XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 18 mai 2007
Mon cher Victor,

A l'écoute de cette chanson, des images. Mirabelle sur la piste de danse, riant aux éclats. Fabrice imitant Travolta. Sophie qui rit. Les Anglais qui déambulent dans le "Student Bar". Démarche de cow-boys. Filles en collants résille et mini-short à paillettes. Décolletés plongeants. Moi en jean et Converse. Sophie avec son tee-shirt Decathlon. Toute simples. Si simples. Si françaises.
Des rires. L'insouciance. Je danse et il me semble que le monde m'appartient. Je me fiche des regards braqués sur moi. Je me fiche des Anglais qui jugent les "poor french girls". Je suis bien. A côté de moi, une anglaise se déhanche. Langoureusement. Elle se prend au sérieux, celle-là... Ca me fait rire. Je ne me sens pas complexée ce soir. Pas laide. Pas gênée. Non. Juste profondément française. Et heureuse de l'être, parmi tous ces Anglais que j'aime, malgré leur séduction à outrance, leur ivresse perpétuelle, leur condescendance. Oui. Je les aime, mes Anglais. J'ai pour eux une tendresse particulière, teintée d'amusement et d'incompréhension. D'indulgence aussi...
Cette chanson me manque. Elle est pourtant formatée, industrielle. Pas mon genre. Et pourtant... Elle me manque. Elle représente tout ce que j'ai laissé là-bas. La vie qui s'est arrêtée dans le flat 6, room 7. Qui viendra après nous ? Peut-on avoir été plus heureux que nous ne l'avons été à cette époque ?
Sensations indicibles. Sentiment indescriptible d'avoir vécu quelque chose d'à part et d'inoubliable. D'incompréhensible pour les autres. Incompréhensible pour ma famille, incompréhensible pour mon Mystérieux Inconnu. Je suis un peu anglaise, aujourd'hui. L'Angleterre, je la garde en moi.
Alors quand fiches de prep', programmation, mémoire, validations, IUFM, Mystérieux Inconnu, Papa, Maman, Petite Soeur, Permis de Conduire, habitudes me pèsent, quand ils me deviennent insupportables, me vient l'envie de murmurer, tout doucement, tout doucement, à mon oreille de presque-adulte : "Souviens-toi..."
Alors j'écoute cette chanson. Je les revois tous. Charmaine, Daniel, Claire, Emma, Kerry, Carly, Lucy, Peter, Fabrice, James... Je revois le bus jaune, le son des ses freins ; j'entends encore le cliquetis de ma clé dans la serrure. Flat 6 room 7. J'entends Evanescence dans l'appartement du dessous. J'entends l'alarme à incendie. Le rire du Claire, son "Oooooh, Mirabelle, you're cheeky !". J'entends le claquement des Crakers au Christmas Dinner. J'entends mon rire, je vois mon sourire, celui de Sophie, celui de Fabrice.
Alors, quand le courage m'abandonné, me vient l'envie de prendre vêtements, cartes d'identité, carte de résident et de filer pour le premier avion. Atterrir à Londres. N'entendre plus que de l'Anglais. Prendre une grande bouffée d'air. Respirer. Vivre. Retrouver ce que je ne retrouverai plus. Penser à moi. Oublier tout, tout le monde. Ne penser qu'à moi. Pas de regrets, pas de remords. Vivre l'instant présent.
Puis, repenser à ce rêve, réalité de trois mois. Me dire que tout cela a existé. Ecouter Justin Timberlake, Nelly Furtado et leur chanson insipide. Sourire. Tout cela m'appartient à jamais.
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publié dans : Chez les British par Mirabelle
Samedi 19 mai 2007
Mon cher Victor, chut.JPG

Lundi dernier, vers 16 h 15, regroupement avec mes petits, sur le tapis. Ils sont bien excités et avoir chanté "Pomme de Reinette" en chuchotant ne les a pas calmés. Alors que Sandy tape sur Lucas, que Matthieu essaie de décoller le calendrier et que Julie m'appelle à pleins poumons ("Eeeeeeehh ! Mirabeeeeelle !!! Mirabeeelle ! Eeeeeeh !"), je tente une petite nouveauté, toute transportée que je suis par cette visite de validation qui va s'achever.
Je lève un doigt, ouvre grand les yeux et murmure :
"Oooooh... Ecoutez !"
Tout à coup, tous les gosses me regardent. Plus attentifs, tu meurs. Sandy ne tape plus Lucas, Matthieu délaisse le calendrier et Julie en reste bouche-bée. Yeux ronds comme des billes fixés sur moi. L'ATSEM se retient de rire. Quant à moi, je garde mon sérieux et continue de jouer mon rôle :
"Ecoutez... Est-ce que vous entendez ?"
Tous les petiots murmurent, maintenant :
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous entendez ?
Les petites voix m'interrogent, tout bas : "Dis, Mirabelle, qu'est-ce qu'on entend ? Hein, dis ? J'entends rien, moi ! Hein, Mirabelle, qu'est-ce qu'il faut entendre ?"
Je persiste à demander le silence, un doigt sur la bouche et lâche enfin ma plaisanterie :
- Vous entendez ?
- Quoi ?
- Le silence !
L'ATSEM rit. Ma visiteuse-valideuse rit. Je ris aussi devant l'air incrédule de mes petiots. Mais le meilleur est à venir, avec Quentin qui s'exclame, très sérieusement : "Ah oui, je l'entends, moi !".

 

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Dimanche 20 mai 2007

Mon cher Victor,--l--ves.JPG

Comme je le disais à ma marraine très récemment, je sens que je mûris en tant que maîtresse. Encore heureux ! Je te signale que tu termineras bientôt ta PE2 ! Certes. Mais tout de même... Même si c'est le cours normal des choses, ça fait du bien de le constater, ça rassure ! C'est bien gentil de dire ça, Mirabelle, mais moi, je veux des preuves ! Bon. Te souviens-tu de cet article, Victor ? J'y évoquais mes premiers pas de maîtresse PE2, des premiers pas chancelants... Un rien me déstabilisait ! Je vois encore ta mine déconfite... Tu me faisais part des remarques très directes de ton IMF... Tu étais toute retournée !

Eh bien j'ai eu, cette semaine, la preuve irréfutable que j'avais progressé. Aaah ! Comme tu le sais, pour mon mémoire, j'eus à effectuer des séances d'anglais dans une classe. Je choisis une classe de CE2. La classe de Madame B., justement, dont je t'avais parlé avant de partir en Angleterre. J'ai mis longtemps à oublier une des phrases qu'elle m'avait dite : "Les enfants n'ont rien appris". J'ai dû faire un gros effort sur moi-même pour tirer un trait sur cette phrase, pour me donner une chance d'être une bonne maîtresse un jour. Passer à autre chose devenait inévitable, ma pauvre petite fille... On ne peut pas rester figé sous le poids d'un passé qui nous obsède ! C'est pourquoi, à mon retour d'Angleterre, en concevant mes séances d'anglais, je repris contact avec cette IMF. Je ne devais pas rester sur un échec. Et elle accepta de m'accueillir de nouveau dans sa classe.

Je retrouvai alors les élèves. J'étais un peu émue, car cela me propulsait quelques mois en arrière, quand je n'étais qu'une petite débutante un peu décalée quant à la réalité de l'enseignement.
Et là, en ce mois d'avril, je n'étais plus la même. Le SR2 avait fait de moi une presque-maîtresse un peu plus efficace. J'apprends peu à peu à me blinder, Victor, et à ne pas faire d'une séance ratée le symbole de la nullité de ma carrière future. Un grand pas vers la maturité, effectivement ! Bref. Je pris en charge quatre séances d'anglais dans cette classe, à raison de deux séances par semaine. Madame B. me donnait des conseils, fit avec moi les bilans de mes séances, et quoi qu'elle put dire, je n'en fus pas blessée.

En fin de séquence, je fis parvenir une évaluation à Madame B., évaluation qu'elle donna à faire à ses élèves. Elle me la transmit ensuite pour que je la corrige. Quand elle récupéra les copies, elle en dressa un petit bilan qu'elle me fit parvenir par l'intermédiaire d'un petit mot dans mon casier à l'IUFM. Dans ce petit mot, elle me remercia pour mon intervention et mon travail. Selon elle, les enfants étaient ravis de ces séances. Et quant à elle, elle jugea... Elle jugea ? Que les enfants avaient appris ! Aaaaah ! Intéressant !!! Tu ne peux pas savoir combien je me suis sentie heureuse, Victor, en lisant cette phrase. C'était comme une revanche. Une revanche sur moi-même. J'ai souri. J'aurais embrassé la terre entière. Au lieu de ça, je suis rentrée chez moi, tranquillement.

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Lundi 21 mai 2007

Mon cher Victor,ferme.JPG

Aujourd'hui, c'était excursion à la ferme avec mes petits. Malgré l'extrême fatigue dont je suis la proie, je me traîne jusqu'à notre table pour bavarder un peu avec toi... Tu aurais pu au moins retirer tes bottes et chausser des souliers convenables ! Elles sont pleines de boue ! Ce n'est pas poli, Mirabelle ! Navrée. Pas eu le temps. Ca sent le cochon... C'est moi ! Un petit aperçu des senteurs raffinées dont je me suis impregnée...

Ceci dit, et afin de rappeler que je n'ai pas le coeur sec, j'ai passé une excellente journée, quand je n'étais pas en train de courir après Mathieu, ou de glisser dans la bouillasse, ou de rattraper Titouan qui avait décidé d'aller vivre avec les moutons dans l'enclos ou... En résumé, les enfants ont pleinement profité tandis que tu as passé ton temps à faire la police ! C'est un bon résumé... Je suis éreintée mais plutôt joyeuse, éclairée par le souvenir de ces petits visages illuminés, de ces menottes caressant le poil doux des lapins et de ces quenottes mordant à pleines dents dans les sandwiches sur la pause du midi.

Ce matin, après avoir fait une heure de bus sous la pluie et dans le brouillard, nous voilà à la ferme. Igmar me demande si on va "prendre le pique-nique" tandis que Clarence, lui, se sert carrément dans son sac pour entamer son paquet de chips. Il me faut alors expliquer qu'il n'est que dix heures du matin et que nous avons plein de choses à faire et à voir avant de manger. Ludivine insiste quand même pour savoir "quand nous allons à la cantine". Soupir de ma part... C'est adorable !

Chaque enfant chargé d'un seau rempli de graines pour les animaux, nous rendons visite aux cochons, poules, chevaux et autres créatures, apprenons à jeter le grain, à mettre la main bien à plat pour nourrir le poney, les chèvres et autres publics très très intéressants. Les enfants sont ravis (sauf quelques petits bouts pas très téméraires, dans lesquels je reconnais, émue, ma propre enfance...) et Martine et moi faisons préciser le vocabulaire de circonstances.

Vient ensuite le tour des lapins. Ah... Les lapins ! Toute une affaire ! On remarque vite la différence de taille entre ces dodus de clapiers et notre petite Câline, élevée au sein de la classe. Dans la continuité de ce qui a été dit précédemment, nous interrogeons les enfants sur les mamans, les papas et leurs petits.

- Comment s'appelle le petit du lapin ?


Pas de réponse des bouts de choux. Nous rappelons alors ceux des autres animaux (agneau, veau, poussin, caneton etc.) et attendons désespérement le mot "lapereau". Jusqu'à ce que Sandy, dans une étincelle de génie, s'exclame :

- Un lapinou !


Ca ne s'invente pas... Le reste de la journée est fidèle à la matinée, c'est à dire que je supervise les relations inter-élèves, en empêchant les petiots, par exemple,  de se doubler au toboggan. J'en punis un ou deux (pas de meilleurs idées à leurs yeux que de faire tomber leur camarades à la renverse du haut de l'échelle...) et admire leurs jeux, imaginatifs à un point que tu ne peux concevoir (ex : Alexandre à califourchon sur une grosse pierre, cavalant sur son fidèle destrier à travers la plaine...). Ils murissent, mes petits du lundis. Leurs jeux s'étoffent, leurs idées sont de plus en plus fines, de plus en plus précises. Ils jouent ensemble, maintenant, s'appellent par leurs prénoms. Laura arrive désormais à grimper au toboggan sans que je l'aide et Nelson a pris énormément d'assurance, ne réclamant plus ma main pour monter à l'échelle. Je me sens bêtement émue, comme si j'y étais pour quelque chose...

15 h : Retour au car. Les petits sont épuisés. Au bout de trois minutes de route, ils dorment à poings fermés. L'occasion pour moi de prendre des photos. Suces. Pouces. Doudous. Respirations calmes et bienheureuses. Waouh ! Je suis complètement crevée mais si bien dans mes bottes, là, dans ce car, en tant que presque-maîtresse !

 

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Jeudi 24 mai 2007
Mon cher Victor,conduire.JPG

J'ai repris la conduite. Ce matin, c'était ma deuxième heure avec mon nouveau moniteur. J'avais pris un médicament pour le coeur, prescrit par mon médecin, afin de diminuer mon stress. Et puis depuis quelques semaines, je carbure à la Phytothérapie, deux comprimés magiques matin et soir, pour calmer ma nervosité.  Est-ce inévitable ? Ca me fait du bien, tu sais. C'est dans la tête, tout ça, Mirabelle... Peut être, mais je suis plus détendue. Enfin... Moins tendue, disons ! J'ai toujours mal au ventre avant chaque leçon de conduite, mais je suis moins oppressée et moins négative sur la leçon à venir.

La première leçon n'avait pas été évidente. Celle d'aujourd'hui s'est nettement mieux déroulée. Pas d'erreur énorme de ma part, ou du moins je ne l'ai pas ressenti ainsi. Peut être parce que ton moniteur est gentil ? Oh ! Mon pauvre Victor, si tu savais ! Ce moniteur est bougon, ronchon... Il s'énerve pour un rien ! Ah... Tu n'y as pas forcément gagné au change, alors ! Eh bien... J'hésite, figure-toi ! Ma pauvre Mirabelle, tu es complètement maso ! Pas forcément ! Tu sais, ce moniteur est beaucoup plus précis que le précédent et ses indications me semblent assez concrètes. Il est vieux, pas très sympa (quoi que, la leçon d'aujourd'hui était plus sympathique que la première...) mais je cible mieux mes difficultés et c'est important. Bon, bon... Si tu t'y retrouves, c'est le principal !

Alors je reprends courage. Je me dis que je vais y arriver. Forcément. J'essaie d'y croire, encore. Je persévère. Et j'ai décidé de ne plus compter mes heures de conduite. De ne pas me mettre la pression inutilement. On verra si ça fonctionne...
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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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