien qu'il y a une excellente visibilité ! Ne passez pas ici en seconde ! N'exagérez pas !

Plus loin, à la sortie d'un virage serré, une petite ruelle, accessoirement "priorité à droite" sans signalisation, échappe à mon regard pourtant attentif. Aie. Je sais que c'est terminé. La suite du parcours se déroule sans trop d'erreurs. Une marche arrière en ligne droite, manoeuvre que je déteste mais avec laquelle je m'en sors à peu près. Une nouvelle question, cette fois sur l'extérieur du véhicule, concernant le liquide de refroidissement. Je suis certaine de ma réponse, malgré les coups d'oeil suspicieux de l'inspectrice :

- C'est tout, vous êtes sûre ?
- Oui.

Puis une section de périphérique. Qui ne me pose pas de problème. Et retour à la case départ, avec la mention "insuffisant". Cette fois, en sortant de voiture, j'ai droit à un sourire de la monitrice de mon auto-école : "Ce sera pour la prochaine fois...". Pour la prochaine fois... Espérons. Je rejoins mon mystérieux inconnu en traînant des pieds, retenant mes larmes. Il m'attend quelques mètres plus loin, n'a plus qu'à me ramasser à la petite cuillère avant de m'emmener à l'école J.M pour cette fameuse pré-rentrée.

Bon eh bien... Cela ne s'est pas déroulé comme tu l'avais espéré... Mais ce n'est pas si grave, Mirabelle... Ce sera pour la prochaine fois... C'est ce que je me dis. Ce deuxième échec est pourtant difficile à avaler, même si je sais que là non plus, je n'ai pas mérité le permis. Cependant, comme je te le disais tout à l'heure, Victor, j'ai été nettement plus performante que lors de ma première tentative, et c'est en cela que je garde espoir. Même si je me considère toujours, il faut bien le dire, comme un phénomène de foire, même si j'ai profondément honte de moi et de la piètre conductrice que je suis. Je n'aurai pas le permis avant de partir en Angleterre. Et dans trois mois, il faudra tout recommencer...

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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle
Vendredi 8 septembre 2006
Mon cher Victor,


Puisque désormais, il existe, sur ce blog, une catégorie dédiée à mes démêlés avec le permis de conduire, je me ferai une joie de te narrer un évènement fort fâcheux que j'ai vécu il y a quelques semaines. Tu as été à la foire ? Tu as voulu exercer ta conduite sur une de ces petites automobiles de divertissement ? Rigole, Victor, rigole... Tu vas voir !

Comme j'ai la plus grande considération pour mes lecteurs et que j'ai envie de les rendre gais (si si) je vais te faire part, Victor, le plus ironiquement du monde, de l'ACCIDENT qui m'a traumatisée. Quoi ?! Tu as eu un accident ??? Mais je ne vois pas en quoi cela pour égayer tes lecteurs ! Attends un peu, Victor...

Il faut savoir, avant toute chose, que cet accrochage automobilesque... Ce n'est pas très français, ça ! C'est fait exprès, c'est un effet de style ! Dans ce cas, je m'incline... Cet accrochage automobilesque s'est déroulé début août alors que j'étais en leçon de conduite. Je sens qu'un sourire se dessine sur mes lèvres. Je t'avais bien dit que ce serait drôle !

D'abord, je dois dire que j'étais, en prenant le volant, dans un état d'esprit lamentable. C'était ma deuxième leçon de conduite depuis mon PREMIER échec au permis (puisque depuis, malheureusement, il y en a eu un deuxième) et la précédente, qui s'était tenue la veille, après plus d'un mois déconnectée de l'auto-école, s'était plutôt mal passée : j'avais accumulé les erreurs et j'avais fini la leçon le coeur en petits morceaux. J'abordai donc cette deuxième heure avec beaucoup d'appréhension, me rabaissant intérieurement. Ca ne m'étonne pas de toi !

Malgré les encouragements de mon moniteur, la leçon démarre mal : je bâcle un angle mort, et si mon passager expérimenté n'avait pas freiné, je renversais un cycliste. "Ce n'est pas grave", me dit-il :"On repart !". Il me jette des coups d'oeil inquiets de temps en temps, me rassure. Il commence à te connaître ! Il sait comment tu fonctionnes ! Eh oui... Dès que je fais une erreur, j'y pense, j'y repense, je me traite de tous les noms... C'est comme un automate que je prends la direction du périph'. Je sens l'angoisse monter face à la pluie, lourde et violente, qui s'abat sur le pare-brise. Je déteste conduire sous l'eau. Déjà que tu n'es pas très douée quand les conditions météorologiques sont bonnes... C'est comme ça que tu m'encourages, Victor ? Pardon, pardon, ça m'a échappé !

La section de périphérique sur laquelle je débouche est limitée à 70 km/h, et pour couronner le tout, affublée d'un radar. A cet endroit, je le sais, même par beau temps, les conducteurs sont confrontés à de considérables ralentissements. Alors quand il pleut, tu n'imagines même pas !

"Ralentis, ralentis..."
"Ralentis, ralentis..."
"Ralentis plus, ralentis plus !"

Je ralentis. Rétrograde. La voiture devant moi se rapproche dangereusement. Je me vois déjà l'emboutir. Je me répète, encore et encore, que je suis nulle, que je n'y arriverai jamais, que ce n'est pas normal, après ** heures de conduite, d'être aussi empotée, quand soudain... Quand soudain quoi ?! Quand soudain, quoi ?! Tu as embouti la voiture de devant, c'est ça ??

