XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Gros coup de cafard depuis deux ou trois jours. Des crises de larmes à répétition. Envie de rien. J'ai honte. Une honte indéfinissable, inexplicable. Je fais le constat de l'échec. L'échec de mon couple. Dur de l'admettre. Pas forcément de se le dire (car on est toujours plus ou moins franc avec soi-même) mais de le dire autour de soi : "mon couple a été un échec". Je fais cet effort depuis quelques jours. Et je prends plus de distance. Je retrouve un semblant de dignité...

Je n'étais pas heureuse. Ca, je ne te l'ai pas caché, mon Victor. Après avoir lutté pendant plus de deux ans, en espérant que, peut être, cela "irait mieux un jour", j'ai enfin accepté que non, cela n'irait JAMAIS mieux et que l'état de frustration permanent dans lequel j'étais plongée ne s'évanouirait JAMAIS. Et que la magie, évidemment, n'avait STRICTEMENT rien à voir là-dedans...!

J. m'aimait, c'est certain. Mais moi... Moi, je peux le dire maintenant, je ne me sentais pas vraiment aimée. D'où, peut être, le désir inconscient de créer des disputes, pour réveiller chez J. cet élan chevaleresque que je n'avais jamais cessé d'espérer, jusqu'à aujourd'hui. J'ai bêtement réalisé, tout récemment, que jamais il ne serait celui que j'attends. Je crois que c'est de là que provient ma honte... Cette conscience brutale que je n'ai été qu'une cloche, une cloche naïve qui croit que l'amour peut changer les gens. Quelle bêtise, vraiment...

Je ne m'aime pas, Victor. Pour ceux qui me connaissent, ce n'est pas un secret. Avant de sortir avec J., j'avais presque réussi à m'accepter, à être fière de moi-même. Et puisque J. affirmait m'aimer, je me disais, sottement, qu'il allait m'admirer, m'apprécier à ma juste valeur. Cela peut paraître prétentieux, pourtant, je demeure persuadée que l'admiration est une composante nécessaire dans un couple. S'il n'y a pas d'admiration... On banalise. Et j'ai bien peur que J. ne m'ait banalisée. J'avais pourtant tout fait pour susciter son admiration, la reconnaissance que j'étais une fille bien. Il m'avait écoutée chanter. Je lui avais avoué que j'aimais écrire... Dès que j'obtenais une bonne note en classe, je la lui fourrais sous le nez, tel un trophée. Et les compliments venaient de tous... Sauf de lui. J'en ai souffert. Je pense qu'il n'a jamais su à quel point...

Je voulais que J. m'aide à croire en moi-même. Qu'il me rassure. Qu'il me dise que j'étais la femme la plus extrordinaire qu'il ait jamais connue. Il ne m'a jamais dit ça. Jamais. A ses yeux, je n'étais sans doute qu'une petite fille peureuse, un peu coincée, qui réfléchit beaucoup trop. En l'écoutant, en me persuadant qu'il avait raison, j'avais presque réussi à croire qu'on pouvait vivre en autarcie, bien au chaud dans sa petite bulle, sans penser aux autres. Mais je ne suis pas comme ça...

Alors J. m'aimait, c'est vrai. Mais il n'a jamais rien compris à ce qui se passait dans ma tête. A-t-il jamais cherché à comprendre, d'ailleurs ? En serions-nous là s'il avait fait l'effort de me parler, de m'écouter, de me rassurer ? Tout allait bien tant que je me taisais. Mais il n'a pas vu, il n'a pas vu que dans mon esprit, au contraire, je ne me taisais pas, que le doute m'assaillait peu à peu et qu'il allait me perdre.

Nous n'avons jamais vraiment parlé. J. ne voyait pas l'intérêt du dialogue. Pour lui, réfléchir est un acte solitaire. Il n'a jamais partagé ses réflexions avec moi. Et n'a jamais souhaité partager les miennes. Soupirs, roulements d'yeux agacés... Dès que j'ouvrais la bouche, c'était le même refrain : "Mais pourquoi tu reparles de ça ? Tu ne peux pas passer à autre chose ? Tu gâches les bons moments que l'on pourrait passer ensemble !" Et à moi de culpabiliser...

Il n'a jamais compris le poids des mots. Pour lui, le langage ne sert à rien. La façon dont on dit les choses est sans intérêt, seule l'intention compte. Alors on peut tout dire. Nous nous sommes souvent mal compris : il choisissait mal ses mots et me reprochait ensuite de "tout interpréter". Mais que faire d'autre qu'interpréter, quand on a en face de soi quelqu'un qui garde tout pour lui ?

J'en veux à J., tu sais, Victor. Parce que le week-end dernier, quand il a osé me dire, le plus naturellement du monde, que si je le quittais, "c'était seulement parce qu'il n'avait pas voulu aller au restaurant", il a fait de ma décision un caprice, un coup de tête. Ce n'était pas un coup de tête. Il n'a pas vu plus loin que le bout de son nez. Aucune subtilité. Pas un gramme de délicatesse. Et surtout, surtout... Pas une once de remise en question. Pas une once d'excuse. Rien, rien, rien.

Alors au fond, avec tout ce que je viens d'écrire, tout ce que je viens de décrire, est-ce ça, aimer vraiment ? J'en déduis, moi, Mirabelle, que Johan m'aimait, mais d'un amour égoïste, centré sur lui-même, alors que l'amour est un partage. J'en déduis qu'il ne m'a pas aimée assez pour remettre en question son petit confort pépère et sa façon de penser le couple. Je m'aperçois, qu'au fond, je n'ai été qu'une fille parmi d'autres... Si j'avais été aussi précieuse qu'il le prétendait, comment alors, justifier son manque de clairvoyance, son absence de réflexion quant à notre couple ?

Je m'aperçois que je me suis bien souvent sentie seule, bien qu'étant "officiellement" avec lui. Combien de fois ai-je pleuré en me disant qu'il ne pourrait me consoler puisqu'il n'avait jamais rien saisi de mes chagrins ? Ce n'est pas ça, l'amour. J'aurais voulu, vraiment, j'aurais voulu qu'il m'ouvre ses bras quand j'allais mal, qu'il me rassure, par des paroles tendres, des mots choisis et bien pesés, par une intimité langagière. Alors, désormais... J'assume ma solitude. Je suis seule. Sans lui.

Et s'il lit ton blog ? Que crois-tu qu'il pensera de tout ça ? Libre à lui de penser ce qu'il veut. Il m'a perdue. Cela ne me concerne plus.

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Le destin m'a fait signe ! Ca y est ! C'est arrivé ! Et sous la forme d'un beau jeune homme hollandais... Ce n'est pas possible ?! Tu as enfin remarqué qu'il y avait d'autres garçons sur Terre que ton J. ? Ne plaisante pas avec ça, Victor. Je ne suis pas en train de te dire que c'est le coup de foudre, mais comment dire... Ce spécimen attise ma curiosité !

C'était en cours de philosophie de l'Education. Un grand brun comme je les aime, avec une jeune fille, que notre formateur nous a présentés comme des "étudiants se destinant à l'enseignement du français". J'ai d'abord cru qu'ils étaient américains, déjà enchantée à l'idée de pouvoir lier conversation dans ma langue favorite. Pourquoi américains ? Il était beau comme un américain. Avec un tee-shirt "77" typique ; et elle était noire, un peu... Costaud, avec une canette de Coca Cola à la main. Mais non... Ils sont hollandais !

Coup de bol : j'étais assise pile en face de lui. J'ai donc pu l'admirer à loisir pendant les trois heures de cours, en vérifiant tout de même de temps en temps que personne dans la classe n'avait perçu mon regard émerveillé devant cette splendide créature. De toute façon, je n'étais manifestement pas la seule à lui porter de l'intérêt, puisque j'avais entendu des mumures féminins dès qu'il avait passé la porte : "ohhh... Regarde celui-là, il est trop beau !", "Hummm... J'en ferai bien mon quatre heures !". Ce genre de chuchotements, vois-tu, mon Victor, ne laisse bien évidemment aucun doute sur le succès de mon Apollon. Et, par voie de conséquence, sur son physique ô combien appétissant !

