XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 24 mars 2008
prince.gif
Je ne suis pas une princesse en haut de sa tour. Je n'attendrai pas qu'on vienne me délivrer. D'abord, je me suis délivrée toute seule. Non mais oh ! Et puis le temps presse, hein. Je n'ai plus le temps de m'apesantir. Plus le temps de regarder en arrière, plus le temps de pleurnicher. Je n'ai pas mis mon prince sous cadre, celui qui m'a quitté pour trouver une autre Cendrillon ailleurs. Les cadres, c'est comme tout le reste, ça prend la poussière, et à mon avis, celui où il m'avait mise moi était déjà bien à l'abandon. Enfin bon, il restera toujours les traces sur les murs. Alors qu'est-ce que je vais faire ? Vivre ma vie, tiens ! J'exploirerai toutes les contrées lointaines, sur mon beau cheval noir (nan, il sera pas blanc, c'est décidé !) à la recherche d'un homme pas trop rustre, cultivé un minimum, qui saura me faire un petit-déjeuner au lit de temps en temps et m'offrir un bouquet de fleurs une fois tous les six mois. Eh, dites donc, je suis pas trop exigente les mecs ! Vous êtes où, les princes célibataires qui attendez votre princesse ? Vous êtes cachés en haut de votre tour, à vous morfondre sur votre pauvre sort ? Eh oh !! Mais réveillez-vous ! Pendant que vous larmoyez, votre vie ben... Elle se vit sans vous ! Et autour de vous, la terre tourne, les gens se pacsent (oui, ça c'est une nouveauté, ça n'existait pas dans les contes d'autrefois... Vous imaginez, vous : "Ils se pacsèrent et eurent beaucoup d'enfants" ?), se marient (ça, ça passe pas de mode !), font des moutards. Ben ouais. C'est ça la vie. C'est la société du tout-engagement. Si tu t'engages pas, t'es rien. Bon. Moi, je vous le dis tout de suite, je veux pas me marier. J'ai jamais pensé précisément à porter une robe de mariée. De toute façon, on en est pas encore là. Et puis je veux pas vous effrayer ! Je sais qu'il vous en faut peu, à vous. Il suffit d'une toute petite supposition, comme ça, en passant, du genre et-si-éventuellement-un-jour-peut-etre-si-on-pouvait-on-pourrait-vivre-ensemble-qu'est-ce-t'en-dis, pour que vous preniez vos jambes à votre cou en vitesse et que ça saute. Eh, c'est que je sais comment vous fonctionnez ! Enfin bon, voilà, je voulais vous dire, au cas où il y aurait des petits timides, que je ne suis pas une princesse comme les autres. Je suis une princesse spéciale, moi. Je suis une fille très très bien, contrairement à ce qu'on a voulu me faire croire, une fille pas trop moche (bon, à côté de Blanche-Neige, je suis de la bouse de vache mais heureusement y a plus de vilain miroir qui parle pour témoigner), pas bête du tout (je pense avoir plus de diplômes que Cendrillon, la pauvre qui était technicienne de surface, et je espère également, sans me vanter, le niveau de Belle, vous savez, celle qui est si intelligente qu'elle arrive à voir la beauté au-delà de la laideur...), chiante juste ce qu'il faut (comme toutes les princesses...). Si jamais y en a qui sont intéressés (mais les princes qui se transforment à minuit pour redevenir crapaud trouillard... S'abstenir !), vous pouvez toujours cliquer sur "contacter l'auteur" en bas du blog. En espérant que vous ayez une connexion internet en haut de votre tour...

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Jeudi 17 avril 2008

Aujourd'hui, j'arrive à vivre normalement. Oui, c'est vrai. Aujourd'hui, j'arrive à rire, à sourire, à échanger des propos banals, à passer de bons moments, à me dire que je suis bien, par instants. Sans penser à lui. J'y arrive. De temps en temps. Avec les jours, les semaines qui s'écoulent, la peine s'estompe, tout doucement. Un peu. Le chagrin revient parfois, sans prévenir. Moins souvent, c'est vrai. Beaucoup moins souvent. Mais toujours cette même interrogation, qui restera sans réponse : comment en sommes-nous arrivés là ? Et pourquoi nous ?
Extérieurement, je vais bien. Et effecitvement, dans le fond, je ne vais pas si mal. Ma vie sociale s'épanouit. Plusieurs enjeux primordiaux se sont réglés positivement. Mes amis sont là. Cependant, je ne l'oublie pas. J'apprends à vivre avec son visage en toile de fond, et peu à peu, notre histoire qui s'éloigne glisse sur moi, sans me faire de mal.
Sauf l'autre jour. J'ai rêvé de lui. Je revenais. Je n'avais face à moi que la barrière de tous ses amis, qui me jetaient leur mépris à la figure. Qui m'avouaient ce que j'ai toujours su : ils ne m'ont jamais appréciée. Et ils ne me laissaient pas le voir. Et je savais qu'ils avaient raison. Et je repartais. Soudain, il venait m'embrasser. Un baiser tout simple, alors que je dormais, je ne sais trop pourquoi, je ne sais trop comment. Je sens encore ses lèvres sur mes cheveux. C'était doux. Simple. Tendre et protecteur.
Et au réveil, la réalité. Le chagrin. Une journée triste. Et pénible. A me traîner. A resasser ce rêve étrange. Et j'ai beau me dire que désormais, mes week-ends sont vides de disputes, que c'est mieux ainsi, j'ai beau me dire que je me reconstruis, seule, il n'en demeure pas moins qu'il est toujours là. Avec toute la colère, le chagrin, la tendresse et la déception qu'il m'inspire. Tous ces sentimentaux contradictoires que je ne cherche plus à comprendre. Parce que si j'essaie de les percer à jour, je ne m'en sors plus. Parce que je sais que si je veux l'oublier, définitivement, je dois juste les laisser m'envahir. Sans les repousser. Il y a bien un moment où ils se lasseront de ma détermination et où ils s'en iront, d'eux-mêmes.
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Mardi 6 mai 2008

Au fond, aujourd'hui, je suis plus triste que malheureuse. Le malheur, c'est le désespoir. Je ne suis pas désespérée. C'est une tristesse amère, qui ne m'entraîne plus jamais au fond du gouffre. Je ne regarde plus les clichés enregistrés sur mon ordinateur, n'écoute (quasiment) plus de morceaux cafardeux. Il me manque moins. Et je crois qu'en réalité... C'est ça qui me rend le plus triste. C'est de l'oublier. Parce que tout passe, un jour ou l'autre, qu'on le veuille ou non. Je n'ai plus le réflexe de penser à lui, ou plutôt penser à lui n'induit plus cette douleur accablante qui m'a si longtemps fait pleurer. Et ça me rend triste : le temps fait son oeuvre. C'est la vie. Et je n'y peux rien.
Je ne voulais pas l'oublier. Une minuscule partie de moi-même ne s'y résout toujours pas. Cependant, elle est si imperceptible, si discrète, que bientôt elle aura disparu. Je m'y résigne. Même quand elle hurle qu'elle est bien seule, qu'elle voudrait qu'on la console, qu'IL la console, je m'y résigne. Même quand elle me souffle que le lit est trop grand et trop froid sans lui, je m'y résigne.
Il fut une époque où j'aurais décroché les étoiles pour lui. Désormais, son image s'éloigne et je ne lutte même plus pour elle. Et c'est ça qui est triste. Au fond, je ne suis pas malheureuse. Je ne suis plus malheureuse. Je sais que tout s'oublie. Mais en oubliant, je reconnais, à contre-coeur, que je n'ai pas vécu la grande histoire d'amour que j'espérais. Que ce n'était pas lui, ma grande histoire d'amour.
Dans dix, vingt, trente ans, nous nous apercevrons que nous n'avons été l'un pour l'autre qu'une histoire "entre autres", alors que sur le moment, tout était si absolu, si passionné, si définitif, si inoubliable, si douloureux. Etre tout. Puis plus rien. C'est triste. Dans dix, vingt, trente ans, nous réaliserons que nous n'avons été l'un pour l'autre que des étoiles filantes. A peine le temps de faire un voeu et nous voilà déjà partis.
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Vendredi 23 mai 2008
Il m'a remplacée. Ca y est. Je suis remplacée. Je le sais depuis mercredi. Par une prof en plus. J'avoue que cela a été très dur de l'entendre. Comme si je ne le connaissais plus. Comme si je le découvrais. Ce n'est toujours pas facile, d'ailleurs. Mais c'est peut être un service qu'il me rend au fond. Même si je comprends pas... Il y a encore quelques semaines, il clamait qu'il m'aimait et n'aimait que moi. Et tout à coup il y en a une autre. Une prof en plus. Oui, je sais, je l'ai déjà dit. Il ne lui aura pas fallu longtemps pour m'oublier. Et ça m'attriste. Et ça m'écoeure. Et je ne comprends pas.
Ce que j'avais toujours admiré chez lui, c'était le temps qu'il s'accordait avant de commencer une nouvelle histoire. Je ne le percevais pas comme un coureur mais comme un amoureux, et je ne l'en aimais que plus. Parce que j'avais toujours aimé ça chez lui. Il n'y a pas si longtemps, il me disait : "Non, je n'ai trouvé personne. Je ne cherche pas. Je sais qu'il va me falloir beaucoup de temps. Je n'ai pas envie." Et je le croyais. Je le croyais tellement. Ca me rassurait. Je me disais que nous avions bel et bien vécu la même histoire. Une grande histoire d'amour, qui ne s'oublie pas en claquant des doigts. Sauf qu'il m'a déjà oubliée. Ceux qui connaissent le fin fond de l'histoire, celle que je n'ai pas racontée ici, sauront combien je tombe de haut, et combien c'est dégueulasse de sa part. Combien c'est contradictoire.
Pour une fois, je n'écrirai pas un texte à rallonge. Surtout si c'est pour le supprimer plus tard parce que finalement, je le trouve trop intime. Parce qu'il n'y a plus rien à dire. Que je suis triste et c'est tout. J'atterris.
Je ne l'aurais jamais cru capable de me rayer de la carte aussi vite. Jamais. J'évite d'imaginer qui elle est. Et si elle l'aime. Et qui a fait le premier pas. Et si elle est blonde, brune. Si elle est plus mince que moi. Si elle est mieux que moi. Si elle est grande, porte des jeans moulants. Si elle est sportive. Ca ne me donne rien, à part remuer le couteau dans la plaie. Je réalise, tout doucement. Je réalise tout doucement ce que je n'étais pas parvenue à admettre jusqu'ici, malgré mes grandes déclarations et mes odes à la liberté tout à fait feintes : nous ne reviendrons pas l'un vers l'autre. Ce n'est plus ma moitié. Lui et moi, c'est terminé. Lui et moi, ce n'était rien. Un tout petit grain de sable dans un désert. Et il n'y a plus rien à dire. A part qu'il ne fait que me décevoir. Et que maintenant, c'est sans aucune importance. Sans aucune incidence. Sans aucune légitimité.
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Samedi 19 juillet 2008
Mon cher Victor,


 Te souviens-tu de la conversation où je t'avais parlé de
cette grande découverte ? Oui, évidemment : tu étais excitée comme une puce ! Bon. Alors il est grand temps que j'évoque un truc hyper méga génial, dans le même genre que cette apparition sur le site de "La Classe" ! Tiens donc... Je suis tout ouie ! En gros, tout s'est déclanché grâce à ce fameux lien, je crois... Cela m'avait déjà procuré un plaisir immense mais je m'attendais encore moins à ce qui allait venir...

C'était il y a déjà deux mois, alors que je traversais
une période très difficile. Je reçois un mail. C'est un journaliste travaillant pour la revue "La Classe". Tiens toi bien, il me propose d'écrire sur différents thèmes en vue de contribuer à un hors série spécial PE2. Ooooooooooooooooooooh !!! Mais c'est merveilleux ! Je suis bien d'accord. Je me suis donc mise au travail, dans l'euphorie la plus totale. Ca tombait à pic, cette proposition, ça a dû t'aider à reprendre confiance en toi ! Oh que oui... Je ne dévoilerai pas les sujets à traiter (suspense, suspense !), je t'offrirai le hors-série quand il paraîtra, c'est à dire au mois de décembre ! C'est encore loin, je vais manquer de patience ! Pour moi aussi, ça va être long...

Toute la journée, après lecture de ce mail providentiel, j'ai souri bêtement. J'avais l'air fine tu peux me croire.  J'étais totalement émerveillée : pourquoi MOI plutôt que quelqu'un d'autre ? Parce qu'ils ont aimé ton blog, sans doute ! Oui, mais je ne suis pas le seul blog d'instit'. C'est ça qui me fascine : il y a de nombreux blogs d'enseignants du primaire que je trouve bien conçus, bien écrits, et c'est MOI qu'on a choisi. J'avais l'impression que le ciel m'envoyait un signal : "Accroche-toi, ma fille, je te fais traverser de sales moments mais tu vois, je te montre qu'il y a de belles surprises qui t'attendent encore quelque part !". Et ça m'a donné une pêche monstrueuse ! Je me suis jetée dans le projet à corps perdu, partagée entre la joie d'être publiée dans cette célèbre revue pédagogique et la crainte de voir mes textes refusés. Je te reconnais bien là, tiens !

Donc voilà... Je me disais qu'il était temps d'en parler. Pourquoi ne pas avoir abordé le sujet plus tôt ?! Par superstition je crois. Je craignais qu'on ne me dise : "Ah ben non, finalement, ce que vous écrivez ne correspond pas du tout à ce que nous recherchons, on annule !". Pfff... Tu es bêêête ! Enfin, aujourd'hui, tous mes textes ont été acceptés et je ressens comme une sorte d'impatience très très puérile à l'idée de la publication. Je suis content pour toi, ma petite Mirabelle ! Ah oui, vraiment très content !

Est-ce que tu te rends compte, mon Victor ? On va me liiiiire ! Oui mais enfin, tu sais, c'est déjà le cas avec le blog... Oui, mais ce n'est pas pareil ! Là, ce sera une revue papier ! On lira mes lignes noir sur blanc, et ça change tout ! J'ai toujours eu une préférence pour le papier, tu le sais bien... Je tiendrai un exemplaire de ce hors-série entre mes doigts, un hors-série spécial PE2, comme je le disais... J'ai dû écrire sur des thèmes qui me tiennent à coeur et qui j'espère, feront s'interroger les stagiaires autant qu'ils les feront rire ! Nous verrons bien... Nous ferons un petit sondage parmi les blogueurs qui l'auront lu, si tu veux, cela peut être amusant !
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publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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