Lundi 28 août 2006
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Mon cher Victor,
Autant de prévenir tout de suite, mon Victor : cet article n'échappera pas à des qualificatifs exagérés, des phrases poussées à outrance, reflet fidèle à l'hystérie qui m'a caractérisée en ce vendredi 25 Août, folle journée dans la capitale. Par conséquent, je risque fort, Victor, de paraître bien plus puérile que je ne le suis réellement (tu me connais assez pour savoir que je suis une presque-adulte mature et sérieuse !), aussi bien à tes yeux qu'à ceux de nos lecteurs. De par cet avertissement, je souhaite autant que possible éviter les réflexions du style "ma pauvre Mirabelle, tu n'es qu'une grande petite fille !", remarques susceptibles de priver partiellement ces lignes de leur intérêt. En espérant avoir droit à ta compréhension, ainsi que celle de nos lecteurs...
Assez de blabla, Mirabelle, passons aux choses sérieuses !
Comme je te le disais dans la première partie d'"Une journée particulière", j'attendais l'exposition Star Wars avec impatience. Après nos aventures dans le métro, nous voici à la Villette et je piétine d'excitation face à l'affiche de l'exposition, que j'ai jointe à cet article. Mon mystérieux inconnu sourit de mes cris d'admiration (qui ne font que commencer !) et je me rue sur les guichets automatiques pour m'offrir le pass vers les étoiles, déjà illuminée, si je puis dire. Hihihi...
C'est le coeur battant que je laisse le vigile valider mes tickets, et me voilà montant les escaliers, mes tympans peu à peu pénétrés par la célèbre bande originale de la trilogie, composée par John Williams, bande originale qui souhaite la bienvenue aux visiteurs à l'entrée de l'exposition. R2D2 et C3P0 nous accueillent à bras ouverts et je ne suis plus qu'une boule d'hystérie, pas loin de ressembler à ce petit garçon de sept ou huit ans qui ouvre des yeux ronds comme des billes à côté de moi. Je suis émerveillée : j'ai sous les yeux les VRAIS R2D2 et C3PO, mes chéris, mes chouchous, mes robots préférés ! Je manque de m'évanouir en apercevant, au loin, Chewbacca et Dark Vador et je me régale par avance des délices qui m'attendent au cours de cette matinée. Moi qui n'ai pas petit-déjeuné, j'oublie ma faim illico-presto et me propulse dans une galaxie lointaine, très lointaine...
Comment décrire, Victor, l'état dans lequel je me trouvais, au milieu de vaisseaux spatiaux, costumes originaux, Ewoks, Wookies, sabre-laser et autres panoplies Jedi ? Je l'avoue, Victor : pendant près d'une heure, je me suis comportée comme une gamine. C'est bien de le reconnaître... Et ton mystérieux inconnu, dans tout ça ? Si c'est un stratagème pour m'extorquer des informations, c'est raté, Victor ! Mais non, enfin, je ne suis pas machiavélique à ce point ! La neutralité dont mon mystérieux inconnu a fait preuve contrastait grandement avec mon euphorie plus qu'enthousiaste. Il se montra, je dois le dire, d'une patience exemplaire, tantôt amusé de me voir sautiller sur place ("t'as vu, y'a un vrai costuuume de Jediiiii !!!!") tantôt lassé par mes grandes explications ("et le moment où Palpatine électrocute Luke dans "Le retour du Jedi" et qu'il appelle son père, tu sais, eh ben..."). Ah. Il n'est pas fan de "Star Wars" ? Pas vraiment. Il a vu les trois derniers films, les a appréciés (sans plus, cependant), tout en ne portant pas dans son coeur la trilogie de départ, "les vieux", comme on dit, que je considère, pour ma part, comme les plus réussis. Chacun ses goûts... Tout à fait !
Vint l'instant où mon regard croisa celui de Yoda. Yoda. Je l'adore. Ce n'est pas peu dire. Mais qu'y a-t-il, Victor ? Rien, rien... Mais si, je le vois bien ! Tu ne trouves rien de mieux que de pouffer sous la table ! Hihihi... Qu'est-ce qui me vaut cette hilarité ? Eh bien, j'étais en train de me dire que tu serais bientôt hussard de la République alors que tu es complètement retombée en enfance lors de cette exposition ! Je sais, cela peut paraître alarmant mais... Oui, surtout pour tes futurs parents d'élève ! Humm... Ne plaisante pas avec ça, Victor ! Il s'agit d'admiration. J'aime "Star Wars" et c'est cette admiration qui a pris le dessus lors de cette exposition ! L'admiration n'a pas d'âge, Victor. Ne te vexe pas... Je comprends parfaitement la joie que tu as pu ressentir à la vue de tes personnages fétiches ! Tu n'as pas à en avoir honte, c'est juste... Attendrissant ! J'en ai bien conscience... C'est mon côté enfant qui a parlé ! Et le côté "maîtresse" ? Il a parlé aussi, ne t'inquiète pas ! J'ai trouvé des livres fort intéressants sur le système solaire, la constitution des planètes etc. Tu en as achetés ? Tu n'as pas ramenée une figurine ou ce genre de bibelots inutiles ? Non. Je me suis contentée de demander à mon mystérieux inconnu de me prendre en photo avec Dark Vador. Bien sûr...Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?
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Par Mirabelle
Lundi 28 août 2006
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Mon cher Victor,
Pour renforcer la connotation culturelle de ce blog... Comme tu es pompeuse, Mirabelle ! Oh, eh, ça va, hein, tu es juste jaloux parce que j'ai passé une journée très enrichissante dans la capitale ! Que vas-tu chercher là ?! Peu importe... Nous discuterons aujourd'hui du troisième volet de cette éblouissante saga intitulée "Une journée particulière", entamée ici et poursuivie là.
Après un petit repas bien mérité dans un restaurant "italien" (restaurant qui, entre parenthèses, me donne envie d'écrire un article, tellement il y a de choses à dire !), nous repartons, repus (et désireux d'une petite sieste, mais pas de temps à perdre, nous avons tant de choses à visiter !), direction les Pyramides du Louvre. Ca devait être sympathique de marcher le ventre plein ! Nous n'avons effectué qu'une petite centaine de mètres : grâce à notre ingéniosité sans égal, nous avions restreint notre champ d'investigation selon un critère bien précis : un restaurant à proximité du musée, de manière à gagner le maximum de temps. Bien vu, en effet ! Je ne te le fais pas dire ! Pas d'autosatisfaction, s'il te plaît, Mirabelle...
Contraste saisissant entre le majestueux classicisme des bâtiments Richelieu et la modernité de verre des pyramides. Mon mystérieux inconnu choisit de s'allonger sur le rebord d'une fontaine, malgré les touristes, malgré les pigeons, et de mettre sa tête sur mes genoux (bien évidemment !), ce qui me condamne à céder à la flemmardise qui menaçait déjà mon esprit défaillant. Ah ! Les genoux d'une femme : il n'existe rien au monde de plus confortable ! Je suis bien ici, il faut l'avouer. Si bien qu'au bout d'une quinzaine de minutes à éclater de rire de la façon la plus puérile qui soit (mon mystérieux inconnu et moi n'avons rien trouvé de plus amusant que d'essayer de nous faire tomber mutuellement, jusqu'à l'assaut final, où j'ai protesté lourdement, à deux doigts de terminer les quatre fers en l'air dans la fontaine !) c'est à mon mystérieux inconnu de me tirer de ma torpeur, à grands renforts d'encouragements et de "Mirabêêêlle, on a plein de galeries à visiter !". Je finis par le suivre, les jambes lourdes (on aura beau dire, mais une matinée entière dans une exposition, ça vous casse en deux !) mais plus que jamais motivée à l'idée de revoir la Joconde, cette Joconde que j'appelais à moi il y a quelques semaines de cela...
Le hall du musée est impressionnant, Victor. Plusieurs entrées menant aux différentes galeries. Des touristes à t'en donner le vertige. Des caisses dans tous les coins. Des cafés. Des points information. Des boutiques. Un véritable microcosme ! L'Art est un microcosme, Mirabelle, ne l'oublie pas ! Nous nous engageons, mon mystérieux inconnu et moi-même, dans la galerie comprenant peintures italiennes et peintures du XIXème siècle, entre autres. Devant nous, un grand escalier. Et très clairement indiqués, les itinéraires menant à la Joconde ou à la Vénus de Milo. Nous choisissons la Joconde, tandis que mon mystérieux inconnu m'explique que la Joconde a la réputation de nous "suivre des yeux", détail que je n'avais pas remarqué lors de ma précédente visite. Et tu avais quel âge, lors de cette précédente visite ? Huit ou neuf ans, peut être... Dans ce cas, cela ne m'étonne pas que cela t'ait échappé !
J'ai donc revu la Monna Lisa. Et contre toute attente, il n'y a pas eu de déclic. Ce portrait ne m'émeut pas. J'en reconnais la grande réussite technique mais... Tu y connais quelque chose, en peinture ? Non. Strictement rien. Alors comment peux-tu reconnaître cette "grande réussite technique" si tu n'y connais rien ? Tu coupes les cheveux en quatre, Victor ! J'en conviens. Ce tableau est beau, c'est certain. Mais je n'ai rien ressenti en le regardant. Même le légendaire sourire n'a pas suscité mon admiration ! Même phénomène pour la Vénus de Milo : un attroupement de touristes spectaculaire, des flashes à n'en plus finir mais rien. Cette Vénus est bien faite. Mais rien. Pas de déclic. En revanche... En revanche ? J'ai regardé en haut ! En haut ?! J'ai regardé les plafonds, sur les conseils de mon mystérieux inconnu ! Et là, j'ai été fascinée ! Que les plafonds sont beaux, Victor ! Certains représentent les rois de France, François Ier y côtoie Napoléon et... Napoléon n'était pas roi, Mirabelle ! Rooo ! Quand je parle des "rois de France", c'est un terme générique, Victor, et tu le sais ! Hihi... Je te taquine !
Toujours est-il qu'en un après-midi, nous avons visité un tiers du musée. Une bagatelle ! Effectivement ! Cela me rappelle, d'ailleurs, cet article de Matthieu, qui en était arrivé à la même conclusion ! Même en mobilisant toute notre bonne volonté, nous n'aurions pu parcourir les deux tiers restants : mes jambes, tout comme celles de mon mystérieux inconnu, étaient douloureuses à un point que tu n'imagines pas, et cette fatigue nous empêchait d'apprécier les oeuvres. C'est bien légitime... Permets-moi de te dire, Mirabelle, que le but d'un musée n'est point d'ingurgiter de la culture en un temps record mais de découvrir et d'apprécier, à son rythme, des oeuvres magnifiques ! C'est pourquoi nous n'avons pas insisté : nous avons préféré quitter le musée et aller flâner sur les Quais François Mitterand. Vous avez bien fait, ma foi !
Et voilà pour la trilogie "Une journée particulière" ! J'ai passé une journée très agréable (que j'ai souhaité partager avec toi ainsi qu'avec nos lecteurs) en compagnie de mon mystérieux inconnu, dont la persévérance et la détermination m'ont étonnée ! Tu sais ce qui m'étonne, moi, Mirabelle ? Non ? C'est que tu en dis de plus en plus sur ce mystérieux inconnu ! Fais attention : bientôt, son prénom t'échappera dans la conversation ! Hin hin... C'est très drôle, ça, Victor !
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Par Mirabelle
Lundi 1 janvier 2007
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Mon cher Victor,
As-tu entendu parler de l'exécution de Saddam Hussein ? Saddam Hussein ? C'est ce dictateur irakien qui a été pendu ? Je vois que Monsieur se tient au courant ! C'est surtout qu'on entend parler que de ça ! Je suis étonné que tu évoques ce sujet, je pensais qu'autant de médiatisation autour de son exécution t'agacerait ! Disons que c'est un prétexte.
Son exécution est diffusée sur Internet. Tu n'as pas été la visionner au moins ?! Non. Et je n'en ai aucune envie. Car je n'en vois pas l'intérêt. Moi non plus ! On sait qu'il est mort, qu'il a été exécuté, c'est le principal ! Quel besoin de montrer les images de sa pendaison ? D'ailleurs, à propos de pendaison, j'étais assez surpris d'apprendre que c'était ce mode d'exécution qui avait été retenu ! Oui, c'est barbare. Et cela me fait craindre un retour en arrière.
Le fait même qu'on diffuse les images sur Internet me laisse perplexe. Pour tout ce que cela implique. Autrefois, les exécutions étaient publiques. On assistait aux pendaisons et on se délectait du spectacle. Aujourd'hui, on y assiste sur Internet... Oui. Cela ne présage rien de bon, si tu veux mon avis. Parce que si les technologies évoluent, si on diffuse les images sur Internet, les mentalités perdurent. Comme si le fait que cet homme ait été un des plus grands dictateurs de votre siècle justifiait la diffusion de ces images, comme si chacun était autorisé à les applaudir ! Et je ne suis pas d'accord avec ça ! J'estime que quel que soit le crime commis, quelle que soit la personne, quelle que soit la gravité de ses actes, la mort reste la mort, chacun est seul devant cela, seul et démuni. On croirait que tu défends Sadam Hussein !
Je ne le défends pas. Je te parle de dignité, Victor. Et d'une expérience de la mort solitaire et décente. Et diffuser ces images sur Internet, c'est donner plus de pouvoir à la diabolisation, au désir de vengeance, aux esprits vicieux qui se frotteront les mains. Ce n'est pas ça que je souhaite pour mon pays, ni pour notre monde, d'ailleurs. Parce que les Droits de l'Homme ne sont jamais acquis et toujours à protéger. Et que je ne pense pas que l'homme soit naturellement bon...
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Par Mirabelle
Dimanche 25 février 2007
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16:46
Mon cher Victor,
Voilà longtemps que je n'avais pas poussé de coup de gueule contre les hommes. Après ceci, la féministe que je suis est de retour. Plus je grandis et plus j'en apprends sur les hommes. Vue ta tête, ce que tu en apprends ne doit pas te plaire ! Je ne saurai dire le contraire. Car si je n'avais pas encore pris conscience que c'est le sexe qui mène le monde, c'est désormais chose faite. Oh, toi, je sens que tu t'apprêtes à froisser quelques uns de ces messieurs ! Mais non. Rappelons leur, Victor, qu'il existe certainement des exceptions qui confirment la règle et qu'ils font sans doute partie de cette catégorie. Ainsi, tout le monde est rassuré...
J'aime les hommes. Je les aime mais parfois, il me prend l'envie de baisser les bras. L'envie de cesser de leur pardonner leur faiblesse, leur égoisme, leur inconséquence. Parfois, j'ai juste le désir de renoncer. Renoncer à les comprendre. Me laisser glisser. Et les laisser glisser eux par la même occasion. Il me faut pourtant me rendre à l'évidence : je n'imagine pas ma vie sans les hommes. Une fois qu'on a dit ça, on n'a pas dit grand chose ! J'ai toujours été, comme tu le sais, un peu naive. Au bord du cul-cul. Bon. Je me soigne. Peu à peu. J'ai toujours, comme tu le sais également, cru en l'amour. Je n'ai que 23 ans et je crois toujours, pauvre de moi, qu'il est possible de rester avec la personne qu'on aime toute sa vie, sans la tromper. Tu ne connais pas encore grand chose de la vie, ma pauvre Mirabelle... Certes. C'est pourquoi j'emploie ce "pauvre de moi".
Autour de moi, mes exemples s'effondrent. Untel a trompé Truc. Truc le pardonne. Les affaires de couple sont propres à chacun, Mirabelle, chaque histoire est unique, différente, il ne sert à rien de les juger, ni de s'en mêler... Je ne vais pas m'en mêler. Ah bon ? Je croyais ! Non. Simplement, je constate. Je constate que les hommes ont cette capacité surprenante à aimer une femme et à lui faire mal. A la tromper. A la blesser. "Oui, j'ai couché avec cette femme, mais cela ne signifiait rien. C'est toi que j'aime.". Je constate que quand ces messieurs ne sont pas satisfaits, quand Popol n'a pas son compte, ils s'en vont, en règle générale (j'attends la réaction des exceptions !), voir ailleurs.
