XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Les efforts ne sont pas toujours payants. Samedi matin, j'appelle celui qui est censé être mon cher et tendre. Il me propose de se voir l'après-midi même : je refuse, en précisant que moi, Mirabelle, j'ai tout de même un concours à préparer, un concours qui se rapproche à grands pas... Il ne voudrait tout de même pas que je le rate ! Non, non, bien sûr que non, me dit-il. Me voilà rassurée (provisoirement). En revanche, que fait-il ce soir ? "Je profite de ma soirée". Bien. J'ai toujours été estomaquée par cette phrase. Profiter de sa soirée... Qu'est-ce que ça veut dire ? Dois-je comprendre que passer du temps avec moi ne rime pas avec le verbe "profiter" ? Ces cinq mots me blessent, c'est vrai. Il a dû dire ça sans penser à mal. A ses yeux, cela ne veut pas forcément dire qu'il préfère profiter sans toi. Mais enfin, il faut bien avouer... C'est tout de même maladroit !

Justement. Il sait depuis toujours que c'est typiquement le genre de phrase qu'il ne faut pas me dire, qu'il ne faut PLUS me dire. Il le sait. Il proclame haut et fort qu'il m'aime, qu'il va changer, que nous allons être heureux... Et là, je retrouve le J. d'il y a quelques mois, celui qui n'essayait même plus de me séduire ! C'est tout ça que je voulais retrouver, tous ces instants de séduction, de complicité, de gentillesse, de considération ! Je ne sais pas si vous pourrez les retrouver un jour... Les premiers moments d'un couple sont les premiers moments. La séduction, c'est le mystère, l'inconnu. Votre histoire a duré plus de deux ans... Il me semble utopique de chercher à reproduire les sensations des débuts...

Alors, cruche comme je suis, je le relance, via MSN : que dirait-il d'aller voir "L'âge de glace 2" ? Nous avions vu le premier ensemble, j'entretiens une certaine tendresse pour le temps qui passe, et par conséquent, j'y vois un symbole de la longévité de notre couple. Quelle naïveté ! On voit bien que tu as encore tout à apprendre de la vie, ma petite Mirabelle ! C'est exactement ce que je me dis avec le recul. Et malgré toute la tendresse sous-entendue que je mets dans cette forme interrogative, Monsieur ne me répond que par un "ok" du genre "oui, s'il n'y a que ça pour te faire plaisir, je veux bien sacrifier ma soirée...". Mouiii... Dis plutôt que c'est ainsi que tu l'interprètes ! Certes.

En fin de journée, harassée par un dur après-midi de labeur (biologie, français, géographie et... mathématiques !), je me prends à rêvasser d'un repas aux chandelles, en amoureux, un repas de caresses, de sourires, de compliments, de baisers. Ce genre de scènes extrêmement romantiques qui m'ont toujours fait papillonner des yeux et qui ont toujours... fait soupirer J., évidemment. Et pourtant... Zou ! Je tente ma chance ! Et là... Réponse : "Euh... Non. Je passe te chercher pour aller au ciné vers 20h.". Bien. Il a dit ça ? Oui. D'une manière terriblement spontanée et irréfléchie. J'ai longtemps hésité avant de nous redonner un chance. Il le sait pourtant. Il doit savoir aussi que mes doutes ne s'estomperont que si, de son coté comme du mien, nous faisons de gros efforts pour nous reconquérir l'un l'autre. Il l'a oublié, tout ça ? Il a la mémoire courte, voilà tout ! Quel dommage... Où est le coup de baguette magique dont il me parlait ? Je me le demande... Et je me le demande aussi ! Il serait temps qu'il se réveille, ce jeune homme ! Quoi que je me demande si la magie a grand chose à voir avec la reconstruction d'un couple. Euh... Mirabelle, j'ai une petite question : c'est quoi, cette image ? C'est une image extraite des "Sims". Les Sims ? Un jeu qui fait fureur. Et pourquoi l'as-tu choisie ? C'est très simple : parce que je suis prête à parier que c'est ainsi que J. va profiter de sa soirée : scotché à son ordinateur. Chacun voit midi à sa porte...