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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle
Vendredi 15 septembre 2006
Mon cher Victor,

Nous poursuivrons aujourd'hui l'article précédent, que j'ai, pour des raisons de longueur, choisi de répartir en deux conversations. Tu m'avais laissé sur une note angoissante : tu t'apprêtais à emboutir la voiture de devant !

Je freine, je rétrograde. Mais mon ralentissement, me semble-t-il, n'est pas suffisant et soudain... Je suis projetée contre le pare-brise, avec une violence que je n'avais pas soupçonnée. Je ne vois plus rien. Je ne sais plus où je suis ni comment je m'appelle. J'entends juste une voix, à côté de moi, marmonner :

"Oh putain de bon dieu de bon dieu... Je le sentais, je le sentais !"

Je sens une main prendre le volant à ma place. Je ne réagis pas, d'abord. Puis je m'aperçois, les yeux écarquillés, que mon moniteur gare la voiture sur la bande d'arrêt d'urgence. Et je réalise, bêtasse comme je suis, que NOUS VENONS D'AVOIR UN ACCIDENT. Je n'ai absolument rien vu. Rien vu venir. Je suis saine et sauve. Merci mon dieu.

"Ca va, Mirabelle ?"

Je sens les larmes monter. Je suis une véritable gamine, voilà ce que je me dis. Je me retiens de sangloter comme je peux. Les voitures continuent de circuler. J'en vois qui rigolent : une auto-école accidentée, quoi de plus normal ?

" Ca va, Mirabelle ? C'est rien, c'est rien !". Mon moniteur quitte la voiture, sous la pluie battante. J'attends bêtement. La fenêtre passager est restée ouverte et la pluie mouille déjà le siège. Je ne m'en rends pas compte. Quand, brutalement, par je ne sais quel miracle mon cerveau recommence à fonctionner... La voiture devant nous ne s'est pas arrêtée. Mon moniteur ne m'a fait aucune remarque désobligeante. Et il est sorti en se dirigeant vers l'ARRIERE de la voiture. C'est donc vers L'ARRIERE que tout s'est déclanché. Grâce au peu de neurones qui me reste, je me retourne. Et je distingue. Tu distingues quoi ? Un camion ? C'est terrible, ces machins-là ! C'est vraiment une des pires inventions de votre temps !

Non. Je distingue, malgré la pluie battante, une petite voiture blanche, derrière la C3. Avec à son bord un petit grand-père. Assis à côté de lui, mon moniteur. Penché sur quelque chose. Un constat, sans aucun doute. Eh bien alors, ce n'était pas ta faute ! En théorie, je le sais. Ce pépé nous est rentré dedans. Ma responsabilité n'est pas engagée. Mais je m'en veux. J'ai envie de me sauver. De rentrer chez moi en stop. De tout arrêter. J'attends. Les minutes passent. Je n'ai plus aucune conscience du temps. Je regarde la route. J'ai le regard vide.

Quand mon moniteur revient s'installer à mes côtés, il est 15 h 40. Autant dire que notre leçon est fichue. Direction l'auto-école.

"Ca va, Mirabelle ? C'est ton premier accident ? C'est toujours impressionnant la première fois... Tu es prête à prendre le volant ?"

Bien sûr que non ! Je déballe tout. J'en ai marre. Les larmes reviennent. Je veux tout arrêter. Je ne suis pas faite pour conduire. Je n'y arriverai jamais. Je suis nulle. Tout est de ma faute.

"Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu n'y es pour rien ! Le p'tit vieux a reconnu tous les torts ! Tu veux que je te dise ? J'ai regardé son permis de conduire : il est né en 40 ! Il a avoué qu'il avait le nez vissé sur le compteur de vitesse et qu'il était obsédé par le radar ! Du coup, il n'a pas fait gaffe à ce qui se passait devant ! Je t'assure que ce n'est pas ta faute ! Si j'avais été au volant, cela aurait été pareil !"

Il tente de me faire rire. Il m'arrache un sourire grimaçant. J'ai encore une heure de conduite le 30 Août. Je veux l'annuler. Je veux tout arrêter. Mon moniteur secoue la tête. Je suis, selon lui, "en état de choc". Cela me semble un peu exagéré, mais il faut bien avouer que je suis tremblante comme une feuille. Il me conseille de réfléchir à tout ça à tête reposée. Affirme qu'abandonner serait "une grossière erreur".

 Alors, tu as abandonné, finalement ? Réfléchis deux secondes avant de parler, Victor ! Je t'ai raconté, il n'y a pas si longtemps, mon deuxième échec au permis de conduire : c'est donc que je ne me suis pas découragée ! Evidemment, évidemment... Excuse un vieil homme gâteux... Je te pardonne. Mirabelle, ce n'est pas pour critiquer les objectifs de cet article mais... Tu avais dit que notre discussion d'aujourd'hui, ainsi que celle d'hier, serait drôle. Je dois dire que moi, cela ne m'a pas fait rire du tout. A vrai dire, j'étais plutôt navré pour toi. Eh bien... Il est vrai que j'avais décidé de mener cette conversation d'un ton ironique, d'utiliser l'auto-dérision. Mais je m'aperçois que j'ai encore du mal
à rire de tout ça. Du coup, je me suis laissée emporter par les sentiments qui m'ont envahie au moment de l'accident : la peur et le découragement, principalement. Je voulais que cet article soit drôle : bien malgré moi, c'est raté...

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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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