XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Vendredi 20 octobre 2006

Mon cher Victor,

Il y a quelques temps deja, quelqu'un m'a decue. Quelqu'un sur qui je comptais plus que tout. Quelqu'un que tu as aime ? Oui. Que j'ai profondement aime. Dans ce billet, je disais que j'avais renonce. Non pas que cela m'ait enchante, non, mais je me suis apercue que je n'avais d'autre choix que de la laisser partir. Et depuis ? Cet article n'est pas tout neuf, j'imagine que ta reflexion a evolue depuis a ce sujet. Oui. Renoncer ne veut pas dire "arreter d'y penser". Renoncer signifie qu'on admet son impuissance. Mais enfin, j'y pense encore... De temps en temps. Et ? Je me demande ce qu'elle devient. Si elle va mieux. J'espere qu'elle va mieux. C'est d'ailleurs assez etrange car lorsque son souvenir me revient en memoire, je suis partagee entre la colere et la tendresse. C'est etrange en effet... On ne fait pas deux sentiments plus contradictoires !

La colere est toujours la. Cela fait deja trois mois et la colere est toujours la. D'ou vient-elle cette colere ? De la deception sans aucun doute. Et puis... Oui ? De l'idee qu'elle ne peut pas pardonner. C'est quelque chose que je n'accepte pas, justement. Mais avais-tu reellement quelque chose a te faire pardonner, Mirabelle ? Il me semble, de toute facon, a la lecture de son ancien blog, qu'au moment ou vous vous etes fachees, elle n'allait pas tres bien. Ce n'est peut etre pas que de ta faute... Et puis tres sincerement, se facher pour une histoire de blogs, permets-moi de te dire que je trouve ca bete ! Oui. Sans doute. Peut etre. A vrai dire je ne pense plus a ca. Le pourquoi du comment c'est arrive ne m'interesse plus. C'est arrive. Point.

Ce qui me questionne, c'est comment on peut etre en colere au point de ne pas pardonner. J'ai toujours pense (et je le pense toujours) que j'aurais pu tout lui pardonner. Il me semblait, tout bonnement, que je ne pourrais pas vivre sans son amitie. Et je me disais, naive que je suis, qu'il en etait de meme pour elle. En resume, je me pensais aussi irremplacable a ses yeux qu'elle ne l'etait aux miens. Je me suis lourdement trompee. Elle n'a pas ete capable de mettre sa colere de cote. Sans doute etait-elle trop mal pour y parvenir. Elle n'a pas su ecouter son instinct...

Car quoi qu'elle en dise, quoi qu'elle en ait dit, elle me connait et elle sait que jamais je ne l'ai jugee. Jamais je ne lui ai voulu de mal. Jamais je n'ai voulu la blesser. Ses defauts m'ont toujours fait sourire, parce que c'etait mon amie et qu'en tant qu'amie, je la trouvais tout simplement adorable. Enfin. Elle a prefere se dire qu'elle "venait d'ouvrir les yeux" sur ma personne. Pfff... Foutaises. La verite c'est que j'ai toujours ete telle qu'elle m'avait connue et que c'est pour cette raison que notre amitie avait tenu pendant dix ans. Qu'il n'y avait eu AUCUNE anicroche en ces dix annees. Et qu'il a suffi d'une, la premiere, ridicule, stupide, pour tout foutre en l'air.

Je lui aurais tout pardonne. En me disant que pour rien au monde je ne foutrais en l'air une amitie aussi extraordinaire. En me disant que je ne pourrais pas vivre sans son amitie. Et maintenant ? Nous sommes en Octobre. Je n'ai aucune nouvelle d'elle. Je ne sais pas ou elle est. Je ne sais pas ce qu'elle devient. Je ne sais pas si elle va bien. Et je vis sans son amitie. C'est un fait. Finalement, tu y arrives ! Oui, j'y arrive, je vis sans son amitie. Mais enfin.. J'aurais prefere vivre avec, comme je l'avais toujours fait...

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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle
Lundi 23 octobre 2006

Mon cher Victor,

Ce matin, j'ai recu une lettre de ma mere. Elle m'y parle de ma relation avec Papierchiffon, relation que nos lecteurs attentifs auront pu suivre ici, ici ou encore la et la. C'etait ta meilleure amie, si je ne m'abuse... Oui. C'etait ma meilleure amie. Et quel est le rapport avec la lettre de ta mere ?

Il est etrange de constater combien nos meres nous connaissent. Elles peuvent tout comprendre sans qu'on leur dise rien. Je partage avec ma mere le gout de la lecture, comme je t'en avais fait part dans cet article.

Dans cette lettre, elle evoque un roman de Laurie Colwin, "Comment se dire adieu". L'histoire de deux amies qui prennent des routes differentes. En somme, qui deviennent adultes... Et ? Et voici la phrase, extraite de ce roman, que ma mere a choisie de reprendre dans sa lettre :

"Nous nous etions connues a la fin de l'enfance , jamais plus je n'aurai une amie pareille. J'avais coupe mon coeur en deux et j'en avais laisse une partie derriere moi."

Et la, je me suis mise a pleurer...

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Samedi 2 décembre 2006

Mon cher Victor,

Ce commentaire de Monsieur Lucquiaud m'a donne l'idee d'un article ou plutot, m'a rapprochee de mon enfance... Ah ! J'aime quand tu evoques ton enfance !

Elle s'appelait Amandine. Je l'aimais bien Amandine. Nous jouions ensemble chez la nounou. On rigolait bien, avec Amandine. Quand ma mere venait me chercher, certains prenoms d'enfants revenaient regulierement dans la conversation. Celui d'Amandine en faisait partie.

Dans mon souvenir, Amandine a toujours une robe a carreaux ecossais. Elle a pourtant du porter d'autre vetements mais c'est ainsi que je la vois, toujours. Des souliers vernis. De grandes lunettes, cachant des yeux un peu plisses, en amandes. Un nez en trompette et une grande natte dans le dos. Amandine aimait jouer sous la table. Souvent, elle etait seule. Je venais alors la rejoindre car moi aussi, j'aimais beaucoup jouer sous les tables.

Amandine me fascinait. Je la trouvais grande. Solitaire et grande. Douce et silencieuse. J'aimais bien Amandine. Elle avait quelque chose de particulier qui me plaisait. Parfois, elle parlait avec les autres enfants. Mais elle parlait surtout avec moi, parce que j'etais timide et moi aussi, plutot solitaire. On se retrouvait sous la table du salon et c'etait tres bien comme ca.

J'ai mis longtemps avant de realiser qu'Amandine etait une petite fille trisomique. Mais cela n'a rien change a l'image que je garde d'elle. C'etait, simplement, une petite fille avec qui j'aimais bien jouer, sous la table du salon, chez la nounou. Une petite fille dont je garde un souvenir tendre, une de mes premieres amities d'enfant...

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Samedi 30 décembre 2006
Mon cher Victor,

Hier soir, avec ma petite famille, je suis passée voir Aurélie. Aurélie est maman, aujourd'hui. Tu radotes, Mirabelle. Tu en avais déjà parlé ici et puis , aussi, il me semble... Elle a donné naissance à une petite Clara début Octobre. Une petite Clara que je n'avais pas encore vue, puisque j'étais exilée en Angleterre. Tu as donc fait sa connaissance hier ! C'est ça. Alors, comment est-elle cette petite ? Magnifique. Evidemment. A tes yeux, tous les bébés sont magnifiques, tu es complètement gaga des bébés, je te soupçonne d'être trop obsédée par la maternité pour nous éclairer d'un jugement juste ! Mais non, je t'assure ! Elle est vraiment magnifique ! Même mon père, qui n'hésite jamais à le dire quand il trouve un enfant laid (oui, je sais, mon père est atroce...) l'a trouvée mignonne ! Bon. De toute façon, nous n'allons pas passer la journée là-dessus. Décris-la moi un petit peu ! Elle est brune, avec déjà beaucoup de cheveux. Un petit nez en trompette, comme Aurélie ! Une mâchoire carrée comme Aurélie, de grands yeux bleus comme Aurélie... En résumé, c'est le portrait craché de sa mère ! Oui. Et sa mère est loin d'être laide, crois-moi.

J'ai pris Clara dans mes bras. Elle avait la peau douce et elle sentait bon le bébé. J'ignorais que les bébés avaient une odeur particulière ! C'est parce que tu n'as jamais fait attention à ça. C'est une odeur très émouvante. Elle avait ses petites mains sur mes épaules. J'ai embrassé ses menottes, ses doigts fins. Tout en miniature. C'est d'un merveilleux ! Je me sentais toute bête avec cette beauté contre moi. Comme une grande responsabilité. Elle semblait si fragile, si petite, je l'avais dans mes bras, là, je la regardais, je lui souriais, je lui murmurais à l'oreille que j'étais contente de la connaître. Ma parole, Mirabelle, tu es complètement frappée ! Non. J'étais juste émue. Emue et bien. Autour de nous, les discussions continuaient. Mais il me semblait être seule au monde avec la petite. J'attendais cet instant depuis plus de deux mois et il était enfin arrivé ! N'exagérons rien... Victor, il s'agit de la fille de mon amie d'enfance. Ma première grande amitié. D'ailleurs, tu n'as pas fini de nous raconter comment vous avez perdu contact ! C'est vrai. Je ne l'oublie pas. Je t'en parlerai un de ces jours.

