Mercredi 27 décembre 2006
Mon cher Victor,
En plus de mon cartable de maîtresse, j'ai eu un bien joli cadeau pour Noël de la part d'Over-blog ! Tiens, tiens, tiens... Et qu'est-ce donc ? Je suis passée en niveau Privilège !! Je ne te cache pas ton étonnement... Eh bien, c'est bien, Mirabelle, c'est bien. Ca ne te fait ni chaud ni froid on dirait ! La nouvelle n'est pas si fracassante. Ce n'est pas comme si tu avais été dans le classement "Top blog rank" ! Grrr... Tu n'es jamais content, Victor ! Mais si, mais si...
En attendant, je suis ravie ! Car d'après le descriptif du niveau Privilège : "Pour les blogs qui ont déjà fait leurs preuves par leur qualité, leur régularité, et qui sont appréciés des internautes. Nous offrons une totale liberté de gestion, ainsi que des fonctions avancées de configuration.". Il semblerait donc que tu entres dans cette catégorie, bien que tu postes moins régulièrement qu'auparavant ! D'où ma surprise ! D'autant plus que mon blog rank n'est pas si impressionnant ! Tss tss tss... Quel besoin as-tu de dire ça, Mirabelle ? Tu veux qu'on te le retire, ton niveau Privilège ? Ben non... Eh bien alors ?! On dirait que tu fais tout pour démontrer que tu ne le mérites pas ! Il me semble effectivement que je ne remplis pas tous les critères pour l'obtenir mais enfin, loin de moi l'envie qu'on me le supprime ! Bon eh bien, contente-toi d'apprécier ce privilège et puis voilà ! Ahahah... Qu'est-ce que tu es drôle, Victor ! Hein ? De quoi ? J'ai bien vu le petit jeu de mot sur "privilège" ! Ce n'était même pas fait exprès ! Mon oeil...
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Mystérieuse blogosphère
par Mirabelle
Mon cher Victor,
Il est 22 h 42. J'ai le blues. Le blues du cheddar, du smoked bacon, des chips de toutes les couleurs, du bus jaune. De la voix suraigue de Claire, de sa gentillesse. Du silence discret d'Emma, de la vulgarité d'Alex. De mes parties de rigolade avec Sophie, en pyjama, dans l'appart. Du système de ventilation. Du cliquetis des clés dans la serrure. Même du boucan de mes voisins à quatre heures du matin, et de l'alarme à incendie. J'ai le blues du ciel gris et des "Mind the gap". De la langue anglaise. De la communauté Erasmus. J'ai le blues d'Asda et des taxis. L'Angleterre me manque ce soir. Radiohead sur la chaîne hifi. Dossier photos. Voyages. Angleterre. Et les trois mois défilent. Tout me revient.
Cafard.
Est-ce que tout cela a vraiment existé ?
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Chez les British
par Mirabelle
Vendredi 29 décembre 2006
Mon cher Victor,
Oh, jolie créature que tu nous mets là, Mirabelle ! Hemm... Si je peux me permettre évidemment ! Grrr... Vous êtes tous les mêmes, quel que soit l'âge, hein ?! Qu'est ce qu'elle a de plus que moi, cette Keira Knightley ?! Tu n'es pas à prendre avec tes pincettes, aujourd'hui ! Ou alors, tu n'aimes pas Keira Knightley ! Eh bien... Elle est pourtant magnifique cette jeune demoiselle, tu devrais en prendre de la graine ! C'est bien là ce qui me soucie. Je trouve cette jeune fille superbe. Elle est née en 1985. Un an de moins que moi. Mon Mystérieux Inconnu, lui, est de 1982. Que vient faire ton Mystérieux Inconnu là-dedans ? Tu vas comprendre...
Je n'ai aucune photo d'homme sur mon ordinateur. Pas de beau brun ténébreux. Pas de Ralph Fiennes. Personne. Je n'ai que mon Mystérieux Inconnu. Et je suis très contente comme ça, je n'ai pas besoin de plus. Où veux-tu en venir ? Je n'ai pas de fantasme masculin. Le seul fantasme que j'ai (qui n'est pas vraiment un fantasme, d'ailleurs, étant donné qu'il est de plein pied dans la réalité) c'est mon chéri. Tu l'aimes trop, Mirabelle... Laisser voguer son imagination n'a jamais tué personne !
Mon Mystérieux Inconnu, lui, aime Keira Knightley et n'en fait pas mystère. Il faudrait être difficile ! Keira Knightley mesure 1m70, elle a les cheveux longs, un visage très fin, et elle est mince comme une brindille. Et moi... Moi, je mesure 1m59, j'ai grossi, je n'ai pas vraiment les cheveux longs et j'ai une machoire carrée. Et alors ? Et alors je doute. De quoi ? De l'amour de ton Mystérieux Inconnu ? Disons que je m'interroge sur la nature de l'infidélité.
