XXIeme siecle

Avril 2007
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mercredi 18 avril 2007
Fraîchement rentré du travail, il avait pu constaté qu'elle avait pris toutes ses affaires. Toutes. Plus rien dans la penderie. Plus de sac à main dans l'entrée. Plus de crème hydratante dans la salle de bain. Plus rien. Il se laissa lourdement tomber sur son fauteuil : pourquoi ? Le manqua lui attrapa le ventre et le lui tordit dans tous les sens. Il avait mal. Elle n'avait pas pu partir. Non. Elle n'était pas partie. Elle allait revenir. Elle revenait toujours.
Il composa son numéro sur son portable. Fébrile, le coeur battant. Sonnerie dans le vide. Réponds, s'il te plaît, réponds... Ne pas s'énerver, surtout. L'amadouer. Et la faire revenir. A tout prix. Sonnerie dans le vide. Il raccrocha rageusement et recommença. Ne pas se décourager. Elle finirait par répondre. Elle ne pouvait pas se passer de lui, de toute façon. Ne lui avait-elle pas dit qu'il était l'homme de sa vie ? On ne peut pas dire ce genre de choses et s'enfuir le lendemain. Sonnerie dans le vide. Les crampes dans le ventre s'accentuait. Il avait peur.
Quelque chose est cassé... lui avait-elle dit, un jour, après une grosse dispute à propos de leur avenir commun. Ca lui passera, s'était-il dit. Elle passait l'éponge sur tout, une fois qu'elle s'était calmée. Pardonnait tout. Elle lui pardonnerait toujours tout. Quelque chose est cassé... Et si, cette fois-ci, quelque chose s'était réellement brisé en elle ? Si elle ne revenait pas ?
Il ne l'avait pas assez écoutée, pas assez comprise. Et si c'était trop tard ? Mais elle l'agaçait tellement, avec ses reflexions incessantes, que désormais elle l'énervait rien qu'en ouvrant la bouche ! Referme bien le dentifrice, ne déjeune pas debout, tu manges trop de bonbons, tu sales trop tes aliments, enlève tes chaussures dans l'entrée... Tu es trop ci, trop ça, pas assez ci, pas assez ça... Elle l'agaçait, elle l'agaçait, il n'avait donc rien à regretter !
Pourtant, il composa son numéro. Encore. Toujours cette même sonnerie dans le vide. Imperturbable. A se cogner la tête contre les murs. Et s'il n'avait pas vu ses blessures ? Et si c'était de sa faute ? Il se rongeait les ongles. Si elle avait été là, elle lui aurait pris la main et dit d'arrêter. Où était-elle ? Elle avait dû prendre le premier train et rentrer chez elle. Mais pas un mot. Pas une explication. Ca ne lui ressemblait pas. D'habitude, elle laissait toujours une longue lettre, très romantique, ou elle expliquait le pourquoi du comment cela n'allait plus. Aujourd'hui, rien. L'absence. Et l'angoisse de pas savoir.
Qu'avait-il bien pu dire ? D'accord, hier, pendant le repas, il lui avait dit qu'elle n'était pas la femme de sa vie. Elle avait été chercher il ne savait trop quoi dans la cuisine, et quand elle était revenue s'asseoir, elle avait l'air... Triste. Les yeux un peu rouges, peut être, à bien y réfléchir. Elle n'avait pourtant pas pipé mot, il n'avait rien remarqué. Ce n'était pas grand chose, tout de même, d'avoir dit ça !
Et puis, ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Elle avait mal compris. Il l'aimait. Vraiment. Il l'aimait, elle. Jamais il ne resterait s'il ne pensait pas qu'ils pouvaient construire quelque chose ensemble. Alors quoi ? Elle prenait toutes ses paroles au pied de la lettre ! Elle créait les problèmes !
Sonnerie dans le vide. L'idée le frôla de prendre la voiture et de rouler comme un fou sur l'autoroute pour la rejoindre chez elle, à deux cents kilomètres d'ici. En roulant à 150 km/h, cela irait vite. Et elle serait touchée. Elle savait bien que ses preuves d'amour étaient dans les actes. Car il n'était pas doué pour les mots. Vraiment pas doué.
Souvent, ils se disputaient parce qu'il s'exprimait mal. Malentendus éclaircis à force de discussions prise-de- tête. Elle insistait, insistait, lui disait de faire ses efforts sur son langage. Mais qu'y pouvait-il ? Les mots sortaient comme ça, sans crier gare, sans même qu'il s'en rende vraiment compte ! Si elle ne le comprenait pas, il n'y pouvait rien, lui ! Et si elle ne revenait pas ?
Il n'imaginait pas sa vie sans elle. Même si elle était chiante. Même si elle donnait des leçons. Même si elle le critiquait sans arrêt et que rien ne trouvait jamais grâce aux yeux de Mademoiselle Parfaite. Mais il l'aimait. C'était une évidence. Il n'avait jamais cessé d'être amoureux. Jamais. Elle lui avait dit un jour que l'amour ne règle rien... Allait-elle revenir ? Et ce téléphone, qui sonnait toujours dans le vide ! Pourquoi ne répondait-elle pas ?! Ca l'amusait, de le laisser sans nouvelles, à se ronger les sangs ?
Il avait été con, aussi. On ne peut pas dire n'importe quoi, n'importe comment, n'importe quand. Le problème, c'est qu'il ne s'en apercevait que maintenant. Quand elle était partie. Il fallait toujours qu'elle parte pour qu'il ouvre les yeux sur sa bêtise.
Sonnerie dans le vide.
Elle reviendrait.
Elle reviendrait.
Forcément.
Elle l'aimait, ne pouvait pas vivre sans lui. Il avait eu des paroles malheureuses, d'accord, mais tout s'oublie. Elle tournerait la page et reviendrait. Tout rentrerait dans l'ordre, bientôt. Il soupira et alla se chercher une bière dans le frigo. Il garda son téléphone dans sa poche, au cas où elle appellerait.
ajouter un commentaire commentaires (7)   
publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle
Samedi 21 avril 2007
Mon cher Victor,

Les adultes, dit-on, sont de grands enfants. C'est ce qu'on dit ! J'en ai eu la preuve hier matin, au coeur de mon petit foyer. Ma maman et mon papa ignorent encore pour quel candidat ils voteront demain. Tous aux uuuurnes ! Tous aux uuuurnes ! Tous aux uuuuurnes ! Tous aux uuuuuurnes ! Merci Victor, je crois que le message est bien passé.
Hier matin, donc, j'étais tranquillement dans le salon à lire le journal quand j'entendis ma mère pouffer de rire (c'est bien le mot). Mon père, de nature pourtant pas très causante, et encore moins rieuse, s'esclaffait franchement. Intriguée par ce tapage, je les rejoignis dans la verrière et les découvris complètement morts de rire. Quoi de si hilarant ? Mon père avait dans la main tous les bulletins des candidats et ma mère tirait au sort. Ils ne savent pas encore pour qui ils vont voter ? Non. Et, d'esprit léger en cette matinée, ils se disaient que, peut être, c'était là la solution : tirer au sort ! Ca s'amuse, ça s'amuse... Bref. Ils étaient pliés de rire. Et quel candidat avait pioché ta maman ? Nicolas Sarkozy. Ca ne m'aurait pas fait rire à sa place ! La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe...
Ce fut ensuite le tour de mon père, qui tira François Bayrou. Visiblement pas lassés pour deux sous de leur petit jeu (mais tu les aurais vu, Victor, c'étaient deux gamins !), ils me proposèrent de m'y mettre aussi. Je m'exécutai, rien que pour le plaisir de les voir rigoler en se tenant les côtes. Et qui as-tu tiré ? Ségolène Royal. Ah. Oui : Ah.
Bon. C'était très intéressant, cette petite anecdote, Mirabelle ! Ne te fiche pas de moi, Victor, s'il te plaît. J'ai passé quatre heures à rédiger mon mémoire (qui est, d'ailleurs, encore loin d'être bouclé...) et j'ai la tête qui fume. C'est la seule conversation dont je sois capable aujourd'hui !
Un dernier mot, Mirabelle, avant de bailler devant ton thé ?
