XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 4 juin 2006

Mon cher Victor,

Une fois n'est pas coutume, je vais parler sport ! Je croyais que tu détestais ça ? C'est vrai. Du moins quand je le pratique. Car en simple spectatrice, mes goûts en ce domaine sont tout autres. Et plus particulièrement en ce qui concerne LE TENNIS. Explique moi ce que c'est que ça : il existait quelque chose de ce genre à mon époque, appelé lawn-tennis. Et puis, il y avait Wimbledon... Winbledon est resté ! Mais depuis sa création, le tennis a quelque peu évolué. A Roland Garros, on le joue sur terre battue. C'est un jeu d'opposition. Deux concurrents, de part et d'autre d'un filet. Une raquette qui pèse son poids, qui a beaucoup évolué depuis ton époque, Victor. Et une petite balle jaune, qu'il faut renvoyer de l'autre côté le plus finement possible, en essayant que son adversaire ne la touche pas. Ah... Tu l'as déjà pratiqué ? J'ai essayé une ou deux fois... L'expérience ne fut pas concluante ! En effet, comment mener un jeu (je ne parle même pas d'un set, et encore moins d'un match !) à son terme quand la balle de service ne pas pas le filet ? Tu joues mal à ce point ? Oui. Et quand, par miracle, je réussis à éviter le filet, ma balle s'envole et je passe généralement plus de temps à courir après elle qu'à jouer. Ah... C'est embêtant. Le rôle de rammasseur de balle me correspondrait donc davantage. Ne ris pas, s'il te plaît, Victor ! Mais non, mais non... Donc, tu voulais simplement me dire que tu n'étais pas douée pour le tennis ? Non. Je souhaitais surtout parler de mon amour pour la petite balle jaune.

J'adore Roland Garros. Le rebond de la petite balle jaune. Les cris des juges de lignes. La ola des spectateurs. Le ton monocorde de l'arbitre. La course effrenée des ramasseurs de balle. Enfin, j'imagine que tous les tournois se ressemblent. Tout ce que tu décris existe dans d'autres compétitions. C'est vrai. Mais Roland Garros... C'est très particulier. Roland Garros représente tout ce que je ne suis pas et je m'en mets plein les mirettes chaque année : Roland Garros c'est l'élégance, voire la prétention. Ces chapeaux immenses sous lesquels se cachent des bourgeoises "en représentation". Roland Garros, c'est le théâtre du début du XXème siècle : on y  va pour se montrer, en grande bourgeoise, en personnage de la haute société. Dans les tribunes de Roland Garros, on reconnaît des stars : "oh, tiens, Patrick Bruel !". Roland Garros, c'est le "Gala" de la terre battue. Et les caméras se prêtent au jeu : le spectateur du service public a l'extrême privilège par exemple, de dévisager, le plus indicrètement du monde, la femme de Fabrice Santoro ou la petite amie de Juan-Carlos Ferrero. Enfin, tout de même, Mirabelle ! Si tu ne regardes Roland Garros que pour les célébrités, c'est bien dommage ! Laisse-moi finir, Victor ! J'allais justement élargir le champ de mes motivations !

Toute ma personne est sur le court pendant un match de Roland Garros. Je ne suis plus qu'une pile électrique. Seul le tennis me fait cet effet. C'est un sport qui joue avec les nerfs. Combien de fois me suis-je rongé les ongles à cause de balles de match perdues ? A cause d'un chouchou évincé ? A cause d'un score très serré ? Roland Garros, c'est un grand cri d'amour aux joueurs. Gros plans sur les visages en sueur. Sur les entraîneurs que j'égale en angoisse. Sur la vitesse du service : Quoi ? Nadal sert si vite que ça ? Et cette petite balle jaune, elle en a, du mérite ! Parce que, bien souvent, ça cogne dur, permets-moi de te le dire, Victor ! Si j'étais elle, à la vue d'un Nadal s'apparentant à un Robocop, j'irais à reculons sur le terrain. Surtout qu'aujourd'hui, les femmes maîtrisent de mieux en mieux l'art de la frappe : prenez par exemple Venus Williams, la reine de la hargne, qui manque d'assomer son adversaire. La pauvre concurrente, bien lui en a pris, a eu le reflexe salvateur de se baisser pour éviter la balle. Sinon, elle était bonne pour finir comme Tanguy dans le film d'Etienne Chatillez ! Tout ce que tu me dis là me fait penser que le tennis est un sport de brute...