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Le destin m'a fait signe ! Ca y est ! C'est arrivé ! Et sous la forme d'un beau jeune homme hollandais... Ce n'est pas possible ?! Tu as enfin remarqué qu'il y avait d'autres garçons sur Terre que ton J. ? Ne plaisante pas avec ça, Victor. Je ne suis pas en train de te dire que c'est le coup de foudre, mais comment dire... Ce spécimen attise ma curiosité !

C'était en cours de philosophie de l'Education. Un grand brun comme je les aime, avec une jeune fille, que notre formateur nous a présentés comme des "étudiants se destinant à l'enseignement du français". J'ai d'abord cru qu'ils étaient américains, déjà enchantée à l'idée de pouvoir lier conversation dans ma langue favorite. Pourquoi américains ? Il était beau comme un américain. Avec un tee-shirt "77" typique ; et elle était noire, un peu... Costaud, avec une canette de Coca Cola à la main. Mais non... Ils sont hollandais !

Coup de bol : j'étais assise pile en face de lui. J'ai donc pu l'admirer à loisir pendant les trois heures de cours, en vérifiant tout de même de temps en temps que personne dans la classe n'avait perçu mon regard émerveillé devant cette splendide créature. De toute façon, je n'étais manifestement pas la seule à lui porter de l'intérêt, puisque j'avais entendu des mumures féminins dès qu'il avait passé la porte : "ohhh... Regarde celui-là, il est trop beau !", "Hummm... J'en ferai bien mon quatre heures !". Ce genre de chuchotements, vois-tu, mon Victor, ne laisse bien évidemment aucun doute sur le succès de mon Apollon. Et, par voie de conséquence, sur son physique ô combien appétissant !

Et J., alors, dans tout ça ? Je pensais que tu voulais que je l'oublie ? Oui. Enfin, disons que je ne pense pas que vous puissiez encore vous rendre heureux, mais je me demande ce qui se passe dans ta petite caboche. Ma caboche va très bien aujourd'hui, Victor, merci. J'ai décidé de prendre la vie comme elle vient, d'être "légère et inscouciante". Il se trouve qu'Arno (car c'est le prénom de mon bel hollandais) a été envoyé par le ciel pour me remonter le moral, et je compte bien en profiter ! Tu veux dire qu'il va se passer quelque chose avec ce garçon ?!? Mais tu ne le connais ni d'Eve ni d'Adam !! Comme tu t'emballes... Je n'ai jamais dit pareille chose. Eh bien alors ? Ne me fais pas languir plus longtemps, enfin, tu vois bien que je piaffe d'impatience !

Il me plaît, c'est un fait. Et sans doute le destin m'a-t-il transformée, le temps de la matinée, en une jeune fille entreprenante et déterminée... Car, (mon dieu, je n'y crois toujours pas, c'est moi qui ai fait ça !) j'ai été lui parler, nous avons même mangé ensemble, avec toute la petite bande de notre classe. Il était en face de moi (encore !), mais cette fois nettement plus près, ce qui n'était pas désagréable pour mes mirettes. Nous avons parlé politique, système éducatif, en comparant la société française à la société hollandaise. Et tout ça, s'il vous plaît, dans un français de qualité ! Et en plus, avec une modestie à couper le souffle, puisqu'Arno s'était d'abord excusé de ses (rares) bafouillis en expliquant qu'il "n'avait pas parlé français depuis deux ans". Epatant donc !

Seul point noir de la journée : le ton taquin de mes camarades de classe. Arno venait à peine de quitter la cantine qu'Aurélie riait déjà. Quant à Sophie, elle me donnait des coups de coude et s'esclaffait. Morceaux choisis parmi petites boutades :

- Il te plaît ou quoi ? Tu étais une vraie piplette ! Et en plus, tu étais toute rouge !

- C'est vrai ! Ca m'a beaucoup étonnée ! Je ne t'ai jamais vue aussi excitée à table ! On peut dire que tu étais motivée pour entretenir la conversation !

Que voulais-tu que je réponde à ça, Victor, franchement ? Il n'y a pas grand chose à répondre, j'imagine... Surtout si effectivement il te plaît ! Oui, il me plaît, je te l'ai déjà dit. Mais ma réflexion se situe à un autre niveau... Et lequel ?

Au niveau du rêve. Il est hollandais. Magnifiquement exotique. Visiblement gentil comme un coeur. Il reste en France pour trois mois. Quant à moi... Moi, Mirabelle, je suis seule, déçue, désemparée. J'écoute ma copine Sophie qui affirme que "ce dont j'ai besoin, c'est de sortir, de m'amuser, de rencontrer d'autres garçons, voire de me consoler avec". Et peu à peu, l'idée fait son chemin. Je ne parle pas d'une grande histoire d'amour. Parce qu'une grande histoire d'amour, je viens d'en vivre une, et je ne suis pas encore prête à en entamer une autre. Je veux juste... Vivre. Et oublier. Et reprendre espoir.

Et tu crois que tu lui plais ? Non. Je ne me suis d'ailleurs pas posé la question. C'est tout à fait improbable. Si encore j'étais jolie, j'envisagerais la situation différemment, mais là... Il ne manquait plus que ça ! En plus de la dévalorisation psychologique, la dévalorisation physique ! Tu sais qu'il faut te supporter, toi ?!? Je ne m'aime pas, je ne m'aime pas... Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Bref. Là n'est pas le sujet. Ce que je veux, c'est rêver. J'ai besoin d'un peu de légèreté. J'en manque cruellement en ce moment. Je veux juste imaginer que c'est possible avec ce garçon, même si, au fond, je sais pertinemment que cela ne l'est pas (surtout que j'ignore s'il a déjà quelqu'un dans sa vie, mais vu son physique de mannequin, cela m'étonnerait grandement qu'il soit célibataire). J'aime imaginer une jolie histoire de trois mois, où je lui ferais découvrir ma Normandie, où on rirait de nos différences. J'ai envie de me faire des souvenirs...

Et puis, j'ai surtout envie d'écouter le destin, qui doit se dire qu'il est grand temps que j'arrête mes gérémiades de madonne et qui m'envoie ce garçon, comme ça, pour voir, juste pour que je rêve, que j'espère... Et que je me dise que la vie est belle et pleine de surprises !

 

 

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Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Journée spéciale que celle d'aujourd'hui. Pourtant, rien d'extraordinaire au tableau a-priori... Une journée banale. Pourquoi est-ce une journée spéciale alors ?

Parce que je suis en train de tourner la page. Ca y est, J. ne t'appelle plus ? Si. Mais à la différence des autres jours, je ne réponds plus. Je suis si lasse de tout ça. Triste aussi, c'est vrai. Mais je lui en veux. De quoi ? De ne pas avoir cru, en lisant mon mail de dimanche, qu'il était vraiment en train de me perdre, et pour toujours. Il a dû penser que c'était une énième crise... Quel mail de dimanche ? De quoi parles-tu ? Ah oui, c'est vrai... Je ne t'ai pas raconté ça...

Dimanche soir, j'ai été saisie de folie. Il me manquait. Il me manquait tellement que j'étais prête à tout, prête à l'appeler, à le supplier, à pleurer. C'était un manque irrationnel, physique, psychologique. Tout à la fois. Je ne pouvais concevoir ma vie sans lui. Je l'ai donc appelé. Je lui ai dit que je l'aimais, que l'amour devait être plus fort que toutEt lui... Lui m'a répondu : "Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?". Tu vois, Victor, une telle réponse peut te faire comprendre beaucoup de choses. Beaucoup. Et là... Là, j'ai compris que je n'avais strictement plus rien à attendre de luiJe comprends que cela t'ait refroidie...

Alors, j'ai cédé. Cédé à ce que je refuse depuis plus d'un mois : la vengeance. La haine. La colère. J'ai eu envie de lui faire mal, je l'avoue. De lui faire payer mon espoir, mon désespoir, ma résignation... Je lui ai écrit un mail. Une sorte d'ultimatum déguisé. Je lui disais qu'il allait me perdre, pour de bon. Pourquoi m'avait-il laissée partir ? Pourquoi n'avait-il pas tenté de me retenir ? D'être à la hauteur ? De m'aimer pour de bon, en étant adulte, mature, réfléchi ? J'avais tellement cru que J. et moi, c'était pour toujours... J'en étais encore tellement persuadée en écrivant ce message. Je l'aimais encore tellement... Et je sentais pourtant, d'une manière si effrayante, que j'étais à deux doigts de m'envoler de mes propres ailes, de le fuir, de faire ma vie, mais sans lui, définitivement. C'est ce que j'ai tenté de lui faire comprendre. Il n'a pas réagi. Il m'a laissée partir. Et cela a été trop tard.