Oui. A nos lecteurs : allez voter demain.
ajouter un commentaire commentaires (3)   
publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Dimanche 22 avril 2007
Elle avait voté. Le bureau de vote était plein à craquer. Toutes les générations. Elle avait discuté avec une petite grand-mère derrière elle : "Je suis bien contente de voir que les jeunes se réveillent !". Une petite fille courait partout, posait des questions, sous l'oeil amusé de son papa : "Et les papiers, ils servent à quoi ? Et pourquoi y'a des cabines ?". Elle furetait, passait sous les rideaux, éclatait de rire. Alors que la jeune fille était dans l'isoloir, pliant son bulletin, une voix s'enquérit : "Euh... Mademoiselle, excusez-moi, mais est-ce que par hasard il n'y aurait pas une carte d'électeur dans l'isoloir ?". La jeune fille avait ri et tendu la carte sous le rideau. Elle était  heureuse, ce matin. On était serré, dans ce petit bureau de vote, on faisait la queue, on n'avait pas la place pour accéder aux enveloppes et aux bulletins. Et il n'y avait jamais eu une telle attente ! Et jamais un tel... Souffle d'espoir. Jamais elle n'avait constaté une telle atmosphère. Comme si les gens se respectaient. Comme s'ils formaient un tout. Comme une joie de vivre, communicative, positive, une confiance en l'avenir et en l'être humain.
Elle croisa des gens. Des gens venus voter en masse. Elle leur sourit. Et si le monde changeait ? Elle était bien, ce matin. Elle se sentait portée. Portée par le soleil, venu les inonder de lumière, en ce jour d'élections présidentielles.  Portée par l'espoir. La participation, apparemment, était élevée dans les DOM-TOM. Certaines mairies rurales étaient débordées de monde. Parfois, une heure de queue pour parvenir à mettre son bulletin dans l'urne ! Et si le monde changeait ?
Ne plus écouter sa tête. Ecouter l'espoir, seulement l'espoir. Tant pis si cet espoir ne les mènerait nulle part, tous. Tant pis. En attendant, elle était là, au soleil. Le coeur battant. Avec le sentiment d'écrire l'histoire, à sa manière. Avec le sentiment que tout allait s'arranger. Elle profiterait de cet instant, où rien n'a encore basculé. Elle profiterait de cette incertitude pour chérir son rêve, encore un peu, juste un petit peu. Elle profiterait de cette journée, de ce magnifique dimanche, de ce soleil, des oiseaux, du ciel bleu, pour y croire, encore. La déception viendrait, sans doute, vers 20h. Mais il était si bon de se laisser aller à l'espoir, à l'idéal.
ajouter un commentaire commentaires (6)   
publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle
Samedi 28 avril 2007
Elle lui manquait encore, parfois. Quand tout allait mal. Et que l'instinct lui criait de l'appeler. Alors elle se souvenait de cette rupture. Son numéro, toujours en tête, toujours dans le répertoire. Il aurait été si simple de le composer... Il faudrait alors se confronter à la réalité. Au refus. Et elle ne voulait pas de cette confrontation.
Quand tout allait mal, elle lui manquait encore, parfois. Son humour noir lui manquait. Son rire lui manquait. Ses chansons d'Higelin lui manquaient. Toujours une pensée pour elle quand elle entendait "Champagne" à la radio. Sa voix grave lui manquait. La simple idée qu'elle était là, toujours, en toile de fond, lui manquait.
Il aurait été si simple de composer son numéro. Mais si douloureux aussi. Alors elle gardait ses souvenirs. Y repensait, comme une vieille femme au coin de son feu, son tricot sur les genoux. Pour lui tenir chaud. Les rires. Les lettres enflammées à des inconnus entrevus dont elles s'étaient amourachées. Les déceptions aussi. Le vélo en Italie. Les nuits blanches à parler. Les soirées pyjamas improvisées.
Quand tout allait mal, son prénom lui revenait, toujours. Envie de la voir. Pour être plus légère. Dédramatiser. Rire dans le bordel de sa chambre. Ecouter Téléphone. Prendre un thé dans la cuisine. Faire un pain de thon. Courir après le chat et gagatiser, en la faisant rire, parce que ça l'amusait toujours, quand elle gagatisait devant le chat. Prendre des nouvelles de sa famille, qu'elle aimait bien.
Mais elle ne composait pas son numéro. Elle ravalait le manque. Ca passerait, tôt ou tard. Et elle se disait que finalement, l'amitié, ce n'était pas si différent de l'amour. Pour la préserver, pour la chérir au fond de soi, on ne l'abandonne jamais complètement. On l'idéalise. On la tourne en nostalgie. En regrets. Oui décidemment, l'amitié, ce n'était pas si différent de l'amour.
ajouter un commentaire commentaires (2)   
publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus