XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 31 décembre 2006
Mon cher Victor,

Demain, nous serons en 2007, Mirabelle ! J'espère que tu vas nous concocter un magnifique petit article à propos de la nouvelle année ! Tu vois, par exemple, le temps qui passe, l'amour qui reste... Ce genre de discours un peu sucré dont tu as le secret ! Alors là, tu vas être bien déçu ! J'ai un problème avec le Nouvel An. Si si, vraiment. Je n'aime pas le Nouvel An. Ca me stresse. Ca te stresse ?!

Tout d'abord, l'idée de passer au chiffre des unités supérieur ne m'enchante pas particulièrement. Mais c'est une nouvelle année qui commence ! Une nouvelle année qui commence ? Sur les calendriers sans aucun doute, mais depuis toujours, j'ai la désagréable sensation que les années s'enchaînent dans la continuité (je ne parle évidemment, que de mon cas propre). En progressant ! Ecoute ! Ta situation en 2007 sera, si tout se passe bien, sensiblement différente de celle de 2006 ! Tu prendras ton indépendance, tu... De ce point de vue là, je ne peux pas te donner tort. Mais enfin, qu'est-ce que tu veux dire ? Pourquoi n'aimes-tu pas les fêtes de fin d'année ? Et puis je croyais que tu aimais Noël !

J'aime Noël, effectivement. Cependant, je ne supporte pas le Nouvel An. Trop de pression. Mais quelle pression ?! Quelle pression ?! Celle de l'année à venir, justement Le Nouvel an, c'est un bilan sur l'année passée et un espoir vers celle à venir. Avec ces foutues bonnes résolutions. Dont tout le monde sait pertinemment qu'elles ne seront pas tenues. Que tu es négative... Tu n'as pas de résolutions, toi ? Si, j'en ai, mais à quoi cela sert-il de les formuler si je sais que je ne pourrai pas les tenir ? Dis quand même ! Etre une petite amie moins chiante, par exemple. Et geindre moins. Parce que je geins trop, Victor. Ca, je ne peux pas te dire le contraire ! Et puis prendre confiance en moi... Tout ça, ça ne me dit pas pourquoi tu ne supportes pas le Nouvel An !

Parce qu'on est obligé d'être heureux et optimiste quant à l'avenir. Lever sa coupe de champagne, souhaiter le meilleur à tous (même à des gens que nous n'avons vu ni d'Eve ni d'Adam). Dire combien on est heureux qu'une année se termine et qu'une nouvelle naisse ! Je trouve tout ça assez... Forcé. Cela manque de spontanéité. Le 31 Décembre, il faut être heureux. Si on n'est pas heureux, on passe tout de suite pour le rabat-joie de service. C'est cette pression du tout-le-monde-doit-être-heureux qui m'agace. Parce que je ne sais pas faire semblant.

Alors tu préfèrerais rester toute seule chez toi, terrée dans ta chambre, ou alors comme un légume devant ton poste de télévision plutôt que de passer un agréable moment avec des amis ? Je ne dis pas ça. D'ailleurs, fais-tu quelque chose de spécial cette année ? Une soirée avec mon Mystérieux Inconnu et ses amis. Et cela ne te fait pas plaisir ? Si je me répète que ce n'est qu'une soirée, si, bien sûr. Mais si je commence à me dire qu'il FAUT avoir l'air heureux, cela me donne envie de prendre la poudre d'escampette.

Tu es bien étrange... Tu es jeune et tu raisonnes comme un vieux croûton qui connaît tout de la vie ! Amuse-toi, Mirabelle, et tu verras que tu n'auras pas besoin de faire semblant pour avoir l'air heureuse ce soir du 31 Décembre ! Je vois que je t'ai plombé le moral... Je me disais juste que je pouvais être sincère avec toi et nos lecteurs. Enfin... Oui ? Bonne année quand même, Victor, ainsi qu'à nos lecteurs, bien sûr !
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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Jeudi 25 janvier 2007
Mon cher Victor,

Juste parce que c'est beau et que... J'en reste sans voix ! Une conversation silencieuse alors... Chutt... Regarde ! Tu vas faire peur aux flocons !




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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Mercredi 11 avril 2007
Mon cher Victor,


IMG-0141.jpg Lundi, mon Mystérieux Inconnu et moi-même nous sommes rendus chez des amis, pour une barbecue party, sous un soleil RES-PLEN-DIS-SANT. Les amis en question ne sont autres que les parents de cette petite puce, aujourd'hui âgée de six mois et qui, en ce mois d'avril, a grandi sous les traits de cette petite princesse, sur la photo que j'ai attachée à droite de ce paragraphe. Elle est choupinette, cette crevette... Très choupinette. J'aurais d'ailleurs pu insérer une vidéo (en imaginant que je sache le faire...) assez coquinette, où on se demande du bébé ou de l'adulte qui babille le plus. Et évidemment, l'adulte c'est toi ? Ce n'est pas si simple ! Sur la vidéo, on m'entend moi mais on entend aussi la maman ! Ah. Bon. De toute façon, le problème ne se pose pas, je ne sais pas insérer de vidéo. Elle est belle Clara, hein, Victor ? Oui, mais je te l'ai déjà dit. Bref. Je dois dire que lundi, j'étais ravie de retrouver le bébé. Elle était dans son petit siège, sur la table, on aurait dit une petite reine. Et je suppose que tu l'as bisoutée et complimentée... Bien sûr. Je n'allais pas bouder mon plaisir. Parfois, ça frôlait l'indécence tellement je m'extasiais. Humm... Ca ne m'étonne guère ! Et tout ça pour dire quoi, Mirabelle ?

A ce barbecue étaient aussi invités Gaetan et Ingrid, parents d'un petit Nolan, de trois semaines plus âgé que Clara. Un blondinet adorable, avec un sourire à tomber. Tu étais donc encerclée par les bébés ! On peut le dire, oui. Et je parie que ça ne te gênait pas le moins du monde ! Non, pas du tout. Bref. Ingrid et Aurélie, vers midi, se sont atelées à la looongue tâche de donner à manger aux petits. Les garçons, dehors avec les chiens (oui, c'était vraiment une journée Famille Chicorée, une journée comme je les aime...), préparaient le barbecue. Moi, en future maman (ne me regarde pas comme ça, je ne suis pas enceinte mais je serai forcément maman un jour, hein ?), j'observais avec attention ces deux mères à l'oeuvre. Nolan dans la chaise haute, Clara dans son siège, et les mamans qui goûtaient les boullies en fronçant les sourcils (est-ce assez chaud ?) et comparant les saveurs des petits pots de leurs chérubins ("Aujourd'hui, Nolan mange "veau et haricots" !", "Et Clara c'est "dinde et petits pois" !"). J'oberve les cuillères entrer dans les bouches, écoute les babillements gloutons des bébés, aide à essuyer les lèvres minuscules et les mentons potelés avec les bavoirs, caresse des petits bouts de jambe au passage. Tu buvais donc du petit lait ! Eh bien... J'étais partagée entre le ravissement et la frustration. Ah... Toujours cette envie de bébé ? Eh oui. Elle ne me quitte pas. Pire : elle grandit de plus en plus.

Après le repas, c'est sieste pour les angelots. Pendant ce temps, les adultes dégustent le barbecue et surveillent les chiens (au nombre de trois, je te laisse imaginer le ramdam...). Nous profitons. Et j'ai hâte que les petits se réveillent de la sieste. C'est de l'obsession à ce stade ! J'en ai bien peur. Après le repas, les hommes nous quittent pour aller "faire un foot" (nous frôlons, à ce propos, le remake d'un épisode d'"Hélène et les garçons", chaque homme allant faire un "petit bisou" à sa femme) et nous nous retrouvons entre femmes à manger du chocolat au soleil (il faut faire fissa, le chocolat fond !) en attendant le réveil des chérubins. A trois heures et quart, Ingrid va chercher Nolan qui braille dans son lit, et Aurélie récupère Clara qui gazouillait tranquillement dans le sien en attendant qu'on la prenne dans les bras. Je retrouve mon statut de pas-encore-maman avec toujours la frustration au ventre et regarde les déjà-mamans préparer les poussettes.

Il est convenu que nous rejoignions les hommes sur le terrain de football, avec chiens et enfants. Cette opération, au premier abord enfantine, se révèle finalement cauchemardesque puisque les chiens tirent dans tous les sens, les laisses s'enroulent dans les poussettes, je manque de m'écraser dans le gravier en retenant le Golden qui s'est détaché et Aurélie s'écartèle en tentant de ramener les deux autres. Résultat, alors que nous avons mis cinq minutes pour faire vingt mètres environ, c'est retour à la case départ : nous allons enfermer les chiens dans la maison pour repartir tranquillement avec les bambins.

Me voilà à marcher entre deux poussettes.
Les mamans causent de leurs progénitures, évidemment. Et moi, je suis entre les deux. Un peu mal à l'aise mais surtout très très très frustrée. Coincée entre les deux. Et très très très très très très très frustrée. Parce que je n'ai pas de poussette et encore moins de bébé dedans. Parce que je n'ai pas de petits petons qui battent et des gazouillis face aux oiseaux qui chantonnent. Ca viendra... Oui, je sais, ça viendra. Sauf que je voudrais que ça arrive vite, vite, vite, vite. Je ne pense plus qu'à ça, j'en rêve la nuit. Je me vois à la première échographie, je me vois dans les magasins de fringues pour bébé, je me vois à la piscine avec un gros ventre, je me vois annonçant la nouvelle à mon entourage, je vois mon Mystérieux Inconnu papa, je vois ma maman grand-mère, mon papa grand-père, ma petite soeur tata et par dessus tout, plus fort que tout... Moi maman. Mais pour l'instant, je ne suis que frustrée entre deux poussettes...
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Vendredi 29 juin 2007
Mon cher Victor, unan.jpg

Il y a un an, j'étais en pleine opération gambergeage "vais-je réussir ?". Aujourd'hui, je suis en pleine opération gambergeage "vais-je avoir un poste correct ?".
Il y a un an, je n'avais qu'un mot à la bouche : "concours". Aujourd'hui, c'est "poste".
Il y a un an, je voyais encore les PE2 comme les dieux de l'IUFM, superpuissants et infaillibles. Aujourd'hui, je sais qu'il n'y a d'infaillible que le courage qu'on se donne à être enseignant, à faire du mieux que l'on peut.
Il y a un an, la vie s'ouvrait tout autour de moi, pour moi. Je rêvais de l'Angleterre. Aujourd'hui, je suis encore un peu une  English girl, un tout petit peu. Cette magnifique parenthèse me manque encore, parfois. Comme quelque chose qui ne reviendra pas.
Il y a un an la perspective des stages en responsabilité m'angoissait au plus haut point. Aujourd'hui, c'est d'avoir une classe toute l'année qui m'angoisse... Mais m'enthousiasme !
Il y a un an, je faisais ce que je pouvais pour avoir le permis avant ma PE2... Aujourd'hui, je fais ce que je peux pour l'obtenir avant ma prise de poste !
Il y a un an, j'attendais les résultats du concours. Aujourd'hui, j'attends la liste des postes. Aujourd'hui, je vais formuler mes voeux. D'après la rumeur (et les syndicats !) il ne reste que des CLIS, des SEGPA et  des Directions. 
Ca passe vite, une année, Victor. Tant de choses évoluent. Dans un an, je ne serai plus la même. Ca donne le vertige.
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Jeudi 5 juillet 2007
Mon cher Victor, bac.JPG


Lundi, je suis passée près d'un lycée de ma petite ville. C'était l'effervescence totale. Des cris. Des rires. Des larmes. De l'hystérie, de la tristesse, du bonheur... Et pourquoi cette effervescence ? C'était les résultats du baccalauréat, pardi ! Ah, c'est donc ça...

Tout ça m'a ramenée cinq ans en arrière. Déjà cinq ans... Ca fiche un coup, quand on le réalise.
Pourtant, cela me paraît loin. Et un peu... Neutre. Neutre ? Oui. Je ne me souviens pas de cette explosion de joie qu'on nous décrit tous les ans dans les médias. Je n'ai pas sauté de joie. Ah oui ? J'avais été voir les résultats avec ma mère et une amie à moi, qui allait au rattrapage. Elle était en larmes. J'ai préféré de ne pas triompher. C'était délicat de ta part... 

Je me souviens juste avoir dû me faufiler entre les lycéens pour parvenir jusqu'à la liste. J'ai cherché mon jury. Fini par trouver mon nom. Mention Bien. Je ne m'y attendais pas. Et pourtant, je n'ai pas été folle de joie, même intérieurement. Tu aurais pu, pourtant ! Je savais que j'aurais le bac. Cela fait sans doute très prétentieux de dire ça mais c'est la vérité. J'avais bien senti les épreuves, celle de philosophie et toutes celles de langues, qui sont et restent ma spécialité. J'avais eu de bonnes notes aux épreuves de français en Première, et une note correcte en mathématiques, ce qui n'est pas rien pour moi ! Oui, j'avais cru comprendre que tu n'as pas la bosse des maths ! C'est le moins qu'on puisse dire...

Quand nous sommes rentrées chez moi, ma mère courait dans notre rue en hurlant que j'avais eu une mention. Elle était plus heureuse que toi, en somme ! J'en ai bien l'impression. Ca m'a d'ailleurs fait rire, lundi midi, quand à la radio, j'ai entendu un journaliste dire que lors des résultats "les parents étaient souvent bien plus émus que leurs enfants". Cependant, quand j'ai franchi le seuil de la maison et que j'ai dit à mon père "Bon, ben voilà, j'ai le bac", celui-ci a eu simplement un petit sourire et m'a gratifiée d'un "c'est bien". Ce fut tout.

Quand ma petite soeur passa le bac à son tour, il pleura carrément et manqua de faire une crise cardiaque sous le coup de l'émotion. Ah ? C'est curieux, tout de même, ce revirement... J'avoue en ressentir une petite pointe de jalousie, comme si on m'avait enlevé quelque chose (et tant pis pour ceux qui me traitent de "fille à papa"). Ma mère justifia ainsi cette métamorphose : "Tu sais bien que cela a toujours été plus difficile pour ta soeur que pour toi. Elle a été au rattrapage et ton père avait très peur qu'elle le rate. Alors que toi... Toi... Pfff... Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Mirabelle ? Pour toi, avoir le bac, c'était normal... Une simple formalité.". C'est peut être pour ça, aussi, que tu n'as pas été folle de joie pour toi-même... Tu étais sûre de toi, n'est-ce pas ? Assez oui. Bon. Eh bien alors, c'est normal. Tu étais confiante. Et tu n'as pas été surprise.

Plus j'y réfléchis, et plus je me dis que ce vertige, la sensation d'être au bord d'un précipe que beaucoup de lycéens ressentent devant les résultats du bac, je l'ai ressenti pour le concours. Vraiment. Cela fait un an que je l'ai obtenu comme tu le sais. Et pourtant, à chaque fois que je pense à l'instant où j'ai vu mon nom sur internet, je suis profondément émue. Comme si j'y étais encore. Je me revois haletante. Je ne pouvais plus respirer. Je tremblais de tous mes membres. Je hurlais et je sautais partout dans la baraque. Et ma mère qui me disait de me calmer. Qui, entre deux sanglots, assurait qu'elle allait me claquer si je ne me reprenais pas... Hihihi ! Quoi qu'on en dise, les résultats d'un concours sont incertains. On ne peut jamais être totalement confiant. Parce qu'on a un autre adversaire que soi-même et qu'il s'agit d'être meilleur que les autres. Je me revois en train de pleurer aux entraînements aux 1500 m, en disant à mon père que je n'y arriverais jamais. Je me revois complètement découragée devant mes concours blancs de mathématiques. Et je suis vraiment fière de moi-même. De l'avoir obtenu. En ayant travaillé dur, en ne m'étant pas démotivée.

Alors si je me dis souvent que j'ai "raté" quelque chose le jour des résultats du bac (entre guillemets, évidemment, car je suis tout à fait satisfaite de ma performance lors de l'examen), même si je suis un peu déçue de ne pas avoir explosé de joie, je me dis que je me suis rattapée, quelques années plus tard, avec le concours...
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Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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