Je lui en veux. De ne pas s'être battu pour moi, pour notre amour. De pas avoir su réagir sur le moment. De m'avoir traitée par dessus la jambe. De m'avoir dit ce qu'il avait envie de me dire, sans se préoccuper de mes sentiments.

Et surtout, de ne pas avoir tenu assez à moi pour me retenir quand il le fallait. Maintenant, j'ai fait mon choix. Et c'est trop tard. Je veux vivre ma vie, une autre vie, une autre que celle que j'ai vécue avec J. pendant deux ans. Je veux me construire un nouvel avenir, de nouveaux projets. C'est assez cruel pour lui, le pauvre... Ne le plains pas, Victor. Je vois à tes sourcils froncés que tu me juges, que tu m'estimes injuste. Mais je n'accepterai plus qu'on me traite ainsi. Je veux quelqu'un qui m'aime et qui me respecte, et qui le fasse NATURELLEMENT. Qui soit assez mûr, assez adulte pour reconnaître ses erreurs et s'en excuser. Pour me donner des preuves d'amour qui en soient de réelles, et pas seulement de grandes phrases, lancées quand on balise, quand on se dit : "il faut que je rattrape le coup, elle m'en veut vraiment, il faut que je rattrape le coup...". Je ne veux plus de tout ça. Et J. n'est pas capable de m'offrir ce que j'attends. Il ne changera pas. J'ai renoncé...

Il a eu beau s'excuser dans ses messages, dire qu'il m'aime et que tout le mal qu'il m'a fait n'était pas intentionnel... Faute avouée n'est pas pardonnée. Je ne le pardonnerai pas.

 

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Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Peut-on changer par amour ? Du moins, le crois-tu, toi ? Humm... Je ne sais pas. Changer radicalement, peut être pas, mais on peut faire des efforts, évoluer... Pour l'amour de l'autre, oui... Je crois que c'est possible... Il faut toujours espérer... Pourquoi cette question ?

Je suis indécise. Partagée entre l'espoir et la perplexité. Peut-on changer du tout au tout ? Pour et par l'amour de quelqu'un ? Peut-on faire des efforts sur le long terme ? Toutes ces questions, je me les pose. Et d'où viennent ces interrogations ? De J., de moi, de nous deux... Des doutes qui ne m'ont jamais quittée. De la sensation d'être passée à côté de quelque chose...

Avons-nous fait tout notre possible pour être heureux ? Nous sommes-nous aimés assez pour y parvenir ? Quels arguments font pencher la balance en faveur de la rupture ou de la réconciliation ? Qu'est-ce qui fait qu'on revient ? Que l'on reste sur ses positions ? Que l'on réfléchit, encore et toujours ? Que l'on parte, que l'on revienne, que l'on se quitte encore...? Qu'est-ce qui joue dans nos choix ? Comment peut-on aimer d'une manière aussi confuse ?

Une deuxième chance. Faut-il l'accorder ? La refuser ? Deuxième chance... La dernière ? Est-on sur ses gardes ? Se jette-on corps et âme dans la renaissance d'une histoire que l'on croyait perdue ? De toute façon, tu n'obtiendras de réponses à toutes ces questions que si toi-même, tu expérimentes réellement ce qu'est une deuxième chance. C'est un risque, d'accord. Mais qu'y aura-t-il au bout ? Une désillusion complète et définitive, ou de l'espoir, encore ? Assez de sentiments pour continuer ? Des exigences revues à la baisse ou au contraire, peu à peu satisfaites ?

On dit que le naturel finit toujours par prendre le dessus... Que la vie est plus forte que tout, qu'elle vient à bout de tous, même des couples les plus acharnés. Comment qualifier celui que nous étions ? Peut-on évoluer ? Pacifier une relation ? J'ai peur d'être happée par mes idéaux, Victor... Tu connais le Phoenix ? Bien sûr ! C'est une créature mythique qui renaît de ses cendres ! Où veux-tu en venir ?

Je ne sais si mon amour a été réduit en cendres. Et parfois, dans un petit creux de ma tête, dans un petit creux de mon coeur, j'espère qu'il soit comme ce phoenix, capable de renaître de lui-même, et beau, beaucoup plus beau qu'avant. Est-ce utopique, dis, Victor ? Je ne sais pas. Je n'irai jamais condamner personne d'avoir la foi, d'espérer. C'est un grand sentiment, et en cela, il est bon de le cultiver. Cependant... Oui ? Je pense que tu ne poses pas bien le problème. Il n'y a pas de généralisation possible sur le couple. Il n'y a pas UN modèle : chacun fait ce qu'il peut ! Personne n'ira te juger. Personne n'ira critiquer ta volonté d'y croire encore, de donner sa chance à quelqu'un qui t'a fait souffrir. Non. Personne n'ira dire que tu aurais dû faire autrement. Personne n'est à ta place. Tu es seule maîtresse de ta vie... Et de tes amours. Et puis, permets-moi de te dire... Quoi ? Eh bien...

Tu poses beaucoup de questions, mais pas des plus centrales. Pas des plus significatives. Tu esquives le fond du problème. Je n'esquive rien du tout ! Oh, s'il te plaît ! Je commence à te connaître... J'apprends à cerner ton personnage. Tu fais de grandes phrases, de beaux discours, tu soulèves des interrogations que tu crois être existentielles, mais tes questions, à toi, tes questions personnelles, tu n'y réponds pas... Pour la simple raison que tu n'oses même pas te les poser franchement ! Ah oui ! Tu crois ça ?! Vraiment ?! Alors lesquelles, dis-moi ?! Lesquelles ?!

As-tu réellement envie de voir renaître cet amour ? Le jeu en vaut-il encore la chandelle ? De quoi as-tu peur ? Hein, Mirabelle ? De quoi as-tu peur ?

 

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Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

C'est fou comme la mémoire joue avec nous. Tout à l'heure, en me connectant sur MSN, je constate que le meilleur ami de J., JB de son prénom (ou plus exactement, d'après les initiales de son prénom, Jean-Baptiste, à l'origine...) semble avoir changé de photo sur sa carte de visite. Curieuse comme je suis, je clique dessus, le coeur léger. Malheur à moi... Douche froide.

C'est J., là, sur sa belle moto noire. Derrière lui, fier comme un gamin, le grand JB. Je la connaissais, pourtant, cette photo... Leurs airs d'enfants émerveillés m'avait touchée. J'avais beaucoup de tendresse pour cette photo... J'en ai toujours beaucoup.

Je l'ai contemplée pendant trois minutes. Le coeur battant. Submergée par la tristesse. Des petits détails me sont revenus. Son jean, ses tennis... Ce blouson qu'il me prêtait pour nos virées à moto. Un blouson dans lequel je me noyais, mais je sais qu'il aimait que je le porte... Et j'avais toujours un plaisir particulier à me sentir flotter dans ce vêtement trop grand, enveloppée par le parfum de J., avec le sentiment naïf d'être protégée.

J'ai été triste, Victor, en regardant cette photo. Triste de constater que certains détails que j'affectionnais plus que tout n'ont plus leur place dans ma vie. Ses tennis, par exemple, qu'il retirait à l'entrée. Son jean, qu'il laissait négligemment en bouchon sur la chaise de mon bureau. Il a suffi d'une photo, de cette photo, pour que la mémoire frappe à ma porte. Je la baillonne, ces derniers temps...

Si je te parle de tout ça, Victor, c'est parce que peu à peu, je prends conscience que c'est ça, aussi, faire le deuil d'un amour. Renoncer à des petites choses... Etre surprise, encore, par l'attachement. Prendre une claque quand la mémoire refait surface.

Et quelle est cette image jointe à l'article ? C'est un tableau de René Magritte. Plus parlant qu'un long discours : cet oeil, c'est le mien en regardant cette photographie. Dans cette pupille, ces détails, perçants, précis. Qui ne reviendront pas. Qui ne sont plus (et ne seront plus) que des souvenirs...

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Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 5 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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