Et J., alors, dans tout ça ? Je pensais que tu voulais que je l'oublie ? Oui. Enfin, disons que je ne pense pas que vous puissiez encore vous rendre heureux, mais je me demande ce qui se passe dans ta petite caboche. Ma caboche va très bien aujourd'hui, Victor, merci. J'ai décidé de prendre la vie comme elle vient, d'être "légère et inscouciante". Il se trouve qu'Arno (car c'est le prénom de mon bel hollandais) a été envoyé par le ciel pour me remonter le moral, et je compte bien en profiter ! Tu veux dire qu'il va se passer quelque chose avec ce garçon ?!? Mais tu ne le connais ni d'Eve ni d'Adam !! Comme tu t'emballes... Je n'ai jamais dit pareille chose. Eh bien alors ? Ne me fais pas languir plus longtemps, enfin, tu vois bien que je piaffe d'impatience !

Il me plaît, c'est un fait. Et sans doute le destin m'a-t-il transformée, le temps de la matinée, en une jeune fille entreprenante et déterminée... Car, (mon dieu, je n'y crois toujours pas, c'est moi qui ai fait ça !) j'ai été lui parler, nous avons même mangé ensemble, avec toute la petite bande de notre classe. Il était en face de moi (encore !), mais cette fois nettement plus près, ce qui n'était pas désagréable pour mes mirettes. Nous avons parlé politique, système éducatif, en comparant la société française à la société hollandaise. Et tout ça, s'il vous plaît, dans un français de qualité ! Et en plus, avec une modestie à couper le souffle, puisqu'Arno s'était d'abord excusé de ses (rares) bafouillis en expliquant qu'il "n'avait pas parlé français depuis deux ans". Epatant donc !

Seul point noir de la journée : le ton taquin de mes camarades de classe. Arno venait à peine de quitter la cantine qu'Aurélie riait déjà. Quant à Sophie, elle me donnait des coups de coude et s'esclaffait. Morceaux choisis parmi petites boutades :

- Il te plaît ou quoi ? Tu étais une vraie piplette ! Et en plus, tu étais toute rouge !

- C'est vrai ! Ca m'a beaucoup étonnée ! Je ne t'ai jamais vue aussi excitée à table ! On peut dire que tu étais motivée pour entretenir la conversation !

Que voulais-tu que je réponde à ça, Victor, franchement ? Il n'y a pas grand chose à répondre, j'imagine... Surtout si effectivement il te plaît ! Oui, il me plaît, je te l'ai déjà dit. Mais ma réflexion se situe à un autre niveau... Et lequel ?

Au niveau du rêve. Il est hollandais. Magnifiquement exotique. Visiblement gentil comme un coeur. Il reste en France pour trois mois. Quant à moi... Moi, Mirabelle, je suis seule, déçue, désemparée. J'écoute ma copine Sophie qui affirme que "ce dont j'ai besoin, c'est de sortir, de m'amuser, de rencontrer d'autres garçons, voire de me consoler avec". Et peu à peu, l'idée fait son chemin. Je ne parle pas d'une grande histoire d'amour. Parce qu'une grande histoire d'amour, je viens d'en vivre une, et je ne suis pas encore prête à en entamer une autre. Je veux juste... Vivre. Et oublier. Et reprendre espoir.

Et tu crois que tu lui plais ? Non. Je ne me suis d'ailleurs pas posé la question. C'est tout à fait improbable. Si encore j'étais jolie, j'envisagerais la situation différemment, mais là... Il ne manquait plus que ça ! En plus de la dévalorisation psychologique, la dévalorisation physique ! Tu sais qu'il faut te supporter, toi ?!? Je ne m'aime pas, je ne m'aime pas... Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Bref. Là n'est pas le sujet. Ce que je veux, c'est rêver. J'ai besoin d'un peu de légèreté. J'en manque cruellement en ce moment. Je veux juste imaginer que c'est possible avec ce garçon, même si, au fond, je sais pertinemment que cela ne l'est pas (surtout que j'ignore s'il a déjà quelqu'un dans sa vie, mais vu son physique de mannequin, cela m'étonnerait grandement qu'il soit célibataire). J'aime imaginer une jolie histoire de trois mois, où je lui ferais découvrir ma Normandie, où on rirait de nos différences. J'ai envie de me faire des souvenirs...

Et puis, j'ai surtout envie d'écouter le destin, qui doit se dire qu'il est grand temps que j'arrête mes gérémiades de madonne et qui m'envoie ce garçon, comme ça, pour voir, juste pour que je rêve, que j'espère... Et que je me dise que la vie est belle et pleine de surprises !

 

 

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Après une question ô combien pertinente de Laflote : "Et puis, la question qui tue : est-ce que tu l'aimes ?? (et je ne te demande pas si tu es amoureuse... mais bien si tu l'AIMES...)", je me décide à te faire part de mes réflexions, ces pensées contradictoires qui ont tourné dans ma tête. D'après toi, quelle est la différence entre "être amoureux" et "aimer" ? C'est bien là tout l'enjeu de ce qui me préoccupe en ce moment.

 Qu'est-ce que ça veut dire, "aimer" ? Est-ce se résigner aux différences de l'autre et à la platitude du quotidien ? Est-ce, au contraire, vivre dans l'idéal et dans l'espoir qu'un jour, notre couple sera le plus parfait qui soit sur terre ? Ou existe-t-il un état intermédiaire, où le bien-être et la quiétude seraient possibles ?

Et surtout, qu'est-ce que ça veut dire, "aimer l'autre" ? Je croyais le savoir, et je m'aperçois que je le découvre à peine. Certains diront "comment peut-on savoir ce qu'est aimer l'autre quand on n'a que vingt-deux ans ?", et ils auront raison. Tu sais, personne ne sait jamais ce qu'est l'amour. Sinon, cela perdrait de son intérêt... Que l'on ait vingt-deux ans ou plus de la cinquantaine ! Certes. En l'état actuel des choses, j'ai certainement encore tout à apprendre. Ce que je viens de vivre avec J. n'est sans doute qu'un avant-goût de ce qui m'attend. Pourtant, il me semble avoir bien saisi combien il est difficile d'aimer l'autre. De l'aimer vraiment.

L'amour est égoiste, quoi qu'on en dise. Qui peut prétendre faire passer le bonheur de l'autre avant le sien ? Qui peut prétendre accepter tous ses défauts ? S'accorder avec l'autre n'est pas chose aisée, surtout quand on a des exigences contraires. Tu dis ça parce que vos personnalités étaient totalement opposées, mais j'imagine que c'est plus facile pour ceux qui se ressemblent. Je suppose, oui. Et dans le cas de caractères divergeants, cela cause, crois-en mon expérience, énormément de soucis. On cherche à transformer la réalité. A la rendre conforme à nos rêves. On dépasse les bornes. On demande des efforts, des montagnes à soulever, des exploits innommables qu'on ne devrait pas exiger si l'autre n'était pas un moyen de parvenir à notre épanouissement personnel. A t'entendre, l'amour est un calcul, purement et simplement ! Bien sûr que non !

Mais enfin, regardons la vérité en face, Victor ! Il m'avait semblé jusqu'ici que c'était toi qui ne voulais pas la regarder... Que cherchons-nous, tous autant que nous sommes ? Le bonheur ! Ce fichu bonheur ! Et quand on tombe amoureux on s'imagine qu'il est là, le bonheur, à portée de main, grâce à cet amour tombé du ciel ! Grâce à Cupidon et tout le tralala... Mais quand nous ne sommes pas heureux, que se passe-t-il ? On s'acharne d'abord, parce que, tout de même, on veut que ce soit lui, et pas un autre. On rame. Et puis, finalement, quand on s'aperçoit que tous nos efforts sont vains, qu'il ne sert à rien de se battre contre la fatalité, alors on prend ses clics et ses clacs : "Ciao ! Je ne suis pas heureuse ! Je me casse !". Quelle façon de présenter les choses... Ne compte pas sur moi pour voir la vie en rose ces temps-ci. Et Je suppose que "je me casse" signifie "je m'en vais" ? Tu vois, tu commences à parler le langage du XXIème siècle, mon Victor, c'est bien !

