Jeudi 19 octobre 2006
4
19
/10
/2006
00:00
Mon cher Victor,
Un petit coucou, vite fait, en passant, pour te dire que j'ai tres tres mal aux bras. Tu as fait trop de sport ? Tu as des courbatures ? Non. On ne peut pas dire que de ce cote-la je me foule beaucoup. Eh bien alors... Tu t'es disputee avec quelqu'un qui t'a agrippe par le bras et l'a serre tres fort ? Non plus. Quelle imagination debordante tu as ! Alors je ne vois pas...
D'abord, contextualisons. Il est 18 h. Soit, en Angleterre, l'heure de manger. Ils mangent tot ! Fabrice, Sophie et moi nous rendons a un repas auquel nous a convies une etudiante Erasmus musulmane, prenommee Esra. Nous savons peu de chose : c'est un repas indien (j'ai recemment decouvert la gastronomie indienne et je dois dire que c'est delicieux, pourvu qu'on aime manger epice !), ensuite c'est un repas de charite puisque tous les fonds seront reverse a un pays africain (mais Esra n'a pas precise lequel...) et enfin ce sera £3 chacun. C'est abordable ! Oui.
Ignorant l'abominable drame qui m'attend au tournant, je souris a la vie, pensant, naivement, qu'elle fait de meme a mon egard. Nous approchons de la bibliotheque du "Park Campus", bibliotheque qui, malheureusement, n'a qu'une entree (et quelle entree !) : un tourniquet ! Un tourniquet ? Je te montrerai des photos. Mais ce n'etait pas un tourniquet large et confortable comme ceux des supermarches, non, non, non ! C'etait un tourniquet riquiqui, minuscule et je deteste ca.
Fabrice et Sophie, comme les deux grands gamins qu'ils sont, s'engagent dans le tourniquet en le faisant tourner tres tres vite. Moi, craintive et plutot prudente, je voudrais attendre qu'il ralentisse mais nous sommes deja en retard et mes comperes, passes de l'autre cote, sont creves de rire en me voyant hesiter. Alors evidemment tu y es allee ! Et plutot deux fois qu'une. J'ai fonce dans le tourniquet en m'exclamant : "Allons-y gaiement !". Si gaiement que le tourniquet a ete plus rapide que moi... En moins de deux, je me suis retrouvee emportee par le tourniquet, le bras droit broye entre le volet de ce maudit engin et le mur. J'ai senti mon bras se retourner comme une crepe. Aie aie aie ! J'ai hurle tout ce que j'ai pu, bien evidemment. Ma pauvre Mirabelle ! Comme tu as du souffrir ! Pire que ca : j'ai jongle !
Je ne sais pas comment j'ai fait mon compte mais je me suis degagee du tourniquet et ai fonce dehors pour m'asseoir sur un banc et gemir a ma guise. Fabrice et Sophie, qui n'avaient pas assiste a la scene, tout occupes qu'ils etaient a cavaler vers le repas, etaient morts de rire. Quelle cruaute ! Je dois dire qu'en ce qui me concerne, je ne rigolais pas du tout, j'etais meme au bord des larmes ! Deja que tu as tendance a pleurer pour un rien, alors j'imagine combien cela a du etre tentant ! Enfin bon... J'ai rejoint le repas tant bien que mal, mais le coeur n'y etait plus. La douleur etait lancinante et m'avait coupe l'appetit. Alors qu'as-tu fait ? Eh bien... J'ai repris ce satane "yellow bus" et je suis rentree.
Et maintenant ? Comment va ton bras ? J'ai un enorme hematome. Mais enfin... Si on essaie de voir le cote positif des choses... Oui ? Dis-moi ? Eh bien, avec mon pull, etant donne que mon bras a gonfle, on dirait que je suis musclee. C'est deja ca... Humm... Tout est une question de point de vue...
Bavardages