XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Jeudi 12 avril 2007
Mon cher Victor,gaston.JPG


Suite à ce post très très sérieux sur mon SR2, nous discuterons, aujourd'hui, d'un sujet un peu plus léger, ou du moins, que je CONSIDERE comme plus léger dorénavant. Tu m'intrigues, là, Mirabelle ! Tant mieux !

Tout d'abord, je laisse nos lecteurs avertis relier le titre de cet article et à son image. Nous allons donc causer "gaffe" ! Tout à fait. Ca promet d'être drôle, te connaissant ! Tu ne seras pas déçu ! Plantons d'abord le décor de cette gaffe : c'est mon PREMIER jour de stage. Je ne suis pas encore intégrée dans l'équipe, je n'ai encore que très peu saisi le fonctionnement de l'école et surtout, je suis en proie à un stress effroyable, qui me fait perdre toutes mes facultés rationnelles et me rend très très bêêête.

Il est 8 h 59. A 9 h, je dois récupérer les mômes sous le préau, j'ai une trouille phénoménale, même si je la cache sous des dehors dynamiques. Je suis presque en retard. Je cours dans les couloirs. Le directeur m'intercepte. Il me tend une liasse de papiers verts et je l'entends me dire, dans un brouillard que l'on doit tant aux cris des élèves qu'à mes jambes flageollantes : "Ce sont les fiches de renseignements  pour la visite médicale. Il faut que tu donnes ça aux élèves à la sortie". Il me dit autre chose, que je ne comprends pas, mais je hoche la tête, genre je-maîtrise-la-situation. Je vais chercher les mômes, que je tente de faire ranger pendant cinq bonnes minutes. Quand j'y pense, ça me fait sourire...

C'est arrivé en fin de journée. Désireuse d'accomplir mon devoir de maîtresse, je distribue les feuilles de renseignements à l'heure des mamans, à la porte de l'école. Le hic : je ne connais pas les têtes des parents. Je prend parfois telle maman pour celle de Titouan alors que c'est celle de Jonathan et vice versa. Des pères s'impatientent. Soupirent. Tapent du pied. Moi, je me bats avec les feuilles. J'entends des "Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire", puis on m'arrache le document, sans un merci. Au bout de cinq minutes, j'ai la tête qui fume et plus rien dans les mains. Me gratifiant d'un "C'est du bon boulot, Mirabelle !" tout intérieur, je traverse le hall quand j'aperçois la mère de Mathis, un CP. Elle s'interroge sur la visite médicale : où est le tableau des rendez-vous ? Où se tiendra la visite médicale ? Je n'en sais fichtre rien, ma bonne dame, je débarque encore plus que vous dans l'école... Tu lui as dit ça ?! Bien sûr que non. Tu me prends pour qui ? Je lui ai conseillé de s'adresser au directeur et l'ai accompagnée au bureau.

Quand soudain, ça fait tilt. Je comprends ENFIN. Non mais bon dieu, quelle idiote je fais ! Je rougis et bafouille, confuse : "Euh... Excusez-moi, je viens de réaliser que... Enfin... La visite médicale, c'est pour les GS, c'est pour le passage en CP... Donc Mathis n'a pas besoin de ces documents....". La mère de Mathis éclate de rire, me gratifie d'un sourire indulgent (ouf !) et passe la porte de l'école en riant toujours de la bonne blague que je lui ai faite bien malgré moi. En ce qui me concerne, je suis rouge de honte. Je réalise avec horreur l'énorme bourde que je viens de commettre.

Explication : à la sortie, les parents m'ont sauté dessus. J'ai donné des papiers à des parents d'élèves de CP. Certains GS se retrouvent donc sans rien. Je suis mortifiée. C'est mon premier jour et je fais déjà une gaffe. Ca promet pour la suite... Rouge comme une pivoine, je vais donc conter mes maladresses au directeur. Heureusement qu'il est gentil, tiens, celui-là... "Euh... En fait... Je me suis rendue compte que... Enfin... La visite médicale, c'est que pour les GS... J'ai donné des papiers sans le faire exprès à des parents de CP... Mais vous comprenez, je ne connais pas encore les parents... J'ai cru que certains étaient des parents de GS... Je suis navrée, vraiment désolée...".

