XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Jeudi 13 juillet 2006

Mon cher Victor,

Tiens, voici le papier que j'ai reçu ce matin-même : ce sont mes notes au concours !

A l'écrit :

18/20 en français

10,5/20 en mathématiques

14,5/20 en histoire géographie et sciences et technologies

A l'oral :

16/20 en entretien pré-professionnel

15/20 en musique

20/20 en anglais

15/20 en espagnol

14/20 en entretien EPS

Eh bien, eh bien... Pour quelqu'un qui avait raté la musique, tu t'en sors plutôt bien ! J'imagine que de nombreux étudiants voudraient rater comme toi ! Tu sais, Victor, quand je te racontais, dans cet article que je pensais avoir raté cette épreuve, c'était sincère ! J'étais dans un tel état en sortant ! J'imaginais réellement avoir gâché toutes mes chances de succès ! Tu vois bien : cela ne valait pas la peine de fondre en larmes comme tu l'as fait ! Et ta note de mathématiques, qu'en penses-tu ?  Tu es soulagée, je suppose ? Je suis en effet extrêmement rassurée. J'ai la moyenne. Et c'est une prouesse pour la littéraire que je suis ! Alors que je visais 8/20 maximum ! M'est avis que tu as légèrement tendance à te sous-estimer... Peut être... En tous cas, tu as atteint la perfection en anglais ! Toutes mes félicitations ! Ma pratique de la langue n'est pourtant pas sans reproche, loin de là. Mais j'imagine que j'avais un niveau supérieur à d'autres candidats et que le jury a cherché à marquer une nette différence. Tu n'as pas l'air euphorique face à la note parfaite ! Je m'attendais à ce que tu fasses des bonds tout autour de la table ! Ce n'est pas celle-ci que je retiens le plus. Je suis, par exemple, bien plus fière du 18/20 en français. J'espérais un 14 ou 15, un 16 dans mes périodes les plus rêveuses, mais la perspective d'un 18/20 ne m'avait même pas frôlé l'esprit !

La leçon à tirer de tout ça est la suivante : il ne sert à rien de faire des pronostics, on n'est jamais à l'abri d'une très bonne surprise !

 

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle
Vendredi 15 septembre 2006

Mon cher Victor,

Vendredi matin, 8 h 45, j'étais sur le pont pour mon épreuve d'anglais. Encore traumatisée par ma tentative d'obtention de ce permis à la noix, j'envisage ce nouvel examen avec une certaine sérénité, ou du moins, sans beaucoup angoisser, toute préoccupée que j'étais par mon statut de "phénomène d'auto-école". Tu exagères, comme toujours... Peu importe.

Je tire au sort mon heure de passage : 10 h. D'abord esseulée, je trouve le moyen de papoter avec deux candidates, qui me racontent leurs déboires avec la langue anglaise. Je les écoute patiemment, souris avec compatissance, jusqu'au moment où elles s'inquiètent de mon niveau. Tu leur as répondu quoi ? Que "cela devrait aller"... Elles me lancent un regard perplexe, qu'elles justifient par un "Comment cela se fait quand on entend tout le monde se plaindre de ses piètres capacités ?". J'ai fini par lâcher que j'avais fait des études d'anglais. Et là...

- Ah ! Eh bien dans ce cas-là je ne vois pas pourquoi tu te plains ! Ca va aller comme sur des roulettes !

Bien... Tu t'étais plainte ? Il ne m'avait pas semblé. J'aurais trouvé ça indécent ! Bref. 10 h sonnent. Je caracole en tête pour aller préparer le texte. Cette fois-ci, ni mains qui tremblent, ni crampes dans le ventre. Juste la joie de renouer avec une langue que j'adore. Au signal du serveillant, je retourne le sujet. C'est un texte sur l'obésité en Grande-Bretagne. Il est court. Plutôt facile. Sans trop de vocabulaire. Et surtout, j'y vois beaucoup de prolongements avec la culture française. En rédigeant mon introduction, je suis toute excitée : peut être vais-je réussir à me démarquer des autres ? La demie-heure de préparation s'écoule à vitesse grand V.

Bientôt, je suis face au jury. Une professeur de collège et un conseiller pédagogique spécialisé dans les langues étrangères, fort beau au demeurant, ce qui, tu peux t'en douter Victor, ne gâche rien... J'imagine ! J'engage mon exposé. Ils me font lire un paragraphe de l'article. J'insiste sur les accents toniques. Puis ils engagent la conversation. La conversation ? C'est une partie entretien où le jury évalue les reflexes du candidat. C'est de loin le moment le plus intéressant, celui où il peut réellement juger de ses aptitudes dans la langue. Ca part dans tous les sens. Nous voilà embarqués sur le "Tea Time". Puis vient la spécificité de la culture alimentaire de la Grande-Bretagne par rapport à la France. Toutes sortes de petites questions auxquelles je tâche de répondre de mon mieux. Déjà, c'est la fin. Et quelle est ton impression sur cette épreuve ? On ne peut jamais vraiment savoir mais il me semble que cela s'est plutôt bien passé. Je n'ai pas été désarçonnée par leurs questions, et je n'ai pas fait beaucoup de fautes de langue me semble-t-il. J'espère obtenir une très bonne note, je sais que j'en suis capable. Tant mieux, tant mieux... Cela fait plaisir à entendre, ce genre de choses !

Je suis soulagée, Victor. Soulagée de quoi ? De t'en être bien sortie en anglais ? Tu n'as jamais eu de difficultés dans cette matière, me semble-t-il ! Non. Soulagée d'ETRE CAPABLE dans un domaine précis. Explique-moi ça... Eh bien, pour en revenir au permis... Tais-toi, Mirabelle, je sens que tu vas m'énerver ! Ah bon ? Oh oui ! Tu vas dire que tu n'auras jamais le permis, et gningningnin, alors que tout le monde est capable de l'avoir et pas toi... Tu vas tout dramatiser, comme d'habitude ! N'est-ce pas ? Heu... C'est bien ce que je disais ! Bon, allez, pour la peine, offre-moi un deuxième café !

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle
Samedi 16 septembre 2006

Mon cher Victor,

Rien de pire que la rumeur. En arrivant à l'IUFM ce matin, on me saute sur le paletot : "le prof de maths aurait entendu dire qu'il y aurait plus de quatre mille inscrits pour le concours !". Bien. Déjà qu'il n'y a plus que cent soixante-dix postes... On frôle l'apocalypse ! Cependant, ne paniquons pas : le formateur en question aurait clairement spécifié qu'il "n'en était pas sûr". Et puis, entre le "aurait entendu dire" et le "il y aurait plus de quatre mille inscrits", ça fait tout de même beaucoup de conditionnels tout ça...!

Ce n'est qu'une rumeur. Il n'empêche qu'avec quelques copines de ma classe de PE1, nous avons bien discuté de ces quatre milles inscrits pendant un bon quart d'heure. En concluant que non, vraiment, ce n'était pas possible, d'avoir autant d'inscrits. Il avait dû se tromper. Espérons que nous avons vu juste... En attendant,je suis prête à parier que tout ça va tout de même tourner dans nos petites têtes à n'en plus finir, jusqu'à ce que certains d'entre nous se découragent et ne se présentent pas aux épreuves.

C'est fou quand même, l'effet que peut faire une rumeur sur une centaine de PE1 croulant sous les Hatiers, Programmes et  autres Documents d'application. Mais toi, toi, Mirabelle ?! Tu ne vas pas te décourager, hein ? Non. Je me présenterai à ces épreuves. Peu importe le nombre de candidats. Peu importe le nombre de postes.

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle
Samedi 16 septembre 2006

Mon cher Victor,

Thème d'aujourd'hui : la PE1. Qu'est ce que la PE1 ? Vaste question, que je traiterai avec le plus d'objectivité possible.

La PE1, c'est... Une carotte. Une carotte ? Tu vas comprendre, mon Victor... Je te raconterai ici l'histoire d'UNE PE1, puisqu'évidemment, tout le monde sait que les femmes sont majoritaires en IUFM, PE1 et PE2 confondues.

Lors de son inscription à l'IUFM, la petite PE1 se sent déjà pousser des ailes : les syndicats se jettent sur elle comme sur les grands PE2, les banquiers exhibent leurs brochures, on lui propose des stylos gratuits, des agendas... Oui, vraiment, cette année, la petite PE1 va en faire, des grandes choses.

Alors, en septembre, la petite PE1 est toujours pleine de rêves et de grandes idées. La petite PE1 entre, comme on le lui précise lors de la réunion de rentrée, "dans la grande maison de l'Education Nationale", vaste demeure des érudits, détenteurs du savoir. Rien que ça, ça en impose... Et la petite PE1 n'est pas habituée.

Pourtant, la petite PE1 va vite déchanter. Elle réalise peu à peu qu'être en PE1, cela ne signifie pas que l'on sera professeur des écoles un jour. Etre en PE1, c'est préparer le concours, avec autour de soi des formateurs qui parfois, raisonnent en ces termes : "Quand vous aurez votre classe...", ce qui conviendrait mieux aux grands PE2. La petite PE1 sait qu'il y a à peine deux-cent postes dans l'académie et pas de liste complémentaire. Alors qu'on lui dise, à elle et à son groupe, que pour eux, c'est comme si c'était fait, la petite PE1, ça l'agace un petit peu.

La petite PE1 sait parfaitement, elle, qu'elle n'a pas encore le concours. Alors, s'affilier à un syndicat enseignant, choisir une banque "plus typée Education Nationale", elle se dit que, tout de même, c'est peut être encore un peu tôt.

Ce qu'elle aime, la petite PE1, c'est sortir de l'IUFM. C'est aller en stage. C'est faire partie de l'univers d'une classe, sentir l'odeur des cahiers et voir la date notée au tableau. C'est parler avec son M.A.T (maître d'accueil temporaire) des élèves, des difficultés d'apprentissages, des relations avec les parents... Par contre, ce qu'elle aime moins, la petite PE1, c'est voir le M.A.T faire la moue et l'entendre dire que quand même, la formation en IUFM n'est pas vraiment à la hauteur... Dans ces moments-là... Comment dire... La petite PE1 a un peu peur... Mais quand même, la petite PE1, ce qu'elle préfère, c'est les stages !

