XXIeme siecle

Août 2006
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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 26 août 2006
Mon cher Victor,

Retour tardif ! Je m'attendais à avoir de tes nouvelles hier, j'ai été bien déçu ! Excuse-moi, Victor, mais j'étais à Paris ! Ah ? Une petite excursion dans la capitale ? Oui, une journée bien remplie et fort agréable, ma foi ! Où j'ai eu une pensée spéciale pour Sev. Et pourquoi donc, si ce n'est pas indiscret ? J'ai pris le métro ! Pensée logique, en effet...

Mon mystérieux inconnu et moi-même avons pris le train dès sept heures trente du matin, encore tout ensommeillés. Attention, Mirabelle ! Ta langue se délie au sujet de ton mystérieux inconnu ! Bientôt, ce garçon n'aura plus rien d'inconnu et encore moins de mystérieux ! Je maîtrise mes propos, Victor, sois sans crainte. Je disais donc que nous avions pris le train, deux heures de route, et une arrivée tonitruante à la gare Saint-Lazare, avec tambours et trompettes. C'est vrai ?! Bien sûr que non, Victor, c'est une plaisanterie. C'est très drôle, ça, Mirabelle... Sitôt descendus du train, nous nous précipitons vers la bouche de métro la plus proche pour... Vous alliez où ? J'allais te le dire, Victor. Nous allions à la Cité des Sciences et de l'Industrie, visiter l'exposition "Star Wars", pour laquelle je me languissais depuis des mois. Exposition que j'allais savourer d'autant plus qu'elle fermerait ses portes deux jours plus tard... Connais pas. Aucune importance.

Le nez collé contre le plan des lignes de métro, mon mystérieux inconnu et moi-même nous interrogeons sur la direction à prendre pour aller à la Villette. Je croyais que vous alliez à la Cité des Sciences et de l'Industrie ? C'est pareil ! Ah... Il faut le préciser ! J'ai l'air de quoi, moi ? Mon Mystérieux Inconnu ayant sorti sur Internet le trajet pour y parvenir, je m'étonne qu'aucune mention ne soit faite, sur son plan comme sur celui du métro, de la fameuse Cité des Sciences. D'autant plus que, quelques instants plus tôt, la charmante demoiselle du point "Informations" nous avait recommandé de changer à la station "Opéra". Bref : moi, Mirabelle, n'ayant prévu que quelques instants de pause par ci par là dans cette journée (ben oui, Victor, une journée à Paris, c'est de l'organisation !), je constate, partagée entre découragement et agacement, que deux rames de métro nous filent sous le nez, tandis que nous hésitons entre différentes lignes. Humm... C'était la panique à bord, à ce que je vois ? N'exagérons rien. Disons que la journée débutait mal, dans la confusion et la nervosité, traits de caractère qui s'appliquent bien souvent aux jeunes provinciaux qui s'aventurent dans la capitale.

Après cinq bonnes minutes de parlementations acharnées et argumentées, nous nous décidons en faveur de la charmante demoiselle du point "Information" : après tout, elle connaît son boulot, et nous ne sommes que des touristes ! C'est parti mon kiki, nous embarquons
! Ce n'est pas tôt ! Effectivement. Grisés par ce vent d'aventure qui souffle sur nous depuis ce matin sept heures et demie, nous ne remarquons pas l'entrée d'un petit vieux, qui, pourtant, va nous épater (si on peut dire) par son toupet remarquable...

- Bonjour Messieurs dames ! Je m'appelle Robert, j'ai 52 ans ! Je viens de subir une opération chirurgicale du coeur et j'ai effectué un séjour en maison de repos ! Mes enfants ayant dilapidé leur argent pour payer l'opération, je vous prie, dans votre infinie gentillesse, de me faire part de votre compassion... Si vous avez une pièce, un billet, un chèque-restaurant, une cigarette, Robert vous en sera très reconnaissant !

Là, je dois t'avouer, Victor, que j'ai failli éclater de rire. J'ai pensé à Sev, qui aurait sans doute écrit un article savoureux sur ce personnage, et surtout à cette fameuse cigarette, que je n'aurais pas recommandée après une opération du coeur ! Autour de nous, que des visages neutres. Les gens continuaient leurs lectures ou leurs conversations, tandis que moi, en bonne petite provinciale, j'ouvrais de grands yeux face à une telle démonstration d'indécence. A mon mon mystérieux inconnu de résumer : "ça, c'est Paris.". Ben oui, c'est Paris. C'est le métro. Et à deux cent kilomètres de ma petite maison, je me sentis incroyablement dépaysée.

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Lundi 28 août 2006
Mon cher Victor,

Autant de prévenir tout de suite, mon Victor : cet article n'échappera pas à des qualificatifs exagérés, des phrases poussées à outrance, reflet fidèle à l'hystérie qui m'a caractérisée en ce vendredi 25 Août, folle journée dans la capitale. Par conséquent, je risque fort, Victor, de paraître bien plus puérile que je ne le suis réellement (tu me connais assez pour savoir que je suis une presque-adulte mature et sérieuse !), aussi bien à tes yeux qu'à ceux de nos lecteurs. De par cet avertissement, je souhaite autant que possible éviter les réflexions du style "ma pauvre Mirabelle, tu n'es qu'une grande petite fille !", remarques susceptibles de priver partiellement ces lignes de leur intérêt. En espérant avoir droit à ta compréhension, ainsi que celle de nos lecteurs...


Assez de blabla, Mirabelle, passons aux choses sérieuses !

Comme je te le disais dans la première partie d'"Une journée particulière", j'attendais l'exposition Star Wars avec impatience. Après nos aventures dans le métro, nous voici à la Villette et je piétine d'excitation face à l'affiche de l'exposition, que j'ai jointe à cet article. Mon mystérieux inconnu sourit de mes cris d'admiration (qui ne font que commencer !) et je me rue sur les guichets automatiques pour m'offrir le pass vers les étoiles, déjà illuminée, si je puis dire. Hihihi...

C'est le coeur battant que je laisse le vigile valider mes tickets, et me voilà montant les escaliers, mes tympans peu à peu pénétrés par la célèbre bande originale de la trilogie, composée par John Williams, bande originale qui souhaite la bienvenue aux visiteurs à l'entrée de l'exposition. R2D2 et C3P0 nous accueillent à bras ouverts et je ne suis plus qu'une boule d'hystérie, pas loin de ressembler à ce petit garçon de sept ou huit ans qui ouvre des yeux ronds comme des billes à côté de moi. Je suis émerveillée : j'ai sous les yeux les VRAIS R2D2 et C3PO, mes chéris, mes chouchous, mes robots préférés ! Je manque de m'évanouir en apercevant, au loin, Chewbacca et Dark Vador et je me régale par avance des délices qui m'attendent au cours de cette matinée. Moi qui n'ai pas petit-déjeuné, j'oublie ma faim illico-presto et me propulse dans une galaxie lointaine, très lointaine...

Comment décrire, Victor, l'état dans lequel je me trouvais, au milieu de vaisseaux spatiaux, costumes originaux, Ewoks, Wookies, sabre-laser et autres panoplies Jedi ? Je l'avoue, Victor : pendant près d'une heure, je me suis comportée comme une gamine. C'est bien de le reconnaître... Et ton mystérieux inconnu, dans tout ça ? Si c'est un stratagème pour m'extorquer des informations, c'est raté, Victor ! Mais non, enfin, je ne suis pas machiavélique à ce point ! La neutralité dont mon mystérieux inconnu a fait preuve contrastait grandement avec mon euphorie plus qu'enthousiaste.  Il se montra, je dois le dire, d'une patience exemplaire, tantôt amusé de me voir sautiller sur place ("t'as vu, y'a un vrai costuuume de Jediiiii !!!!") tantôt lassé par mes grandes explications ("et le moment où Palpatine électrocute Luke dans "Le retour du Jedi" et qu'il appelle son père, tu sais, eh ben..."). Ah. Il n'est pas fan de "Star Wars" ? Pas vraiment. Il a vu les trois derniers films, les a appréciés (sans plus, cependant), tout en ne portant pas dans son coeur la trilogie de départ, "les vieux", comme on dit, que je considère, pour ma part, comme les plus réussis. Chacun ses goûts... Tout à fait !