J'étais émue, c'est vrai. Parce que quand j'ai perdu l'Amitié d'Aurélie, il y a environ dix ans, le monde s'était écroulé. J'avais renoncé à la revoir, renoncé à tout un futur en sa compagnie. Et puis le hasard, a, pour une fois, bien fait les choses. Nos chemins se sont croisés à nouveau. Et j'ai compris que c'était une deuxième chance. J'ai compris qu'elle était restée là, tapie dans un coin de mon coeur. C'est une deuxième chance. Enfin, votre amitié n'est plus la même, aujourd'hui, j'imagine. C'est vrai. Mais ce que nous avons vécu ensemble, jamais personne ne nous l'enlèvera et le lien, celui qui nous unissait depuis nos quatre ans, est toujours là. Il s'est transformé, bien sûr, mais il est toujours là.

Hier soir, à cet apéritif, j'ai fait un saut dans le temps. Il y avait la mère d'Aurélie, ravie de me revoir.  C'était comme si je l'avais vue la veille. Il y avait la petite soeur d'Aurélie. Pas changé d'un pouce. Nos mères bavardaient comme deux vieilles amies... "Vous étiez tout le temps fourrées ensemble, tu penses bien que cela créé des liens !". Et là, dans son transat, Clara, la petite nouvelle, l'avenir, adressant à son papa un regard émerveillé. Hier soir, quand je suis rentrée chez moi, j'étais sereine. Confiante. Parce que je crois toujours en l'amitié. Parce que le lien est toujours là, malgré tous mes efforts, durant plus de dix ans, pour le rompre. On a peine à hair ce qu'on a bien aimé et le feu mal éteint est bientôt rallumé...
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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle
Dimanche 7 janvier 2007
Mon cher Victor,

Ce magnifique article de ma marraine T1 met des mots sur ma sérénité actuelle. "Sérénité" est un grand mot ! Disons que je retrouve un semblant d'estime pour la bonne amie que je suis, quand on respecte cette bonne amie évidemment. J'ai lu le post dont tu parles ! Ce qui est drôle, c'est que deux de vos articles ont quasiment le même titre ! "Comment se dire adieu" pour toi et "Comment te dire adieu" pour Eddie ! J'aime ce genre de coincidences !

Au delà de cette coincidence, c'est ses mots, qui rejoignent les miens, que je retiens. Voilà ce qu'elle dit (tu ne m'en veux pas, marraine, de te citer ?) : "
Parce quelque soit la teinte sombre, elle embaume le corps de quelque chose de plus précieux, et que la trace qu'elle laisse nous fait un peu plus ce qu'on est, nous fait devenir. Notre identité tient aussi à ceux qu'on laisse. A la façon dont on les laisse. Pour ne pas abîmer parfois il faut savoir lâcher prise, partir. Trancher le lien qui existait. Puisqu'il se déchire. L'agonie n'est pas une chose pour l'amitié."

J'ai lâché prise, moi aussi, un certain jour d'été. Je lui ai dit... Tu n'entendras plus parler de moi, je te le promets... Parce que je ne comprenais rien, plus rien, que j'étais paumée, secouée, que je n'y croyais pas. Je ne comprenais rien, rien, rien, et au fond de moi, un sentiment d'injustice, l'envie de hurler, de me taper la tête contre les murs... Qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça ? C'est l'injustice que j'ai retenue, pendant des jours. Car  l'incompréhension entre nous s'était vicieusement glissée là, dans le plus précieux, dans cette amitié qui était pour toujours. Je ne l'avais pas vue venir. Mais quand elle a été là, bel et bien là, cette blessure, et qu'elle m'a dit "Rien ne sera jamais plus comme avant"... J'ai mis du temps, longtemps, à comprendre qu'elle avait raison.

Je lui ai pardonné. J'ai réalisé ça très récemment. Je ne lui en veux plus et je pense à elle, de temps en temps, avec plaisir. Comme à une belle histoire, une jolie amitié sur mon parcours, une amitié de dix ans, une amitié avec laquelle j'aurais grandi et qui m'aura fait grandir, moi aussi. Jamais on ne m'enlèvera ce que j'ai vécu avec elle. Et elle non plus ne l'oubliera pas. Alors le fil, dont je parlais ici, est rompu, c'est vrai. Cependant, il a existé et je le chéris, il a tenu, tenu longtemps et c'est déjà bien. J'apprends, peu à peu, à ne pas en vouloir aux gens, aux gens qui ont compté, parce que je sais, désormais, par expérience, qu'ils peuvent revenir nous chercher, un jour, sous une autre forme, tout doucement, par surprise.
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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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