Est-on infidèle quand on fantasme sur quelqu'un d'autre ? Quand on salive devant des actrices magnifiques et inaccessibles ? Je crois que le mot "innaccessible" est la clé de tout, Mirabelle. Oui, mais la fidélité ? Ce n'est pas vraiment être infidèle que de fantasmer sur Keira Knightley. On est plus dans le domaine du rêve que du réel, du moins je l'espère pour toi, ma pauvre petite fille ! Tu n'es pas drôle, Victor ! Ca t'amuse de me faire gamberger ? Excuse moi mais je trouve tes craintes complètement stupides ! Tout ce que ton Mystérieux Inconnu verra jamais de cette Keira, ce sont des clichés sur papier glacé, c'est un peu limité ! D'accord, mais il n'empêche qu'il est plus subjugué par elle que par moi. Ahhh ! Il est là, ton problème !!! Enfin, tu y viens !!!
Au fond, tu compares le regard que ton Mystérieux a sur elle et celui qu'il a sur toi ! Tu te dis qu'il est plus admiratif devant elle que devant toi ! Ben oui, forcément. Il voit mes cheveux en bataille au réveil, mon pyjama troué, mes culottes en coton, mon poil aux pattes (ben oui, je ne change en rien ce que j'avais dit ici) et forcément, c'est moins glamour que le maquillage parfait, les lèvres suaves, la pose de star et les cils interminables... Sans oublier les jambes épilées au laser, évidemment ! Ton Mystérieux Inconnu doit bien se douter que le monde des stars, ce n'est pas la vraie vie... Et puis de toute façon, je ne vois pas pourquoi tu t'en fais ! Il ne risque pas de la croiser ! A mon avis, c'est l'image que tu as de toi-même qui est en jeu, pas la comparaison supposée que ferait ton Mystérieux Inconnu entre la belle Keira et toi !
Il n'empêche que je souffre du complexe Keira Knightley. Je ne suis pas rassurée. Tu comprends, Victor, je ne vois pas beaucoup mon Mystérieux Inconnu. Seulement le week-end. Alors je me pose des questions. Que fait-il quand je ne suis pas là ? Ca, c'est une question de confiance, pas une question de fidélité. Dis toi une bonne fois pour toutes que tu es la seule qui compte pour lui et tout sera réglé ! Tu crois ? Mais oui ! Enfin, Mirabelle, ne t'invente pas de problème !
Tout à l'heure, je lui ai demandé s'il avait des photos de Keira Knightley sur son ordinateur. Et tu ne sais pas ce qu'il m'a répondu ? Non, mais tu vas me le dire ! "Tu n'as que ça à faire de râler pour rien". Et finalement, il en avait, des photos ? Il m'a dit que non. Pauvre garçon... Comme cela doit être dur de te supporter... Tu ne crois pas si bien dire ! J'ai eu une grosse prise de conscience ce matin, en consultant la provenance du trafic vers mon blog. En cherchant sur Google l'expression "petite amie chiante", certains ont eu le plaisir de tomber sur notre site. Hihihi... Il doit y avoir un fond de vrai ! Je suis peut etre une petite amie TRES chiante après tout. Et jalouse ! C'est fort probable. Et pas de n'importe qui ! D'une actrice que ton chéri n'a vu et ne verra qu'en photo ! C'est fort, tout de même !
Bon, ceci dit, il faut équilibrer la balance. Peu de temps après notre rencontre, mon Mystérieux Inconnu m'avait dit que je ressemblais à Dido. Dido ?

Dido, c'est elle. Elle est chanteuse. Joli brin de fille ! Je trouve aussi. Du coup, de temps en temps, mine de rien, en tournant un peu autour du pot, je cherche à savoir si mon Mystérieux Inconnu trouve toujours que je lui ressemble. Et quand il me dit oui, je suis rassurée. Jusqu'à la prochaine fois !
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L'Amour toujours
par Mirabelle
Vendredi 29 décembre 2006
Mon cher Victor,
Avec beaucoup de retard (pour te rafraîchir la mémoire, je te conseille de relire cet article), voici le compte-rendu de ma séance d'arts plastiques à l'école du C.H, juste avant mon départ pour l'Angleterre. C'est pas trop tôt !
J'arrive au C.H en toute confiance, ravie de retrouver mon école. A l'accueil, toujours la même concierge, toujours pas aimable : Madame D., indéboulonnable, agresse presque ma collègue stagiaire parce qu'elle s'est garée sur le parking enseignant. Nous traversons les couloirs. Je constate avec émerveillement que je sais PARFAITEMENT où je vais, et note, au passage, que c'est toujours la même étiquette sur la porte de la cantine. Plus de dix ans que je suis partie... Et elle est toujours là !
Vient le moment tant attendu : nous découvrons la classe et notre IMF ! Celle-ci est très dynamique mais pas forcément très chaleureuse. Peut être vaut-il mieux qu'elle soit un peu sèche mais très dynamique ! C'est ce que je me suis dit. Elle nous expose brièvement le programme de ces trois jours de stage et nous propose d'assurer des séances d'EPS, de maths et de français. Nous évoquons ensuite cette séance d'arts visuels, que l'IMF, par téléphone, nous avait chargé de préparer sur le thème de l'arbre. Quel matériel à notre disposition ? Quelques indications données en coup de vent (les élèves débarqueront d'une minute à l'autre) et Amélie et moi nous répartissons les tâches. Qui est Amélie ? Ma collègue stagiaire. Eh bien il faut le dire tout de suite ! On ne peut pas deviner ! Nous décidons que je prendrai en charge la séance d'EPS et celle de maths avec les CP-CE1. Parce que c'est un CP-CE1 ? Oui. Là encore, il faut le dire ! Ce n'est pas compliqué, quand même, Mirabelle ! Navrée. Amélie, quant à elle, s'occupera d'une autre séance de mathématiques et d'une de français.
A la récréation, nous nous dépêchons de recueillir le matériel nécessaire pour la séance d'arts plastiques de l'après-midi. Nous sommes débordées. Et pas prêtes du tout à vrai dire. C'est la panique complète. Pas de canson dans la réserve. Pas assez de pinceaux. Nous avons encore à couper du papier et nous arrivons en retard après la récréation. Bravo les maîtresses ! J'espère que les élèves vous ont fait la remarque ! Ils se sont contentés de nous contempler avec de grands yeux. Il faut dire, en passant, que nous ne leur avions pas été présentés, l'IMF nous désignant par "les dames". Drôle d'appellation... Nous étions assez gênées.
Après la pause déjeuner, nous sommes jetés dans l'arène. C'est à dire ? C'est à dire que nous entrons en scène pour cette séance d'arts plastiques ! Nous sommes arrivées en avance pour installer les tables dans la salle d'arts visuels (de mon temps, c'était tout simplement une ludothèque). Quelques frictions avec Amélie, qui ne veut pas installer les pots de peinture à l'avance. Ca va le faire, me dit-elle. Pour arrondir les angles, je ne pipe mot mais songe à mes séances de peinture avec les gamins du centre aéré. La peinture, c'est toujours une grande aventure, et je crains quelque peu des débordements si tout n'est pas installé au préalable. Alors tu ne t'es pas imposée ? Non. J'ai laissé faire. Enfin ! Il faut s'affirmer, Mirabelle ! De même, j'avais lancé l'idée de faire "un modèle" pour que les enfants aient une idée de ce qu'on attend d'eux. J'avais peur que tout se mélange dans leurs petites têtes, l'abstraction, n'étant, à leurs âges, pas encore réellement constituée. Là encore, Amélie juge que ça va aller. Et là encore, tu n'insistes pas !
Nous explicitons les consignes dans la classe. De manière bien trop adulte. J'explique de mon mieux ce qu'est un pochoir mais en face de moi, des regards dubitatifs. Tu t'es embarquée dans du trop compliqué, c'est ça ? Oui. Ce qui fait qu'une fois dans la salle d'arts plastiques, aucun petiot n'est capable de reformuler ce qu'il faut faire. L'instit intervient et prend la classe en charge pendant cinq ou six minutes. Quelque chose qui m'a agacée, d'ailleurs, car quitte à me planter, je préfère me planter complètement seule et l'assumer plutôt que de me décrédibiliser devant les élèves. Cela n'a pas été jusque là, j'en suis sûr ! Non. "Décrédibiliser" est trop fort, mais j'ai rééllement eu l'impression que l'IMF ne souhaiter pas nous donner la responsabilité de la classe le temps de la séance.
Bref. Comme je le craignais, nous avons perdu un temps fou à remplir les pots de peinture. Et pendant ce temps, je suppose que les enfants ont chahuté ! Effectivement. J'ai alors maudit mon caractère timide et discret. Si tu t'étais imposée à ta collègue... Je sais, n'enfonce pas le couteau dans la plaie, Victor, s'il te plaît. Car cette séance était une véritable catastrophe ! Pour ne dévoiler que les détails croustillants, la peinture a volé partout, des pots ont été cassés et j'ai terminé à quatre pattes sur le sol pour éponger, alors que les "Maîtresse, maîtresse !" fusaient dans tous les coins. Un enfer ! Mon dieu ! Je ne te raconte même pas le calvaire, Victor ! Rien que d'y penser, j'en suis encore toute bouleversée ! L'IMF vous a épaulées ? Oui, bien sûr. Et là, je dois avouer que j'étais bien contente qu'elle s'en mêle. Elle a aidé à canaliser les enfants et s'est chargée du lavage des mains etc. Et que vous a dit l'IMF lors du compte-rendu ? Que les consignes étaient mal passées, que les enfants étaient dans le flou. Qu'il aurait mieux valu faire un modèle et tout installer à l'avance... Et voilà ! Tu tenais la bonne idée et tu n'as pas su l'imposer ! Oui, bon, ça va...
La conclusion de tout ça, de la bouche de l'IMF : "Vous comprenez maintenant pourquoi on ne fait jamais de peinture dans les classes.". Et je comprends surtout (parce qu'à moi on ne la fait pas !) pourquoi elle a tenu à ce que nous assurions cette séance d'arts plastiques... Tu es mauvaise langue, là, Mirabelle ! Je n'en suis pas si sûre...
Bavardages