XXIeme siecle

Août 2007
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 27 août 2007
Mon cher Victor,

perfection.jpg
Tout d'abord, je tiens à remercier "Pseudo", venue commenter ici récemment et  qui  me permet aujourd'hui d'écrire l'article suivant. Son commentaire m'a fait réfléchir. A quoi donc ? A l'image que véhiculent les enseignants, à ce qu'on attend d'eux.

Tu as été vexée à propos de cette remarque sur ton orthographe ? Eh bien... Vexée est un bien grand mot... Disons que j'ai trouvé ça un peu... Tiré par les cheveux... Tu entends par là que ton orthographe n'est pas aussi catastrophique que le le laissait penser ce commentaire ? Eh bien... Je conçois tout à fait faire des erreurs mais si j'avais eu un niveau si déplorable, crois-moi, je n'aurais pas obtenu le concours ! C'est un argument valable...

Enfin bref. En fait, ce n'est pas sur mon orthographe que je me suis interrogée, mais sur l'image du professeur des écoles. J'ai reçu, parfois, des mails assez désagréables de lecteurs ne comprenant pas l'intérêt de nos conversations. Ils ont le droit, Mirabelle ! Tout le monde n'est pas forcé d'apprécier nos discussions ! Attends un peu la suite avant de monter sur tes grands chevaux... Certaines personnes se sont offusquées du ton humouristique et décalé de nos conversations (enfin, je ne sais si c'est ainsi qu'elles sont perçues par notre lectorat mais c'est du moins ainsi que nous les concevons...) venant d'un professeur des écoles. Ah... Est-ce à dire qu'un hussard de la République se doit d'être parfait, en toute circonstance ? Eh bien, c'est ainsi que je l'ai compris, oui...

Comme l'a dit Rosa Negra, avant d'être enseignante, je suis un individu.
Bon. Si tu connais, toi, un individu qui soit parfait sur notre bonne vieille terre, fais-moi signe sur le champ ! Je ne pense pas que quiconque, sur cette terre, puisse prétendre au titre de perfection... Moi non plus. Bref. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je ne suis pas la même femme dans le cercle privé que dans le cercle professionnel. Dans le cercle privé, il peut m'arriver de laisser passer quelques fautes d'orthographe (nous y revoilàààà ! Tu vois que tu ne digères pas... Mais siii !) contrairement au cercle professionnel, où je suis extrêmement vigilente à l'égard de tout ce qui pourrait porter préjudice aux élèves. Par conséquent, tu relis plusieurs fois les documents que tu comptes distribuer aux enfants, tu prends garde à ton écriture, tu... Voilà ! Ne me coupe pas la parole, tu veux ? Pardon, Victor... Je disons donc que, consciente des responsabilités éducatives qui sont les tiennes en tant que professeur des écoles, tu traques la moindre de tes faiblesses dans le cadre de la classe ! Tout à fait. C'est bon, je peux reprendre la main ? Oui.

J'aimerais revenir un instant sur ma formation à l'IUFM. En fin d'année, on nous a souhaité bonne chance pour notre beau voyage vers la titularisation. On nous a demandé de composer avec nos faiblesses, en des termes qui rejoignaient à peu près l'idée suivante : nous devrons faire avec nos difficultés, les combattre en travaillant sur les domaines avec lesquels nous sommes les moins à l'aise (les mathématiques, en ce qui me concerne...). J'avais été surprise par cette réunion, Victor. Parce qu'on admettait que les professeurs des écoles, avant d'exercer leur métier, étaient des personnes, et en tant que personne, ils avaient leurs forces, certes, et leurs bêtes noires contractées tout au long de leurs propres scolarités. C'est quelque chose que j'ai apprécié. Vraiment. Parce qu'on n'essayait pas de nous faire passer pour les sauveurs de l'humanité. Les choses ont été dites clairement. Sincèrement. Honnêtement. Et tenir compte de nos appréhensions d'individus, de nos forces, de nos faiblesses, m'a donné encore plus envie de faire ce métier, parce que justement, on nous a fait comprendre que nous pouvions y arriver, quel que soit notre passé scolaire, nos lacunes etc. Le mot "perfection" n'a pas été prononcé. Et je t'assure que ça, ça donne la foi.

Bien sûr, cela ne signifie pas qu'on vous aie dit : "vous avez notre bénédiction pour ne pas en foutre une !". Non. Nous avons bien compris que c'est à force de travail et de persévérence que nous parviendrions à devenir de bons enseignants. Ne me fais surtout pas dire ce que je n'ai pas dit ! De toute façon, un enseignant consciencieux ne pourrait, de lui-même, pas se reposer sur ses lauriers. C'est une question de principe. La conception du métier, de sa responsabilité, de son utilité, est en jeu.

Tout ça pour dire que les instits', conscients de leurs responsabilités, sont juste des gens qui font leur maximum pour transmettre des savoirs correctement et pour se montrer dignes de leur fonction, avec exigence et rigueur. Enfin, ce n'est que ma façon de voir les choses, n'est-ce pas... Mais m'est avis que beaucoup de collègues la partagent...
ajouter un commentaire commentaires (5)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Mardi 28 août 2007
Mon cher Victor, painauchoc.jpg
Tout à l'heure, en allant à la pharmacie, je suis passée devant l'école de mon enfance. Il m'arrive souvent de me promener dans ce coin. Ta nature nostalgique t'y conduit régulièrement... Oui. Enfin là, c'était plutôt le besoin pressant de traitement médicamenteux. Bref.

En regardant la grille, la cour de récréation minuscule qui me semblait autrefois immense, en examinant tour à tour l'école maternelle et l'école élémentaire, je me suis dit que j'en avais fait un bout de chemin, un bout de vie, dans cette école. Je me suis dit que tous les enfants, devenus grands, prennent conscience un jour ou l'autre du rôle de l'école sur leur existence. C'est à l'école que j'ai appris à écrire. A l'école que j'ai entraîné mon imagination. A l'école que j'ai souffert sur les groupements en dizaines et unités, à l'école que j'ai éprouvé mon premier sentiment de honte après ne pas avoir su rattraper un ballon en cours de sport. Je revois précisément la scène... C'est à l'école que les premiers frissons d'amitié sont apparus, à l'école que j'ai admiré mes maîtresses, souhaitant de tout mon coeur être à leur place un jour. A l'école que j'ai eu mes premiers petits amoureux.

J'ai toujours aimé l'école. Malgré les mathématiques, la géométrie et l'éducation physique ? Oui, malgré tout ça. Parce qu'il y avait aussi les rédactions, celles que la maîtresse lisait devant la classe en me félicitant pour mon style, parce qu'il y avait la grammaire, que j'adorais (mais oui, c'est vrai...), parce qu'il y avait les récréations, les "tb" sur les cahiers. Ton appréciation est bien personnelle, Mirabelle... Bien d'autres enfants n'ont pas dû aimer l'école, éprouvant plus de difficultés en classe... Certainement. J'ai d'ailleurs énormément d'adultes autour de moi qui affirment avoir été dégoûtés par l'école. J'ai eu de la chance.

En passant devant mon école, soudain, je me suis revue. Comme si j'y étais. C'était un jeudi soir. Ma maman était venue me chercher, comme tous les jeudis, mon père ayant une réunion, comme tous les jeudis. J'avais mon cartable sur le dos et je me réjouissais de quitter l'école. Après le traditionnel bisou et le "tu as passé une bonne journée ? Qu'as-tu fait de beau, aujourd'hui, chérie ?", je lui racontais mes aventures de la journée (la dispute avec Clémence, le 0 faute en dictée, le problème de mathématique, les bêtises d'Aurélie...) alors que nous poussions la porte de l'école maternelle pour aller chercher ma petite soeur. Une fois la cadette récupérée, ma maman sortait alors un petit sac en papier de son cabas. Tous les jeudis, ma maman nous offrait un pain au chocolat. Ils sentaient bon, ces petits pains au chocolat, ils étaient chaud. Nous les mangions sur le chemin du retour, tandis que ma soeur narrait ses exploits de Grande Section et que j'énumérais les devoirs à faire pour le lendemain.

Ca n'a l'air de rien un souvenir comme ça, je le sais bien. Beaucoup d'enfants en ont, du même style. Mais c'est un souvenir que je lie à l'école. J'aimais les jeudis. J'aimais retrouver mon petit pain au chocolat à la sortie et embrasser Aurélie, la bouche pleine de miettes, les lèvres toutes chocolatées, près de la grille. Lui hurler : "A demain Auréééé !", en traînant mon cartable par terre, ce qui me valait toujours une remarque maternelle.