Vint l'instant où mon regard croisa celui de Yoda. Yoda. Je l'adore. Ce n'est pas peu dire. Mais qu'y a-t-il, Victor ? Rien, rien... Mais si, je le vois bien ! Tu ne trouves rien de mieux que de pouffer sous la table ! Hihihi... Qu'est-ce qui me vaut cette hilarité ? Eh bien, j'étais en train de me dire que tu serais bientôt hussard de la République alors que tu es complètement retombée en enfance lors de cette exposition ! Je sais, cela peut paraître alarmant mais... Oui, surtout pour tes futurs parents d'élève ! Humm... Ne plaisante pas avec ça, Victor ! Il s'agit d'admiration. J'aime "Star Wars" et c'est cette admiration qui a pris le dessus lors de cette exposition ! L'admiration n'a pas d'âge, Victor. Ne te vexe pas... Je comprends parfaitement la joie que tu as pu ressentir à la vue de tes personnages fétiches ! Tu n'as pas à en avoir honte, c'est juste... Attendrissant ! J'en ai bien conscience... C'est mon côté enfant qui a parlé ! Et le côté "maîtresse" ? Il a parlé aussi, ne t'inquiète pas ! J'ai trouvé des livres fort intéressants sur le système solaire, la constitution des planètes etc. Tu en as achetés ? Tu n'as pas ramenée une figurine ou ce genre de bibelots inutiles ? Non. Je me suis contentée de demander à mon mystérieux inconnu de me prendre en photo avec Dark Vador. Bien sûr...Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?


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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Lundi 28 août 2006
Mon cher Victor,

Pour renforcer la connotation culturelle de ce blog... Comme tu es pompeuse, Mirabelle ! Oh, eh, ça va, hein, tu es juste jaloux parce que j'ai passé une journée très enrichissante dans la capitale ! Que vas-tu chercher là ?! Peu importe... Nous discuterons aujourd'hui du troisième volet de cette éblouissante saga intitulée "Une journée particulière", entamée ici et poursuivie .

Après un petit repas bien mérité dans un restaurant "italien" (restaurant qui, entre parenthèses, me donne envie d'écrire un article, tellement il y a de choses à dire !), nous repartons, repus (et désireux d'une petite sieste, mais pas de temps à perdre, nous avons tant de choses à visiter !), direction les Pyramides du Louvre. Ca devait être sympathique de marcher le ventre plein ! Nous n'avons effectué qu'une petite centaine de mètres : grâce à notre ingéniosité sans égal, nous avions restreint notre champ d'investigation selon un critère bien précis : un restaurant à proximité du musée, de manière à gagner le maximum de temps. Bien vu, en effet ! Je ne te le fais pas dire ! Pas d'autosatisfaction, s'il te plaît, Mirabelle...

Contraste saisissant entre le majestueux classicisme des bâtiments Richelieu et la modernité de verre des pyramides. Mon mystérieux inconnu choisit de s'allonger sur le rebord d'une fontaine, malgré les touristes, malgré les pigeons, et de mettre sa tête sur mes genoux (bien évidemment !), ce qui me condamne à céder à la flemmardise qui menaçait déjà mon esprit défaillant. Ah ! Les genoux d'une femme : il n'existe rien au monde de plus confortable ! Je suis bien ici, il faut l'avouer. Si bien qu'au bout d'une quinzaine de minutes à éclater de rire de la façon la plus puérile qui soit (mon mystérieux inconnu et moi n'avons rien trouvé de plus amusant que d'essayer de nous faire tomber mutuellement, jusqu'à l'assaut final, où j'ai protesté lourdement, à deux doigts de terminer les quatre fers en l'air dans la fontaine !) c'est à mon mystérieux inconnu de me tirer de ma torpeur, à grands renforts d'encouragements et de "Mirabêêêlle, on a plein de galeries à visiter !". Je finis par le suivre, les jambes lourdes (on aura beau dire, mais une matinée entière dans une exposition, ça vous casse en deux !) mais plus que jamais motivée à l'idée de revoir la Joconde, cette Joconde que j'appelais à moi il y a quelques semaines de cela...

Le hall du musée est impressionnant, Victor. Plusieurs entrées menant aux différentes galeries. Des touristes à t'en donner le vertige. Des caisses dans tous les coins. Des cafés. Des points information. Des boutiques. Un véritable microcosme ! L'Art est un microcosme, Mirabelle, ne l'oublie pas ! Nous nous engageons, mon mystérieux inconnu et moi-même, dans la galerie comprenant peintures italiennes et peintures du XIXème siècle, entre autres. Devant nous, un grand escalier. Et très clairement indiqués, les itinéraires menant à la Joconde ou à la Vénus de Milo. Nous choisissons la Joconde, tandis que mon mystérieux inconnu m'explique que la Joconde a la réputation de nous "suivre des yeux", détail que je n'avais pas remarqué lors de ma précédente visite. Et tu avais quel âge, lors de cette précédente visite ? Huit ou neuf ans, peut être... Dans ce cas, cela ne m'étonne pas que cela t'ait échappé !

J'ai donc revu la Monna Lisa. Et contre toute attente, il n'y a pas eu de déclic. Ce portrait ne m'émeut pas. J'en reconnais la grande réussite technique mais... Tu y connais quelque chose, en peinture ? Non. Strictement rien. Alors comment peux-tu reconnaître cette "grande réussite technique" si tu n'y connais rien ? Tu coupes les cheveux en quatre, Victor ! J'en conviens. Ce tableau est beau, c'est certain. Mais je n'ai rien ressenti en le regardant. Même le légendaire sourire n'a pas suscité mon admiration ! Même phénomène pour la Vénus de Milo : un attroupement de touristes spectaculaire, des flashes à n'en plus finir mais rien. Cette Vénus est bien faite. Mais rien. Pas de déclic. En revanche... En revanche ? J'ai regardé en haut ! En haut ?! J'ai regardé les plafonds, sur les conseils de mon mystérieux inconnu ! Et là, j'ai été fascinée ! Que les plafonds sont beaux, Victor ! Certains représentent les rois de France, François Ier y côtoie Napoléon et... Napoléon n'était pas roi, Mirabelle ! Rooo ! Quand je parle des "rois de France", c'est un terme générique, Victor, et tu le sais ! Hihi... Je te taquine !

Toujours est-il qu'en un après-midi, nous avons visité un tiers du musée.
Une bagatelle ! Effectivement ! Cela me rappelle, d'ailleurs, cet article de Matthieu, qui en était arrivé à la même conclusion ! Même en mobilisant toute notre bonne volonté, nous n'aurions pu parcourir les deux tiers restants : mes jambes, tout comme celles de mon mystérieux inconnu, étaient douloureuses à un point que tu n'imagines pas, et cette fatigue nous empêchait d'apprécier les oeuvres. C'est bien légitime... Permets-moi de te dire, Mirabelle, que le but d'un musée n'est point d'ingurgiter de la culture en un temps record mais de découvrir et d'apprécier, à son rythme, des oeuvres magnifiques ! C'est pourquoi nous n'avons pas insisté : nous avons préféré quitter le musée et aller flâner sur les Quais François Mitterand. Vous avez bien fait, ma foi !

Et voilà pour la trilogie "Une journée particulière" ! J'ai passé une journée très agréable (que j'ai souhaité partager avec toi ainsi qu'avec nos lecteurs) en compagnie de mon mystérieux inconnu, dont la persévérance et la détermination m'ont étonnée ! Tu sais ce qui m'étonne, moi, Mirabelle ? Non ? C'est que tu en dis de plus en plus sur ce mystérieux inconnu ! Fais attention : bientôt, son prénom t'échappera dans la conversation ! Hin hin... C'est très drôle, ça, Victor !


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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mardi 29 août 2006

Mon cher Victor,

Savais-tu que je suis quelqu'un de très rigide ? Il m'est arrivé de penser une telle chose, mais jamais très franchement. J'ai déjà senti chez toi une sorte d'intransigeance sur certains sujets... Alors tu te sais rigide ? Il est rare de reconnaître ce genre de défauts ! Eh bien, à vrai dire, je ne sais pas trop... Dis m'en plus...

Je ne t'ai jamais dit, Victor, combien je suis à cheval sur la langue française. Non, effectivement. Ce qui ne veut pas dire que ma maîtrise de la langue soit irréprochable ! Je m'en doute bien. Qui peut prétendre être irréprochable à ce niveau ? C'est bien là ce qui m'occupe. Comme tu le sais, Victor, je vais être maîtresse. Oui, tu avais parlé de ta réussite au concours dans cet article, et du chemin parcouru pour y arriver dans cette catégorie. En tant qu'enseignante, je vais devoir m'attacher à transmettre aux élève la valeur de la langue, et sincèrement, je prendrai ce rôle très au sérieux : le langage a pour moi une importance capitale, et je compte bien rendre les enfants conscients de l'impact qu'elle a sur la vie de tous les jours.

On entend beaucoup parler, en ce moment, de la "déperdition" de la langue française, dûe à la progression phénoménale du langage sms, dont j'ai fait part ici, sur un sujet tout autre. Les didacticiens et pédagogues les plus conservateurs s'alarment de la main-mise foudroyante du langage sms sur le langage écrit, et s'interrogent sur la représentation de la langue dans les esprits. Comment la langue est-elle perçue ? Les Français ont-ils conscience que la langue est un patrimoine dont chacun est responsable ? Toutes ces questions, je me les pose moi aussi, bien que je sois nettement moins radicale que certains chercheurs, qui font de la langue une donnée figée, qui doit résister aux évolutions sociales. La langue a ses évolutions, c'est vrai... Moi-même, quand je compare ta façon de parler avec celle que j'avais au XIXème siècle (car désormais, je m'adapte à la tienne !), je constate de grands changements ! J'estime que ces évolutions sont naturelles, et doivent être acceptées. Cependant... Pas quand c'est au détriment d'une certaine qualité de langue ! Qu'entends-tu par là ?

Tu disais tout à l'heure, Victor, que personne n'est irréprochable. C'est bien évident. Mais j'avoue que certaines phrases que j'entends, de ci de là, m'écorchent les oreilles : "c'est comme si que...", "si je serais là, j'aurais...", et j'ai bien du mal, en général, à ne pas reprendre les personnes qui les prononcent. Tout dépend de la façon dont on les reprend. Si on le fait avec un air supérieur et un ton d'institutrice, je comprends que cela puisse froisser ! Je le conçois tout à fait également. Là où ça m'inquiète, en revanche, c'est quand certains se fichent du langage comme de leur première chemise. C'est à dire ? C'est à dire quand un mot est prononcé à la place d'un autre, qu'une bonne âme corrige cette erreur de vocabulaire, et que la personne reprise hausse les épaules et s'exclame "Ca revient au même !". Parce que non, je suis désolée, cela ne revient pas du tout au même !

La langue française est très riche, Victor. Pleine de nuances. Et c'est là ce qui rend la rend intéressante et incomparable. Et je trouve (quitte à en faire bondir !) que c'est une marque d'irrespect que de la traiter comme un vulgaire moyen de communication. D'autant plus que quand communication il y a, si la langue n'est pas utilisée correctement, une situation peut très bien aboutir sur un malentendu, et là, pour le bien-être de tous, j'ai du mal à imaginer qu'on puisse encore nier l'importance du langage ! Ce sont peut être des gens qui n'ont pas eu le goût de lire, et comme la langue orale est intimement liée à la langue écrite... Quel dommage ! Je persiste à penser que les gens qui passent à côté de la beauté de la langue ratent énormément de bienfaits ! Chacun a ses domaines de prédilection, Mirabelle... Bien sûr... Mais tout de même ! Tu as raison, en fin de compte... Sur quoi ? Tu es intransigeante !

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publié dans : Françaises, Français... par Mirabelle
Mardi 29 août 2006
Mon cher Victor,

Moi qui me plaignais dans cet article du syndrôme tout-va-bien-du-coup-je-n'arrive-plus-à-écrire, je suis servie ! Comment ça ? Aujourd'hui, quelqu'un m'a déçue. Un homme ? Non, une femme.

Je suis déçue. Je ne suis même pas en colère. Juste déçue. Je ne lui en veux pas. Mais elle me déçoit. Je suis lasse et blessée. Lasse d'espérer, lasse d'insister. Dans ces lignes, j'affirmais qu'il fallait toujours y croire. Se battre, encore et toujours. J'avais oublié de préciser qu'on ne peut déplacer des montagnes si l'autre n'y croit plus. On ne peut pas le forcer à vous aimer encore, à demander de vos nouvelles, à vous sourire, à vous parler. On ne peut pas éternellement prononcer de grandes déclarations d'amitié dans le vide. On ne peut pas éternellement pleurer au téléphone sans réaction au bout du fil, mettre son orgueil dans sa poche, réaffirmer tout le respect, toute l'admiration, toute l'estime qu'on porte à l'autre.

Laisse le temps au temps, m'avait-on dit. Le temps me faisait peur. Il me fait peur. Le temps est contre nous, Victor, et je ne voulais pas que cette amitié, cette grande et belle amitié, tombe en poussière par mon laisser-aller, par ma paresse. J'ai voulu me battre, insister, sourire, tendre la main, malgré l'indifférence, le refus, la froideur. Loin de moi l'envie de me faire passer pour une héroïne. Car je t'avoue, Victor, que j'abandonne. J'abandonne.

Je croyais que le temps amenait le pardon. La réflexion. Le recul. Je croyais que le temps remettait les choses dans l'ordre, qu'il nous aidait à y voir clair. Je croyais que le temps était salvateur. Le temps n'est pas grand chose, finalement... Car c'est à nous de lutter contre lui. Et quand on le laisse couler, lentement, en enfilant les minutes comme on enfile les perles, quand on le laisse glisser sur nous comme si on acceptait la défaite, alors il est trop tard.

Des preuves d'amitié ne sont rien sans des yeux pour les voir et les apprécier. A rien ne sert de patienter des heures qu'un coeur s'ouvre à vous, à rien ne sert d'essayer de se (re)valoriser, d'évoquer les souvenirs d'antan, de chanter les louanges de cet "avant" qu'on voudrait tant retrouver. Si l'autre n'est plus qu'indifférence à votre égard, alors il faut abandonner. Se résigner. Malgré cette envie d'insister, encore et toujours, malgré cet élan, cet élan qui nous pousse à aligner les phrases dans le néant d'une fenêtre de conversation, cet élan puissant où se mêlent souvenirs, douleur et attente de jours meilleurs.

L'Amitié est, par définition, un lien étroit entre deux personnes qui s'aiment et se respectent, s'apprécient et s'estiment. Parfois, le lien rompt. Sans qu'on s'en aperçoive. D'un côté ou de l'autre, parfois des deux. Pour des raisons qui échappent à notre entendement. On se prend à rêver de le raccomoder. On tire le lien vers nous en essayant de faire un noeud. Mais en face, l'autre résiste, son fil est bien plus tendu, bien plus rebelle que le nôtre. On en a assez de tirer, de tirer encore. La corde nous abîme les mains, on a mal, nos forces nous abandonnent. Alors tout lâche. Et on se retrouve, comme un imbécile, avec un bout de ficelle usé dans la main... Qu'on avait pourtant tenu le plus longtemps possible, de tout notre coeur, de toute notre âme.

Excuse-moi, Victor, si j'ai monopolisé la conversation. J'ai parlé sans m'arrêter, sans réfléchir. J'en avais besoin. Demande à nos lecteurs de me pardonner si je n'ai pas autorisé les commentaires sur cet article. Malheureusement, j'estime qu'il n'y a rien à dire sur ce que je viens de publier. C'est triste. Décevant. Et j'ai écrit pour moi. Parce que j'en avais besoin. Et parce que l'abandon se passe de commentaire...




C'est un air détaché
Pour chanter le fil enchanté,
Qui, malgré nos airs fâchés,
Dit : "Tâchez de vivre attaché,
Les cœurs des cœurs approchés,
Accrochés par un fil caché.
Si le monde est démanché,
Tâchez de pas le lâcher."

Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil de nos sentiments enlacés,
Oh, le fil nous lie, nous relie.

Sur la Terre, tout est gâché,
Empêché, presque arraché,
Alors faut s'amouracher,
S'aimer, vivre attaché.
Politiciens éméchés,
Sachez qu'on peut se fâcher,
Qu'il faut pas ce fil toucher,
L'arracher ni l'effilocher.

Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil de nos sentiments enlacés,
Oh, le fil nous lie, nous relie.

C'est un air détaché
Pour chanter le fil enchanté.

Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil de nos sentiments enlacés,
Oh, le fil...
Le fil qui nous sert à nous resserrer,
Oh, le fil...
Le fil tendu, entre nous, comme un lien,
Oh, le fil...
Qui nous tient, nous retient,
Le joli fil entre nos cœurs passé,
Oh, le fil...
Le fil tendu entre nous comme un lien,
Oh, le fil...
Qui nous tient, nous retient.


Alain Souchon, Le fil
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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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