XXIeme siecle

Septembre 2007
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mercredi 12 septembre 2007
Mon cher Victor,

surmenage.jpg

Je suis épuisée. Autant te le dire tout de suite : je ne reste que cinq minutes ! Que veux-tu que je te dise ? Je commence à m'habituer, voilà tout ! Ne m'en veux pas... La situation est déjà bien assez compliquée ! Sois tranquille, je comprends parfaitement que ta priorité ne soit plus de venir bavarder avec le vieux Victor... Tu es maîtresse, maintenant, ça ne rigole plus ! Enfin tout de même, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur ta classe, sur ton premier jour, tes impressions... Notre conversation précédente était bien maigrichonne ! Je sais et je m'en excuse. Cependant, il faudra bien que tu t'y fasses : la vérité, c'est que j'ai (et j'aurai) de moins en moins de temps à consacrer à ce blog ! Pour preuve...

Quand je suis arrivée dans la classe, le lundi matin, elle était complètement vide. A part les tables, rien. Pas de livres. Pas d'affichages. Pas de matériel. Rien. Même pas de bureau pour la maîtresse ! A l'heure actuelle, alors que j'ai achevé ma deuxième journée de classe, elle est toujours vide. J'ai récupéré des craies et quelques bouquins. Mais elle ne ressemble toujours pas à une véritable classe. Aucune fourniture pour les enfants, à part un petit cahier de brouillon et le nécessaire de base dans leurs trousses individuelles. Mais sinon... Rien ! Il y a même un tableau qui attend d'être fixé... Mais comment cela se fait ? C'est tout de même abherrant ! Es-tu la seule classe dans ce cas ? Ce n'est pas si abherrant que cela. Tu sais, j'ai bénéficié d'une ouverture de classe. Ce qui veut dire qu'il a fallu me trouver un local et que ce local était inutilisé, ou en tous cas qu'il ne s'agissait pas d'une classe réelle (j'ai appris plus tard qu'il s'agissait avant d'une salle informatique). Ce qui explique l'absence de tout matériel scolaire. Je comprends mieux... Il n'empêche que cela ne doit pas être très pratique ! Ca... Non !

Heureusement, les élèves sont adorables. Gentils. Bien élevés. J'ai déjà reçu un bouquet de pâquerettes et je lutte encore pour qu'ils me vouvoient. Cela va venir... C'est le début ! Je suis complètement débordée et ne sais pas par quel bout commencer : je n'ai pas encore d'emploi d'emploi du temps, je n'ai pas encore eu le temps de faire mes programmations et progressions... Je passe mes journées, pour le moment, à essayer de garder la tête hors de l'eau. A boucler mes séances correctement. A être le plus efficace possible... Cet objectif est encore loin d'être atteint puisque j'ai passé toute ma soirée d'hier soir à rédiger ma liste de fournitures pour les parents d'élèves. Et puis pour couronner le tout, je suis tombée malade. Je ne dors pas beaucoup la nuit et rêve d'une seule chose : la classe, la classe, la classe. Mon médecin, en voyant ma pauvre mine, m'a conseillé de lever le pied, craignant, dans les semaines et mois à venir, un surmenage. Il n'a pas eu l'air de trouver valable mon argument principal, que je considère, moi, comme imparable, pourtant : comment lever le pied quand il faut finir de préparer sa journée du lendemain, voire COMMENCER à la préparer ?
ajouter un commentaire commentaires (4)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Samedi 15 septembre 2007
Mon cher Victor,courirtemps.jpg

Je viens d'achever ma première semaine d'école en tant que vraie maîtresse.
  Et ?? Quel bilan en tires-tu ? C'est difficile, bien sûr. Comme  je m'en étais rendu compte lors de mes stages, on n'a le temps de rien et on n'est jamais assis.  Je n'ai pas pu faire le tiers de ce que j'avais prévu dans cette première semaine, et je cours après le temps (et l'efficacité !). Du coup, je vais à l'école demain ! Demain ?! Mais c'est dimanche, Mirabelle ! Oui, merci, je sais.  Mais il faut absolument que j'y aille pour afficher la frise numérique dans la classe et finir de construire le tableau des responsabilités. Et puis il y aussi cette commande de matériel, que je n'ai toujours pas faite... Et ton médecin  qui te disait de lever le pied ! Tu n'es pas raisonnable !Mais que veux-tu... J'ai envie d'entamer cette deuxième semaine l'esprit un peu plus tranquille. J'en suis consciente. Ca peut se comprendre mais enfin...

Et l'équipe ? Et les parents ? Tu ne nous en as pas beaucoup parlé jusqu'ici ! L'équipe est absolument fantastique, et je pèse mes mots. Ils sont sympatiques, plein de conseils, et n'hésitent pas à me filer un coup de pouce quand ils en ont l'occasion... Développe, développe ! C'est d'un bateau ce que tu dis là ! Pfiiiiiouuuu ! Eh bien par exemple, si tu tiens absolument à avoir les détails, ce sont les collègues de CM2 qui m'ont fourni en craies (je n'en avais pas dans la classe, si si, quand je te dis qu'elle était complètement vide...) et m'ont proposé de me ramener chez moi quand je venais de rater mon bus ! Tu n'y vas pas avec Lilibelle ? Pas encore. Eh bien qu'attends-tu ? Le déluge ?! Tu la laisses faire connaissance avec les araignées dans ton cabanon ?! Mais non... Seulement... Oh, et puis c'est un autre sujet !

Et la gestion de classe ? Le premier jour a été un véritable rêve. Franchement. Des petits anges. Et moi en maîtresse sûre d'elle (à part le fameux instant) et accomplie. Je suis rentrée chez moi les yeux écarquillés, épatée par cette journée que je n'avais pas imaginé si bonne. Un premier jour, on sait ce que ça vaut... Et les suivants ? Mais qu'est-ce que tu as, à me casser sans arrêt, Victor ? Mais je ne te casse pas ! Loin de moins cette intention ! Mouais... Permets-moi d'en douter... Bref. Les jours suivants se sont globalement bien déroulés aussi, même si les petits anges ont délié leur langue et commencé à tester les limites de la maîtresse. C'est normal... Et leur niveau scolaire ? Globalement bon. J'ai quelques très bons élèves, dont un qui a sauté son CE2 pour passer directement en CM1. Ce sont des élèves intéressés qui, comble du bonheur pour une maîtresse, ont enve de bosser. Tu dois être ravie... Je le suis ! Oh, crois-moi ! Je le suis !

Bon. Avec tout ça, je n'ai toujours pas d'emploi du temps, ni de programmation, ni de progression. Allez, allez, tu vas te rattraper ce week-end ! Pfff... Figure-toi que j'avais complètement oublié, avec ma carrière naissante, que j'étais de mariage ce samedi ! Non mais je te jure... Allez, allez ! Quand tu seras un peu moins débordée, tu arriveras mieux à équilibrer tout ça ! Et la recherche d'appartement ? Et ta Nougatine ? Ne me parle pas de la recherche d'appartement. C'est à s'arracher les cheveux ! Soit les agences immobilières annulent mes visites soit j'atterris dans des deux pièces miteux ! Quant à Nougatine... Elle sera sevrée très bientôt : elle aura deux mois le 19 septembre ! Inutile de te dire que je l'attends de pied ferme ! Oui : c'est inutile !
ajouter un commentaire commentaires (5)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Mardi 18 septembre 2007
Mon cher Victor, 

Tout à l'heure, 17 h 15. Je corrige les fiches de lecture de mes CE2. Je suis épuisée et meurs d'envie de rentrer chez moi. Question 1 de la rubrique "Je recherche", sur un texte de Daniel Pennac, extrait de "Kamo et moi". La question : "Daniel Pennac est aussi l'auteur d'un livre intitulé "Comme un roman", dans lequel il énumère les droits du lecteur face à un livre. Parmi ces droits, coche ceux avec lesquels tu es parfois ou souvent d'accord / Pas d'accord". S'ensuit donc la liste des droits exposés par Daniel Pennac. Question 2 : "Ajouterais-tu d'autres droits au lecteur ? Si oui, lesquels ?".

Réponse d'Oriane, CE2 : "Le droi de regarder sur les autres. Le droit de déranjer les autre."

Non mais je te jure... Y'en a, faudrait pouvoir les encadrer !
ajouter un commentaire commentaires (3)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Mardi 18 septembre 2007
Mon cher Victor,Devoirs.gif

Bon. Après un peu plus d'une semaine de prise de classe, je peux  évoquer quelques thèmes spécifiques à l'école. Aujourd'hui, j'en choisirai un en particulier : les devoirs !  Que sais-tu des devoirs à l'école, Victor ?  Pas grand chose, je l'avoue... Alors voici un mini-topo rien que pour toi ! Et pour nos lecteurs non-enseignants, bien sûr... En résumé, les devoirs écrits sont interdits depuis presque cinquante ans. Cinquante ans ?! Tant que ça ?! Eh oui, tant que ça ! Pourquoi ce haussement de sourcils ? Eh bien... C'est que je suis un peu étonné ! J'imaginais, au regard de tout ce que j'ai pu lire ici ou là, sur Internet ou dans les livres, que les devoirs sont pourtant encore très largement pratiqués dans les écoles... Eh eh ! C'est bien là le coeur de notre conversation ! Car si les devoirs sont autorisés en ce qui concerne les tâches de mémorisation pure et simple, ils sont bel et bien interdits quand il s'agit d'écrit, afin de ne pas pénaliser, très officiellement, le principe d'Egalité des Chances !

Durant la première semaine, la question la plus souvent posée par mes 24 CE2-CM1 était la suivante : "Maîîîtreeeeeeesse ! Est-ce qu'on a des devoooirs pour demain ?". Durant la première semaine, j'ai très peu donné de devoirs. Aucun devoir écrit, à vrai dire. Seulement une poésie à lire. Quasiment tous les jours, durant cette première semaine, un élève venait me voir et me glissait, comme ça, entre deux corrections de cahiers du jour : "Eh ben tu sais, Maîtresse, ma maman, eh ben, elle attend que tu donnes des devoirs...". Un soir, à la sortie, la petite Léonore revient en classe, ayant oublié son gilet sur son porte-manteau. Elle a laissé son cartable à sa maman, qui l'attend à la grille de l'école. La gamine s'exclame, toute essoufflée : " Maîtresse, ma maman elle a regardé mon cahier de texte tout à l'heure quand je suis sortie et elle a dit : "Tu as encore pas de devoirs ?". Mais moi je suis contente !". Au delà du grand sourire de la gosse, j'ai commencé à m'interroger.

Quelques jours plus tard, je tombe sur un article dans un grand quotidien régional. Sur les devoirs, tiens. Charmante coincidence ! Je dévore l'article. Il est intéressant car il combine deux points de vue : celui des enseignants, bien sûr, mais aussi celui des parents. Et il s'avère... Il s'avère ? Il s'avère, mon cher Victor, que même si la loi est la loi, l'attente et le jugement en sont une autre. Si, d'un côté, les parents sont de plus en plus au courant des Programmes, de nos obligations, de nos devoirs en tant qu'enseignants (il suffit de voir le rayon "Pédagogie" de la F**C, truffé de manuels du style Faites-boucler-le-programme-à-vos-enfants-en-rattrapant-le-boulot-de-leur-instit), s'ils nous le rappellent souvent ; de l'autre, nous nous devons de protéger notre statut, comprendre où se situe notre intérêt. Et toi tu penses que ton intérêt, c'est de... Donner des devoirs ? Non ?

Réfléchissons deux minutes ! Alors deux minutes... Pas plus ! Comme le soulignait une enseignante de cycle 2 témoignant dans l'article dont je viens de parler, si nous ne donnons pas de devoirs, nous sommes sujets aux jugements des parents plus que si nous donnons des exercices écrits à la maison. Qu'on me comprenne bien... Les devoirs, le cahier de textes, c'est ce qui lie, tous les jours, l'école à la famille. Les devoirs sont donc l'image de l'école, ou du moins ce que les parents peuvent deviner de ce qui se passe dans la classe, entre le maître et les élèves. Si le cahier de texte est vide, les géniteurs sont susceptibles de se demander : mais que fait la maîtresse ! Tu peux toujours dire que l'essentiel du travail doit s'effectuer en classe... Après tout, ce n'est rien d'autre que la vérité ! Bien sûr, bien sûr... Il n'empêche, à mon avis, que le jugement perdure... Moui moui...

Quoi qu'il en soit, mardi soir, j'ai donné des devoirs. Quand j'ai dévoilé le tableau où je les avais notés, j'ai eu droit à des cris stridents : "Quoooi ?! Tout ça, Maîtresse ?!". Copie, correction, soupirs et vingt minutes plus tard, les marmots sont dehors. Le petit Gontrand (eh oui, toujours lui !) revient chercher son manteau dans la classe, suivie de sa maman. Il s'essuie le front du revers de la main, avec une expression de fatigue intense, curieusement doublée d'un sourire ravi : "Mamaaaan, tu verrais touuuuuus les devoirs qu'on a !!!". Bon. Tu vois bien... Oui, oui, je vois bien... Bref. De toute façon, je ne suis pas certaine que ne pas donner de devoirs écrits favorise l'Egalité des Chances, tout comme je ne suis pas sûre que ne donner que des travaux de mémorisation à la maison ne pénalise pas les enfants dont les parents n'ont pas la capacité de les aider. Bref : tu n'es sûre de rien ! Très bon résumé...
ajouter un commentaire commentaires (4)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Samedi 22 septembre 2007
Mon cher Victor,
Jeudi soir, juste avant une réunion à l'école. Une belle dame blonde, au sourire frais et disponible, chargée d'une liasse de documents visiblement très très importants, débarque dans la salle des maîtres et  évoque les animations pédagogiques auxquelles nous devons, mes collègues et  moi, nous inscrire.  Bien évidemment, elle ne me connaît pas,  je me présente, lance un "Mirabelle, j'ai le CE2-CM1 !", avec un naturel qui me surprend moi-même. C'est que je m' y fais mine de rien, à ma vie de vraie maîtresse... Bref. La voilà qui me dit :
"Tu ne serais pas T1 par hasard ?"
Moi, genre je-sais-je-fais-très-jeune-ça-se-voit-tant-que-ça : "Si, si..."
Elle, sourire ça-tombe-à-pic : "Ahhh ! Eh bien nous nous voyons le 8 Octobre. J'aurais besoin de tes fiches de prep', tes progressions, tes programmations."
Moi, l'air working-girl : "OK, pas de problème !"


Mais moi, intérieurement : "Oh p****n, oh p****n...". Gloups. Cette belle dame blonde est la conseillère pédagogique de ma circonscription et viendra admirer ma parfaite maîtrise de la classe, ainsi que mon maniement infaillible de mes outils pédagogiques, maniement incluant bien sûr le dégaînage Lucky-Luke de mes fiches de prep'.

Gloups.
ajouter un commentaire commentaires (7)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 5 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Blog : Internet sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus