XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 20 mai 2006

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, je suis plutôt remontée ! Quel est ton cheval de bataille cette fois-ci ? Les femmes ! Les femmes ? Les femmes et plus particulièrement leurs droits et devoirs. Suite à cet article, j'ai beaucoup réfléchi sur les mères. "Mères" et "femmes", ce n'est pas la même chose ! Exactement ! Et c'est bien là-dessus que j'avais l'intention d'insister !

Je suis féministe. Féministe ? Ah... C'est vrai qu'au XIXème siècle, les femmes étaient encore sous la coupe des hommes, je ne t'en veux pas de ne pas connaître... Je suis féministe, c'est à dire que j'ai été élevée dans la conscience que les femmes ont encore tout à conquérir par rapport aux hommes. Quand je vois le statut social des femmes au XXIème siècle, tu n'exagèrerais pas un peu, par hasard ? Certes, les femmes en ont gagné en indépendance. En reconnaissance de leur identité, en tant qu'individu à part entière. De mon temps... Ne te renfrogne pas ainsi, Victor ! Les moeurs ont changé ! Et aujourd'hui, les femmes ont elles aussi le droit de taper du poing sur la table ! Non mais ! C'est d'ailleurs bien ce que je compte faire dans cet article : je voudrais m'adresser aux femmes. Et particulièrement aux toutes jeunes femmes. De mon âge, ou même plus jeunes :  

Vivez votre vie ! Battez-vous pour vos études. Battez-vous pour obtenir un travail, à la sueur de votre front. Ne comptez que sur vous-même. Ayez votre propre autonomie financière. En clair : ne revenez pas de vous-même vous enfermer à double-tour dans cette cage dorée dans laquelle les femmes ont été recluses pendant trop longtemps ! Regardez derrière vous, regardez-les, toutes ces femmes sous la tutelle de leurs maris, ces femmes qui devaient se justifier, ces femmes  dépendantes, soumises, et pourtant, si désireuses d'acquérir leur propre autonomie ! La situation que tu décris n'est plus valable aujourd'hui, apparemment. Les hommes prennent soin des femmes. Les respectent. Leurs rapports se sont équilibrés. C'est vrai. Mais j'ai autour de moi des exemples qui prouvent qu'on oublie toutes ces femmes, peu à peu...

Pour l'instant, je ne comprends pas pourquoi tu m'as parlé des mères. Là, tu me parles des femmes. Pourquoi ce désir affiché, au début de ton article, de différencier les deux termes ? Quelque chose te chiffonne ? Oui. Et sérieusement en plus. J'ai autour de moi beaucoup d'exemples de jeunes filles qui ne rêvent que d'une chose : fonder un foyer. Avoir des enfants. Les élever dans la quiétude, les rires, le Nutella, et autres clichés. C'est très bien, tout ça. J'ai des exemples de jeunes filles de vingt ans, de vingt-deux ans, avec seulement le baccalauréat en poche, qui envisagent de faire un bébé dans les prochains mois. Et qu'est-ce qui t'embête dans tout ça ? Si elles veulent des enfants, grand bien leur fasse ! Je reconnais bien là ton esprit du XIXème siècle. Cela ne te pose aucun problème, évidemment, que le seul salaire ramené à la maison soit celui de l'homme. Ni que la femme n'existe qu'à travers l'identité sociale de "mère" et non pas à travers celle de "femme". Non, bien sûr, tu viens du XIXème siècle. Laisse-moi être un peu pessimiste, l'espace de quelques secondes :

Mademoiselle X, vingt ans, vit avec Monsieur Y. Mademoiselle X n'a que le baccalauréat. Pour la forme, elle est inscrite en deug de psychologie à l'université, mais n'entretient qu'un seul rêve : que Monsieur Y, avec qui elle vit une jolie histoire d'amour depuis trois ans, haut fonctionnaire, la demande en mariage et lui dise : "Chériiiiie, faisons un enfant sur le champ !". Qu'elle serait heureuse, Mademoiselle X ! Elle se voit déjà promenant le moutard dans son landeau, lui embrassant le ventre après le bain, lui donnant le biberon... Bon, évidemment, il y a aussi les couches, le caca, c'est un peu dégoûtant. Et puis, le ménage, les courses... Mais enfin, c'est le lot de toute mère, de toute femme, n'est-ce pas ? Mademoiselle X se dit prête à l'assumer  et elle reprendra ses études "plus tard", quand Arthur (elle a déjà le prénom) aura grandi.

Jolie petite histoire... Je ne vois pas en quoi elle est pessimiste, il faudrait que tu m'expliques. Attends la suite, Victor ! Que tu es impatient !

Mademoiselle X a trente ans. Elle s'appelle désormais Madame Y. Après dix de mariage avec celui qu'elle croyait être "l'homme-de-sa-vie-le-vrai-et-pour-toujours", et engendré Arthur, Paul et Alexandre, Monsieur Y a pris la poudre d'escampette avec une de ses collègues. Madame Y  a très peur. Elle cherche du travail, n'en trouve pas. Parce que vous comprenez, avec seulement le bac en poche et tant de chômage, il est difficile de tirer son épingle du jeu ! Cela l'est d'autant plus qu'elle n'a aucune ressource financière, et que Monsieur Y et elle se déchirent pour obtenir la garde des enfants. Elle regrette de ne pas avoir prévu un plan de secours, au cas où. Il n'y a pas de honte à assurer ses arrières, et Madame Y vient tout juste de s'en rendre compte. Elle avait pourtant dit qu'elle reprendrait ses études quand les enfants seraient grands, mais les années ont filé, filé, et la voilà sans un sou, sans un diplôme. Juste du vent, et la sensation d'être passée à côté de son identité de femme.

 

Je vois ! La chute est un peu plus négative ! Tu penses vraiment que cela se passe comme ça ? J'en suis persuadée ! Tu donnes une mauvaise image des femmes au foyer... Des godiches sans cervelle, sans la moindre nuance de jugeotte... Pas du tout ! Je n'ai strictement rien contre les femmes au foyer. Je ne trouverais rien à en redire si ces femmes avaient un métier sur lequel s'appuyer en cas d'échec. Un peu de prévoyance, de prudence, ne remet pas en cause la confiance que l'on porte à son couple. Les femmes ont trop souvent tendance à se fondre dans l'autre, à oublier qu'elles sont un avant d'être deux. C'est l'amour, tout simplement ! L'amour, l'amour... L'amour doit-il obligatoirement conduire aux pires folies ? Implique-t-il forcément de perdre la raison ? Cela mériterait un autre article... J'y penserai !

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mardi 23 mai 2006

Mon cher Victor,

Faisons original aujourd'hui, annonçons le thème de l'article présent par un texte que j'aime :  

- Oh ! La jolie fleur dans la vitrine !

- Oui, c'est un petit pavot blanc.

-Je ne vous parle pas des petits pavots, je vous montre la fleur d'en bas, tachetée de clair et de sombre, veloutée, avec deux gouttes de rosée qui brillent, et de grandes étamines blanches pointues.....

-Tiens je me trompais, ce n'est pas une fleur, c'est un chat...

 La fleur, Chats de Paris, Colette 

C'est beau, non ? Quand on aime les chats, oui. Quand ils laissent indifférents, c'est une autre affaire... Cet article d'Ellalie m'a subitement fait réaliser que jamais je n'avais consacré d'article à la créature la plus magnifique qui soit sur cette terre, à cette merveille de la nature, à cette perfection montée sur pattes : le chat. Le chat sur cette affiche n'est pas exactement ce que j'appelerais la "perfection montée sur pattes" ! Parce que cette affiche joue avec l'image du chat noir. D'où son côté "grand prince des ténèbres". De mon temps, les chats noirs, on les fuyait comme la peste : ça portait malheur ! Et cette superstition est toujours vivace, Victor ! Eh bien alors, pourquoi mets-tu un chat noir sur ton blog ? Tu veux faire fuir tes amis blogueurs !? Parce que j'ADORE les chats noirs. Quoi ?!

 

Il s'appelle Réglisse. Il est tout noir. Avec de grands yeux jaunes, et un petit grelot autour du cou. Il est souple comme un élastique, avec une queue en point d'interrogation. Il vient se coucher sur le papier quand j'écris. Il me chatouille la joue avec ses moustaches. Me lance des regards qui en disent long. Il est joueur, entêté, un peu vagabond. Câlin aussi... Je ne savais pas que tu avais un chat ! Je n'ai pas de chat. Ah ? Non. Réglisse est mon chat rêvé. Celui auquel je pense depuis quelques années déjà.

 

 

Je ne connais pas d'animal plus majestueux que le chat. Est-ce un hasard si tant d'artistes ont écrit sur ses pattes de velours ? Bien sûr que non. Le chat incarne le mystère. L'élégance. La grâce. C'est un poème à lui tout seul. Son ronronnement est un doux murmure. Ses oreilles des triangles parfaits. Coussinnets coussins. Griffes adorables. Port de tête royal. Bottes feutrées. Le chat est une oeuvre d'art. Quand il saute d'un toit à un autre, on dirait que rien ne peut l'atteindre. Qu'il retombe sur ses pattes, toujours, quoi qu'il arrive. Même les scènes les plus cruelles sont admirables. Quand il fait tournoyer la souris au-dessus de sa tête. La lance. La rattrape. Mon regard ne se lasse pas de cette mise à mort, pourtant barbare, mais ô combien séduisante grâce à ses acrobaties, à sa souplesse, ses coups de patte donnés comme des coups de pinceaux ! Le chat est un artiste. Un artiste, un artiste... C'est toi qui le dis ! Oui, Victor, c'est moi qui le dis.

Je n'imagine pas ma vie sans chat. Pourtant, tu n'en as pas ? Tu es bien forcée de faire avec ! Je fais avec. Difficilement. Il me semble avoir toujours vécu avec des chats, pourtant. D'où te vient cette fascination ? Je ne saurai le dire. Les chats me font du bien. Moi qui suis de nature profondément angoissée, je ne connais rien de plus apaisant qu'un chat assoupi sur les genoux. Détendu. Que l'on caresse sereinement. Avec la sensation que rien ne peut nous arriver. Rien.

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mercredi 24 mai 2006

Mon cher Victor,

Ce matin, comme tous les matins depuis quelques années, j'allume mon portable au saut du lit. Mon téléphone vibre et... Entre parenthèses, Victor, si tu es perdu avec les termes "vibreur" et "portable", reporte-toi à cet article-ci où je t'avais déjà expliqué quelques rudiments en téléphonie mobile. Je n'en suis plus là, tu sais ! Ne te vexe pas. Je disais donc : mon téléphone vibre. C'est un sms d'Aurélie, une collègue de l'IUFM. Et là, surprise...

???????? Envoie ces huit petits anges à huit personnes et quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt. Si tu ne le fais pas, tu auras huit ans de malheur. Ce message est gratuit.

 

 

"Quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt". Mon cerveau pourtant endorli par neuf heures d'un sommeil écrasant songe immédiatement au COOOONCOURS. Rien d'étonnant... Non. Ce fichu concours est le centre de mes préoccupations ces dernières semaines, et je ne vis plus qu'en attendant le 31 Mai. J'en ai mal au ventre rien que de penser à la feuille des résultats affichée dans le hall de l'IUFM... Allons, allons ! Nous n'y sommes pas encore ! Poursuis, poursuis !

 

En lisant ce sms, j'ai soudain été prise d'une superstition redoutable : et si c'était vrai ? Et si je n'avais pas le concours ? Et si une menace planait au-dessus de ma tête ? Toi, Mirabelle, tu es supersticieuse ? En général, non. Mais ce matin, avec le concours, j'ai été prise d'une peur enfantine : la peur de l'échec, une peur qui m'oppresse encore un peu plus chaque jour. En donnant tout à coup autant d'impact à une prétendue fatalité, j'ai senti "corporellement" pourquoi Aurélie m'avait envoyé ce sms, elle sur qui la menace du "recalée" plane également. Alors, tu as fait ce qu'il te demandait ce...? SMS. Oui, c'est ce que j'allais dire ! Ne prends pas la mouche, Victor ! Tu es d'une humeur de chien, aujourd'hui... Pour répondre à ta question, j'ai relu cet "avertissement" (car c'est bien un avertissement, non ?) et je me suis dit que mon destin n'appartenait qu'à moi ! Ah ! C'est bien, ça ! Et puis aussi... Aussi quoi ? Comme je n'avais plus que cinq sms pour finir le mois et que rien ne garantissait le caractère gratuit de l'envoi (on aurait tout vu...) je me suis contentée d'appuyer sur la touche "effacer" plutôt que de risquer du hors-forfait. Et voilà ! Tout est bien qui finit bien ! Attendons le 31 Mai. Au pire, si je ne vais pas aux oraux, je pourrais toujours rejeter la faute sur cette maudite chaîne. Et tu en reçois souvent ?

 

Ce genre de chaînes sévit surtout sur Internet. Tout le monde affirme "ne pas y croire", mais tout le monde les fait suivre "au cas où", comme on dit. Ca ne coûte rien... Et puis on ne sait jamais... C'est du moins ainsi que raisonnent beaucoup de gens : c'est le pouvoir de la superstition. C'est terrible, la superstition. Cela ne repose sur rien de rationnel. Cela fait appel aux peurs, aux angoisses, qui sont, par définition, le contraire même d'un raisonnement logique et sensé. Pourtant, le vocabulaire employé par certaines chaînes, quand on y réfléchit de plus près, prête à sourire. Celle que j'ai reçue, par exemple, est particulièrement gratinée : 

? : d'abord, ce n'est pas un ange mais un point d'interrogation : on ne me la fait pas à moi !
"Quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt" : juste assez vague pour faire peur (ou pour faire espérer, tout dépend du point de vue selon lequel on se place) et pour ne pas trop se mouiller. "Bientôt", on a déjà trouvé plus précis comme terme...
"Si tu ne le fais pas, tu auras huit ans de malheur" : précision terrifiante cette fois-ci ! En accord avec les huit anges. Aucune perspective d'éclaircie pendant huit ans. Fichtre... Voilà qui fait peur !
"Ce message est gratuit" : quelle preuve ? Aucune, bien évidemment. On s'appuie juste sur la naïveté du client.

 

Tout ça, pour dire, mon cher Victor, que tout ça, ce n'est que des conneries ! Attention à ton vocabulaire, Mirabelle ! Je trouve que tu te relâches beaucoup en ce moment ! Il faudra prendre garde à ta façon de parler quand tu seras Hussard de la République ! On ne dit plus "Hussard de la République", Victor, c'est dépassé...

 

 

 

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Jeudi 25 mai 2006

Mon cher Victor,

Une des choses que je préfère, quand mes amours ne tournent plus vraiment rond, c'est la solidarité féminine. Et en particulier le soutien des copines.

Tu sais, Victor, les femmes du XXIème siècle se sont émancipées depuis ton époque. Voyez-vous ça... Elles se sont affirmées. Ont fait valoir leurs droits, évoluer les mentalités, se sont battues, encore et encore, pour être considérées à l'égal des hommes. Bien sûr, le combat n'est pas terminé, mais nous avons remporté de nombreuses batailles : le droit de porter des jupes, le droit à l'avortement, le droit à la contraception... Toutes ces choses primordiales qui font partie de nous, de chaque femme sur cette planète, de ma génération comme de la précédente, comme de celles à venir.

J'aime les femmes, Victor. Tu aimes les femmes ?! Ca y est, tu ris aux éclats : je vois que tes petites plaisanteries te plaisent bien, c'est l'essentiel. Ne feins pas la naïveté, tu as parfaitement compris mes propos. J'aime les femmes parce qu'elles sont là les unes pour les autres. Enfin, j'imagine qu'il existe des contre-exemples, mais d'après mon expérience personnelle, je crois pouvoir affirmer que les femmes que je côtoie ont cette extraordinaire qualité d'être fière de leur sexe.

Vois-tu, mon Victor, depuis ma séparation, j'ai tendance à me dévaloriser, à ne plus croire en rien, et surtout pas en moi. Oui, il me semblait bien avoir remarqué un comportement de ce type ! C'était compter sans les copines ! Que ferai-je sans elles ? Ce sont les femmes qui parlent, dans ces cas-là. La spécificité féminine. Ce qui nous différencie des hommes. Et renforcer mon identité de femme m'aide à supporter la solitude.

Il est fort probable, mon cher Victor, que ce que je m'apprête à écrire va te vexer quelque peu en tant qu'homme, et sans doute plus qu'un autre, étant donné que tu es d'une génération quelque peu... Ancienne. Faut-il que je me bouche les oreilles ? Je pensais que tu ferais preuve de plus de courage. Tu ne veux plus m'écouter ? J'ai quelques difficultés avec les femmes qui se prennent pour des hommes ! C'est bien une remarque du XIXème siècle. Il ne faut pas envisager les choses sous cet angle. Je suis une femme du XXIème siècle. Il n'y a donc pas de point de comparaison possible. Dans ce cas, je veux bien faire un effort, mais je ne garantis pas de rester calme ! Aucune importance : c'est l'intention qui compte !

Etre une femme, c'est aussi critiquer les hommes. Gentiment. Sans haine, parce que dans le fond, on les aime, les hommes. Je suis célibataire. Tu le sais. La plupart de mes amies sont pourtant avec quelqu'un, et en majorité, depuis un certain temps. Elles sont bien installées. Et elles les aiment, leurs hommes. Mais quand je ne vais pas bien, que je commence à me lamenter sur mon sort (ce qui m'arrive fréquemment...) elles sont là, derrière moi, à me pousser...

- Attends, Mirabelle, tu sais comment fonctionnent les mecs ! Ils n'ont aucune délicatesse, ils ne tournent jamais leurs langues dans leurs bouches avant de parler ! Après, ils s'étonnent qu'on se vexe et ils s'excusent des plombes plus tard !

- C'est génétique, c'est certain. Ce sont des handicapés de la parole. Ils ne parlent jamais de leurs sentiments. Cela ne signifie pas qu'ils ne ressent rien évidemment, mais ils ne sont pas comme nous : pour eux, la communication, cela passe par le corps !

- Arrête de te plaindre parce qu'il ne lit pas. C'est rare, les hommes qui lisent. Regarde le mien : à part le Ouest-France et les magazines d'ordinateur, il ne lit pas une ligne...

- Tu sais bien que leur bagnole ou leur moto, c'est plus important que leur copine ! Ou disons qu'ils y font plus attention... Bon, c'est triste d'accord...

Si tu cherchais à m'énerver avec tes poncifs anti-hommes, c'est raté ! Je ne me sens pas concerné du tout : je suis un homme exemplaire ! Je suis extrêmement délicat, j'en ai dans la cervelle, et je lis énormément, tu t'en doutes ! Demande à Juliette si c'est pas vrai ! Humm... J'aurais aimé que tu naisses en 1984 !

