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Grains de sel

Mots en l'air


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Perdu le fil ?

Bruit qui court

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 10 mai 2008
Mon cher Victor,


C'est fou, quand même, la vie. Il y a encore quelques mois je n'aurai pas misé un seul centime sur ma relation avec lui. Et aujourd'hui... Aujourd'hui, il n'y a qu'à lui que je peux dire la vérité dans la vie réelle. Je ne dis rien à ma mère, rien à mon père, rien à ma soeur. Ils m'interrogent sur mon moral, je souris, "je vais bien, ne t'en fais pas". Je ne dis rien à mes amis, je souris, "je vais bien, ne vous en faites pas". Et à lui, je dis tout. J'en suis la première étonnée.

Nos histoires personnelles nous ont considérablement rapprochés.
A lui, je ne mens pas. Avec lui, je ne triche pas. Il sait mes moments de solitude, mon incompréhension, mon vague à l'âme, tout comme je sais les siens. Nous nous serrons les coudes. C'est vraiment une belle surprise que nous fait la vie. Il fut une époque où je ne pouvais pas le supporter. C'était viscéral. Et puis nous avons grandi. L'un comme l'autre. Il a connu une séparation, moi aussi. Il a du mal à s'en remettre, moi aussi. Et cela créé un lien assez particulier... Pas besoin d'expliquer nos sentiments, car ils sont les mêmes. Le même manque. Le même vide.

Je n'ai pas besoin de me justifier avec lui. Jamais. Il ne me fait pas la morale, ne me donne pas de leçon. Il n'essaie pas de me convaincre de quoi que ce soit. Parce qu'il connaît la même solitude. Ses maux sont les mêmes que les miens et cette simple constatation suffit à nous sentir un peu moins seuls. Il n'allait pas bien quand nous avons discuté tout à l'heure. Et moi, j'étais un peu triste. Et puis nous avons réalisé, effarés, que nous venions de nous remonter le moral, en quelques phrases. Là où les mots de ma famille, de mes amis, n'ont aucun effet sur moi, lui m'apaise tout simplement.

Tiens, cela me fait penser à une excellente réplique, dans un excellent film, "Casablanca". Est-ce que tu l'as vu ? Bien sûr ! C'est un classique !!! ". Donc comme le dit ce magnifique comédien, qui a de l'avenir dans la profession, je le crois franchement (un certain Bogart), "je crois que c'est le début d'une merveilleuse amitié" !
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Vendredi 9 mai 2008






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publié dans : Les galipettes de Nougatine commentaires (5)   
Jeudi 8 mai 2008
Mon cher Victor,


C'était cet après-midi, alors que j'aidais mes élèves à concevoir leurs bandess dessinées, un projet qui va nous occuper pendant un petit bout de temps. Ondine me tend son brouillon : après avoir esquissé Cendrillon, elle a essayé de tracer une bulle mais ce tracé ne permet pas d'identifier clairement qu'elle fait parler ce personnage et non un autre. C'est ce que je tente de lui faire comprendre. Je suis fatiguée, et quand je suis fatiguée, les mots sont moins précis, plus hésitants. Voir... Imprévisibles. Et là... Je m'entends dire, au sujet de la fameuse bulle :

"Non, cela ne va pas. Il faut que sa queue aille dans la bouche de Cendrillon."


Alors que je prononce ces paroles, je me rends compte de l'énormité de mes propos. Ondine est une élève plutôt (très) dégourdie, et j'ai bien peur qu'elle n'ouvre des grands yeux devant le langage soudain très cru de la maîtresse. Mais non. Finalement, non. Heureusement. Car elle n'aura pas vu ce sourire amusé sur mes lèvres, toute gênée, surprise que je suis par ma propre obsénité... Involontaire, cela va sans dire !
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 commentaires (10)   
Mercredi 7 mai 2008
C'est d'entendre une collègue me dire que tant qu'à faire, elle préférerait aussi que je reste à l'école.
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publié dans : Le tourbillon de la vie commentaires (1)   
Mardi 6 mai 2008

Au fond, aujourd'hui, je suis plus triste que malheureuse. Le malheur, c'est le désespoir. Je ne suis pas désespérée. C'est une tristesse amère, qui ne m'entraîne plus jamais au fond du gouffre. Je ne regarde plus les clichés enregistrés sur mon ordinateur, n'écoute (quasiment) plus de morceaux cafardeux. Il me manque moins. Et je crois qu'en réalité... C'est ça qui me rend le plus triste. C'est de l'oublier. Parce que tout passe, un jour ou l'autre, qu'on le veuille ou non. Je n'ai plus le réflexe de penser à lui, ou plutôt penser à lui n'induit plus cette douleur accablante qui m'a si longtemps fait pleurer. Et ça me rend triste : le temps fait son oeuvre. C'est la vie. Et je n'y peux rien.
Je ne voulais pas l'oublier. Une minuscule partie de moi-même ne s'y résout toujours pas. Cependant, elle est si imperceptible, si discrète, que bientôt elle aura disparu. Je m'y résigne. Même quand elle hurle qu'elle est bien seule, qu'elle voudrait qu'on la console, qu'IL la console, je m'y résigne. Même quand elle me souffle que le lit est trop grand et trop froid sans lui, je m'y résigne.
Il fut une époque où j'aurais décroché les étoiles pour lui. Désormais, son image s'éloigne et je ne lutte même plus pour elle. Et c'est ça qui est triste. Au fond, je ne suis pas malheureuse. Je ne suis plus malheureuse. Je sais que tout s'oublie. Mais en oubliant, je reconnais, à contre-coeur, que je n'ai pas vécu la grande histoire d'amour que j'espérais. Que ce n'était pas lui, ma grande histoire d'amour.
Dans dix, vingt, trente ans, nous nous apercevrons que nous n'avons été l'un pour l'autre qu'une histoire "entre autres", alors que sur le moment, tout était si absolu, si passionné, si définitif, si inoubliable, si douloureux. Etre tout. Puis plus rien. C'est triste. Dans dix, vingt, trente ans, nous réaliserons que nous n'avons été l'un pour l'autre que des étoiles filantes. A peine le temps de faire un voeu et nous voilà déjà partis.
par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Ecrire, écrire, écrire... commentaires (6)   
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