Ceci dit, les stages, il faut bien en revenir. Et les retours de la petite PE1 à l'IUFM sont difficiles, surtout après que les enfants aient laissé échapper quelques "maîtresse" pendant que la petite PE1 écrivait la leçon au tableau. La petite PE1 avait presque oublié qu'elle n'avait pas le concours...

Des fois, la petite PE1, elle se dit que la PE1, c'est vraiment le système de la carotte : on vous dit que vous êtes professeurs des écoles, on éclipse parfois un peu le concours, que l'on passe comme au saut à la perche : soit ça passe, soit ça ne passe pas. Ou alors, la petite PE1 le sait, on prend trop d'élan en se disant que c'est dans la poche, et on s'écrase lamentablement dans l'herbe, avant de perdre connaissance...

 

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle
Samedi 16 septembre 2006

Victor ! Victor !

JE VAIS A L'ORAL !!! JE SUIS ADMISSIBLE !!!

Je vais à l'oral ! Je vais à l'oral ! Je vais à l'oral ! Je vais l'oral ! Ahhh ! Magnifique ! Extraordinaire ! Merveilleux ! Incroyable ! Je n'y crois pas, je n'y crois pas, je n'y crois pas, je n'y crois pas...  Ah mon dieu, ah mon dieu ! Ca veut dire que je n'ai pas eu la note éliminatoire en mathématiques ! Ah mon dieu ! Ah mon dieu ! Mirabelle, que je suis content pour toi ! Je suis ravi ! Ra-vi ! Allez, raconte-moi tout !

Ambiance extrêmement tendue en cours d'EPS ce matin. Mes petits camarades et moi-même sommes sur les nerfs. Notre formateur nous taquine un peu (à 8h30, il inscrit : "H-3h30" au tableau) et tente, tant bien que mal, de nous "changer les idées" en nous focalisant sur l'entretien d'EPS, entretien que nous ne passerons pas tous, nous le savons. Je regarde ma montre toutes les cinq minutes, tout comme ma voisine. On entend des soupirs, des "j'ai mal au ventre". Quoi de plus normal si près des résultats ?

10 h 30. Notre formateur quitte la salle pour aller faire des photocopies. Chacun s'excite sur son siège, s'impatiente, se plaint. Cécile regarde son téléphone. Devient rouge comme une pivoine. La classe s'immobilise. Silence de mort. Enfin, quelqu'un ose se risquer à poser la question qui nous brûle les lèvres à tous : "C'est les résultats ?". Elle lève les yeux et murmure : "Oui. Ca y est, ils sont affichés au Rectorat, une amie les a consultés. Elle vient de m'envoyer un texto."

Branle-bas de combat, tout le monde sur le pont ! Soudain, c'est l'hystérie collective. Certains se lèvent déjà. Je me mets à trembler comme une feuille. D'autres restent pétrifiés. Notre formateur revient, nous trouve dans cet état de fébrilité, et admet qu'"on ne peut continuer à faire classe dans ces conditions". D'une compréhension à toute épreuve, il accepte de clore le cours, et nous voilà tous à cavaler dans les couloirs, en espérant que les résultats soient déjà affichés à l'IUFM. Je n'en peux plus. Il me semble que le sol se dérobe sous mes pieds. J'ai peur. Je n'ose y croire. 

Misère... Les résultats ne sont pas encore affichés, et le site du rectorat est toujours fermé. Un quart d'heure d'attente, interminable : jambes qui flageollent, larmes qui montent aux yeux... Et tout à coup, Aline déboule, triomphante : "Ca y est ! Les résultats sont sur Internet !". Je ne me précipite pas. De toute façon, les ordinateurs de l'IUFM sont occupés. Déjà, certaines personnes de ma classe connaissent leurs résultats. Certains vont vomir, d'autres pleurer dans un coin. Ceux qui réussissent ont la joie discrète, par respect pour leurs camarades moins chanceux. C'est mon tour... Le coeur battant, je cherche mon nom de famille...

J'y suis ! J'y suis, Victor ! Oui, c'est bien moi : je relis trois ou quatre fois mes nom et prénom pour m'en assurer ! Je n'y crois pas...

Mes amies les plus proches ont également les écrits. Nous tombons dans les bras, nous embrassons comme si nous avions déjà le concours. Pur moment de grâce. J'appelle ma mère. Je me mets à pleurer en raccrochant. Une vraie gamine. Je n'ose y croire. Moi, Mirabelle, je vais aux oraux, malgré les mathématiques ! C'est inespéré ! Que je suis fière de toi ! J'ai pensé à toi, tu sais ! J'avais si peur d'échouer, Victor. Si peur de décevoir ma famille, mes collègues de la blogosphère... Si peur de te décevoir, toi ! Votre soutien à tous m'a fait tant de bien, je ne vous remercierai jamais assez...

Merci !

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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