Oui, ça n'a l'air de rien, un souvenir tel que celui-ci. J'en ai vus bien d'autres, des gamins s'en aller la bouche bourrée de bonbons, de croissants ou d'autres sucreries patissières. J'en ai vus bien d'autres, à la sortie de l'école, le cartable traînant par terre, saluant de loin leurs meilleurs copains. J'en ai vus bien d'autres accrochés aux grilles à taner leurs mamans pour le précieux goûter. Oui, j'en ai vus bien d'autres. J'en verrai encore, encore et encore, et tu ne peux pas savoir combien ça me rend heureuse.
ajouter un commentaire commentaires (5)   
publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Mercredi 29 août 2007
Mon cher Victor, patience.jpg
Nous sommes mercredi 29  août. J'aurais dû recevoir mon scooter en fin de semaine dernière. Toujours pas de  coup de fil du garage pour m'annoncer : "Mademoiselle Mirabelle, votre scooter est arrivé !". Grrr... Je reprends l'école la semaine prochaine, l'adrénaline monte, j'en ai des fourmis dans les jambes, je suis prête à dégaîner mon cartable... Il faut croire que le ciel met à l'épreuve ta capacité à gérer plusieurs sources de stress à la fois ! Peut être... Mirabelle, j'ai une idée ! Ah ? Et si nous appelions ton scooter "Désiré" ou "Patience" ? Humm... Cela coinciderait avec ton état d'esprit ! Surtout si ce petit nom peut, en même temps, faire référence à cette s*******e de permis de conduire qui me fait un pied de nez depuis plus de deux ans... Ceci dit, les propositions de nos lecteurs ne sont pas mal non plus... J'espère que tu en as pris note ! Bien sûr ! Pour qui me prends-tu ? J'attends juste d'avoir sa trombine sous les yeux pour faire mon choix et l'annoncer au grand jour de la blogosphère ! En attendant... Tu atte
nds ! Tu m'en sors les mots de la bouche...
ajouter un commentaire commentaires (4)   
publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle
Jeudi 30 août 2007
Mon cher Victor, art.png
Bon alors. Dans mon hebdomadaire préféré (il faudrait d'ailleurs, un jour, que j'évoque avec toi, Victor, le rôle qu'il tient dans ma vie), j'ai lu un article sur la place de l'Art à l'école. Il s'agirait de la renforcer. Il est bien souligné, dans cet article, que cet enjeu éducatif est mis en avant depuis des années déjà (souvenons-nous de la campagne de Jacques Chirac en 1995). Mais l'enseignement qui en est dispensé a-t-il changé ? Les instits' y accordent-ils plus de place ?

Du haut de mon expérience maigrichonne, au regard de ce que j'ai pu observer dans les classes, je me dis que les Arts Visuels à l'école, ce n'est pas du gâteau. Je me souviens, entre autres, d'une IMF chez qui j'avais effectué un stage en début de PE2 (rappelle-toi, Victor, c'était lors de cette séance catastrophe !). C'était une classe de CP-CE1. Ma collègue et moi-même avions fini à quatre pattes sur le sol à nettoyer des flaques entières de peinture. Nous étions remontées en sueur sous l'oeil mi-navré mi-amusé de l'IMF, qui nous avait chuchoté, dans un soupir : "Vous comprenez maintenant pourquoi peu d'enseignants s'aventurent dans la peinture...". C'est une phrase qui m'est restée.

Et elle m'a beaucoup servi. Je l'ai gardé en tête pendant mon SR2, et surtout pour mon SR3 où j'avais en charge le cadeau de la fête des pères. Lourde responsabilité ! Et comment ! J'avais choisi, dans un élan d'ambition, de faire fabriquer aux enfants des dragons porte-crayons. Bon. A l'arrivée, les productions avaient été rebaptisées par les enfants en "lézard" ou "dinosaures", mais je m'étais dit qu'au fond, la dénomination avait peu d'importance, d'autant plus que les produits finis s'apparentaient très peu à des lézards, très peu à des dinosaures, même très peu à des dragons. Ce qui n'empêchaient pas les gosses d'être ravis, je supose... Bien sûr ! Bref. Pour en revenir à nos moutons... Qu'est-ce qu'on disait, déjà, Victor ? Nous parlions de l'Art Visuel à l'école. Voiiiilà ! Je voulais donc en venir au fait que la séance-cauchemar dont je parlais précédemment m'avait été bien utile. Car, au moment de choisir quel cadeau faire aux papas, se posa le problème du caractère périlleux de l'entreprise... Périlleux ?

Pour fabriquer ces magnifiques dragons, il me fallait de l'argile. Or, j'avais dans la classe de sacrés cocos, et je redoutais, envisageant le scénario le plus catastrophique, une bataille d'argile menée par les cinq ou six loulous les plus remuants, et moi, maîtresse débordée, ne sachant plus que faire pour calmer la meute. Ce n'est bien évidemment pas ce qui s'est passé... Heureusement, non. C'est justement là que je veux en venir. J'avais tout mis en place pour que cela ne passe pas ainsi : c'est ce qu'on appelle l'an-ti-ci-pa-tion ! J'avais déplacé les élèves et cassé les paires les plus "si-on-nous-met-ensemble-c'est-la-foire", mis des journaux partout sur les tables et fait preuve d'une extrême fermeté avant la séance : "On pose les mains sur la table et on ne touche pas le matériel avant mon signal !". Ca m'a l'air un peu militaire, ton organisation ! Pas tant que ça. C'est juste que l'Art Visuel est l'une des disciplines les plus "à risque" au niveau des débordements. Il faut donc redoubler d'autorité. Et grâce à tout ça, tout s'est bien déroulé ! Non ? Je ne t'ai pas encore tout dit ! J'ai même omis le plus important ! Quoi donc ? Je n'ai pas fait fabriquer les dragons avec de l'argile, mais avec de la pâte à modeler auto-durcissante.  Tu évitais ainsi l'écueil du "nous jouons avec l'argile-bouillasse". Tout à fait.

Avec le recul (et quel recul ! Cinq mois plus tard !), j'évalue la fabrication de ce cadeau de fête des pères comme le plus grand pic de stress auquel j'ai eu à faire face pendant ce stage. Parce qu'en plus de la phase de modelage, vint le temps de la "peinture du modelage". Ah la la... Distribution méthodique des blouses, silence relatif (mais dont j'étais plutôt satisfaite, dans le fond...), pinceaux qu'on garde bien sagement posés sur le bureau au lieu de les utiliser comme instrument de "chatouille du voisin", remplissage méticuleux des pots de peinture et retroussage des manches en règle. A 16 h 30, les dragons sont peints et regroupés sur une table au fond de la classe, table que j'ai astucieusement (ne te lance pas trop de fleurs, Mirabelle, tu n'es quand même pas la maîtresse du siècle...) débarrassée de ses fichiers de mathématiques. Je suis complètement épuisée et je tire la conclusion suivante : à AUCUN MOMENT on n'a renversé de pot de peinture, à AUCUN MOMENT un enfant n'a décidé de maquiller son voisin, à AUCUN MOMENT il n'y a eu de bataille d'eau aux lavabos. Braavo maîtresse ! Merci.

Bon. Cinq mois plus tard, je me dis que l'art visuel à l'école, c'est possible. C'est long et difficile à mettre en place, il faut penser à tout et il faut être sur le qui-vive à tout moment. Mais ça vaut le coup. Parce que "ça sort de l'ordinaire" (je sais que cela va en faire bondir certains mais j'aime les instants où les enfants "se libèrent"), que les gosses ont du plaisir à entrer ainsi dans un projet artistique, et que leur contact avec l'instit' n'est pas le même que lors des disciplines plus scolaires, plus traditionnelles. J'ai le souvenir d'une récréation où trois ou quatre élèves sont restés avec moi pour "m'aider" à recoller les quelques dragons cassés (l'inconvénient de la pâte à modeler auto-durcissante, c'est que justement, cela durcit très très vite, ce qui rend compliqué l'assemblage de plusieurs pièces). Au final, c'est moi qui ai recollé tous les morceaux, mais cela nous a donné l'occasion d'évoquer le fonctionnement du pistolet à colle et d'établir un dialogue plus individuel, auquel il est plus difficile de parvenir quand la classe est au complet, quand chacun est assis à sa place.

Alors tu dis, toi, que l'Art Visuel à l'école, c'est bien ! Il faut le développer ! Oui... Mais comme notre conversation d'aujourd'hui a été très longue vu que j'ai été très très bavarde, j'évoquerai quelques points plus problématiques dans une prochaine conversation ! Cela faisait longtemps que tu ne me l'avais pas faite, celle-là...
ajouter un commentaire commentaires (4)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Jeudi 30 août 2007
Mon cher Victor,

Alors autant te le dire tout de suite avant que tu ne m'incendies : aujourd'hui, je suis dans un état lamentable ! J'ai eu des maux de ventre  toute la journée, j'ai froid et chaud en même temps et je suis complètement stressée... Allons bon ! Des nouvelles de ton école de la première semaine ?  J'ai appelé la circonscription  dont je vais dépendre pour la première semaine et  la chance m'a encore souri !  Aaaah !  Ton postérieur est bordé de nouilles ! Eh  oui. Je suis dans une ville pas trop loin de chez moi, pas dans un bled paumé !  J'ai un simple niveau : une GS,  avec 20 élèves ! Et en plus, le directeur, que j'ai eu au bout du fil  quand j'ai appelé l'école , m'a l'air très très très gentil. Il n'y a  plus qu'à prier pour que la chance ne te quitte pas de sitôt ! Tu imagines, Mirabelle, si tu avais un bon poste pour le mouvement de septembre ? Je n'ose même pas y penser !

Demain, 9 heures, pré-rentrée à l'école. J'ai beau savoir que je ne vais enseigner là-bas que le temps d'une semaine, je suis absolument morte de trouille. Je ne pense qu'à cela. Je me sens complètement désamparée. Allons, allons, Mirabelle... Tu connais déjà la GS, tu en as eu lors de tes stages ! Certes. Il n'empêche que j'ai du mal à imaginer à quoi ressemble une rentrée de GS... Même une rentrée tout court, d'ailleurs, puisque ce sera ta première en tant qu'enseignante ! Oui, bon, c'est vrai, j'ai des circonstances atténuantes. Il n'empêche que j'ai peur, j'ai peur, j'ai peur. Tu auras encore plus peur dans quinze jours, quand il s'agira de ton poste définitif !  Oh la la, ne m'en parle pas, ne m'en parle pas, ne m'en parle pas, ne m'en parle pas !

J'ai peur. Rien qu'à l'idée de savoir que mardi, je ferai la rentrée dans une classe, même si c'est pour une semaine, je pète de trouille. Je suis partagée entre le besoin physique, désormais (parce que l'attente, franchement, ça me rend folle...) de SAVOIR, au moins SAVOIR où je serai définitivement, et celui d'arrêter le temps, parce que je crains de ne pas être à la hauteur, parce qu'il faut grandir, parce qu'il faut devenir adulte, parce que, parce que, parce que... Plus on se rapproche de l'échéance, plus je fais de cauchemars. J'ai du mal à m'endormir, et quand je parviens à trouver le sommeil, celui-ci ne m'assomme qu'à demi... Mes rêves sont peuplés de "fiche de voeux", de week-end turbo, d'appartement que je ne trouve pas, de scooter que je ne sais pas conduire et que je ne sais pas relever, de "honte", de "honte", de "honte"... D'où vient cette honte ? Je ne l'explique pas. Je ne veux pas l'expliquer. J'ai honte, c'est tout. Un manque de confiance en toi... Oui, sans doute.

Le temps file à une vitesse folle.
Nous sommes jeudi. Demain, pré-rentrée. Ensuite, un week-end dément à bosser, bosser, bosser, pour cette GS qui m'occupera pendant une semaine. Et puis ce parachutage dans une école que je ne connais pas et dans laquelle je ne resterai pas. Jeudi soir, la fiche de voeu à remplir. La carte à examiner. Les moyens de transports à trouver. Les cabinets de vétérinaire à repérer. S'assurer de l'existence de commerces alentours. Tout un tas de paramètres qui conditionneront la formulation de mes voeux. Et puis rendre la fiche, avec la mention "pas de permis" sur la photocopie que je donnerai aux syndicats. Attendre vendredi midi et savoir, enfin. Savoir. A peine le temps de savourer le verdict et zou, c'est reparti, un week-end à bosser pour ma classe définitive, à appeler les agences immobilières, à commencer le déménagement.

Hier soir, je me suis effondrée. Ca fait trop de choses à la fois. Il me semble que ma vie a besoin d'éclater en mille morceaux pour pouvoir commencer enfin. Qu'il faut que je sois profondément angoissée, profondément malheureuse, pour trouver le bonheur dans quelques semaines, quand j'aurai chat et appartement. Il me semble que je dois jongler avec tout ça pour finir plus forte, plus vivante. Il me semble que je suis un puzzle. Toutes mes pièces sont éparpillées. Il me faudra du temps pour les assembler toutes, beaucoup de temps, pour qu'enfin apparaisse la beauté.
ajouter un commentaire commentaires (0)   
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus