XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mirabelle, PE1, future instit'

Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Après-demain, à midi, je saurai si je vais à l'oral ou non. Ca se rapproche ! Lentement, cependant. L'attente devient insupportable. Je suis obsédée par ces résultats. Cela se comprend aisément... Mais je te conseille de te détendre : amuse-toi, vois du monde... En bref : change-toi les idées ! Impossible. Vraiment ! Impossible. Il me semble ne plus vivre que pour ces résultats. J'ai dépassé toute réflexion, tout raisonnement. Je ne suis plus qu'une boule de nerfs. J'attends, j'attends, j'attends... J'imagine l'heure de vérité. J'envisage le pire, et dans la seconde qui suit, le meilleur. Si les résultats auront du retard. Si je vais pleurer ou sauter comme un ressort. Mon esprit est totalement accaparé par cette attente. Tu ne révises pas au cas où ? J'ai honte de le confesser mais non. Mais enfin, qu'est-ce que tu veux ?! Gâcher toutes tes chances ?! Tu t'en mordras les doigts, mercredi midi, si tu t'aperçois que tu vas à l'oral ! Je sais tout cela, Victor... Mais comment t'expliquer ?  Je ne PEUX PAS travailler. Ca n'a aucun sens. Mon avenir est un trou béant, sous mes pieds, et si je fais un pas, je vais tomber. Alors je préfère rester sur place. Ne plus bouger. Je ne ferai mon premier pas que mercredi midi. Je ne PEUX PAS faire autrement. Si tu le dis... Enfin, tu me déçois un peu, Mirabelle, permets-moi de te le dire ! Mets-toi un peu à ma place, Victor !

Les jours sont interminables. Je compte les heures, les minutes. J'ai l'impression de grimper un escalier qui n'en finit pas. Ca tourne, ça tourne, et je suis au bord du malaise. Depuis la fin des écrits, le temps a suspendu son vol. Mes journées à l'IUFM sont de jolis rêves dont je vais devoir m'éveiller. Face à tous ces discours ("il faut commencer à préparer votre entretien d'EPS","Quand vous serez devant le jury, regardez-le dans les yeux","Je veux que vous soyiez parfaitement au point sur les Instructions Officielles le jour J"), je me dis : "Ca ne sert à rien, tu n'iras pas, tu n'iras pas, et tu finiras seule, chez toi, à pleurer." C'est exactement le genre de raisonnement que tu ne dois pas adopter ! Cela n'a plus rien d'un raisonnement, Victor. C'est spontané. Irréfléchi. Intuitif. L'attente m'a plongé dans un état de léthargie intellectuelle qui m'a encrassé les neurones. Je ne sais plus penser autrement. Je suis branchée sur "repeat", c'est tout. J'attends. Encore et toujours. Je n'ai l'énergie pour rien. Je ne ressemble à rien.

 

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Publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' - Par Mirabelle
Mardi 6 juin 2006 2 06 /06 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Mardi soir, à 18 h 30, j'écoute Charivari, sur France Inter, sur le thème de l'école : l'Instruction, ses finalités, ses mythes et ses réalités. J'adore ! Au programme : les ZEP, l'Egalité des Chances, la mixité scolaire, l'Ecole Républicaine... J'écoute le sourire aux lèvres, je bois du petit lait. J'aime l'Ecole. J'aime l'Education. J'aime la mission de l'enseignant. Je me sens fière d'être "presque maîtresse" ! Certains diront que j'ai une vision particulièrement idéaliste du métier mais l'idéal ne fait-il pas avancer ? J'y tiens, moi, à mon idéal ! J'ai envie de contribuer à l'Egalité des Chances, d'aider les élèves en difficulté, de faire partager mon amour des livres, de l'écriture ! De faire briller les mirettes de mes élèves, de solliciter leur curiosité, leurs initiatives, leurs projets !

J'ai envie d'aider ces élèves à devenir libre. A former leur jugement. A penser par eux-mêmes. A se construire un solide bagage culturel. J'ai envie de leur inculquer des valeurs fondamentales, des valeurs de tolérance, de solidarité ! Je veux contribuer à l'épanouissement de ces graines d'adultes, je les veux enthousiastes, passionnés, motivés ! Alors, bien sûr, je n'ai que vingt-deux ans, je n'ai pas encore le concours mais je bouillonne, je rayonne, je ne demande qu'à m'épanouir dans cette extraordinaire profession !

Alors s'il-vous-plaît, mesdames et messieurs les IEN, mesdames et messieurs les Conseillers pédagogiques, mesdames et messieurs les IMF : même si je deviens toute rouge en vous regardant, même si je bafouille à mon entretien pré-professionnel, même si je confonds pédagogie de projet, projet pédagogique et conseil pédagogique, même si je ne pulvérise pas le record du monde du 1500 m, même si je chante comme une casserole lors de l'épreuve de musique... Ne me refusez pas le concours ! J'ai la passion, la foi, la motivation ! Et puis sachez une chose, vous, les membres du jury : désormais, je suis TROP CONCERNEE...

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Publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' - Par Mirabelle
Mardi 13 juin 2006 2 13 /06 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Surtout, n'oublie pas de penser à moi demain. Tes oraux débutent ? Oui. Et en plus, ce sont les plus gros coefficients, les épreuves les plus importantes ! Je serai sur le pont à 8 h 15 ! Malheureusement, ce n'est que mon heure de convocation, je n'ai encore aucune idée de mon heure de passage... J'ai un de ces tracs ! J'ai bien besoin de ton soutien ! Ca va aller, ça va aller... Je vais rameuter toute la bande de la blogosphère et tu vas voir, on va te porter vers la victoire ! Oh oui, pensez tous à moi ! Tous, tous, tous ! Ne te fais pas de soucis... Nous serons là ! Tu as remarqué comme nos encouragements ont porté leurs fruits pour les écrits ? Bien sûr que j'ai remarqué. Ils ont été d'une efficacité redoutable ! Je compte sur vous tous ! Ne t'inquiète pas ! Nous serons là, fidèles au poste !  Merci.

Bon, Victor, ce n'est pas que je m'ennuie avec toi, mais à vrai dire, j'ai encore quelques petites choses à peaufiner pour demain, alors je n'ai pas trop le temps de bavasser... Tu ne m'en veux pas ? Bien sûr que non... Allez, Mirabelle, au travail ! Et tiens nous au courant pour cette première épreuve ! Nous sommes de tout coeur avec toi ! Merci à toi, Victor. Et puis transmets mes remerciements les plus chaleureux à mes collègues de la blogosphère également, s'il te plaît ! Je n'y manquerai pas !

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Publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' - Par Mirabelle
Mercredi 14 juin 2006 3 14 /06 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Cette première épreuve a été un carnage. Un véritable carnage ! C'est vrai ? Allez, reprends-toi, reprends-toi, tu es tremblante comme une feuille ! Et puis... Tu as pleuré ? Un petit peu. Allez, raconte-moi tout...

J'étais convoquée à 8 h 15 comme je te l'ai dit. Les heures de passage étaient tirées au sort. Bien entendu, j'ai fait la mauvaise pioche : c'est moi qui ai ouvert le bal ! Youpi... Fort heureusement, je reprends espoir : le sujet de mon dossier pour l'entretien est l'Egalité des Chances. J'ai des tas de choses à dire là-dessus, je suis excitée comme une petite puce, et je me lance, à fond les manettes, dans la rédaction du plus bel exposé de ma vie. C'était bien parti, pourtant !

9 h 30 : Entretien pré-professionnel

J'entre dans la salle, le coeur battant. Quatre paires d'yeux sont braquées sur moi. Mes jambes se dérobent. Je souris pourtant du mieux que je peux, en essayant de copier les hôtesses d'accueil. Je lance un franc bonjour. Le jury se présente. Abord fort sympathique, ma foi. Je me détends peu à peu. Et zou, c'est parti, le top est donné par le fameux : "Nous vous écoutons !". Je suis très à l'aise, finalement. Je sens la fièvre de l'Education Nationale me saisir. Je parle de Loi d'orientation, de ZEP, de CLIS, de CLIN, de Maison Départementale pour le Handicap, de PPRE, de PPAP, de maître E... Je parle, je parle, je parle, et les dix minutes s'envolent. Les questions posées par le jury m'enflamment également, surtout après que l'Inspecteur d'Académie ait glissé que "j'avais déjà dit beaucoup de choses". Je réponds à tout, en hésitant quelques fois, mais avec le plus de sincérité possible. Peut être parfois au détriment des meilleurs choix stratégiques. Quand je réfléchis à tout ce que j'ai pu affirmer (par exemple que les mentalités des enseignants devaient changer par rapport au handicap... J'ai beau le penser très fort, ne va-t-on pas croire que je donne des leçons ?), j'ai bien peur que ma passion ne m'ait desservie : et si j'avais sorti des tas d'horreurs sans m'en rendre compte ?

9 h 55 : Epreuve musicale

Je me promets de leur en mettre plein la vue avec mon interprétation de "New York New York". Je connais les paroles sur le bout des doigts et j'aime profondément cette chanson. Le play-back marchait impeccablement hier, je me prépare donc à un succès. Hélas, au bout d'une minute et trente seconde de chanson : mon cd s'interrompt ! Je m'excuse, explique que "cela fonctionnait parfaitement ce matin-même". Que se passe-t-il ? Je perd tous mes moyens en un quart de second. La musique repart, sans moi cette fois. Je sens que je suis à contre-temps, mais j'entends à peine la musique (ma voix la couvre) et j'ai du mal à redresse la barre. Cette épreuve débute de la pire manière qui soit, j'entrevois peu à peu une perspective d'échec au concours. Ma prestation vocale s'achève. J'enchaîne avec mes applications pédagogiques. J'aime tellement cette chanson que je m'enflamme. Tant et si bien qu'au bout des dix minutes de temps de parole qui me sont accordées, je n'ai pas dit le quart de ce que je devais dire. C'est la catastrophe la plus totale. Extérieurement, j'essaie d'en sourire. Intérieurement, je me décompose.

Deuxième partie de l'épreuve : écoute d'un document sonore inconnu, dont je dois extraire les principales caractéristiques et donner des pistes pédagogiques. Je tombe sur Casse-Noisette, de Tchaikovski. XIXème siècle. J'ai droit deux écoutes, les utilise, mais n'en tire pas complètement profit. Je fais des approximations. Je ne suis pas certaine des instruments en présence. Je choisis le Cycle 1 pour cycle d'application mais je ne suis "pas dedans", je le sens bien. Je n'ai presque rien à dire sur cet extrait. Il va me falloir improviser. J'enchâine deux ou trois phrases. Pendant cinq minutes maximum, autrement dit : il reste dix minutes au jury pour me torturer de questions. La belle assurance de mon entretien pré-professionnel laisse place à des balbutiements confus. Le jury me bombarde de questions plus vicieuses les unes que les autres, de plus en plus précises. J'essaie d'y répondre, sans aucune conviction. Et l'Inspecteur d'Académie me laisse finalement entendre que ce morceau n'est pas du cycle 1, ce dont je me doutais...

"Nous vous remercions !"

Je remballe mon appareil, mes deux sacs, mon stylo, je dis "au revoir" avec le peu de sourire qu'il me reste, je sors et je ferme la porte. Ca y est. C'est terminé. Je n'aurai pas le concours.

Sans doute dramatises-tu un petit peu...? Peut être que ce n'est pas si catastrophique que ça... Je crois que si, Victor. Je crois sincèrement que si... Allez, il reste des épreuves ! Ne te démotive pas, Mirabelle ! Ne te démotive pas !

 

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Publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' - Par Mirabelle
Vendredi 16 juin 2006 5 16 /06 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Cet après-midi, 15h45, j'étais sur la piste. La piste de danse ? Mais non, enfin ! La piste du stade, pour mon 1500 m ! Tu te souviens de cet article, Victor ? Oui, bien sûr. Quoi qu'il faudrait que je le relise un petit peu... Eh bien j'ai réussi ! Réussi quoi ? A me dépasser ! Ahhh ! En voilà une bonne nouvelle ! Tu peux le dire ! J'ai pulvérisé mon record personnel !

Tu avais en partie suivi, Victor, mes entraînements au 1500 m, entre autres dans cet article-ci. Je ne t'avais pas caché que ma première performance s'approchait de 9 minutes et 45 secondes, ce qui évalait à un 5/20. Je m'en souviens ! A force d'obstination et de séances régulières (des séries de 250 m, 500 m et 750m en pyramide, tous les deux jours !), je me hissai péniblement à 8 minutes, autrement dit à 10/20, ce qui était, je te l'assure, une sacrée victoire sur moi-même ! Ahhh ! A voir ta mine réjouie, tu as fait bien mieux que cela ! Quel était ton record personnel ? 7 minutes et 55 secondes. Et cet après-midi, tu as fait combien ? Attends un peu...

J'étais convoquée au stade à 15 heures. Je pensais courir dès mon arrivée, mais les courses étaient organisées par séries, et bien évidemment, j'étais dans la dernière. J'ai donc assisté en direct aux performances de mes rivales. Et là... J'ai eu du mal à déglutir ! Pourquoi ? Le barème ayant été durci, il était réputé difficile. J'imaginais qu'atteindre les 8 minutes était déjà une performance en soi. Je me trompais : les trois premières séries ont été un défilé de magnifiques prestations ! Certaines atteignaient même le 20/20, soit 5 minutes et 50 secondes ! La plupart des candidates couraient dans les six minutes, ou dans les 7 minutes... Jamais au-dessus de 8 minutes ! Aie aie aie... Du coup, tu imagines bien que j'ai rejoint la piste à reculons !

Cependant, je compte sur l'appui de mes camarades d'IUFM, venues me supporter. Je n'ai pas envie de les décevoir. Je ne veux pas décevoir non plus une personne chère, qui m'a fait la surprise de venir assister à ma course. Quelle personne chère ? Je n'en dirai pas plus. Roooo ! Allez, Mirabelle, dis-moi ! Non, Victor, n'insiste pas ! Qu'est-ce que je disais ? Ah oui ! SURTOUT, je VEUX croire en ma chance. Il FAUT que je fasse 7 minutes et 45 secondes, temps qu'il m'avait été impossible de réaliser jusque là.

J'ai une boule au ventre à la ligne de départ. Le coup de feu retentit. La machine se met en route. Je ne pense plus à rien qu'à mon chronomètre. Je cours à un certain rythme, me concentre sur ma respiration. Je ne pense pas au nombre de tours. J'avance, c'est tout. C'est purement mécanique. Je tente de coller aux basques de certaines concurrentes. Surtout, ne pas les lâcher. S'accrocher. Toujours. Déjà, on annonce le dernier tour. Je souffle comme un boeuf mais bizarrement, je souffre moins que ce que j'aurais imaginé. Je trouve même la force d'accélérer dans la dernière ligne droite ! J'entends ma petite bande scander mon nom. J'accélère. Et là, j'entends le jury hurler mon temps :

- 7 minutes 34 secondes !

J'ai fait 7 minutes 34 secondes, Victor ! Est-ce que tu te rends compte ? C'est encore mieux que ce que j'avais espéré ! C'est bien, Mirabelle, c'est très bien ! Et cela te fait quelle note ? 11,5/20. Nettement moins bien que d'autres concurrentes, mais pour moi, c'est un pas de géant ! Je suis plus que satisfaite ! Tu étais motivée, tu t'es sentie pousser des ailes, et voilà ! Ce qui me fascine, c'est que je les avais dans les jambes. Et que j'aurais sans doute pu faire mieux : je n'étais pas à bout de forces à la fin de ma course, et mon accélération était suffisamment puissante pour me laisser penser que j'aurais pu soutenir un rythme supérieur tout le long de ma prestation. Et voilà ! Et voilà ! C'est tout toi, ça, Mirabelle ! Ne peux-tu pas être contente de toi, tout simplement, sans chercher à aller plus loin ? Bon sang de bon soir, c'est à peine croyable !

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Publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' - Par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 5 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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