Le tennis n'est pas un sport de brute, Victor. Au contraire, le tennis c'est la stratégie, la finesse de jeu. Autrement, comme expliquer que Roger soit numéro un mondial ? Roger ? Roger Federer. Un Suisse, virtuose de la raquette. L'empereur de la terre battue. Un esprit fort agréable avec ça. Une modestie comme on n'en fait plus. Quelqu'un qui a su rester simple malgré le succès. J'ai beaucoup d'admiration pour lui. Humm... Que se passe-t-il, Victor ? Tu as l'air embêté par quelque chose ? C'est que je n'ose t'en faire part, vu la fièvre avec laquelle tu me décris Roland Garros. Et puis, tu vas encore me traiter de rabat-joie ! Allez, lance-toi ! Roland Garros, tu le regardes tous les ans ? Oui. Je n'en manque pas un seul. Et... Intensivement ? Oui. J'ai des souvenirs de révisions pour le baccalauréat devant un match magnifique opposant Fabrice Santoro à Marat Safin. Humm... Allez, Victor, je sens bien que tu n'as pas encore craché le morceau... Et tes révisions pour l'oral, dans tout ça ? Pff... Tu n'es vraiment qu'un rabat-joie !

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Dimanche 11 juin 2006

Mon cher Victor,

Quand j'étais petite... Ca y est ! La voilà repartie avec ses souvenirs d'enfance ! Ne tire pas de conclusion hâtive, s'il te plaît. Bien, bien... Je t'écoute ! Quand j'étais petite, donc, mon oncle donnait des "soirées enchantées", telles que je les ai rebaptisées dans mon esprit. Soirées enchantées ? Un jeu de mots facile, j'en conviens ! En fait, il s'agissait de soirées entre amis, où chacun amenait sa guitare et des chansons populaires. On s'asseyait autour de la grande table et...

- Comment c'était, cette chanson-là, déjà ?

- On fait "Les copains d'abord" ?

- On la fait chaque année, on pourrait peut être changer un peu...

- Il faudrait en jouer qu'on connaisse tous !

Vers dix ou onze ans, je délaissai mes cousines et ma petite soeur pour m'attarder à la table des adultes. Je les écoutais chanter. Cela me fascinait. Les guitares, les voix entremêlées... Je n'osais pas y prendre part, d'abord. J'écoutais. Ouvrai grands mes yeux et mes oreilles. Il y avait tant d'harmonie entre eux tous. Un tel plaisir d'être là, à chanter... Peu à peu, je m'aventurai à fredonner avec eux... Tout bas... Et puis finalement, tout haut, bien fort, heureuse de faire partie de leur groupe, heureuse de joindre ma voix aux leurs. Et puis un jour, mon oncle n'a plus tenu de "soirées enchantées". Tu le regrettes, on dirait... Oui. Je regrette cette magie à l'état pur, cet élan de passion, d'amour du texte, de la mélodie. Cependant... Ahhh ! Il y a un rebondissement alors ?

Vendredi, petite soirée à la maison avec Denis et mon oncle. Denis est un as de la guitare et était pour beaucoup dans l'effervescence de ces "soirées enchantées". Chaque fois qu'il vient dîner, j'espère toujours l'entendre dire : "Il y a une guitare dans le coin, qu'on chante un petit peu ?". Et chaque fois, rien qui ressemble à de telles paroles. Chaque fois, je suis déçue... Mais j'imagine que vendredi, il en a été tout autrement ! Vendredi, mon père avait descendu ma guitare, mine de rien... Tu joues de la guitare ?! Tu m'avais caché ça !! Malheureusement, je n'en joue pas. Denis m'en a offert une pour mes vingt ans mais je n'ai pas encore appris à m'en servir. Cela viendra, cependant, je ne désespère pas ! Mon père, donc, glisse à l'oreille de Denis, avec l'air de pas y toucher : "J'ai descendu la guitare de Mirabelle, Denis. Si ça te dit de gratouiller un petit peu..." Et évidemment, cela lui disait ! Effectivement !

