Jeudi 12 avril 2007
Mon cher Victor,
Suite à ce post très très sérieux sur mon SR2, nous discuterons, aujourd'hui, d'un sujet un peu plus léger, ou du moins, que je CONSIDERE comme plus léger dorénavant. Tu m'intrigues, là, Mirabelle ! Tant mieux !
Tout d'abord, je laisse nos lecteurs avertis relier le titre de cet article et à son image. Nous allons donc causer "gaffe" ! Tout à fait. Ca promet d'être drôle, te connaissant ! Tu ne seras pas déçu ! Plantons d'abord le décor de cette gaffe : c'est mon PREMIER jour de stage. Je ne suis pas encore intégrée dans l'équipe, je n'ai encore que très peu saisi le fonctionnement de l'école et surtout, je suis en proie à un stress effroyable, qui me fait perdre toutes mes facultés rationnelles et me rend très très bêêête.
Il est 8 h 59. A 9 h, je dois récupérer les mômes sous le préau, j'ai une trouille phénoménale, même si je la cache sous des dehors dynamiques. Je suis presque en retard. Je cours dans les couloirs. Le directeur m'intercepte. Il me tend une liasse de papiers verts et je l'entends me dire, dans un brouillard que l'on doit tant aux cris des élèves qu'à mes jambes flageollantes : "Ce sont les fiches de renseignements pour la visite médicale. Il faut que tu donnes ça aux élèves à la sortie". Il me dit autre chose, que je ne comprends pas, mais je hoche la tête, genre je-maîtrise-la-situation. Je vais chercher les mômes, que je tente de faire ranger pendant cinq bonnes minutes. Quand j'y pense, ça me fait sourire...
C'est arrivé en fin de journée. Désireuse d'accomplir mon devoir de maîtresse, je distribue les feuilles de renseignements à l'heure des mamans, à la porte de l'école. Le hic : je ne connais pas les têtes des parents. Je prend parfois telle maman pour celle de Titouan alors que c'est celle de Jonathan et vice versa. Des pères s'impatientent. Soupirent. Tapent du pied. Moi, je me bats avec les feuilles. J'entends des "Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire", puis on m'arrache le document, sans un merci. Au bout de cinq minutes, j'ai la tête qui fume et plus rien dans les mains. Me gratifiant d'un "C'est du bon boulot, Mirabelle !" tout intérieur, je traverse le hall quand j'aperçois la mère de Mathis, un CP. Elle s'interroge sur la visite médicale : où est le tableau des rendez-vous ? Où se tiendra la visite médicale ? Je n'en sais fichtre rien, ma bonne dame, je débarque encore plus que vous dans l'école... Tu lui as dit ça ?! Bien sûr que non. Tu me prends pour qui ? Je lui ai conseillé de s'adresser au directeur et l'ai accompagnée au bureau.
Quand soudain, ça fait tilt. Je comprends ENFIN. Non mais bon dieu, quelle idiote je fais ! Je rougis et bafouille, confuse : "Euh... Excusez-moi, je viens de réaliser que... Enfin... La visite médicale, c'est pour les GS, c'est pour le passage en CP... Donc Mathis n'a pas besoin de ces documents....". La mère de Mathis éclate de rire, me gratifie d'un sourire indulgent (ouf !) et passe la porte de l'école en riant toujours de la bonne blague que je lui ai faite bien malgré moi. En ce qui me concerne, je suis rouge de honte. Je réalise avec horreur l'énorme bourde que je viens de commettre.
Explication : à la sortie, les parents m'ont sauté dessus. J'ai donné des papiers à des parents d'élèves de CP. Certains GS se retrouvent donc sans rien. Je suis mortifiée. C'est mon premier jour et je fais déjà une gaffe. Ca promet pour la suite... Rouge comme une pivoine, je vais donc conter mes maladresses au directeur. Heureusement qu'il est gentil, tiens, celui-là... "Euh... En fait... Je me suis rendue compte que... Enfin... La visite médicale, c'est que pour les GS... J'ai donné des papiers sans le faire exprès à des parents de CP... Mais vous comprenez, je ne connais pas encore les parents... J'ai cru que certains étaient des parents de GS... Je suis navrée, vraiment désolée...".
- Ah... Euh... Tu sais à combien de CP tu as donné le papier ?
- Eh bien euh... Pas vraiment... Comme je ne connais pas les parents...
- C'est embêtant, ça, j'avais juste le compte de dossiers...
- Je suis vraiment désolée...
- Ce n'est pas trop grave, ne t'en fais pas. Essaie de te renseigner demain auprès des enfants pour savoir qui a eu les feuilles et essaie d'en récupérer. Au pire, je ferai des photocopies.
Je retourne dans ma classe en traînant des pieds. J'ai envie de pleurer. Non, ne pas pleurer, maintenant, tu te laisseras aller chez toi, Mirabelle, ce n'est pas le cadre... Je réussis à me retenir, par je ne sais quel miracle. Quelle idiote je fais... En plus, je n'ai même pas eu la curiosité de compter les feuilles... Si je l'avais fait, j'aurais vu qu'il y en avait onze, ce qui correspond au nombre de GS ! Quelle cruche, non mais quelle cruche... Telle que je te connais, tu as dû passer le reste de ta soirée à t'insulter en ton for intérieur. Tout juste. Je m'en voulais à un point que tu n'imagines pas...
19 h 30. Je rentre chez moi. Sur le seuil, j'éclate en sanglots. Je raconte mes mésaventures à mes parents, qui éclatent de rire. Ma mère me raconte sa première piqûre (elle est infirmière, mais je suppose que tu l'as compris, Victor) où elle avait raté la veine du patient et fait pisser le sang, en paniquant complètement. Mon père me défend et décide qu'après tout, on n'avait qu'à mieux m'informer, c'est un monde, ça quand même, le directeur n'avait pas qu'à mieux faire son boulot. Pour moi, le monde vient de s'écrouler et cet incident n'est rien d'autre que la preuve irréfutable que Mirabelle la gaffeuse prendra toujours le pas sur Mirabelle-l'instit-exemplaire. Tu es décidemment trop dure envers toi-même... Ce n'était que ton premier jour ! Certes. Mais tu sais que je suis sans pitié avec ma bêtise... Bref. Je décide finalement d'écrire un mot dans le cahier de liaison dès le lendemain pour demander le retour express des feuilles de renseignements, sans pour autant dévoiler mes tatonnements d'instit' inexpérimentée. Ce serait un coup à perdre toute crédibilité !
Et finalement, comment cela s'est terminé, toute cette histoire ? Bien, j'espère ? Oui. Certaines feuilles sont revenues sans même que j'ai à mettre un mot. Et puis nous avons fait des photocopies. Cependant, j'ai compris ma douleur face à certains parents, venus "m'agresser" à la sortie de la classe, outrés de ne pas avoir reçu la feuille verte par l'intermédiaire de leur enfant. Il a fallu que je rappelle mon statut de remplaçante, tout en précisant pour les moins concernés, susceptibles de penser que sous prétexte que vous avez leur enfant sous votre responsabilité vous connaissez tout de tout, que je n'étais dans l'école que depuis deux jours. Heureusement, tous les parents n'ont pas réagi ainsi... Certains ont été très compréhensifs, débordant de bienveillance, ajoutant que "de toute façon, si le papier est à rendre pour le 20 Mars, ce n'est pas pressé". Ouf. Il y a encore des gens sympas sur terre.
Alors, elle t'a plu, ma gaffe, Victor ? Beaucoup. C'est surtout ton sens du drame qui m'a fait rire. Même si je comprends que tu aies pu te sentir responsable, ce n'était pas une raison pour te mettre dans tous tes états. Enfin... Heureusement que le directeur était gentil. Oh oui, très gentil. Il est venu d'ailleurs, le lendemain de cette bourde mémorable, à la fin de la journée, prendre de mes nouvelles dans la classe et sourire de mes maladresses. "Après tout, tu débutes, tu ne pouvais pas savoir... Ce n'est pas bien grave, allez... Tu en verras d'autres...". Un joli mot pour la fin !
Tout d'abord, je laisse nos lecteurs avertis relier le titre de cet article et à son image. Nous allons donc causer "gaffe" ! Tout à fait. Ca promet d'être drôle, te connaissant ! Tu ne seras pas déçu ! Plantons d'abord le décor de cette gaffe : c'est mon PREMIER jour de stage. Je ne suis pas encore intégrée dans l'équipe, je n'ai encore que très peu saisi le fonctionnement de l'école et surtout, je suis en proie à un stress effroyable, qui me fait perdre toutes mes facultés rationnelles et me rend très très bêêête.
Il est 8 h 59. A 9 h, je dois récupérer les mômes sous le préau, j'ai une trouille phénoménale, même si je la cache sous des dehors dynamiques. Je suis presque en retard. Je cours dans les couloirs. Le directeur m'intercepte. Il me tend une liasse de papiers verts et je l'entends me dire, dans un brouillard que l'on doit tant aux cris des élèves qu'à mes jambes flageollantes : "Ce sont les fiches de renseignements pour la visite médicale. Il faut que tu donnes ça aux élèves à la sortie". Il me dit autre chose, que je ne comprends pas, mais je hoche la tête, genre je-maîtrise-la-situation. Je vais chercher les mômes, que je tente de faire ranger pendant cinq bonnes minutes. Quand j'y pense, ça me fait sourire...
C'est arrivé en fin de journée. Désireuse d'accomplir mon devoir de maîtresse, je distribue les feuilles de renseignements à l'heure des mamans, à la porte de l'école. Le hic : je ne connais pas les têtes des parents. Je prend parfois telle maman pour celle de Titouan alors que c'est celle de Jonathan et vice versa. Des pères s'impatientent. Soupirent. Tapent du pied. Moi, je me bats avec les feuilles. J'entends des "Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire", puis on m'arrache le document, sans un merci. Au bout de cinq minutes, j'ai la tête qui fume et plus rien dans les mains. Me gratifiant d'un "C'est du bon boulot, Mirabelle !" tout intérieur, je traverse le hall quand j'aperçois la mère de Mathis, un CP. Elle s'interroge sur la visite médicale : où est le tableau des rendez-vous ? Où se tiendra la visite médicale ? Je n'en sais fichtre rien, ma bonne dame, je débarque encore plus que vous dans l'école... Tu lui as dit ça ?! Bien sûr que non. Tu me prends pour qui ? Je lui ai conseillé de s'adresser au directeur et l'ai accompagnée au bureau.
Quand soudain, ça fait tilt. Je comprends ENFIN. Non mais bon dieu, quelle idiote je fais ! Je rougis et bafouille, confuse : "Euh... Excusez-moi, je viens de réaliser que... Enfin... La visite médicale, c'est pour les GS, c'est pour le passage en CP... Donc Mathis n'a pas besoin de ces documents....". La mère de Mathis éclate de rire, me gratifie d'un sourire indulgent (ouf !) et passe la porte de l'école en riant toujours de la bonne blague que je lui ai faite bien malgré moi. En ce qui me concerne, je suis rouge de honte. Je réalise avec horreur l'énorme bourde que je viens de commettre.
Explication : à la sortie, les parents m'ont sauté dessus. J'ai donné des papiers à des parents d'élèves de CP. Certains GS se retrouvent donc sans rien. Je suis mortifiée. C'est mon premier jour et je fais déjà une gaffe. Ca promet pour la suite... Rouge comme une pivoine, je vais donc conter mes maladresses au directeur. Heureusement qu'il est gentil, tiens, celui-là... "Euh... En fait... Je me suis rendue compte que... Enfin... La visite médicale, c'est que pour les GS... J'ai donné des papiers sans le faire exprès à des parents de CP... Mais vous comprenez, je ne connais pas encore les parents... J'ai cru que certains étaient des parents de GS... Je suis navrée, vraiment désolée...".