On a beau savoir que tout ça, c'est du blabla, qu'il ne faut pas généraliser sur les hommes, cela fait partie des techniques utilisées pour en oublier un ! C'est ça, la solidarité féminine ! Alors, merci à toutes celles qui en usent : je suis heureuse d'être une femme !

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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle
Jeudi 25 mai 2006

Mon cher Victor,

J'ai obtenu mon AFPS il y a quelques temps. L' AFPS ? Attestation de formation aux premiers secours. Elle m'était nécessaire pour le concours, et très franchement, je ne regrette pas. En quoi cela consiste-t-il ? On nous enseigne les premiers soins à administrer à une personne consciente ou inconsciente, lors d'un accident, par exemple, qu'il soit domestique ou autre. On envisage toutes les situations possibles : malaise respiratoire, malaise cardiaque... Que dire ? Que faire ? Qui appeler ? Comment sécuriser les lieux de l'accident ? Comment se protéger ? Comment signaler la victime aux secours ? Toutes ces questions, j'imagine qu'on se les pose toutes un jour où l'autre, avec plus ou moins de précision. En ce qui me concerne, je dois dire que j'avais éclipsé tout élément gênant de mon esprit. On n'aime jamais penser à ce genre de choses...

Et on se dit que cela n'arrive qu'aux autres ! Mais cela n'arrive pas qu'aux autres ! L'autre jour, j'ai lu un article d'Ellalie qui traitait justement le sujet : la pauvre ! Elle a dû secourir une victime ivre : dans un premier temps, on en sourit, mais on réalise finalement qu'à sa place, on n'aurait pas fait le fier non plus ! Comme tu dis. Je l'ai lu moi aussi. Et j'en ai souri également : non pas que la situation décrite m'ait amusée, mais j'avais déjà commencé à écrire cet article sur les premiers secours, et constater combien les blogueurs peuvent se croiser dans le traitement de leur sujet m'amuse toujours. Et cela me fascine... En parlant de sujet, ce n'est pas celui d'aujourd'hui ! Tu as raison, Victor. Surtout, n'hésite pas à me faire signe si je m'éloigne un peu trop !

Cette formation aux Premiers Secours s'est effectuée à l'IUFM, sur deux jours. Deux journées intenses où tous les types de situation sont balayés, avec plus ou moins d'efficacité. Et on s'aperçoit vite que toutes les sortes de risque sont susceptibles de s'entremêler : si une victime souffre d'une fracture au bras et d'une hémorragie à la jambe, que traiter en premier ? De quel côté le mettre en PLS ? PLS ? Position Latérale de Sécurité, Victor. Si tu veux, je te montrerai. Il ne faut pas être trop souple au moins ? Parce qu'avec mes vieux os... N'aies aucune crainte.

Tu ne sais pas la meilleure, Victor ? J'espère que JAMAIS je n'aurai à me servir de ce que j'ai appris pendant ces deux jours. Secourir quelqu'un est une telle responsabilité ! Et j'ai peur de ne pas me montrer à la hauteur. Tant de risques... Quelle horreur, par exemple, de réaliser qu'une forte hémorragie peut nous faire perdre un litre de sang à la minute ! Avec les cinq litres de sang qui coule dans nos veines, on prend bien vite conscience que la vie ne tient qu'à un fil, et que c'est au secouriste de maintenir ce fil, avec tout le sang froid et l'efficacité que l'on attend de lui. C'est un tel poids sur mes frêles épaules...

On ne peut pas toujours sauver quelqu'un, malheureusement. Et si tu te trouves un jour confrontée à ce type de situation, il te faudra l'accepter, et vivre avec. C'est encore cela le plus difficile, j'imagine... Comment ne pas se sentir coupable quand on a échoué dans sa mission ? Comment faire face à la douleur de la famille de la victime, qui peut nous reprocher notre échec ? Toutes ces questions, je me les pose désormais. Et j'espère ne jamais avoir à y trouver de réponse...

 

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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