Nous avions dîné dehors. Le jour tombait. Les bougies suffisaient à peine à nous éclairer. Papa avait sorti toutes ses partitions : Ferrat, Brel, Dutronc, Servat... Et Brassens, bien sûr ! C'est peut être bête, Victor, mais je n'envisage pas de "soirée enchantée" sans Brassens. Il a bercé toute mon enfance. Je le connaissais par coeur, dès mon plus jeune âge, bien que... Bien que quoi ? J'hésite à te le dire ! Allez, dis-le, tu sais bien que je suis très curieux ! Dans la chanson "Gare au gorille" par exemple, la petite fille de quatre ans que j'étais chantait "Galant goriiiiille", ce qui n'a, il faut bien le dire, strictement rien à voir ! De toute façon, je ne connais pas cette chanson, tu le sais très bien ! Et je connais encore moins ce Georges Brassens ! Ceci dit, j'irai me renseigner sur cet homme !

J'ai passé un moment magnifique. Magique. Harmonie totale. La musique a réellement ce pouvoir. Je ne l'explique pas. Le timbre des guitares, la couleur d'une voix et la profondeur des textes se marient si bien... J'aime chanter avec les autres. Partager. Créer de la beauté ensemble. C'est incomparable. Peut-on être insensible à la musique, à une mélodie, à des paroles ? J'imagine que oui... Tout est affaire de goût ! J'ai chanté avec ma petite soeur. Chant et contre-chant. Il y avait longtemps que nous n'avions pas uni nos voix. J'ai aimé chanter avec elle. J'ai été profondément émue par l'harmonie à laquelle nous avons donné naissance. C'est ça, chanter. C'est ça, la musique. Chanter m'épanouit. En fredonnant "Il est libre Max", je me disais que j'étais bien, là, que cela devrait durer toujours. Les meilleures choses ont une fin ! C'est vrai... Mais j'ai tout dans la tête ! Et là, vraiment, c'était... Des accords majeurs !

 

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mardi 13 juin 2006

Mon cher Victor,

Aujourd'hui, j'ai décidé d'assumer au grand jour ce qui, aux yeux de certains, est une honte : j'aime "Plus Belle La Vie" ! Qu'est-ce que c'est que ça, "Plus belle la vie" ? Le feuilleton quotidien de France 3. France 3 ? Une chaîne de télévision. De télévision ? Oh, écoute, Victor, si tu commences comme ça, on n'en finira pas ! Tu iras te documenter sur la télévision et puis voilà ! Ohhh... Ne t'énerve pas ainsi, Mirabelle ! Tu m'as l'air d'une humeur massacrante ! Excuse-moi, Victor. Je suis un peu à cran, en ce moment... Avec ces fichus oraux qui se rapprochent ! Ne te plains pas, tu veux ? Pense à tout ceux qui n'ont pas franchi la barrière des écrits ! Tu as raison. Bien... Revenons à nos moutons !

Le Mistral est un "paisible" quartier de Marseille, au parfum de bons sentiments, d'entraide, de solidarité. Les jeunes et les moins jeunes y cohabitent avec le sourire, toujours dans le dialogue. Bref : un petit quartier comme on n'en fait plus ! Pas très réaliste, en somme ? Eh bien... Les anti-mistraliens opineront du chef mais en ce qui me concerne, même si effectivement, tout n'est pas toujours très conforme à la réalité, j'estime tout de même que ce feuilleton colle à la vie de tous les jours, en règle générale. Alors pourquoi est-il si décrié ? Nous y voilà !

"Plus belle la vie" est un feuilleton POPULAIRE. Et tu sais, Victor, combien ce qui est populaire peut être méprisé. N'exagérons rien ! Quand quelque chose de populaire est de qualité, on ne le méprise pas ! C'est parce que tu ignores encore certaines choses de la France du XXIème siècle. Il se trouve que très peu de feuilletons français fonctionnent. Il y a "Sous le soleil" (série tropezienne où on en met plein les mirettes aux spectateurs, au détriment de toute vraisemblance) et depuis quelques temps, il y a donc "Plus belle la vie". Le démarrage fut difficile, mais désormais, ça y est, la machine est lancée ! Mais, toi, Mirabelle, tu regardes vraiment régulièrement ? Tous les soirs. Je n'ai aucune honte à le dire. Je suis attachée aux personnages, à l'atmosphère assez "pagnolesque". Et je passe vingt-cinq minutes de détente, du lundi au vendredi, de 20h20 à 20h45 environ. Il a bien des défauts, poutant, ce téléfilm, sinon, pourquoi tant de critiques ?! Oui. Tu sais très bien que la perfection n'est pas de ce monde... On lui reproche des situations parfois abracadabrantes (il faut admettre qu'elles peuvent être tirées par les cheveux), des acteurs sans talent (ce sur quoi je ne m'accorde pas du tout) et un penchant à la mièvrerie...

D'accord, les personnages sont parfois stéréotypés ; d'accord, le téléfilm surfe bien souvent sur le dernier sujet de société à la mode ; d'accord, les paroles du générique ne veulent strictement rien dire... En résumé : "Plus belle la vie" n'a rien d'intellectuel, j'en conviens ! Mais pourquoi faire de l'intellectuel à tout prix ? Pourquoi bouder une série sympathique, pleine de bons sentiments, c'est vrai, mais qui sonne si juste, la plupart du temps ? Il ne faut pas tomber dans le snobisme, ni juger ceux qui regardent ce téléfilm : "Plus belle la vie" n'en fait pas des décérébrés ! J'estime qu'il y a pire, dans la vie, que d'aimer une série qui "prêche" la tolérance, le dialogue, la compréhension. Ne dénigrons pas le populaire ! Il y a du "populaire" de qualité, et j'ai l'intime conviction que "Plus belle la vie" a droit au statut "série de qualité", même si, comme tous les produits commerciaux, elle n'échappe pas à certaines exagérations et invraisemblances !

J'avoue, j'avoue, j'aime la relation de Blanche avec ses deux enfants, j'aime les portes qui claquent, les gros mots qui fusent : ça, c'est réaliste ! J'avoue, j'aime le bar du Mistral et la bonhommie bienveillante de Roland. J'avoue, j'aime cette vieille crapule de Frémont et la relation qu'il entretient avec ses deux filles. Alors je l'avoue : oui, j'aime "Plus belle la vie " !

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Lundi 17 juillet 2006

Mon cher Victor,

Tu le sais sans doute déjà, mais l'équipe de France a perdu la Coupe du Monde de Football. Il me semblait bien avoir déjà entendu parler de quelque chose dans ce genre, oui... Alors tu sais aussi que Zidane a pris un carton rouge pour avoir donné un coup de tête à un joueur italien ? Je n'ai pas vu l'image mais ce geste a suscité bien des commentaires ! Eh bien, si tu veux la voir, cette fameuse image, la voici :

 

 

Il n'y a pas été de mains mortes ! Mon dieu ! Et pourquoi une telle violence ? C'est LA grande question que tout le monde s'est posé, Victor. Pourquoi ce ton sarcastique ? Parce que je m'en fiche, moi ! Ce qui me rend folle, surtout, ce que je ne supporte pas, c'est tout le tapage que l'on fait autour de cet incident ! Par exemple, voici ce que j'ai pu trouver sur un blog de Libération traitant du Mondial et donc, plus précisément de ce fichu coup de tête à la noix :

"Le coup de boule de Zidane permet de tirer cette leçon de vie : ne faites jamais confiance à un mec qui prétend savoir lire sur les lèvres. Avant hier, Globo (chaîne brésilienne) avait fait donner un expert en lecture labiale. Verdict: Materazzi aurait dit à Zidane "ta soeur est une pute". Le même jour, le Guardian affirmait avoir enregistré, avec ses propres moyens techniques tout autre chose (il est question de terroriste et de sale musulman). Et voilà que le Sun, the Times, the Daily Mirror et le Daily Mail s'y mettent aussi (toujours en ayant recours à des spécialistes de la lecture sur les lèvres utilisés lors d'enquêtes judiciaires) pour arriver tous à un résultat qui apparaît comme un mixe entre les deux versions : "on sait tous que tu es le fils d'une pute terroriste"."

 

Depuis, Zidane s'est excusé, il a avoué qu'il ne regrettait rien, expliquant que Materazzi l'avait insulté plusieurs fois au cours du match, et en visant tout particulièrement sa mère et sa soeur. Je comprends qu'il se soit senti blessé mais de là à faire ce qu'il a fait... Je n'excuse pas son comportement ! Aussi légendaire Zidane soit-il ! Comment sais-tu qu'il est légendaire ? Enfin, Mirabelle, tu as la mémoire courte ou quoi ? Souviens-toi que tu avais publié cet article sur Zidane, voilà un certain temps ! Ah oui...

Beaucoup de Français excusent ce geste, Victor. 50% environ, ce qui est selon moi, énorme. Les journalistes le posent en victime ou en héros qui défend ses droits. Parfois les deux à la fois ! Sur France Inter, au Journal de 13h, j'ai même entendu, éberluée, une analyse sociologico-psychologique de mes deux de la part de... Mirabelle ! Qu'est-ce que c'est que ce langage ? Excuse-moi, Victor... Il faudrait que je retrouve l'intervention de cette bonne femme, tu comprendrais pourquoi j'utilise de tels termes ! Une essayiste spécialiste du sport ou un truc dans le genre, censée analyser ce fameux incident. Laisse-moi rire... La voilà qui non seulement explique le geste de Zidane mais l'excuse, dans un jargon pseudo-intellectuel, en comparant Zidane à certaines figures mythologiques ! Et elle va même jusqu'à l'approuver ! C'est le monde à l'envers ! Je trouve aussi... J'ai entendu beaucoup de reportages sur le sujet. Tous avaient le même ton "zidanesque" : défendons nos héros !

Peu de journalistes ont osé rappeler que Zidane, au cours de sa carrière, avait été expulsé une douzaine de fois. C'est pourtant un élément très interéssant, qui permet de cerner un peu mieux le personnage et surtout, de couper court à toute démagogie, à toute remarque laissant entendre que Zidane est l'incarnation même de Dieu... Il y a quelques jours, j'ai tout de même lu un Editorial fort bien pensé, dans Ouest-France, qui remettait les pendules à l'heure : ce qu'a fait Zidane est inexcusable. Il n'avait pas à le faire. Il était le capitaine de l'Equipe de France. Un modèle pour les jeunes, les enfants. C'était une finale de Coupe du Monde. Et le dernier match de sa carrière. Il se devait de demeurer exemplaire. Et il ne l'a pas fait ! Non. Alors arrêtons de lui trouver toutes les excuses du monde, et mettons les choses à plat, tout simplement : Materazzi est un provocateur, c'est vrai, et il a su toucher Zidane là où ça fait mal. Zidane lui a donné un coup de tête. C'est un geste qui n'a pas lieu d'être sur un terrain de football, un geste grave, et sanctionnable d'un carton rouge. Zidane a mérité ce carton rouge. Il est normal qu'il ait été expulsé. Fin de l'histoire.

Tu m'as l'air bien remontée contre Zidane ! Pas du tout. Comme je le disais dans cet article, je n'ai strictement rien contre la personne de Zidane. Ce qui me gêne, ce qui m'a toujours gênée, c'est qu'on l'a érigé en dieu du football, puis en dieu tout court. Et cette affaire de coup de tête prouve combien ce phénomène est empreint dans les consciences : en toute honnêteté, aurait-on pardonné un autre joueur d'un tel geste ? Ne lui aurait-on pas lancé la pierre ? Je suis persuadée que si. Si on excuse ce coup de tête, si l'opinion publique a fait preuve de tant de compréhension, c'est parce que c'est Zidane qui l'a donné. Et qu'autour de Zidane, il n'y a plus grand monde qui soit capable d'objectivité. Alors on fait de lui la victime, et en même temps le défenseur de valeurs familiales. Et cela me fait doucement rire, Victor... En dehors du cadre sportif, toute personne donnant un coup de tête à quelqu'un d'autre, pour la simple raison que cet autre l'a provoqué plusieurs fois en traitant sa mère et sa soeur, se verra reprocher ce geste. On lui dira : "La violence ne résout rien ! Ce n'est pas bien !".  

Conclusion : exit la morale commune quand il s'agit d'un génie footballistique. Alors que, malgré ses magnifiques petits ponts et autres roulettes, "l'artiste" était avant tout un membre de la communauté humaine, qui tapait mieux dans le ballon que la plupart d'entre nous. Juste un putain de joueur de football. C'est tout. Rien qu'un putain de joueur de football.

PS : Veuillez excuser la grossiéreté de Mirabelle, particulièrement pregnante dans cet article, mais elle a été profondément agacée par ce phénomène de starisation dont Zinedine Zidane a été le centre, et n'accepte pas qu'on ait ainsi excusé ce coup de tête infâme, considérant que le peu de critiques qui a été fait de ce geste va à l'encontre même des valeurs sportives, et des valeurs civiques tout court.

re-PS : Cependant, Mirabelle me charge de vous dire, selon ses termes (car de tels propos ne me viendraient pas à l'esprit, je vous en assure !) que Materazzi est quand même un p****n d'e****é de sa r**e !

Eh, Victor ! Pour terminer sur une note un peu plus humouristique, n'oublie pas de conseiller à nos lecteurs le dessin de Deligne sur le sujet !
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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Mercredi 19 juillet 2006

Mon cher Victor,

Ca y est, je l'ai lu ! Tu as lu quoi ? Ce fameux best-seller : le "Da Vinci Code". Connais pas... Pourtant, lui te connaît, Victor : ton nom est mentionné plusieurs fois dans le roman ! Il n'y a pas de quoi s'étonner, je suis un écrivain connu et reconnu ! Certes, mais ce n'est pas à ce titre que ce roman s'intéresse à ta personne. Ah bon ? Et pourquoi alors, si ce n'est pour mon talent et mes chefs-d'oeuvre ? Tu as été Grand Maître du Prieuré de Sion, n'est-ce pas ? Mais, mais... Victor, pourquoi pâlis-tu ? C'est de notoriété publique, désormais ! Ah bon... Mon identité en tant que Grand Maître devait pourtant rester secrète ! Elle ne l'est plus, désormais ! Ah... Et tu souhaitais m'interroger sur mes responsabilités en tant que Grand Maître ? En fait, pas du tout... Je voulais juste parler du livre ! Ah bon... Tu es déçu, Victor ? Sans mauvais jeu de mot, j'aurais aimé me tirer la couverture, mais enfin tant pis... Tu te la tires déjà assez comme ça !

Quand le "Da Vinci Code" est paru, il y a trois ans... En 2003, donc ? Quel sens brillant de la déduction, Victor ! Ne te fiche pas de moi, tu veux ? Je tente de me repérer dans votre siècle, voilà tout ! Mais oui, mais oui, je te taquine... Qu'est-ce que je te disais déjà ? Ah oui, voilà ! Je disais donc que quand ce roman est sorti, je n'avais AUCUNE envie de le lire. Et pourquoi ? Tout le monde ne parlait que de ça. Son auteur était sur-exposé. Ce roman était un "phénomène exceptionnel" selon certains. Je ne comprends pas : tu aurais dû avoir envie de le lire, au contraire ! Justement non. Ce roman a donné lieu à une certaine polémique, et j'ai toujours eu du mal à lire les livres qu'on porte au nu. Ancien Grand Maître du Prieuré de Sion, j'imagine aisément quels enjeux étaient derrière tout ça... Eh oui, Victor ! La religion ! Et le plus grand scandale religieux que le  Vatican ait jamais porté, caché derrière l'Histoire religieuse officielle : Jesus Christ aurait épousé Marie-Madelaine (qui, entre parenthèses, était, apparamment, de sang royal, et non une prostituée !) et donné naissance à un enfant, ou plutôt à UNE enfant, prénommée Sarah ! N'est-ce pas une des plus grandes révélations de tous les temps, Victor ? J'en sais quelque chose ! J'ai gardé ce secret du mieux que j'ai pu !

Ce roman m'a passionnée. Pourtant, les premiers chapitres m'ont laissée assez froides : je n'aime pas le style de Dan Brown, autant te le dire tout de suite, Victor. D'ailleurs, dans ce cas précis, affirmer que le style ne me convient pas ne me paraît pas très approrié : à mes yeux, il n'y a tout bonnement AUCUN style. Tu ne mâches pas tes mots ! Non. Je n'irai pas jusqu'à dire que le style fait tout dans un roman, mais il y contribue très fortement. Et là... J'ai été extrêmement déçue, bien qu'avertie par ma chère maman, qui avait lu le livre juste avant moi : "Je te préviens, le style est assez fade.". Cependant, elle avait ajouté... Qu'elle l'avait lu en deux jours, tenue en haleine par un suspense haletant ! Et effectivement... Elle avait encore raison ! Eh oui ! Il n'y a pas un seul temps mort dans ce roman ! Et je l'ai lu, moi aussi, en deux jours, profitant de mes vacances pour rattraper mon retard dans mes lectures ! Parce que j'adore lire, tu ne le savais pas, ça, Victor ? Si si, bien sûr que je le savais !

Ce roman est tout bonnement fascinant. J'ai, par exemple, été éberluée d'apprendre que les Croisades avaient pour but premier de trouver le Graal (sur lequel nous entretenons, apparamment, de fausses représentations !). Cela va à l'opposé de mes cours d'histoire à l'IUFM ! C'est tout simplement fascinant ! Fas-ci-nant ! Que faisait Dan Brown, avant de publier ce roman ? Il était professeur d'anglais ! Attention, Mirabelle, à ne pas tout prendre au pied de la lettre ! Ce monsieur s'est sans doute très bien documenté avant d'entamer l'écriture de ce livre mais l'histoire religieuse, officielle ou officieuse, est encore bien complexe que ce que tu sembles penser ! Je sais, Victor, pour qui me prends-tu ? Je souhaite seulement te ramener à la raison ! Je suis au courant de tout ça : s'il y a eu tant de polémiques autour de ce livre, c'est bien parce qu'il avait engendré un conflit entre L'Eglise et la (prétendue ?) vérité annoncée dans le "Da Vinci Code" ! Certains historiens, spécialistes de l'Histoire religieuse, ont dénoncé des erreurs dans le roman, des anachronismes... Je suis bien consciente que tout n'est pas aussi simple ! Si tu le dis !

Je ne prétends pas avoir gobé tout ce que j'ai pu lire. Je tenais juste à exprimer ma fascination face à une telle manipulation, qu'elle soit vraie ou fausse ! Je ne crois pas en Dieu, Victor, je te l'ai déjà dit. Mais l'histoire de Jésus, dans ses grandes lignes, fait partie de la culture commune de chacun d'entre nous, et je trouve extraordinaire de découvrir qu'on nous a (peut être) raconté des sornettes à son sujet ! Et que la foi repose sur des bases incertaines ! Elle repose FORCEMENT sur des bases incertaines, Mirabelle : c'est le principe même de la foi ! Oui, c'est vrai... La foi n'existerait pas sans cette part d'irrationnel, cette croyance que l'on ne pourra jamais prouver. C'est ce qui fait ce qu'elle est !

J'ai été également fascinée par la portée des symboles au coeur de ce roman. C'est incroyable. Cela ne m'étonne pas de toi, tu as toujours aimé les symboles ! Oui, mais là, c'est différent. Cela touche des tableaux, des peintures, des livres que nous connaissons tous. Leonard de Vinci par exemple. J'ai découvert, grâce au roman, le sens caché du tableau "La Cène". Et j'en ai eu des frissons ! A ce point ? Tout à fait ! Qu'il y ait eu tant de signes d'une possible vérité, là, sous nous yeux, m'émerveille ! Nous n'avons strictement rien vu ! Strictement rien ! Mirabelle, tu recommences à t'emballer ! Ne crois pas tout ce qui est dit dans ce roman, j'insiste ! Je le lirai bientôt, et j'en parlerai avec toi pour éclaircir certains points ! Si tu veux...

En tous cas, après avoir lu ce roman, j'ai été prise d'une envie folle : aller au Louvre pour revoir la Joconde ! Mon premier contact m'avais "bousculée" si je puis dire... En effet, un groupe de touristes japonais m'avait empêché de m'approcher de la toile, à grands renforts de coups de coude ! Enfin, quand je pus me frayer un passage, grâce à ma petite taille (celle-là même qui m'handicapait, même sur la pointe des pieds !), mon excitation retomba comme un soufflet : alors ce n'est que ça, la Joconde ? Mais aujourd'hui... La situation est tout autre : tu as lu le livre et tu envisages ce tableau autrement ! Exactement !

 

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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