XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 1 mai 2006

Mon cher Victor,

Tout d'abord, je m'excuse auprès de toi, mon Victor. J'imagine que tu déjà été surfer sur les blogs de Matthieu, de Laflote et de Mel, qui ont déjà traité le sujet que je vais aborder aujourd'hui. Sache seulement que je ne les ai copiés en rien : l'idée germait déjà dans ma petite caboche depuis un certain temps, et j'avais même entamé un brouillon ! Mais enfin... C'est la loi du plus rapide, et je te fais mes plus plates excuses, ainsi qu'à mes trois collègues de la blogosphère. Tu sais, ma Mirabelle, je lis tellement d'articles que je finis par les confondre tous... Ma pauvre tête, tu comprends... C'est l'âge... Je peux y aller alors ? Mais ouiii ! Je suis toute ouie !

Terrible nouvelle annoncée dans les médias la semaine dernière. Quoi donc ? Une catastrophe ? Une révolution ? Le rétablissement de l'empire ? Pire que ça. Euh... Zinedine Zidane prend sa retraite. Qui c'est, ça, Zinedine Zidane ? Un sportif. Un footballeur plus précisemment. Une légende vivante depuis la Coupe du Monde 1998. Et qu'est-ce qu'il a fait de si exceptionnel, ce cher monsieur, pour mériter ce statut de légende vivante ? Pas grand chose. Il a tapé dans un ballon. Il a fait des publicités. Il a représenté des associations caritatives. C'est bien, ça, les associations ! Je ne dis pas le contraire. Mais aujourd'hui, des people non engagés sont des people qu'on n'engage plus à la télé : la célébrité, la reconnaissance, passent désormais aussi par le don de soi. Ohh ! Regardez ! Comme je suis riche et célèbre et que vous êtes pauvres, malades et inconnus, je vais vous donner plein d'argent ! Dites-moi que je suis quelqu'un de bien !  Si bien que l'on peut douter de la sincérité de certaines stars dans leur engagement pour "un monde plus juste". Tu caricatures ! Evidemment. Mais la caricature est souvent bien plus parlante. Alors donc, ce Zinedine Zidane prend sa retraite ? Et qu'est-ce que ça a d'extraordinaire ? Il y en a plein, des gens qui prennent leur retraite, et on n'en fait pas tout un plat ! Je dirais même plus : on ne parle pas de tous ces gens qui se lèvent aux aurores, gagnent des clopinettes toutes leurs vies pour finalement toucher une retraite de misère !

Lundi soir. Ton morbide du journaliste : "Zinedine Zidane vient d'annoncer à l'instant qu'il prenait sa retraite". Un peu plus et on imaginait déjà les funérailles, la France en larmes, Nadette et les tifosi cachés derrière leurs mouchoirs... Tu veux mon opinion, Victor ? Je m'en bats l'oeil, moi, de Zinedine Zidane. Pourtant, s'ils l'annoncent dans les journaux, c'est que tout le monde ne doit pas penser comme toi ! Humm... Moi, je pense plutôt qu'on les AMENE à mythifier Zidane. Parce que franchement, quand on y réfléchit d'un peu plus près : Zidane, c'est juste un mec qui tape bien dans un ballon, rien de plus ! Et c'est hallucinant de constater qu'il fait la une de la presse et des journaux télévisés pour quelques jolis buts !

Zidane est un symbole. D'accord. Symbole d'intégration, j'imagine. Un petit gars des quartiers pauvres de Marseille propulsé star du football et roi du ballon rond devient un exemple pour tous ces gamins immigrés qui rêvent de réussite. Sauf que Zidane est né à Marseille, pas en Algérie... Mais quand même, ça tombe pile poil dans ce courant de "discrimination positive" : regardez, c'est possible de devenir riche et célèbre quand on est d'origine étrangère ! Au fond, je me dis que Zidane est devenu un instrument, presque la personnification d'un grand idéal de société. On a tous envie d'y croire, nous, en une France plus juste et plus intégratrice ! Du coup, quand ils nous emmenent tous au stade dans une publicité, on se prend à rêver...

Revenons un peu sur terre, Victor, si tu veux bien. Zidane n'a pas trouvé le vaccin contre le Sida. Ni fait progressé la lutte contre le cancer. Il n'a pas pris de grandes mesures sociales pour la France. Il a joué au football. C'est tout.  Il a SEULEMENT joué au football ! Il n'a en rien bouleversé le cours de l'humanité ! Alors qu'on arrête un petit peu de l'ériger en héros, bon sang ! Ne t'énerve pas Mirabelle... Tu sais bien que je n'aime pas quand tu t'échauffes ainsi ! Pardon, Victor. Mais je dois dire que je trouve l'attitude des médias à ce sujet absolument indécente ! Qu'on fasse la une pour l'abbé Pierre, par exemple, me semble justifié, mais pas pour Zidane, non, sincèrement, pas pour Zidane ! Le sport c'est une chose, faire avancer le monde en est une autre ! Et lui, lui, il est footballeur, nom de nom, pas bienfaiteur de l'humanité !

 

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mardi 16 mai 2006

Mon cher Victor,

 J'ai fait hypokhâgne-khâgne. Je l'ignorais ! Mais... Tu ne me demandes pas ce que c'est que cette filière ? Non ! Me prendrais-tu pour un inculte ? Je sais très bien ce que c'est, voyons ! Je peux même te dire qui les a créées ! Peux-tu me le dire, toi ? Eh bien... Tu fais moins ta maligne ! Je suis confuse, Victor... Assez ! Je vais te le dire, moi, ce que c'est que ces classes :

 

L'origine du nom est mal connue. « Khâgneux » serait une orthographe pseudo-grecque de « cagneux », qui désigne des membres mal formés ou osseux. Napoléon Ier, inspectant une classe préparatoire littéraire, se serait exclamé « Qu'est-ce que c'est que ces cagneux ! » devant la constitution chétive des élèves.  Leurs homologues scientifiques étaient plus athlétiques, puisqu'ils se préparaient à des écoles militaires.

Alors, tu es contente, maintenant ? Ne te vexe pas, Victor... Tu sais bien que je n'aime pas quand tu es fâché contre moi ! Bon, bon... Alors, qu'est-ce que tu voulais dire à propos de tes deux années de classe préparatoire ?

Les Prépas... Un mot qui n'échappe pas à son étiquette. Et c'est quoi, cette étiquette ? En schématisant : jeunes intellos boutonneux, coincés, incapables de s'amuser, croulant sous leurs bouquins... Bref : des grosses têtes ! Fichtre... Et ce n'est pas la vérité ? Ce n'est qu'UNE partie de la vérité. J'ai d'ailleurs une anecdote assez drôle à te raconter, qui montre bien combien certains peuvent mépriser les élèves de Prépa. Je t'écoute !

Petite soirée au resto avec ma classe de PE1. A côté de notre tablée, une trentaine de jeunes gens qui rient plus fort que nous, crient plus fort que nous, et qui m'attendrissent. Peut être parce que j'ai entendu les mots "concours", "Prépa étoile" et "colles". Peut être parce que je me sens proche d'eux, tout à coup... J'ai envie de m'approcher et de leur dire tout simplement : "Je comprends que vous ayiez besoin de vous défouler, j'ai fait Prépa moi aussi, je sais ce que c'est...". Evidemment, je reste assise, je les regarde, et je souris, pour moi seule. Et soudain, une collègue de PE1 se penche vers moi :

- Regarde ! C'est des Prépas ! On les reconnaît, les Prépas ! Pff... Qu'est-ce qu'ils sont gamins ! Ils sont peut être super forts en classe mais alors qu'est-ce qu'ils sont immatures ! Et qu'est-ce qu'ils sont moches ! Regarde moi ça... Binoclards, boutonneux... Je les repère à des kilomètres !

Je ne sais pas pourquoi, je me sens hargneuse, tout à coup. J'ai envie de lui rabattre son caquet. De la mettre face à sa bêtise. J'y vais doucement, pourtant...

- Tu sais, ils ne sont sans doute pas tous comme ça, il ne faut pas généraliser...

- Admets qu'ils ne sont pas gâtés les pauvres ! Ils ne font pas épanouis !

- Ah... Et moi, je fais épanouie ?

Elle me regarde. Ne comprend pas. Hésite :

- Euh... Quel est le rapport ?

- Tu n'as pas repéré que j'avais fait Prépa ?

Evidemment, elle s'est excusée. Et plutôt mille fois qu'une.

Que les gens aient des préjugés sur les Prépas, je le conçois tout à fait ! Mais ce qui m'intéresserait, ce serait de savoir quelle est l'atmosphère dans ces classes... S'il est justifié d'affirmer que la pression est à son comble et que les enseignants dévalorisent les élèves !

La première année de Prépa est une douche froide. Une douche froide contradictoire, mais une douche froide quand même. Tous les élèves ont obtenu leurs baccalauréats avec mention, ce qui, aux dires de mon professeur de géographie de l'époque "est le minimum syndical pour l'élite de la nation". Le ton est donné.

Réunion de rentrée. Ton pompeux du directeur du lycée de province dans lequel j'ai fraîchement débarqué. Nous ne sommes pourtant pas à Henri IV mais nous incarnons, nous aussi, d'après l'équipe pédagogique "la sélection de la sélection". La première semaine de classe est ponctuée d'interminables discours sur "notre chance d'être ici", sur "nos sacrifices à accomplir", notre "devoir de faire honneur au lycée M. en étant au moins sous-admissible au concours de l'ENS".

- Attendez-vous à des baisses de note notables ! Il vous faudra réapprendre tout ce que vous aviez appris !

- Vous êtes la crème des crèmes, que dis-je, la cerise sur le gâteau !

- A partir de maintenant, seul le concours doit compter !

Mes premiers pas dans le monde de la Prépa furent assez pénibles. Impression de condescendance. De supériorité. De flatterie. De mépris des "simples étudiants". Tout ce que je déteste en somme... J'espérais simplicité, modestie, autorité sans autoritarisme, et me voilà propulsée sur une planète où les mots "sacrifice", "compétition", "coups bas" prennent tous leurs sens. Entre ceux qui lisent Proust dans le couloir pour exhiber la qualité de leur esprit, esprit qui, soit dit en passant, ne s'abaisse pas à adresser la parole aux communs des mortels ; et ceux qui, dénués de tous scrupules, demandent conseil et plagient ainsi, très finement, la dissertation de leur camarade, je me sens incapable de rentrer dans le moule. Surtout quand un certain professeur de lettres, connu pour "ses paroles un peu dures" s'indigne devant la qualité de nos copies, "de la pâtée pour chats" selon lui.

Ahurie dans un premier temps, je finis par prendre le contre-pied de ce qu'on attend de nous. Au programme : rigolade, auto-dérision, un sens de l'humour qui m'a permis, avec ma bande de copines, de ne pas sombrer, à l'approche du concours, dans les larmes et la dépression, comme ce fut le cas pour certaines personnes de ma classe. On ne peut pas dire que tu nous dépeignes la Prépa d'une manière très positive... C'est tout ce que tu en retiens, de ton année ? Bien sûr que non, j'allais y venir ! J'ai beaucoup appris. Culturellement bien sûr, et surtout personnellement. C'est à dire ? C'est à dire que faire deux années de classe préparatoire remet les pendules à l'heure... A la rentrée, on nous assomme de vérités :

- Vous allez apprendre l'humilité. Vous êtes tout fraîchement sortis de Terminale. Vous avez tous obtenu votre baccalauréat avec mention, sans trop vous fouler. Vous vous croyez brillants. Dites-vous qu'il y aura toujours plus brillants que vous ! Toujours !

Si j'ai tiré une leçon de ces deux années, c'est bien celle-ci. Il y a toujours meilleur que soi. Toujours...

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Samedi 20 mai 2006

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, je suis plutôt remontée ! Quel est ton cheval de bataille cette fois-ci ? Les femmes ! Les femmes ? Les femmes et plus particulièrement leurs droits et devoirs. Suite à cet article, j'ai beaucoup réfléchi sur les mères. "Mères" et "femmes", ce n'est pas la même chose ! Exactement ! Et c'est bien là-dessus que j'avais l'intention d'insister !

Je suis féministe. Féministe ? Ah... C'est vrai qu'au XIXème siècle, les femmes étaient encore sous la coupe des hommes, je ne t'en veux pas de ne pas connaître... Je suis féministe, c'est à dire que j'ai été élevée dans la conscience que les femmes ont encore tout à conquérir par rapport aux hommes. Quand je vois le statut social des femmes au XXIème siècle, tu n'exagèrerais pas un peu, par hasard ? Certes, les femmes en ont gagné en indépendance. En reconnaissance de leur identité, en tant qu'individu à part entière. De mon temps... Ne te renfrogne pas ainsi, Victor ! Les moeurs ont changé ! Et aujourd'hui, les femmes ont elles aussi le droit de taper du poing sur la table ! Non mais ! C'est d'ailleurs bien ce que je compte faire dans cet article : je voudrais m'adresser aux femmes. Et particulièrement aux toutes jeunes femmes. De mon âge, ou même plus jeunes :  

Vivez votre vie ! Battez-vous pour vos études. Battez-vous pour obtenir un travail, à la sueur de votre front. Ne comptez que sur vous-même. Ayez votre propre autonomie financière. En clair : ne revenez pas de vous-même vous enfermer à double-tour dans cette cage dorée dans laquelle les femmes ont été recluses pendant trop longtemps ! Regardez derrière vous, regardez-les, toutes ces femmes sous la tutelle de leurs maris, ces femmes qui devaient se justifier, ces femmes  dépendantes, soumises, et pourtant, si désireuses d'acquérir leur propre autonomie ! La situation que tu décris n'est plus valable aujourd'hui, apparemment. Les hommes prennent soin des femmes. Les respectent. Leurs rapports se sont équilibrés. C'est vrai. Mais j'ai autour de moi des exemples qui prouvent qu'on oublie toutes ces femmes, peu à peu...

Pour l'instant, je ne comprends pas pourquoi tu m'as parlé des mères. Là, tu me parles des femmes. Pourquoi ce désir affiché, au début de ton article, de différencier les deux termes ? Quelque chose te chiffonne ? Oui. Et sérieusement en plus. J'ai autour de moi beaucoup d'exemples de jeunes filles qui ne rêvent que d'une chose : fonder un foyer. Avoir des enfants. Les élever dans la quiétude, les rires, le Nutella, et autres clichés. C'est très bien, tout ça. J'ai des exemples de jeunes filles de vingt ans, de vingt-deux ans, avec seulement le baccalauréat en poche, qui envisagent de faire un bébé dans les prochains mois. Et qu'est-ce qui t'embête dans tout ça ? Si elles veulent des enfants, grand bien leur fasse ! Je reconnais bien là ton esprit du XIXème siècle. Cela ne te pose aucun problème, évidemment, que le seul salaire ramené à la maison soit celui de l'homme. Ni que la femme n'existe qu'à travers l'identité sociale de "mère" et non pas à travers celle de "femme". Non, bien sûr, tu viens du XIXème siècle. Laisse-moi être un peu pessimiste, l'espace de quelques secondes :

Mademoiselle X, vingt ans, vit avec Monsieur Y. Mademoiselle X n'a que le baccalauréat. Pour la forme, elle est inscrite en deug de psychologie à l'université, mais n'entretient qu'un seul rêve : que Monsieur Y, avec qui elle vit une jolie histoire d'amour depuis trois ans, haut fonctionnaire, la demande en mariage et lui dise : "Chériiiiie, faisons un enfant sur le champ !". Qu'elle serait heureuse, Mademoiselle X ! Elle se voit déjà promenant le moutard dans son landeau, lui embrassant le ventre après le bain, lui donnant le biberon... Bon, évidemment, il y a aussi les couches, le caca, c'est un peu dégoûtant. Et puis, le ménage, les courses... Mais enfin, c'est le lot de toute mère, de toute femme, n'est-ce pas ? Mademoiselle X se dit prête à l'assumer  et elle reprendra ses études "plus tard", quand Arthur (elle a déjà le prénom) aura grandi.

Jolie petite histoire... Je ne vois pas en quoi elle est pessimiste, il faudrait que tu m'expliques. Attends la suite, Victor ! Que tu es impatient !

Mademoiselle X a trente ans. Elle s'appelle désormais Madame Y. Après dix de mariage avec celui qu'elle croyait être "l'homme-de-sa-vie-le-vrai-et-pour-toujours", et engendré Arthur, Paul et Alexandre, Monsieur Y a pris la poudre d'escampette avec une de ses collègues. Madame Y  a très peur. Elle cherche du travail, n'en trouve pas. Parce que vous comprenez, avec seulement le bac en poche et tant de chômage, il est difficile de tirer son épingle du jeu ! Cela l'est d'autant plus qu'elle n'a aucune ressource financière, et que Monsieur Y et elle se déchirent pour obtenir la garde des enfants. Elle regrette de ne pas avoir prévu un plan de secours, au cas où. Il n'y a pas de honte à assurer ses arrières, et Madame Y vient tout juste de s'en rendre compte. Elle avait pourtant dit qu'elle reprendrait ses études quand les enfants seraient grands, mais les années ont filé, filé, et la voilà sans un sou, sans un diplôme. Juste du vent, et la sensation d'être passée à côté de son identité de femme.

 

Je vois ! La chute est un peu plus négative ! Tu penses vraiment que cela se passe comme ça ? J'en suis persuadée ! Tu donnes une mauvaise image des femmes au foyer... Des godiches sans cervelle, sans la moindre nuance de jugeotte... Pas du tout ! Je n'ai strictement rien contre les femmes au foyer. Je ne trouverais rien à en redire si ces femmes avaient un métier sur lequel s'appuyer en cas d'échec. Un peu de prévoyance, de prudence, ne remet pas en cause la confiance que l'on porte à son couple. Les femmes ont trop souvent tendance à se fondre dans l'autre, à oublier qu'elles sont un avant d'être deux. C'est l'amour, tout simplement ! L'amour, l'amour... L'amour doit-il obligatoirement conduire aux pires folies ? Implique-t-il forcément de perdre la raison ? Cela mériterait un autre article... J'y penserai !

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mardi 23 mai 2006

Mon cher Victor,

Faisons original aujourd'hui, annonçons le thème de l'article présent par un texte que j'aime :  

- Oh ! La jolie fleur dans la vitrine !

- Oui, c'est un petit pavot blanc.

-Je ne vous parle pas des petits pavots, je vous montre la fleur d'en bas, tachetée de clair et de sombre, veloutée, avec deux gouttes de rosée qui brillent, et de grandes étamines blanches pointues.....

-Tiens je me trompais, ce n'est pas une fleur, c'est un chat...

 La fleur, Chats de Paris, Colette 

C'est beau, non ? Quand on aime les chats, oui. Quand ils laissent indifférents, c'est une autre affaire... Cet article d'Ellalie m'a subitement fait réaliser que jamais je n'avais consacré d'article à la créature la plus magnifique qui soit sur cette terre, à cette merveille de la nature, à cette perfection montée sur pattes : le chat. Le chat sur cette affiche n'est pas exactement ce que j'appelerais la "perfection montée sur pattes" ! Parce que cette affiche joue avec l'image du chat noir. D'où son côté "grand prince des ténèbres". De mon temps, les chats noirs, on les fuyait comme la peste : ça portait malheur ! Et cette superstition est toujours vivace, Victor ! Eh bien alors, pourquoi mets-tu un chat noir sur ton blog ? Tu veux faire fuir tes amis blogueurs !? Parce que j'ADORE les chats noirs. Quoi ?!

 

Il s'appelle Réglisse. Il est tout noir. Avec de grands yeux jaunes, et un petit grelot autour du cou. Il est souple comme un élastique, avec une queue en point d'interrogation. Il vient se coucher sur le papier quand j'écris. Il me chatouille la joue avec ses moustaches. Me lance des regards qui en disent long. Il est joueur, entêté, un peu vagabond. Câlin aussi... Je ne savais pas que tu avais un chat ! Je n'ai pas de chat. Ah ? Non. Réglisse est mon chat rêvé. Celui auquel je pense depuis quelques années déjà.

 

 

Je ne connais pas d'animal plus majestueux que le chat. Est-ce un hasard si tant d'artistes ont écrit sur ses pattes de velours ? Bien sûr que non. Le chat incarne le mystère. L'élégance. La grâce. C'est un poème à lui tout seul. Son ronronnement est un doux murmure. Ses oreilles des triangles parfaits. Coussinnets coussins. Griffes adorables. Port de tête royal. Bottes feutrées. Le chat est une oeuvre d'art. Quand il saute d'un toit à un autre, on dirait que rien ne peut l'atteindre. Qu'il retombe sur ses pattes, toujours, quoi qu'il arrive. Même les scènes les plus cruelles sont admirables. Quand il fait tournoyer la souris au-dessus de sa tête. La lance. La rattrape. Mon regard ne se lasse pas de cette mise à mort, pourtant barbare, mais ô combien séduisante grâce à ses acrobaties, à sa souplesse, ses coups de patte donnés comme des coups de pinceaux ! Le chat est un artiste. Un artiste, un artiste... C'est toi qui le dis ! Oui, Victor, c'est moi qui le dis.

Je n'imagine pas ma vie sans chat. Pourtant, tu n'en as pas ? Tu es bien forcée de faire avec ! Je fais avec. Difficilement. Il me semble avoir toujours vécu avec des chats, pourtant. D'où te vient cette fascination ? Je ne saurai le dire. Les chats me font du bien. Moi qui suis de nature profondément angoissée, je ne connais rien de plus apaisant qu'un chat assoupi sur les genoux. Détendu. Que l'on caresse sereinement. Avec la sensation que rien ne peut nous arriver. Rien.

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mercredi 24 mai 2006

Mon cher Victor,

Ce matin, comme tous les matins depuis quelques années, j'allume mon portable au saut du lit. Mon téléphone vibre et... Entre parenthèses, Victor, si tu es perdu avec les termes "vibreur" et "portable", reporte-toi à cet article-ci où je t'avais déjà expliqué quelques rudiments en téléphonie mobile. Je n'en suis plus là, tu sais ! Ne te vexe pas. Je disais donc : mon téléphone vibre. C'est un sms d'Aurélie, une collègue de l'IUFM. Et là, surprise...

???????? Envoie ces huit petits anges à huit personnes et quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt. Si tu ne le fais pas, tu auras huit ans de malheur. Ce message est gratuit.

 

 

"Quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt". Mon cerveau pourtant endorli par neuf heures d'un sommeil écrasant songe immédiatement au COOOONCOURS. Rien d'étonnant... Non. Ce fichu concours est le centre de mes préoccupations ces dernières semaines, et je ne vis plus qu'en attendant le 31 Mai. J'en ai mal au ventre rien que de penser à la feuille des résultats affichée dans le hall de l'IUFM... Allons, allons ! Nous n'y sommes pas encore ! Poursuis, poursuis !

 

En lisant ce sms, j'ai soudain été prise d'une superstition redoutable : et si c'était vrai ? Et si je n'avais pas le concours ? Et si une menace planait au-dessus de ma tête ? Toi, Mirabelle, tu es supersticieuse ? En général, non. Mais ce matin, avec le concours, j'ai été prise d'une peur enfantine : la peur de l'échec, une peur qui m'oppresse encore un peu plus chaque jour. En donnant tout à coup autant d'impact à une prétendue fatalité, j'ai senti "corporellement" pourquoi Aurélie m'avait envoyé ce sms, elle sur qui la menace du "recalée" plane également. Alors, tu as fait ce qu'il te demandait ce...? SMS. Oui, c'est ce que j'allais dire ! Ne prends pas la mouche, Victor ! Tu es d'une humeur de chien, aujourd'hui... Pour répondre à ta question, j'ai relu cet "avertissement" (car c'est bien un avertissement, non ?) et je me suis dit que mon destin n'appartenait qu'à moi ! Ah ! C'est bien, ça ! Et puis aussi... Aussi quoi ? Comme je n'avais plus que cinq sms pour finir le mois et que rien ne garantissait le caractère gratuit de l'envoi (on aurait tout vu...) je me suis contentée d'appuyer sur la touche "effacer" plutôt que de risquer du hors-forfait. Et voilà ! Tout est bien qui finit bien ! Attendons le 31 Mai. Au pire, si je ne vais pas aux oraux, je pourrais toujours rejeter la faute sur cette maudite chaîne. Et tu en reçois souvent ?

 

Ce genre de chaînes sévit surtout sur Internet. Tout le monde affirme "ne pas y croire", mais tout le monde les fait suivre "au cas où", comme on dit. Ca ne coûte rien... Et puis on ne sait jamais... C'est du moins ainsi que raisonnent beaucoup de gens : c'est le pouvoir de la superstition. C'est terrible, la superstition. Cela ne repose sur rien de rationnel. Cela fait appel aux peurs, aux angoisses, qui sont, par définition, le contraire même d'un raisonnement logique et sensé. Pourtant, le vocabulaire employé par certaines chaînes, quand on y réfléchit de plus près, prête à sourire. Celle que j'ai reçue, par exemple, est particulièrement gratinée : 

? : d'abord, ce n'est pas un ange mais un point d'interrogation : on ne me la fait pas à moi !
"Quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt" : juste assez vague pour faire peur (ou pour faire espérer, tout dépend du point de vue selon lequel on se place) et pour ne pas trop se mouiller. "Bientôt", on a déjà trouvé plus précis comme terme...
"Si tu ne le fais pas, tu auras huit ans de malheur" : précision terrifiante cette fois-ci ! En accord avec les huit anges. Aucune perspective d'éclaircie pendant huit ans. Fichtre... Voilà qui fait peur !
"Ce message est gratuit" : quelle preuve ? Aucune, bien évidemment. On s'appuie juste sur la naïveté du client.

 

Tout ça, pour dire, mon cher Victor, que tout ça, ce n'est que des conneries ! Attention à ton vocabulaire, Mirabelle ! Je trouve que tu te relâches beaucoup en ce moment ! Il faudra prendre garde à ta façon de parler quand tu seras Hussard de la République ! On ne dit plus "Hussard de la République", Victor, c'est dépassé...

 

 

 

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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