XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 17 septembre 2006
Mon cher Victor,

Avant que tu n'ouvres la bouche pour m'étourdir de paroles, sache que je ne fais à cette table qu'un arrêt express : trop fatiguée pour évoquer des questions existentielles ! Tu sembles épuisée... Quelles valises tu as sous les yeux ! Tu ne crois pas si bien dire... J'ai passé toute la soirée sur la deuxième séance dédiée aux "noms propres/noms communs", notion entamée la semaine dernière et avec quelle difficultée... Oui... Tu étais assez abattue ! J'espère ne pas connaître la même déconfiture demain. Quoi qu'il en soit, je te tiendrai au courant !

J'ai préparé ma "fiche de prép'". Défini mes objectifs le plus clairement possible. Les ai comparés avec les exercices proposés. Formulé les résultats attendus. J'ai fait de mon mieux. Tout en appréhendant la journée à venir. Les remarques de mon IMF, les interrogations des enfants, mes doutes, mes bredouillis... Cette deuxième séance s'impose comme un véritable défi à relever et j'espère être à la hauteur. Blinde-toi, Mirabelle, blinde-toi ! Ce n'est pas en doutant sans arrêt de toi-même que tu vas y arriver ! J'en suis pleinement consciente. J'ai d'ailleurs entamé, comme le laissait entendre cet article, un gros travail sur moi-même pour gagner cette assurance que je n'ai pas encore. Une auto-persuasion de tous les instants, qui consiste à me donner du courage : me rappeler que je ne suis pas plus bête qu'une autre et que j'ai déjà franchi la marche la plus haute !

Tu t'endors sur ton thé, Mirabelle... Ne te sens pas obligée de rester plus longtemps : je sens bien que toute ton attention (ou du moins le peu qu'il t'en reste...) est désormais tournée vers ce lit que tu rêves de retrouver ! Va donc te coucher ! Tu tombes de sommeil ! Ca m'embête de te laisser là tout seul, Victor... D'autant plus que je pars en Grande-Bretagne samedi et que nos conversations seront plus espacées. Je ne suis pas un de ces petits chiens qu'on abandonne sur le bord de la route les jours de départ en vacances, Mirabelle ! Et puis de toute façon, j'attends un très vieil ami, nous allons prendre un café... Qui ça ? Je préfère préserver son anonymat. Il est connu ? Humm... Assez, oui ! Vu ton sourire farceur, j'imagine que c'est une star de la littérature tout comme toi ! Peu importe... Je n'ai pas la force de me prêter au jeu des devinettes. Je vais me coucher, Victor. Bonne nuit ! Bonne nuit, Mirabelle ! Et bon courage pour ta séance de demain !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mardi 19 septembre 2006
Mon cher Victor,

Te voilà enfin ! J'attendais de pied ferme le compte-rendu de ta deuxième séance de français à l'école J.M ! Me voici, me voici... Alors ? Les nouvelles sont-elles meilleures que la semaine dernière ? Bien meilleures ! Aahhh !

Suite à mes bonnes résolutions, et ayant tiré quelques leçons de mon ratage de lundi dernier, j'arrive à l'école J.M avec la ferme intention de faire mieux. De m'améliorer. De prouver à cette Mme B. que, crénom de nom, je n'ai pas eu le concours pour rien ! Ma fiche de préparation est claire, bien rédigée, et je la laisse traîner en évidence sur ma table, histoire de lui faire voir que je ne prends pas les responsabilités qui m'incombent par-dessus la jambe. Après la récréation et une première partie de matinée dédiée aux évaluations de CE2 (d'ailleurs, entre parenthèses, je suis enchantée d'y avoir assisté !) me voilà face à la classe, devant le grand tableau noir, armée de ma craie, de mon sourire, et de toute ma bonne volonté !

Ayant écouté les précieux conseils de mon IMF, j'ai, pour cette séance, prêté une attention particulière à l'alternance entre oral et écrit, facilitant la tenue de classe et une implication active des élèves. Mon premier exercice tient lieu d'évaluation diagnostique, et j'enchaîne les activités ludiques : carton rouge ou vert à lever selon qu'il s'agit d'un nom commun ou d'un nom propre, séries de noms avec un intrus à imaginer par équipe, recours aux ardoises dont les élèves raffolent. Cette fois-ci, je sens, émerveillée, que les élèves sont DEDANS. Ils lèvent la main. S'enthousiasment. Répondent précisément aux questions que je leur pose. S'insurgent quand j'annonce la fin d'un jeu. Je termine la séance par un exercice écrit, sensé constituer un retour au calme. Et au bout de ces quarante-cinq minutes, la cloche sonne. Les élèves vont à la cantine. C'est le moment tant attendu... Les observations et critiques de ton IMF !

Bien sûr, il y a des critiques. Bien sûr, cette séance était loin d'être parfaite. Mais j'ai droit à un "très bien" en ce qui concerne l'alternance oral-écrit, à un autre "très bien" pour l'aide individuelle et surtout à un "beaucoup mieux par rapport à la séance précédente". Alors oui, je n'ai pas assez mis l'accent sur le rôle des déterminants, je n'ai pas forcément fait de rappel quand il en fallait mais je retiens que contrairement à la semaine précédente, mon IMF m'a fait des compliments, que je me sentais bien plus à l'aise face à la classe et que les élèves avaient de l'intérêt pour la notion travaillée ensemble.

Sur ce, après avoir tenté, pendant une demie-heure, de recopier un texte au tableau (la correction de l'exercice écrit) sans écrire de travers, d'une graphie lisible et "maîtresse", je me rends à la boulangerie la plus proche de l'école pour ensuite faire une halte dans un petit parc, à une centaine de mètres de mon établissement d'accueil. Il faisait beau. J'étais seule. Le soleil venait me caresser les joues, et une délicieuse petite brise me murmurait à l'oreille que tout n'allait pas si mal, finalement. Alors, assise là,  sur ce banc, à déguster un sandwich saucisson à l'ail-beurre (c'est fou ce que ça peut être bon, un malheureux sandwich, quand on est dans un certain état d'esprit !),
sereine comme je ne l'ai été que rarement dans ma vie, je me suis dit que si ça, ce n'était pas le bonheur, ça y ressemblait fortement...
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Jeudi 21 septembre 2006
Mon cher Victor,

Aujourd'hui, juste un petit clin d'oeil en passant, "pour le fun", comme disent les jeunes ! Ce qui est drôle, venant d'une jeune fille de 22 ans... Bon, alors, quel est "le fun" de cette conversation ?  Figure-toi, Victor, que je suis devenue l'idole d'une poignée de petites filles ! Pourquoi donc ? Tu leur as poussé la chansonnette ? Point du tout. Mais commençons par le commencement !

Lundi dernier, à l'école J.M (snif snif, je n'y retournerai plus... Quoi que ! Je vous raconterai tout ça bientôt à toi et à mes lecteurs !). Une petite fille, que j'appelerais Noémie, ayant déjà manifesté un grand intérêt pour mon look en s'extasiant devant mes Converse, me dévisage pendant la leçon de mathématiques que tient Madame B. Par conséquent, elle n'écoute pas ! Ta remarque est très juste, Victor. Toujours est-il que la petite Noémie se retourne sans arrêt et finit par me murmurer d'un air béat : "Elles sont bien, Mirabelle, tes boucles d'oreille". Je la remercie mais n'engage pas de conversation sur chiffons et autres élégances : je suis sa maîtresse ponctuelle le lundi, pas sa copine ! J'oublie bien vite cet épisode. Et puis...

Et puis, pas plus tard qu'avant-hier, à l'école du C.H, deux petiotes de CE1, que je nommerais Estelle et Elodie, me regardent en échangeant des chuchotements suspects, tandis que je passe dans les rangs pour vérifier les exercices de mathématiques. Il faut savoir, mon Victor, que la classe dans laquelle j'évolue pour mon stage de pratique accompagnée est une classe de CP-CE1. L'enseignante consacrant, on le comprend, beaucoup de temps aux jeunes CP, les CE1 ont régulièrement sous les yeux les dés, représentés sur des cartons, que mon IMF utilise pour apprendre à compter. Rien de plus familier pour eux, donc. Or... Mes boucles d'oreille sont en forme de dés ! Du coup, alors que j'apporte de l'aide à leurs camarades (dans un domaine encore de mes compétences : dire de deux nombres lequel est le plus grand !), Estelle tire la manche de mon pull :

- Eh maîtresse, j'adore tes boucles d'oreille !

Et à Elodie de renchérir, avec des yeux ronds comme des soucoupes :

- Oh oui ! Moi aussi ! Et puis c'est pratique pour compter !

Hihihi... J'ai dû faire un effort surhumain pour ne pas rire, je te l'assure ! Je n'ai d'ailleurs pas osé leur dire, pour ne pas couper court à cette admiration (fort flatteuse au demeurant !), que malheureusement, mes boucles d'oreilles restaient bloquées sur la face 6 du dé ! Des boucles d'oreilles sont des boucles d'oreilles et je ne pourrai pas leur faire plaisir en changeant la face tous les matins ! Elles sont adorables ! Oui. Et c'est bien agréable d'être admirée, crois-moi ! Ce n'est pas si souvent que ça m'arrive !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mardi 28 novembre 2006

Mon cher Victor,

C'est dans une salle remplie de rires que je suis au bord du desespoir. Ironie du sort... Une salle remplie de rires ? Je suis dans la salle informatique du Campus, il est 10:00 pm et il y a trois zigotos morts de rire devant leur PC. Des hyenes, je ne peux pas dire mieux... Et moi, pauvre de moi, je serai au bord de me jeter dans la Tamise si j'avais loge a Londres, evidemment... Laisse moi soupirer...

Speciale dedicace a Sev, qui disait, dans ce commentaire, qu'elle esperait que mon bonheur, si rayonnant ces jours ci (incroyable mais vrai !) s'installerait dans ma vie tel un soleil sur le desert Saharien. Ca, ce n'est pas d'elle ! Non, j'en rajoute une couche mais elle me souhaitait bel et bien de demeurer sereine. Eh bien malheureusement, mon bien etre et mon insouciance (je dirais meme inconscience) n'ont pas dure ! Chassez le naturel, il revient au galop ! Et qu'est ce qui a declenche le retour du naturel ?

Tout un questionnement. Un questionnement qui me rapproche dangereusement de mon retour a l'IUFM, un questionnement qui concerne mon avenir dans le metier, mes capacites a enseigner. Bref : vais-je y arriver ou non ? Dans cet article relatant un souvenir penible (et le plus triste, c'est que je n'arrive pas a tirer une croix dessus...), j'evoquais mes difficultes face a une classe. Des difficultes contre lesquelles je tente de lutter avec de grands principes, effondres comme des chateaux de carte aujourd'hui. Qu'est ce qui a provoque ce soudain retour a ton sens du drame ?

Un mail d'Aurelia, une collegue de l'IUFM, restee en France. Aurelia a une classe en responsabilite tous les lundis pour decharger le directeur, c'est une nouveaute de la PE2. D'ailleurs, si tu veux faire un petit point la dessus, tu peux toujours te reporter ici, Victor. C'est aussi valable pour nos lecteurs ! Oui, bien sur. Bref. Aurelia a donc envoye un mail a Sophie ou elle l'informe qu'elle n'en peut plus et qu'elle ne sait pas comment nous allons faire a notre retour pour nous en sortir. Gloups. Quand on est a une poignee de semaines du depart, cela remet dans l'ambiance, je peux te le dire !

J'allais diner quand Sophie a aborde le sujet de ce fameux mail. J'etais affamee. A la seconde ou Sophie m'a reporte les propos d'Aurelia (il faut savoir qu'Aurelia, d'ordinaire, est quelqu'un de tres tres positif...), j'ai eu envie de vomir. Envie de pleurer. Et evidemment, plus faim du tout... Mon dieu... Ca va jusque la ! Il faut savoir qu'en ce moment, mes collegues de PE2 (qui ont plus de jugeotte que moi !) sont en stage de pratique accompagnee pendant trois semaines, le mardi matin et le jeudi apres-midi, en plus, bien sur, des lundis de responsabilite filee. C'est a dire, en toute honnetete et en toute objectivite, que les trois quarts des PE2 pratiquent plus que moi face a la classe. Moi, je ne sais rien. Moi qui suis completement deconnectee de la vie IUFMesque, moi qui me la coule douce, ici en Angleterre, moi qui n'ai toujours pas de plan pour mon memoire, moi qui crains le retour avec une force que tu ne peux imaginer ! Doucement, doucement, tu vas encore faire une crise d'angoisse !

Le choix que j'ai fait est un suicide. Purement et simplement. Je n'aurais pas du partir. Je m'en veux, je m'en veux, je m'en veux. C'est du suicide professionnel. Si j'ai eprouve des difficultes pendant mes journees du lundi et mon stage de pratique accompagnee (il faut d'ailleurs que je vous raconte en details comment ce dernier s'est deroule, vous comprendrez mes craintes !), j'ose a peine imaginer ce que ce sera a mon retour, alors que ma formation n'a pas evolue d'un pouce depuis mon depart ! Tu auras sans doute plus de travail que les autres, mais je ne m'en fais pas pour toi... Si tu as eu le concours, c'est que tu peux y arriver ! Justement non. Je ne suis pas convaincue par ton argument, Victor. Le concours, c'etait dur, c'est sur. C'est sans doute la chose la plus difficile que j'ai eu a faire jusqu'ici. Mais le concours, c'etait tres INTELLECTUEL. Tout ce qui est intellectuel ne me pose pas probleme. Mais quand il s'agit de la pratique... C'est une autre paire de manches ! Pour preuve, mon premier echec au permis de conduire ainsi que le second, qui demontrent combien je suis peu a l'aise, peu sure de moi, et combien un rien me destabilise ! Tu compares deux domaines qui ne sont pas comparables ! Bon, d'accord, d'accord...

Toujours est-il que depuis tout a l'heure, je n'ai qu'une envie : prendre le premier avion, rentrer chez moi, potasser mes bouquins de didactique, les programmes, bosser toute la nuit, toute la nuit, en avoir les yeux qui piquent, perdre la notion du temps, pour finalement m'ecrouler sur mon lit au petit matin.

 

Au moins, l'illusion de dominer la situation ! Ici, en Angleterre, je n'ai pas de livres. Peu de nouvelles de mes collegues de l'IUFM, croulant sous les cours et les preparations de seances. Je n'ai pas de nouvelles non plus de mes tuteurs et de mes professeurs, a part de mon directeur de memoire. Bien que l'IUFM nous ait vivement conseille, avant notre depart, de garder un contact regulier avec l'etablissement, je dois dire que tout ca, ce ne sont que des belles paroles ! Ah ? Parce que l'IUFM, en toute honnetete, passe a la trappe les stagiaires partis a l'etranger. Je ne compte plus les mails que nous avons envoye Sophie et moi pour avoir des informations sur la formation etc. Et je t'epargne, Victor, la reponse navrante de mon tuteur a qui je demande des comptes rendus des seances de tutorat... Bref. On nous a completement oublies.

Et je regrette d'etre partie. Je regrette. Je vais rater mon annee. Je ne suis bonne que pour la theorie, pas pour la pratique. Madame B. m'avait dit que les enfants n'avaient rien appris. J'y pense tous les jours, a ce commentaire. A chaque fois, cela me fait mal. A chaque fois, je me dis qu'un PE2 competent, qui est un minimum fait pour ce metier, ne devrait pas entendre dire de telles choses a son propos. Alors je suis incompetente. J'ai du lui faire pitie a cette Madame B., tout comme a l'IMF de l'ecole C.H qui nous avait dit, dans un souffle : "que c'etait tres difficile pour les etudiants partis a l'etranger de rattraper leur retard". Je suis idiote. Idiote et inconsciante. Idiote, inconsciente et suicidaires. Quelle ironie... J'aurais brillamment ete recue au concours pour finalement rater la titularisation, moi qui considerais le concours comme la marche la plus haute ! J'ai ete d'une naivete sans bornes. Je vais rater mon annee. Je vais avoir une prolongation de stage. Je ne vais pas etre instit. Je ne suis pas faite pour ca. Je suis trop cruche et trop empotee, trop mal dans ma peau pour reussir.

J'ai juste envie d'etre chez moi, a mon bureau. De bosser, de bosser, de bosser. Jusqu'a crever de fatigue, jusqu'a crever tout court. Ne plus savoir qui je suis et surtout oublier que j'ai fait un mauvais choix. Je n'aurais pas du partir. J'etais avertie de ce qui m'attendait. Je n'aurais pas du partir. Je n'ai que ce que je merite. C'est bien fait pour ma gueule.

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mercredi 29 novembre 2006

Mon cher Victor,

Je viens d'avoir les resultats de la formation commune. Plait-il ? C'est une formation sous forme de module de dix-huit que je suivrais debut janvier, et qui s'adresse a l'ensemble des PE2. Quand ca ne passe pas, ca ne passe pas... Mirabelle, je te previens : si c'est pour m'ecrire le meme genre d'articles qu'hier, je quitte la table immediatement ! Je n'en ai pas l'intention, rassure-toi ! J'allais juste t'annoncer, officiellement et d'un ton tres neutre, que mon premier choix n'etait pas accepte. Grrr... Sachant que beaucoup de jeunes enseignants (j'aimerais d'ailleurs avoir le point de vue d'Eddie a ce sujet) se plaignent de n'avoir pas ete formes a la relation avec les parents d'eleves, j'avais pris les devants et demande a suivre le module traitant ce probleme. Or, a ma grande deception, j'ai obtenu mon troisieme choix, dont l'intitule n'est autre que le titre choisi pour cet article. Connaitre l'enfant et l'adolescent handicape ! Alors tu n'es pas contente ? Si. Tu penses bien que si je n'etais pas interessee par ce sujet, je ne l'aurais pas inclus dans mes voeux !

J'avoue que je ne sais quasiment rien sur le handicap a l'ecole. J'avais pourtant ingurgite une dose d'informations impressionnantes a ce sujet pour preparer le concours. Le jury, le jour de l'epreuve d'entretien, avait voulu avoir mon avis sur ce point. Et quel est ton avis sur ce point ? Je trouve que le handicap est encore assez tabou. Que contrairement a ce qui a ete dit, les ecoles ne sont pas toutes pretes a les accueillir, ce qui devrait pourtant etre le cas selon les textes... Oui, mais enfin, les textes, tu sais... Pfff...

J'ai egalement dit que les mentalites n'etaient pas encore forcement tres ouvertes aux enfants handicapes. Tu as dit ca ?! Oui. D'ailleurs, j'ai le souvenir que l'Inspecteur m'a regardee avec des yeux ronds et qu'il m'a fait repeter trois fois, genre Mademoiselle-assumez-vous-ce-que-vous-venez-de-dire. Et tu avais assume ? Bien sur. D'autant plus qu'il faut a tout prix eviter la contradiction dans ce genre d'oral (Nyochu, si tu nous lis...). On nuance, certes, mais on ne se contredit pas. Bref. J'avais soutenu le fait que beaucoup d'enseignants sont encore trop genes par le handicap pour traiter les eleves handicapes sur le meme pied d'egalite que les eleves ordinaires, et c'est quelque chose que je pense toujours. Hummm... Apres l'epreuve, j'etais persuadee que ma franchise allait me couler ! Eh non !

Bref. Au bout du compte, meme si je n'ai pas obtenu mon premier choix, je suis ravie d'etre selectionnee pour ce module. Parce que c'est un probleme important. Et que l'Egalite des Chances, ce grand principe auquel je crois profondement, qui fait que j'ai reellement envie de faire ce metier, passe aussi par la. Par la prise en compte du handicap. Surtout que j'ai mes faiblesses. Comme je l'avais dit dans ce vieil article du fond de mes cartons, la misere, la difference, peuvent gener. J'avoue que le handicap me gene encore, malgre moi. Et si un jour j'ai un eleve handicape dans ma classe, je n'ai pas envie d'enseigner en ayant, enfoui dans ma petite personne, cette gene, qui m'empechera de donner a l'enfant l'enseignement auquel il a droit. J'ai envie de regarder la realite en face, sans avoir peur. Lors de ce module, nous irons dans des etablissements specialises a la rencontre d'eleves handicapes. J'en attends beaucoup. J'espere que cela me permettra d'evoluer. Et d'aider, plus tard, dans mon metier.

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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