XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mardi 13 mai 2008
Mon cher Victor,

Oui, je sais, c'est très mal de laisser un chat ainsi vautré sur une paillasse de salle de bain. Ah mais je n'ai rien dit ! Normalement, elle n'a pas le droit. Mais là, elle était si mignonne que j'ai pris des photos avant de la gronder ! Oui, je sais, ça non plus ce n'est pas bien, ce n'est pas ainsi qu'on n'est sensé éduquer un compagnon à quatre pattes... Ah mais là non plus je n'ai rien dit ! Quoi que je n'en pense pas moins... Ah et puis zut, tiens, si ! Je ne me contenterai pas de penser : tu deviens complètement stupide avec cette pauvre bête, Mirabelle !






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publié dans : Les galipettes de Nougatine par Mirabelle
Mercredi 14 mai 2008
Mon cher Victor,

Je v
ais en Angleterre cet été. C'est décidé. Elle coule dans mes veines et me manque, encore, toujours. Malgré la vie qui passe, malgré la vie qui change, une petite partie de moi est toujours là-bas. Quand on aime... Quand on aime... C'est comme ça ! Merci, mon Victor, pour cette réflexion hautement philosophique. Tout à l'heure, j'ai regardé les prix pour le ferry avec voiture. J'aurais pu m'étouffer avec une pastille Valda, si seulement j'en avais eu une dans la bouche... Ta spiritualité grandit de jour en jour ! Bref. Tout ça pour dire que les prix sont exhorbitants, mais je ne compte pas m'arrêter à ça. Inutile de préciser que je mise sur mes vacances (de rêêêve) pour trouver L'ANGLAIS qui saura me faire oublier mon Français, me faire oublier qu'il y a de cela un peu plus d'un an, il prenait une carte d'Angleterre, sa moto et le ferry pour venir me rejoindre en pleine nuit dans ma chambre d'étudiante exilée. La vie prend parfois une tournure si inattendue... On croit voir en certains évènements des preuves d'un amour indéfectible et éternel que déjà tout s'est évanoui... Allons, allons, ma Mirabelle, ne nous laissons pas aller à la nostalgie ! Oui, tu as raison.

Je reviendrai à Northampton. Retrouverai Claire, son rire cristallin, et son électricité. Elle me manque. L'insouciance de cette époque me manque. Je sais, de toute façon, que cette "beautiful life" ne sera, une fois de plus, qu'une parenthèse, mais je veux la vivre pleinement, sans culpabilité. Me dire que je suis encore jeune, et potablement séduisante. Qu'il existe forcément mieux que lui sur Terre, en France qui plus est, par chez moi encore mieux. L'Angleterre, c'est la provocation. C'est la fête tous les soirs.
C'est la superficialité des English Girls, à qui, Dieu sait pourquoi, je voue une tendresse particulière. L'Angleterre, ce sont toutes les filles que j'aurais aimé être, celles qui ne craignent pas de dévoiler leurs formes et qui se soucient bien peu du regard des autres. L'Angleterre, ce sont celles qui s'assument, alors que je ne m'assume pas. Oui, plus j'y pense, et plus je me dis que je reviendrai à Northampton. Car désormais, je n'ai plus de (faux) projets à deux. Adieu les vacances à Nantes et les journées à Ikéa, pourtant une des plus belles journées de ma courte vie (jusqu'à aujourd'hui, bien sûr). Je dois penser à moi. A moi et rien qu'à moi. Northampton's calling me.
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publié dans : Chez les British par Mirabelle
Jeudi 15 mai 2008
Mon cher Victor,
Depuis quelques jours, ça va. Croisons les doigts pour que cela dure ! J'ai même envie de faire un peu d'humour sur ma situation actuelle. Tout à l'heure, en consultant mes statistiques, et en particulier la rubrique "provenance des visiteurs" que j'adoooore (parce qu'on trouve de ces perles, dans cette catégorie là !), voilà ce que j'ai pu lire :

"Pourquoi tu me manques autant"


Ah ah ah ! Voilà comment il m'a retrouvée ! Est-ce un message détourné qu'il m'envoie via le moteur de recherche le plus célèbre au monde ! Ah ah ah ! Je me disais aussi que j'étais inoubliable ! Tu penses vraiment que c'est lui qui a tapé cela ? Comme je le disais plus haut, c'est de l'humour, mon Victor... Ah, d'accord... Tu devais encore avoir la tête ailleurs... Avoue que tu ne m'écoutes jamais, allez, avoue ! De toute façon, cela ne peut être que lui, c'était bourré de fautes d'orthographe ! Oh la la, que je suis méchante ! Parfois, j'ai encore des pulsions, les mêmes que
celles-ci ! C'est encore de l'humour, là ? Mais oui, bien sûr ! Quoi que...
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Jeudi 15 mai 2008
Mon cher Victor,
 

Demain, je saurai. Demain, je saurai ce que d'autres collègues, T1 comme moi, savent déjà. Ah ? Et quoi donc ? Demain, je dirai adieu à mon école. Je dirai adieu à mon poste. L
'année n'est pas encore terminée, pourtant ! Non, mais je veux dire que je tirerai un trait sur l'école de C. l'année prochaine. A contrecoeur, bien sûr, mais que veux-tu, je n'ai pas le choix... J'aurais pu me renseigner auprès des syndicats pour avoir les résultats du mouvement plus tôt. Mais je me suis dit que, quitte à être déçue, autant l'être le plus tard possible. Et il s'avère que le "plus tard" se rapproche dangereusement... Et pour cause, c'est demain !

Je ne veux pas avoir le résultat. Je ne veux pas lire le nom de quelqu'un d'autre à côté de mon poste. Je ne veux pas quitter mes collègues. Plus la fin de l'année se rapproche, plus je les aime, et plus ça me déchire de partir. Aujourd'hui, je suis en grève. Ce matin, j'ai défilé avec mes collègues. J'ai été présentée au mari de l'une d'elle comme étant "la collègue qui est arrivée cette année et qui s'est très bien intégrée à l'équipe". Le mari en question sait même que j'ai eu le permis récemment et que je suis l'heureuse propriétaire d'une Twingo violette ! Eh bien ! Cela signifie qu'on cause de ta petite personne dans les chaumières, et en termes positifs en plus !  Oui. Et cela m'a fait un plaisir immense parce que j'y vois la preuve d'une intégration réelle, et d'une certaine affection. Je ne veux pas quitter tout ça. Je comprends...

Alors je sais que ça fait partie de la vie, et surtout que je ne suis pas en droit de me plaindre : d'autres T1, après avoir vécu une année éprouvante, en CLIS ou SEGPA, appréhendent ce mouvement comme une bouffée d'oxygène. Cependant, j'ai beau essayer de dédramatiser, je redoute mon dernier jour de classe. Je redoute d'avoir à dire à mes élèves qu'ils ne me verront plus faire les surveillances de récréation l'année prochaine. Je redoute ma propre émotion. Je redoute leurs bouilles ravies de partir en vacances, leur "au revoir, Maîtresse" et le vide de ma classe. Allez, allez c'est encore loin ! Oui, je sais, mais bon... Tu me connais...

Je ne me fais pas à l'idée de devoir quitter l'équipe. Ne plus papoter sur la pause du midi avec mes collègues. Ne plus faire la course au micro-ondes (un petit jeu entre nous) avec l'instit' de CM2. Ne plus prendre de petit café après la classe avec l'enseignant de CE1. Je ne veux pas non plus renoncer à nos grands discours idéalistes avec la grande I, la maîtresse de CP-CE1. C'est tout de même effarant d'être bien avec ses collègues, avec ses élèves, dans l'école, et de devoir tout recommencer l'année d'après, parce qu'on n'a pas encore assez d'ancienneté pour avoir le droit de rester là où l'on est bien. Tout recommencer. Se réintégrer. Faire ses preuves. Où cela ? Avec qui ? Dans quelles conditions ?

Je ne peux m'empêcher de discuter avec les instits' de l'école de C. comme si j'allais les retrouver en septembre. Nous discutons de l'année prochaine, des 60 h, des stages de rattrapage, de la position de l'équipe par rapport aux changements dans les programmes, et tout ce qui nous est tombé sur le coin du crâne récemment. Et j'imagine mon plaisir en les retrouvant à la rentrée, j'imagine mon plaisir en pénétrant dans ma petite classe, en revoyant mes anciens élèves grandis et bronzés. Aucune de mes collègues T1 n'a obtenu de poste. Je ne me fais pas d'illusions. Alors en attendant, je profite des quelques heures qui me restent à rêvasser. Je vais profiter à fond des dernières semaines avec mes élèves et collègues de l'école de C., je vais m'imprégner de tout le bonheur que j'ai connu cette année du point de vue professionnel, et je vais le garder pour mes jours de déprime. Les jours de déprime comme demain soir, par exemple, quand je ne verrai mon nom nulle part, et surtout quand je lirai le nom de quelqu'un d'autre en face du poste à pourvoir dans l'école de C. Parce que là, ça va faire mal.
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Vendredi 16 mai 2008
Mon cher Victor,
 
Comme je suis une maîtresse extrêmement désordonnée (ah, si tu voyais mon bureau le soir après la classe !), j'ai perdu la leçon d'histoire sur Clovis pas plus tard que mardi dernier. J'avais pourtant préparé un joli tas de photocopies que je comptais leur distribuer à la fin de notre séance. Sauf que... Impossible de mettre la main dessus !

- Il est peut être sur le radiateur, Maîtresse !
- Et sur la grande table ?
- Mais Maîtresse, qu'est-ce qu'on va faire ? On a écrit "apprendre la leçon d'histoire" sur le cahier de texte !


Je gesticule, cours dans tous les sens, mets mon bureau sans dessus dessous. Rien. Je maugrée, ça commence à m'agacer... Et puis quelle perte de temps ! Je jure les avoir posées là, quelque part... Mais où ? Je me revois pourtant à la photocopieuse !

- Et là, maîtresse, dans le casier, y a rien ?
- Non rien !
- En même temps, Maîtresse, c'est pas étonnant... C'est tellement le bazar vot' bureau !


Et vlan, dans les dents ! Hi hi hi... Et ces photocopies alors, tu les as retrouvées ? Eh bien... Tu vas halluciner mais... J'ai retourné toute ma classe et en fait... Je n'avais pas photocopié cette fichue leçon ! Ce qui est explique pourquoi tu ne les as pas retrouvées ! Ca tombe sous le sens...
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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