- Ah... Euh... Tu sais à combien de CP tu as donné le papier ?
- Eh bien euh... Pas vraiment... Comme je ne connais pas les parents...
- C'est embêtant, ça, j'avais juste le compte de dossiers...
- Je suis vraiment désolée...
- Ce n'est pas trop grave, ne t'en fais pas. Essaie de te renseigner demain auprès des enfants pour savoir qui a eu les feuilles et essaie d'en récupérer. Au pire, je ferai des photocopies.
Je retourne dans ma classe en traînant des pieds. J'ai envie de pleurer. Non, ne pas pleurer, maintenant, tu te laisseras aller chez toi, Mirabelle, ce n'est pas le cadre... Je réussis à me retenir, par je ne sais quel miracle. Quelle idiote je fais... En plus, je n'ai même pas eu la curiosité de compter les feuilles... Si je l'avais fait, j'aurais vu qu'il y en avait onze, ce qui correspond au nombre de GS ! Quelle cruche, non mais quelle cruche... Telle que je te connais, tu as dû passer le reste de ta soirée à t'insulter en ton for intérieur. Tout juste. Je m'en voulais à un point que tu n'imagines pas...
19 h 30. Je rentre chez moi. Sur le seuil, j'éclate en sanglots. Je raconte mes mésaventures à mes parents, qui éclatent de rire. Ma mère me raconte sa première piqûre (elle est infirmière, mais je suppose que tu l'as compris, Victor) où elle avait raté la veine du patient et fait pisser le sang, en paniquant complètement. Mon père me défend et décide qu'après tout, on n'avait qu'à mieux m'informer, c'est un monde, ça quand même, le directeur n'avait pas qu'à mieux faire son boulot. Pour moi, le monde vient de s'écrouler et cet incident n'est rien d'autre que la preuve irréfutable que Mirabelle la gaffeuse prendra toujours le pas sur Mirabelle-l'instit-exemplaire. Tu es décidemment trop dure envers toi-même... Ce n'était que ton premier jour ! Certes. Mais tu sais que je suis sans pitié avec ma bêtise... Bref. Je décide finalement d'écrire un mot dans le cahier de liaison dès le lendemain pour demander le retour express des feuilles de renseignements, sans pour autant dévoiler mes tatonnements d'instit' inexpérimentée. Ce serait un coup à perdre toute crédibilité !
Et finalement, comment cela s'est terminé, toute cette histoire ? Bien, j'espère ? Oui. Certaines feuilles sont revenues sans même que j'ai à mettre un mot. Et puis nous avons fait des photocopies. Cependant, j'ai compris ma douleur face à certains parents, venus "m'agresser" à la sortie de la classe, outrés de ne pas avoir reçu la feuille verte par l'intermédiaire de leur enfant. Il a fallu que je rappelle mon statut de remplaçante, tout en précisant pour les moins concernés, susceptibles de penser que sous prétexte que vous avez leur enfant sous votre responsabilité vous connaissez tout de tout, que je n'étais dans l'école que depuis deux jours. Heureusement, tous les parents n'ont pas réagi ainsi... Certains ont été très compréhensifs, débordant de bienveillance, ajoutant que "de toute façon, si le papier est à rendre pour le 20 Mars, ce n'est pas pressé". Ouf. Il y a encore des gens sympas sur terre.
Alors, elle t'a plu, ma gaffe, Victor ? Beaucoup. C'est surtout ton sens du drame qui m'a fait rire. Même si je comprends que tu aies pu te sentir responsable, ce n'était pas une raison pour te mettre dans tous tes états. Enfin... Heureusement que le directeur était gentil. Oh oui, très gentil. Il est venu d'ailleurs, le lendemain de cette bourde mémorable, à la fin de la journée, prendre de mes nouvelles dans la classe et sourire de mes maladresses. "Après tout, tu débutes, tu ne pouvais pas savoir... Ce n'est pas bien grave, allez... Tu en verras d'autres...". Un joli mot pour la fin !
ajouter un commentaire
commentaires (1)
publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

Bavardages