Je sais désormais qu'il est utopique de vouloir changer l'autre. L'idée que notre amour, à lui seul, suffira à transformer notre homme en prince charmant, tout ça, excuse-moi l'expression, c'est du pipeau. Bien sûr que c'est du pipeau ! Il n'y avait vraiment que toi pour croire que c'était possible ! Détrompe-toi : ma main à couper que nous sommes nombreuses dans ce cas ! C'est tellement enivrant de s'imaginer ce pouvoir... Tellement flatteur de croire que l'on sera la seule, l'unique, et ce jusqu'à la fin des temps. C'est une façon de trouver des preuves d'un amour fort et réciproque, sans doute, d'un amour réel : "tiens regarde, je change radicalement parce que je t'aime !". On se dit : "il m'aime vraiment, alors, s'il est capable de tout ça.". Et tu en trouves beaucoup, toi, des situations concrètes de ce genre ? Non. Je l'admets. C'est bien pour ça que j'avoue, aujourd'hui, et au grand jour (ou du moins au jour de la blogosphère) que je m'étais trompée : eh oui, Mirabelle est d'une naïveté qui confine à la sottise ! Et Victor, lui, a été bien naïf de penser que Mirabelle répondrait à la question de Laflote...

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Tu as devant toi (ou presque) une nouvelle femme : déterminée, résolue, décidée. Ce sont presque des synonymes ! Je sais, Victor, pour qui me prends-tu ? C'est un effet de style !

Victor, j'ai une grande nouvelle, qui conditionnera mes amoures futures (si j'en ai !) : j'ai retrouvé mon amour-propre ! Tu l'avais perdu ? Tu le sais très bien : relis les articles "Le plancher des vaches" et "les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus" !

Alors, que s'est-il encore passé ? Eh bien... Tu sais, je t'avais raconté que j'avais revu Johan vendredi, à l'enterrement de sa tante. Humm... Il m'a envoyé un texto aujourd'hui, assez étrange je dois dire. Un texto ? Victor, nous en avons déjà parlé, reporte-toi à l'article "sms-addicted". Très bien, mais sois un peu tolérante avec mon grand âge !

Bref, il m'a donc envoyé un texto, qui disait ceci : "Si aujourd'hui tu étais en jupe-collants-bottes, je serais bien tenté de venir...". Ohhhh, le coquin ! Voyons, Victor, ce genre de propos est monnaie courante à notre époque ! J'espère que tu l'as réprimandé ce malotrus ! Eh bien... Franchement, j'ai... Rougi. J'ai été parcourue d'agréables frissons. Et je me suis dit... Ne t'énerve surtout pas Victor, tu sais que nous n'avons aucun contrôle sur nos pensées et... Même au XXIème siècle ? Même au XXIème siècle. En fait, j'ai pensé... J'ose à peine le dire... J'ai pensé : "Mon dieu, je suis en train de rêver, c'est trop beau pour être vrai !". Ahh... C'est embêtant, surtout après les bonnes résolutions que tu as prises... Oui, je sais. Mais attends la suite !

Du tac au tac, je lui réponds donc : "je ne suis qu'en jean et pull rouge, et en plus, je ne suis même pas maquillée ! ;-)". Deux minutes d'attente, pleine de doutes, ne sachant pas trop quoi faire ni que dire en cas de tentative de charme de sa part, et voilà que j'en reçois un autre : "Toi qui disais que tu ferais des efforts, tu ne pourrais pas te changer ?". Bien, bien, bien. Et là...

Là, mon premier réflèxe a été de me dire : "Non mais attends, Mirabelle, il ne te trouve pas assez belle en pull rouge et jean ? Il faut forcément que tu te mettes en jupe et en bottes pour lui plaire ?!? Non mais qu'est-ce que c'est que ça ?".

Indécision, soupirs, changement d'humeur. Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je vais lui dire ? Qu'est-ce que je veux ? Qu'est ce qu'il va me dire ? Qu'est-ce qu'il veut ? Qu'est-ce qu'il va faire ?

Je ne sais pas. Je change d'avis comme de chemise. Je suis flattée par un tel sms, il ne sert à rien de le cacher. J'y vois comme un premier pas... Mais vers quoi ? Vers quelque chose de solide, ou vers une route remplie d'ornières, comme d'habitude ? J'attends donc. Je ne lui réponds pas.

J'en touche un mot à ma mère, qui trouve que "je joue avec le feu" et qui me fait remarquer que, depuis quelques temps, je n'attends visiblement qu'une chose : qu'il m'appelle. Bien. Elle n'a pas tort. Mais cette histoire de jupe-bottes me chiffonne un petit peu, surtout que je n'ai pas envie de me faire avoir comme la dernière fois. C'est arrivé deux fois, mais ça n'arrivera pas trois !

Et puis je me dis... On ne sait jamais. De son côté, il semble s'impatienter : "alors ?", me dit-il dans un autre texto. Et moi... Dans un élan de folie, je lui réponds : "D'accord."

Mais ma pauvre enfant, il faut que croire que jamais rien ne te sert de leçon ! Attends la suite, Victor, attends la suite... Et ne gigote pas ainsi !

Je me change donc, non sans une pointe de culpabilité. Et soudain... J'ai retrouvé mon amour-propre. La Mirabelle à la dent dure et à l'orgueil démesuré est revenue au galop ! J'ai attrapé mon téléphone et je l'ai appelé ! Mais oui, Monsieur ! Appelle-moi, Victor...

- Pourquoi tu veux me voir ?

- Eh ben... Parce que j'ai envie de recommencer.

- Tu m'as dit la même chose la semaine dernière et tu as vu comment ça a tourné. Reconnais quand même que je suis en droit de me méfier.

- Ben... Oui.

- Sache que je ne suis pas en jupe-bottes. Je me suis dit qu'après tout, il n'y avait pas de raison de te faire plaisir comme ça. Et je n'ai pas envie que ça se passe comme dimanche dernier. Alors tu peux venir, mais si tu viens, c'est pour parler. Après, on verra bien.

- D'accord. J'arrive.

Rebelote : je me re-change, satisfaite de retrouver mon jean et mon pull rouge. Et j'attends. J'attends. Un quart d'heure, autrement dit, le temps qu'il lui faut pour aller de chez lui à chez moi.

Et là... Sonnerie de mon portable.

- C'est pour te dire que, finalement, je ne viens pas.

Bien, bien... Ca a été, comme qui dirait, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Trop, c'est trop. Après de tolérantes parlementations, où j'ai essayé de lui extorquer le pourquoi du comment il ne venait pas, et où je n'obtenais que de vagues fragments de réponses fidèles à lui-même, j'en ai eu assez de vouloir lui faire dire des choses que visiblement il n'avait pas envie de prononcer, comme par exemple le fait qu'il avait réfléchi et qu'il croyait toujours en nous, à un tel point qu'il allait changer... J'ai donc pris les devants :

"Bon... Ecoute, ça fait des semaines que cela traîne, nos histoires. Quand l'un veut, l'autre ne veut plus, et cela devient n'importe quoi. Alors cette fois, C'EST TERMINE. Si je te manque, surtout, ne m'appelle pas, et ne m'envoie pas de texto. Garde-le pour toi. Même si tu affirmes ne pas le faire exprès, je crois que tu me prends pour une conne et au bout d'un moment, je ne peux plus l'accepter. Parce qu'il s'il y a quelque chose que je ne suis pas, c'est bien "conne", justement. Même si jusqu'ici, j'ai mis mon orgueil de côté. Mais là, c'est trop. Alors c'est terminé. Salut."

Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait, me semble-t-il... Je l'ai entendu marmonner un "bon" pas très fier, et j'ai raccroché. Comme ça. Sans plus de cérémonie. Et voilà. Eh bien, quelle histoire ! Je ne te le fais pas dire !

Voilà comment, mon cher Victor, j'ai retrouvé mon amour propre... Et comment j'ai respecté mes bonnes résolutions !

C'est bien, Mirabelle !