- Ah... Euh... Tu sais à combien de CP tu as donné le papier ?
- Eh bien euh... Pas vraiment... Comme je ne connais pas les parents...
- C'est embêtant, ça, j'avais juste le compte de dossiers...
- Je suis vraiment désolée...
- Ce n'est pas trop grave, ne t'en fais pas. Essaie de te renseigner demain auprès des enfants pour savoir qui a eu les feuilles et essaie d'en récupérer. Au pire, je ferai des photocopies.

Je retourne dans ma classe en traînant des pieds. J'ai envie de pleurer.
Non, ne pas pleurer, maintenant, tu te  laisseras aller chez toi, Mirabelle, ce n'est pas le cadre... Je réussis à me retenir, par je ne sais quel miracle. Quelle idiote je fais... En plus, je n'ai même pas eu la curiosité de compter les feuilles... Si je l'avais fait, j'aurais vu qu'il y en avait onze, ce qui correspond au nombre de GS ! Quelle cruche, non mais quelle cruche... Telle que je te connais, tu as dû passer le reste de ta soirée à t'insulter en ton for intérieur. Tout juste. Je m'en voulais à un point que tu n'imagines pas...

19 h 30. Je rentre chez moi. Sur le seuil, j'éclate en sanglots.
Je raconte mes mésaventures à mes parents, qui éclatent de rire. Ma mère me raconte sa première piqûre (elle est infirmière, mais je suppose que tu l'as compris, Victor) où elle avait raté la veine du patient et fait pisser le sang, en paniquant complètement. Mon père me défend et décide qu'après tout, on n'avait qu'à mieux m'informer, c'est un monde, ça quand même, le directeur n'avait pas qu'à mieux faire son boulot. Pour moi, le monde vient de s'écrouler et cet incident n'est rien d'autre que la preuve irréfutable que Mirabelle la gaffeuse prendra toujours le pas sur Mirabelle-l'instit-exemplaire. Tu es décidemment trop dure envers toi-même... Ce n'était que ton premier jour ! Certes. Mais tu sais que je suis sans pitié avec ma bêtise... Bref. Je décide finalement d'écrire un mot dans le cahier de liaison dès le lendemain pour demander le retour express des feuilles de renseignements, sans pour autant dévoiler mes tatonnements d'instit' inexpérimentée. Ce serait un coup à perdre toute crédibilité !

Et finalement, comment cela s'est terminé, toute cette histoire ? Bien, j'espère ?
Oui. Certaines feuilles sont revenues sans même que j'ai à mettre un mot. Et puis nous avons fait des photocopies. Cependant, j'ai compris ma douleur face à certains parents, venus "m'agresser" à la sortie de la classe, outrés de ne pas avoir reçu la feuille verte par l'intermédiaire de leur enfant. Il a fallu que je rappelle mon statut de remplaçante, tout en précisant pour les moins concernés, susceptibles de penser que sous prétexte que vous avez leur enfant sous votre responsabilité vous connaissez tout de tout, que je n'étais dans l'école que depuis deux jours. Heureusement, tous les parents n'ont pas réagi ainsi... Certains ont été très compréhensifs,  débordant de bienveillance, ajoutant que "de toute façon, si le papier est à rendre pour le 20 Mars, ce n'est pas pressé". Ouf. Il y a encore des gens sympas sur terre.

