Mon cher Victor,
Rien de pire que la rumeur. En arrivant à l'IUFM ce matin, on me saute sur le paletot : "le prof de maths aurait entendu dire qu'il y aurait plus de quatre mille inscrits pour le concours !". Bien. Déjà qu'il n'y a plus que cent soixante-dix postes... On frôle l'apocalypse ! Cependant, ne paniquons pas : le formateur en question aurait clairement spécifié qu'il "n'en était pas sûr". Et puis, entre le "aurait entendu dire" et le "il y aurait plus de quatre mille inscrits", ça fait tout de même beaucoup de conditionnels tout ça...!
Ce n'est qu'une rumeur. Il n'empêche qu'avec quelques copines de ma classe de PE1, nous avons bien discuté de ces quatre milles inscrits pendant un bon quart d'heure. En concluant que non, vraiment, ce n'était pas possible, d'avoir autant d'inscrits. Il avait dû se tromper. Espérons que nous avons vu juste... En attendant,je suis prête à parier que tout ça va tout de même tourner dans nos petites têtes à n'en plus finir, jusqu'à ce que certains d'entre nous se découragent et ne se présentent pas aux épreuves.
C'est fou quand même, l'effet que peut faire une rumeur sur une centaine de PE1 croulant sous les Hatiers, Programmes et autres Documents d'application. Mais toi, toi, Mirabelle ?! Tu ne vas pas te décourager, hein ? Non. Je me présenterai à ces épreuves. Peu importe le nombre de candidats. Peu importe le nombre de postes.
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Mirabelle, PE1, future instit'
par Mirabelle
Dimanche 17 septembre 2006
Mon cher Victor, 
Avant que tu n'ouvres la bouche pour m'étourdir de paroles, sache que je ne fais à cette table qu'un arrêt express : trop fatiguée pour évoquer des questions existentielles ! Tu sembles épuisée... Quelles valises tu as sous les yeux ! Tu ne crois pas si bien dire... J'ai passé toute la soirée sur la deuxième séance dédiée aux "noms propres/noms communs", notion entamée la semaine dernière et avec quelle difficultée... Oui... Tu étais assez abattue ! J'espère ne pas connaître la même déconfiture demain. Quoi qu'il en soit, je te tiendrai au courant !
J'ai préparé ma "fiche de prép'". Défini mes objectifs le plus clairement possible. Les ai comparés avec les exercices proposés. Formulé les résultats attendus. J'ai fait de mon mieux. Tout en appréhendant la journée à venir. Les remarques de mon IMF, les interrogations des enfants, mes doutes, mes bredouillis... Cette deuxième séance s'impose comme un véritable défi à relever et j'espère être à la hauteur. Blinde-toi, Mirabelle, blinde-toi ! Ce n'est pas en doutant sans arrêt de toi-même que tu vas y arriver ! J'en suis pleinement consciente. J'ai d'ailleurs entamé, comme le laissait entendre cet article, un gros travail sur moi-même pour gagner cette assurance que je n'ai pas encore. Une auto-persuasion de tous les instants, qui consiste à me donner du courage : me rappeler que je ne suis pas plus bête qu'une autre et que j'ai déjà franchi la marche la plus haute !
Tu t'endors sur ton thé, Mirabelle... Ne te sens pas obligée de rester plus longtemps : je sens bien que toute ton attention (ou du moins le peu qu'il t'en reste...) est désormais tournée vers ce lit que tu rêves de retrouver ! Va donc te coucher ! Tu tombes de sommeil ! Ca m'embête de te laisser là tout seul, Victor... D'autant plus que je pars en Grande-Bretagne samedi et que nos conversations seront plus espacées. Je ne suis pas un de ces petits chiens qu'on abandonne sur le bord de la route les jours de départ en vacances, Mirabelle ! Et puis de toute façon, j'attends un très vieil ami, nous allons prendre un café... Qui ça ? Je préfère préserver son anonymat. Il est connu ? Humm... Assez, oui ! Vu ton sourire farceur, j'imagine que c'est une star de la littérature tout comme toi ! Peu importe... Je n'ai pas la force de me prêter au jeu des devinettes. Je vais me coucher, Victor. Bonne nuit ! Bonne nuit, Mirabelle ! Et bon courage pour ta séance de demain !
Bavardages