
Mon mystérieux inconnu et moi-même avons pris le train dès sept heures trente du matin, encore tout ensommeillés. Attention, Mirabelle ! Ta langue se délie au sujet de ton mystérieux inconnu ! Bientôt, ce garçon n'aura plus rien d'inconnu et encore moins de mystérieux ! Je maîtrise mes propos, Victor, sois sans crainte. Je disais donc que nous avions pris le train, deux heures de route, et une arrivée tonitruante à la gare Saint-Lazare, avec tambours et trompettes. C'est vrai ?! Bien sûr que non, Victor, c'est une plaisanterie. C'est très drôle, ça, Mirabelle... Sitôt descendus du train, nous nous précipitons vers la bouche de métro la plus proche pour... Vous alliez où ? J'allais te le dire, Victor. Nous allions à la Cité des Sciences et de l'Industrie, visiter l'exposition "Star Wars", pour laquelle je me languissais depuis des mois. Exposition que j'allais savourer d'autant plus qu'elle fermerait ses portes deux jours plus tard... Connais pas. Aucune importance.
Le nez collé contre le plan des lignes de métro, mon mystérieux inconnu et moi-même nous interrogeons sur la direction à prendre pour aller à la Villette. Je croyais que vous alliez à la Cité des Sciences et de l'Industrie ? C'est pareil ! Ah... Il faut le préciser ! J'ai l'air de quoi, moi ? Mon Mystérieux Inconnu ayant sorti sur Internet le trajet pour y parvenir, je m'étonne qu'aucune mention ne soit faite, sur son plan comme sur celui du métro, de la fameuse Cité des Sciences. D'autant plus que, quelques instants plus tôt, la charmante demoiselle du point "Informations" nous avait recommandé de changer à la station "Opéra". Bref : moi, Mirabelle, n'ayant prévu que quelques instants de pause par ci par là dans cette journée (ben oui, Victor, une journée à Paris, c'est de l'organisation !), je constate, partagée entre découragement et agacement, que deux rames de métro nous filent sous le nez, tandis que nous hésitons entre différentes lignes. Humm... C'était la panique à bord, à ce que je vois ? N'exagérons rien. Disons que la journée débutait mal, dans la confusion et la nervosité, traits de caractère qui s'appliquent bien souvent aux jeunes provinciaux qui s'aventurent dans la capitale.
Après cinq bonnes minutes de parlementations acharnées et argumentées, nous nous décidons en faveur de la charmante demoiselle du point "Information" : après tout, elle connaît son boulot, et nous ne sommes que des touristes ! C'est parti mon kiki, nous embarquons ! Ce n'est pas tôt ! Effectivement. Grisés par ce vent d'aventure qui souffle sur nous depuis ce matin sept heures et demie, nous ne remarquons pas l'entrée d'un petit vieux, qui, pourtant, va nous épater (si on peut dire) par son toupet remarquable...
Là, je dois t'avouer, Victor, que j'ai failli éclater de rire. J'ai pensé à Sev, qui aurait sans doute écrit un article savoureux sur ce personnage, et surtout à cette fameuse cigarette, que je n'aurais pas recommandée après une opération du coeur ! Autour de nous, que des visages neutres. Les gens continuaient leurs lectures ou leurs conversations, tandis que moi, en bonne petite provinciale, j'ouvrais de grands yeux face à une telle démonstration d'indécence. A mon mon mystérieux inconnu de résumer : "ça, c'est Paris.". Ben oui, c'est Paris. C'est le métro. Et à deux cent kilomètres de ma petite maison, je me sentis incroyablement dépaysée.




Bavardages