 

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Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Peut-on changer par amour ? Du moins, le crois-tu, toi ? Humm... Je ne sais pas. Changer radicalement, peut être pas, mais on peut faire des efforts, évoluer... Pour l'amour de l'autre, oui... Je crois que c'est possible... Il faut toujours espérer... Pourquoi cette question ?

Je suis indécise. Partagée entre l'espoir et la perplexité. Peut-on changer du tout au tout ? Pour et par l'amour de quelqu'un ? Peut-on faire des efforts sur le long terme ? Toutes ces questions, je me les pose. Et d'où viennent ces interrogations ? De J., de moi, de nous deux... Des doutes qui ne m'ont jamais quittée. De la sensation d'être passée à côté de quelque chose...

Avons-nous fait tout notre possible pour être heureux ? Nous sommes-nous aimés assez pour y parvenir ? Quels arguments font pencher la balance en faveur de la rupture ou de la réconciliation ? Qu'est-ce qui fait qu'on revient ? Que l'on reste sur ses positions ? Que l'on réfléchit, encore et toujours ? Que l'on parte, que l'on revienne, que l'on se quitte encore...? Qu'est-ce qui joue dans nos choix ? Comment peut-on aimer d'une manière aussi confuse ?

Une deuxième chance. Faut-il l'accorder ? La refuser ? Deuxième chance... La dernière ? Est-on sur ses gardes ? Se jette-on corps et âme dans la renaissance d'une histoire que l'on croyait perdue ? De toute façon, tu n'obtiendras de réponses à toutes ces questions que si toi-même, tu expérimentes réellement ce qu'est une deuxième chance. C'est un risque, d'accord. Mais qu'y aura-t-il au bout ? Une désillusion complète et définitive, ou de l'espoir, encore ? Assez de sentiments pour continuer ? Des exigences revues à la baisse ou au contraire, peu à peu satisfaites ?

On dit que le naturel finit toujours par prendre le dessus... Que la vie est plus forte que tout, qu'elle vient à bout de tous, même des couples les plus acharnés. Comment qualifier celui que nous étions ? Peut-on évoluer ? Pacifier une relation ? J'ai peur d'être happée par mes idéaux, Victor... Tu connais le Phoenix ? Bien sûr ! C'est une créature mythique qui renaît de ses cendres ! Où veux-tu en venir ?

Je ne sais si mon amour a été réduit en cendres. Et parfois, dans un petit creux de ma tête, dans un petit creux de mon coeur, j'espère qu'il soit comme ce phoenix, capable de renaître de lui-même, et beau, beaucoup plus beau qu'avant. Est-ce utopique, dis, Victor ? Je ne sais pas. Je n'irai jamais condamner personne d'avoir la foi, d'espérer. C'est un grand sentiment, et en cela, il est bon de le cultiver. Cependant... Oui ? Je pense que tu ne poses pas bien le problème. Il n'y a pas de généralisation possible sur le couple. Il n'y a pas UN modèle : chacun fait ce qu'il peut ! Personne n'ira te juger. Personne n'ira critiquer ta volonté d'y croire encore, de donner sa chance à quelqu'un qui t'a fait souffrir. Non. Personne n'ira dire que tu aurais dû faire autrement. Personne n'est à ta place. Tu es seule maîtresse de ta vie... Et de tes amours. Et puis, permets-moi de te dire... Quoi ? Eh bien...

Tu poses beaucoup de questions, mais pas des plus centrales. Pas des plus significatives. Tu esquives le fond du problème. Je n'esquive rien du tout ! Oh, s'il te plaît ! Je commence à te connaître... J'apprends à cerner ton personnage. Tu fais de grandes phrases, de beaux discours, tu soulèves des interrogations que tu crois être existentielles, mais tes questions, à toi, tes questions personnelles, tu n'y réponds pas... Pour la simple raison que tu n'oses même pas te les poser franchement ! Ah oui ! Tu crois ça ?! Vraiment ?! Alors lesquelles, dis-moi ?! Lesquelles ?!

As-tu réellement envie de voir renaître cet amour ? Le jeu en vaut-il encore la chandelle ? De quoi as-tu peur ? Hein, Mirabelle ? De quoi as-tu peur ?

 

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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