Alors, elle t'a plu, ma gaffe, Victor ? Beaucoup. C'est surtout ton sens du drame qui m'a fait rire. Même si je comprends que tu aies pu te sentir responsable, ce n'était pas une raison pour te mettre dans tous tes états. Enfin... Heureusement que le directeur était gentil. Oh oui, très gentil. Il est venu d'ailleurs, le lendemain de cette bourde mémorable, à la fin de la journée, prendre de mes nouvelles dans la classe et sourire de mes maladresses. "Après tout, tu débutes, tu ne pouvais pas savoir... Ce n'est pas bien grave, allez... Tu en verras d'autres...". Un joli mot pour la fin !
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Jeudi 12 avril 2007
Mon cher Victor,

Notre conversation d'aujourd'hui partira de ça : "Ce que je voulais dire Mirabelle, c'est que je lis ton blog depuis pas mal de temps maintenant et cette envie de bébé ne m'étonne pas de ta part, elle est même tout à fait légitime. Tu vas sur tes 24 ans, je ne dirai pas que c'est trop jeune pour avoir un enfant, il n'y a pas d'âge réellement pour avoir un enfant, mais pour moi tu n'es pas assez mature aujourd'hui.
Et pourtant, j'ai 24 ans aussi tu vois, mais nous n'avons pas les mêmes 24 années derrière nous, et je crois que tu envisages la vie avec un peu trop d'optimisme (en même temps c'est ce côté fleur bleu qui te donne ce charme spécifique).
Et pourtant, j'ai 24 ans aussi tu vois, mais nous n'avons pas les mêmes 24 années derrière nous, et je crois que tu envisages la vie avec un peu trop d'optimisme (en même temps c'est ce côté fleur bleu qui te donne ce charme spécifique).
La vie n'est pas aussi belle qu'elle n'y parait, et à te lire tu sembles avoir grandi dans une bulle très privilégiée. Etre professeur te confontre à certains aspects que tu n'avais pas envisagé jusqu'alors et tu es souvent destabilisée (y'a qu'à voir le nombre de fois où tu craques), je me dis juste qu'en tant que futur parent, tu devrais déjà te prendre quelques saloperies de la vie dans la gueule (pour parler plus cruement) et voir comment tu réussis à les encaisser, avant de te jeter dans une nouvelle expérience aussi intense que la maternité.
Il y a certainement aussi une pointe d'envie quand je te lis, tu as eu la chance exceptionnelle de réussir le concours du premier coup, je galère depuis 3 ans pour décrocher un poste dans l'EN, avant ça j'ai jonglé entre caissière et fac pour mes études, je survie aujourd'hui avec les assedics, et quelque part je dois être un peu masochiste de venir lire ton blog.
Tu es typiquement le genre de personne qui ne peut pas se rendre compte de la chance qu'elle a car elle n'a pas connu autre chose dans la vie (et je généralise car c'est vraiment une catégorie spécifique de personnes qui réussissent le concours).
Alors parfois, je ressens le besoin de te secouer un peu parce que, bon sang, Mirabelle, tu vis dans un rêve, et le réveil risque d'être vraiment difficile. (je sais que ça doit être assez dur à lire mais bon, y'a un moment où les compromis ne font plus avancer les choses, ce qui ne m'empêchera pas de continuer à lire ton blog, j'espère que tu comprends que ce n'est pas par frustation mais bien pour t'aider à te construire et avancer que je laisse ce commentaire)
". Ah oui... C'est le fameux commentaire de Dawnora, sur cet article. Elle ne mâche pas ses mots, c'est le moins qu'on puisse dire ! Ca... Tout ça a pris de telle proportions que je suis partagée entre le sourire et... Le sourire ! Ah ?

J'avais commencé par répondre à son commentaire et puis je me suis dit "Tiens, ces remarques m'inspirent, je vais écrire un article !". Pourtant, le commentaire n'est pas très sympathique... Ca m'a fait l'effet d'une douche froide, je ne te le cache pas. Ce que Dawnora appelle te "secouer" ! Ca doit être ça... Bon alors, je n'ai qu'une question : quelle est ta réaction face à ce commentaire ? Alors alors... Pour commencer, je ne retire pas un seul mot de ce que j'avais dit ici. Je le pense profondément. Très bien. Mais lance toi dans la lutte, Mirabelle ! J'aime quand les blogueurs sont prêts à se taper dessus, j'aime les disputes virtuelles ! Comme tu exagères, Victor ! Nous n'en sommes pas là !

Bon. D'abord, inutile de te dire que le commentaire de Dawnora ne m'a pas fait plaisir. Bon. Ca ne veut pas dire que sur la blogosphère, il faut forcément jeter des fleurs à tort et à travers mais enfin, tout de même... Il ne faut pas dépasser les bornes des limites ! Tout à fait. Tu m'as l'air pourtant prodigieusement sereine... En lisant ce commentaire, je me frottais les mains, je me disais : "Viooou, Mirabelle va réagir au quart de tour, ça va être un régal !". Eh ben non !

A la réflexion, il vaut mieux poser les bases. De nouveau. Alors... Un blog, ce n'est pas la réalité. Un blog, c'est UN CHOIX. Une sélection. Comme le disait justement Maryline dans son commentaire, "
on ne peut pas connaitre quelqu'un à travers un blog, l'auteur ne dit que ce qu'il a envie de dire, et ce n'est pas assez pour juger à l'emporte pièces". Bon. Je crois que cette phrase se suffit à elle-même tant, à mes yeux, elle dit TOUT. Un blog, ce n'est qu'un blog. C'est fou le mal que peut faire un satané blog, le nombre de malentendus qu'il engendre, le nombre de cassures qu'il peut créer. J'en avais pris toute la mesure en perdant ma meilleure amie, par cet article maladroit. Et tout ça à cause d'un manque de distance...

Bon. J'aurais pu, Victor, réagir à cette phrase de Dawnora : "
Et pourtant, j'ai 24 ans aussi tu vois, mais nous n'avons pas les mêmes 24 années derrière nous, et je crois que tu envisages la vie avec un peu trop d'optimisme (en même temps c'est ce côté fleur bleu qui te donne ce charme spécifique)". J'aurais pu lui raconter mon enfance, mes blessures, les drames de ma vie... Mais pourquoi me justifier ? Pourquoi tenter de prouver quoi que ce soit ? Je n'ai rien à prouver.

Je ne m'appelle pas Mirabelle. Mirabelle est un personnage, un personnage que j'affectionne, qui me ressemble un peu, c'est vrai, mais qui n'est pas moi tout entière. Alors quelle preuve de quoi ? Tu vois, Victor, cette phrase, finalement, elle me fait sourire. Parce que Dawnora est la PREMIERE personne à m'accoler l'étiquette d'"optimisme". Et ça, ça montre que moi, M....., moi, la créatrice de Mirabelle et de ce blog, elle ne me connaît pas. Parce qu'en général, on me dit "pessimiste", "noire", voire "triste". Bien. Effectivement, cela se contredit un peu !

Alors oui, j'aurais pu lui raconter mon enfance, mes blessures, les drames de ma vie... Mais quel est l'intérêt ? Quel est l'intérêt, à part sombrer dans cette impudeur que j'ai décidé d'écarter de ma blogosphère à moi ? Quel est l'intérêt, à part entretenir chez mes lecteurs le côté voyeur que tous les blogueurs ont plus ou moins ? Quel est l'intérêt à part offrir mon intimité en pâture ? La vérité, c'est que je ne connais pas Dawnora. Et je connais encore moins les 24 années qu'elle a derrière elle. Je ne sais d'elle que ce qu'elle dévoile à travers son blog. Je ne la juge pas. Tout ce que je sais c'est que je ne sais rien, nous dit, il y a très très longtemps, un philosophe fort célèbre. On ferait bien d'en prendre de la graine.

Alors quand Dawnora affirme, qu'à son avis, je ne suis pas encore assez mature pour avoir un enfant, je me dis... Où place-t-elle la maturité ? Selon quels critères ? Comment la mesure-t-elle ? Et surtout... Pense-t-elle vraiment que ce blog dit tout ? On en revient toujours au même : qu'est-ce qu'un blog ? Quelle place a-t-il dans le quotidien des blogueurs ? A quel degré s'impliquent-ils dans la blogosphère ?

"La vie n'est pas aussi belle qu'elle n'y parait, et à te lire tu sembles avoir grandi dans une bulle très privilégiée. Etre professeur te confontre à certains aspects que tu n'avais pas envisagé jusqu'alors et tu es souvent destabilisée (y'a qu'à voir le nombre de fois où tu craques), je me dis juste qu'en tant que futur parent, tu devrais déjà te prendre quelques saloperies de la vie dans la gueule (pour parler plus cruement) et voir comment tu réussis à les encaisser, avant de te jeter dans une nouvelle expérience aussi intense que la maternité." : je n'irai pas décrire ma bulle. Il y a cependant, dans ce paragraphe, une chose qui me chiffonne : la mâturité se quantifie-t-elle par rapport au nombre de coups que la vie nous met dans la gueule ? Cela signifie-t-il qu'une personne (en imaginant que ce soit possible...) n'ayant connu aucun drame dans sa vie, serait forcément naïf et immature ? Là encore, je n'irai pas raconter les "saloperies" que la vie m'a mise dans la gueule (ce n'est pas le lieu et c'est du domaine de l'intime), je n'irai pas raconter l'histoire très compliquée de ma famille ni mes périodes noires.

J'ai juste une interrogation : pourquoi souhaiter à quelqu'un de se prendre des coups dans la gueule ? La sagesse vient avec l'expérience, dit-on. Mais l'expérience n'est, en tout cas dans mon esprit, pas forcément synonyme de drame (il peut l'être, malheureusement...). L'expérience, c'est l'évolution. C'est grandir. C'est faire des erreurs et en tirer des leçons. Si un jour j'ai en face de moi quelqu'un à qui la vit sourit, qui semble faire son petit bonhomme de chemin et qui avance, tranquillement, je n'irai pas lui dire qu'il manque de mâturité parce que la vie ne l'a pas bastonné. S'il fait ce qu'il peut pour être heureux, en ayant la chance d'être à peu près épargné par la vie, alors tant mieux pour lui, je m'en réjouirai. S'il est optimiste, si ça lui rend la vie plus douce, tant mieux, grand bien lui fasse !

"Tu es typiquement le genre de personne qui ne peut pas se rendre compte de la chance qu'elle a car elle n'a pas connu autre chose dans la vie (et je généralise car c'est vraiment une catégorie spécifique de personnes qui réussissent le concours)." : là, je l'avoue, c'est vrai, je n'ai jamais connu aucun échec scolairement. Et pourtant je me rends compte de la chance que j'ai. Je m'en rends compte. Parce que j'ai des proches qui galèrent, des amies qui n'ont pas eu le concours. Que je fais ce que je peux pour les aider, même si je ne peux pas grand chose. Bien sûr, on dira qu'il faut le vivre pour le ressentir, vraiment, profondément. C'est vrai également. Mais cela ne m'empêche pas de penser à ceux qui rament, à ceux qui ne s'imaginent nulle part dans dix ans, et cela me permet de garder les pieds bien ancrés dans le sol et de rester humble.

Quant au concours... Je ferais partie d'une catégorie. Ah. Bon. Sauf que dans ce cas-là, je ne comprends pas trop la liaison entre cette phrase et la suivante : "
le facteur chance est énorme". Bon. Je croyais que la chance se foutait éperdument des catégories, qu'elle consacrait ou abattait n'importe qui ? Si je fais partie d'une catégorie "qui réussit", cela signifie que tous les "étiquettés" dans cette catégorie réussissent, n'est-ce pas ? Alors que vient faire la chance là-dedans ? Ceci dit, je suis d'accord avec ça : le facteur chance est énorme. J'ai eu de la chance, c'est vrai. Mais la chance ne fait rien si on n'a pas bossé un minimum. Et ce en dehors de toute catégorisation, à l'opposé même de l'idée d'aléatoire.

Quand je lis ce commentaire de Dawnora, ainsi que le suivant, je me dis que tout ça, c'est beaucoup de bruit pour rien. Parce que le blog, pour moi, c'est juste l'occasion de m'exprimer, d'écrire, de rencontrer des plumes et des esprits intéressants. Je ne prétends jamais connaitre personne de la blogosphère. La vie m'a appris (oui oui, par expérience, et par certains pains dans la goule) que les gens ne sont jamais tout à fait fidèles à l'image qu'on a d'eux. On ne connait jamais vraiment quelqu'un.

J'ai toujours fait attention à ne juger personne sur la blogosphère. Parce qu'on ne sait jamais vraiment qui se cache derrière l'auteur. Parce que la blogosphère, au fond, ce n'est pas grand chose, et son importance est toute relative. La blogosphère est pour moi, M....., un moyen d'écrire, encore, toujours. D'essayer de relativiser ma petite existence, de la tourner en dérision. De rêver, un peu. De me faire plaisir. De m'enrichir. De voir la vie en rose par le pouvoir de l'imagination, par le pouvoir d'une conversation avec toi, Victor. C'est tout. Ca ne va pas plus loin que ça. Alors franchement, même si ça peut sembler contradictoire vu le nombre de mots que je viens d'aligner, tout ça, m'a vraiment l'air d'être beaucoup de bruit pour rien...

PS : Cependant, juste pour désigner l'exception qui confirme la règle, je conseille à tout lecteur qui ne serait pas convaincu par l'idée que "bloguer, c'est manipuler", d'aller faire un petit tour par ici. Comme ça... Pour voir... Et puis tiens, pendant qu'on y est, si vous assimilez "optimisme" à "manque de pains dans la goule", allez donc écouter cette chanson de Grand Corps Malade.

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publié dans : Mystérieuse blogosphère par Mirabelle
Samedi 14 avril 2007
Mon cher Victor,

A l'écoute de ce morceau, fermer toutes les fenêtres. Fermer les portes à double tour. Fermer les yeux. Fermer son coeur. Tout fermer. Eteindre la lumière. Se recroqueviller. Se replier sur soi. Plus aucun bruit. Juste les larmes. Des larmes d'étonnement et de déception. Peut-on pardonner sans perdre ses rêves ? Peut-on aimer sans se résigner ?
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Dimanche 15 avril 2007
Mon cher Victor,

La semaine prochaine, c'est le grand jour. Le premier tour des élections présidentielles ! Je suis ça de très très près, en bon républicain ! Victor, je t'ai déjà dit que "républicain" ne veut plus rien dire... Peu importe ! Le plus préoccupant, c'est la gauche ! Je m'interrogeais ici sur le sens de la gauche au XXIème siècle et je trouve que cette question est de plus en plus d'actualité avec le virement centriste de ces politiques, là, les anciens ministres... Ah flûte, je ne retrouve plus leurs noms... Roooo... Aide-moi Mirabelle ! Michel Rocard et Bernard Kouchner. Vaaala ! Bon. Un tel aveu de faiblesse, à une semaine de scrutin, c'est dramatique ! Ne m'en parle pas, Victor...

Si, si, parlons-en, justement ! Bon. Je ne sais pas si tu maintiens ton avis sur la candidate, Mirabelle... Je le maintiens, mais moins qu'auparavant... Ah, c'est à dire ? Eh bien. Elle m'est moins antipathique. Mais je persiste à dire qu'elle manque cruellement de crédibilité. Elle joue trop la carte de l'image et n'a pas de propositions concrètes. De plus, elle n'a pas le talent d'oratrice de son principal adversaire, elle est moins charismatique, ce qui joue contre elle. Je te trouve cependant nettement moins catégorique qu'avant ! Certes. J'ai si peur d'un 2ème 21 Avril, et je redoute tant Sarkozy, que j'ai mis un peu d'eau dans mon vin. Mais juste un peu, hein ! Nous verrons ça...

Revenons à nos moutons ! M'est avis que le Parti Socialiste est bien mal parti ! Je partage ton opinion ! Tu partages trop mon opinion, Mirabelle, c'est fatigant ! Un peu de débat, que diable ! Je ne vais pas nous inventer un désaccord pour te faire plaisir ! Bref, passons... Avec leur appel à se rapprocher du candidat Bayrou, Messieurs Rocard et Kouchner font un aveu terrible : celui de la faiblesse du Parti Socialiste, qui peine à rattraper le candidat de l'UMP. Et ce constat est douloureux pour les gens de gauche. Dont je fais partie, bien que je sois encore dans la tranche des indécis !

Et puis il y a eu cette rumeur, lancée par le Nouvel Observateur. Les Renseignements Généraux auraient commandé un sondage donnant Sarkozy en tête au premier tour, devançant Bayrou et Le Pen, au coude à coude (et Le Pen l'emporterait sur le fil, gloups). Ségolène Royal serait donc éliminée ! Oui. Mais les Renseignements Généraux ont démenti avoir commandé une enquête, d'autant moins qu'ils ne réalisent, en principe, plus aucune prévision électorale depuis 2004. A prendre avec des pincettes, donc... Il n'empêche que cela t'a fait peur ! Oui. Le doute m'a assaillie : et si je devais voter utile ?

A l'origine, je ne suis pas en faveur du vote utile.
Au premier tour de la présidentielle 2002, j'avais voté pour le facteur, peu convaincue par la campagne de Lionel Jospin et surtout, persuadée que les petits partis ont leur place autant que les grands. Et puis je n'aime pas l'idée de faire entrer les gens dans un moule. On peut être d'un même courant et diverger sur certains points, comme le montrent les candidats de gauche à propos de l'immigration, par exemple. Et puis il y a eu le 21 Avril 2002. J'en avais parlé ici, ici, et , Victor, souviens-toi... Oui, je m'en souviens ! Comment pourrais-je oublier une telle atrocité ?

Je ne suis pas une optimiste. Et je m'aperçois que malheureusement, l'histoire a tendance à se répéter, même si les époques changent. Et je ne suis plus si certaine que nous échappions à un 2ème 21 Avril. Alors ne dois-je pas faire ce qu'il faut pour empêcher cela, même si je ne suis pas séduite par Ségolène Royal ? J'hésite. Mais j'imagine la France sous un certain Nicolas Sarkozy. Je réentends ce qu'il a pu dire sur la pédophilie, sur le suicide... Cet homme me fait peur. Dois-je voter utile ? Hein ? Victor ? Ca, c'est un choix personnel...

Si je vote pour Ségolène Royal, ce ne sera pas par gaieté de coeur, mais pour donner une chance à la gauche de se rattraper. Pour barrer la route à Nicolas Sarkozy, aussi, sans doute ! C'est vrai. Je n'aime pas trop l'idée de voter "contre" quelqu'un, mais il y faut s'y résoudre. C'est triste, je trouve, d'avoir à voter "contre" des idées qui nous font peur, au lieu de voter au nom d'un idéal, d'un rêve, de se sentir porté par un candidat... En votant contre Nicolas Sarkozy, tu garderas pourtant une certaine idée de ce que devrait devenir la France d'après toi. Tu te fixes à des principes. C'est aussi louable. Humm... Je ne sais pas...

Ce qui me gêne, dans le vote utile, c'est qu'il étouffe le débat. Quand on vote utile, on s'adresse forcément aux partis les plus puissants des deux camps. CQFD. On n'entend plus alors les Besancenot (il n'aura pas ma voix cette année, mais il approche les 5% d'intentions de vote, tout de même !) ni les Dominique Voynet et autres Arlette Laguillet. Mais si on considère que "de toute façon tout le monde va voter pour Royal ou Sarkozy, je peux bien voter pour quelqu'un d'autre", il y aura toujours un doute. Celui de contribuer à se faire répéter l'Histoire. Car l'ombre du 21 Avril plane encore au-dessus de nos têtes...

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publié dans : Françaises, Français... par Mirabelle
Lundi 16 avril 2007
Elle l'avait quitté, cet après-midi. Elle avait récupéré ses affaires. Pris le train. Et elle était partie. Sans un mot, sans une explication, profitant de son absence. Aveu de faiblesse. Inévitable. Tu n'es pas la femme de ma vie... Alors elle avait pris le train. Sans un mot. Sans une explication. Parce que le rêve s'était brisé, net. A quoi bon faire semblant ?
Elle regardait défiler les paysages. Son portable vibrait dans sa poche. Comédie classique d'une histoire à l'agonie. Elle ne répondit pas. A quoi bon faire semblant ? Il lui aurait dit qu'il l'aimait, qu'elle lui manquait trop. Il aurait gémi. Elle n'était pas dupe. Il l'aimait quand elle fuyait. Jamais quand elle était là, discrète, patiente. Jamais vraiment. Ou... Mal. Il l'aimait mal.
Elle n'aurait pas pu le lui dire en face. Les mots se seraient cassés dans sa gorge. Trop définitifs. Des mots qui font peur. L'impression de se précipiter dans le vide. Ne pas avoir le choix.
Tu n'es pas la femme de ma vie... Entre le fromage et le dessert. Comme de la pluie et du beau temps. Elle avait ravalé ses pleurs. Prétexté qu'elle allait chercher le poivre pour aller sangloter dans les toilettes. Se cacher. Se dire que c'était ça, au fond, leur histoire : être condamnée à pleurer, seule, dans les toilettes... Alors elle avait pris sa décision. Elle allait le quitter. Elle s'était rassise avec un sourire figé, tandis qu'il lisait le journal et commentait les derniers résultats de football, sans deviner le moins du monde quel impact avait eu cette simple phrase sur sa compagne. Il l'avait perdue.
Les paysages défilaient, dans une sorte de continuité changeante. Elle se dit qu'au fond, c'était ça, la vie. Défiler à toute vitesse et changer de paysages, tout en tentant de conserver une certaine cohérence. Un semblant d'harmonie entre les couleurs. Son portable recommença à vibrer dans sa poche. Il insisterait jusqu'à ce qu'elle réponde. Elle ne décrocherait pas. Cela aurait été comme avouer sa faiblesse. Sa dépendance. Le manque. La résignation.
Tu n'es pas la femme de ma vie... Le ton était clair, anodin. Elle avait compris qu'il se contenterait de cette médiocrité. D'elle, comme d'un meuble, comme d'un prix de consolation. Symbole de renoncement, renoncement à ses rêves de grand amour. Il était prêt à accepter une relation tranquille, sans passion, bercée par la télévision, les courses, le ménage. Tout en sachant qu'elle n'était pas la femme de sa vie. Pourquoi une telle contradiction ?
Alors elle avait pris le train. Elle était partie. Avec encore au ventre un rêve de mieux. Et aussi la douleur de l'aimer encore. Tu as brisé mes rêves, lui avait-il dit un jour. Il y a longtemps. Pourtant, il était resté. Pourquoi rester sans rêve ?
Le téléphone vibrait encore dans sa poche. Elle eut envie de pleurer, tout à coup. Elle se revit, elle le revit. Jeunes amoureux. Seuls au monde. A se découvrir. Tu es parfaite, lui avait-il dit, un soir, tandis qu'il caressait ses courbes, serré tout contre elle. Avoir un enfant de toi ne me déplaîrait pas... Où était donc cet homme ? Qu'étaient devenus ces mots, ces mots d'amour absolus, tendres, pudiques, sincères ?
Elle était là, dans ce train, recroquevillée sur la banquette. Et le téléphone sonnait toujours. Elle avait envie de pleurer. Parce qu'elle l'aimait toujours. Pourquoi les femmes sont-elles si faibles ?
Il faudrait tenir. Résister. Jusqu'à ce que le temps panse les plaies. Jusqu'à ce qu'elle cesse de l'aimer.
Elle entendit le contrôleur annoncer le terminus.
Alors elle descendit.
Tu n'es pas la femme de ma vie...
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publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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