Parce que c'est le plaisir qui mène le monde. Ca me terrifie autant que ça me consterne. Je l'avoue, Victor : j'aime le sexe. Comme beaucoup de gens ! Oui. Cependant, je n'en fais pas une obsession. Si, un jour, je suis déçue par les médiocres performances de mon partenaire, je me dis que ce n'est pas grave, que ce-sera-mieux-la-prochaine-fois. Je ne sais pas mettre la pression sexuelle. Cela me semble stupide et inutile. Parce que tant qu'il y a des sentiments, je n'éprouve pas le besoin de vivre le scénario le plus érotique qui soit. Et je pourrai parfaitement me passer de sexe. Je le sais. Et je le dis. Ce n'est pas un drame.
Par contre, je ne pourrais pas me passer d'amour, de respect, de compréhension. Car si je ne fais pas toute une maladie du sexe, si je n'attends pas de mon partenaire qu'il me fasse découvrir tout le Kamasutra, en long en large et en travers (si tu me passes l'expression), je n'attends pas non plus qu'il se croit tout permis, qu'il ne pense qu'à son petit plaisir, agisse dans l'instant, me prenne pour un objet sexuel capable de satisfaire tous ses désirs. Où veux-tu en venir, Mirabelle ?
J'ai une amie. Nous l'appelerons Ludivine. Ludivine me confiait, l'autre jour, que son petit ami, avec qui elle sort depuis très peu de temps, a, lors de l'une de leurs galipettes, eu un geste, une attitude qu'elle n'a pas du tout apprécié, un geste qu'elle a qualifié de "presque pornographique". Ca a, bien sûr, jeté un froid, et ce jeune monsieur a dû ranger ses envies au placard. Vous parlez de ça entre copines ? Oui. Eh bien... La société a bien changé ! Là n'est pas le propos. Suite à cette attitude déplaisant à la demoiselle, le jeune homme s'est excusé, assurant qu'il l'aimait. Elle l'a cru, évidemment. Quand on aime, on croit. C'est stupide mais c'est comme ça. Mais depuis... Depuis, cela lui trotte dans la tête. Ce qu'a fait ce garçon l'a choquée. Et un peu dégoûtée. Même si elle croit en ses serments d'amour, il n'en demeure pas moins qu'elle accepte mal le fait que l'amour qu'il lui porte, la considération qu'il a pour elle, le respect qu'il est sensé éprouver à son égard, ne soit passé qu'APRES son plaisir à lui, un plaisir sexuel, charnel, bestial, celui de l'orgasme à tout prix, qui n'admet plus aucune règle, aucune contrainte, celui du je-veux-tout-tout-de-suite.
Elle m'en parlait donc il y a quelques jours et ma première réaction a été de m'insurger : comment pouvait-il oublier que faire l'amour, c'est être en équilibre constant entre son propre désir et le désir de l'autre ? Comment pouvait-il oublier que chacun a ses "limites" et que faire l'amour, c'est en tenir compte, consentir mutuellement ? Disons que ce garçon s'est laissé emporté par son désir... Ce n'est pas pour le défendre mais... Je sais bien. Je ne suis pas en train de faire le procès des hommes. Je sais que bien souvent, ce ne sont que de grands benêts maladroits, qui ne se rendent pas compte combien nous, les filles, doutons, combien nous avons peu confiance en nous.
Et puis, pas plus tard que ce matin, j'ai appris que quelqu'un dans mon entourage proche avait été trompé, d'une manière absolument odieuse. Cela m'a fait un choc terrible. Parce que le pris en faute affirme toujours l'aimer, malgré le fait qu'il l'ait "trompée de sang froid" si je puis dire. Pour une simple question de plaisir. Et je ne comprends pas. Si je rapproche ces deux cas, Victor, c'est parce que je me demande, parfois, ce qui gouverne les hommes. J'ai toujours cru que les sentiments étaient plus forts que tout, plus forts que le sexe, plus fort que le désir. Oui. J'ai longtemps cru ça. Mais ces deux cas m'ont touchée. Parce que je me dis que cela pourrait très bien m'arriver à moi. Les sentiments sont plus fort que tout... C'est ce que je me disais. Aujourd'hui, alors que je tente d'aider mon amie à passer par dessus cet incident sexuel (il l'aime, elle l'aime aussi, mais les choses ne sont pas toujours si simples et elle redoute, aujourd'hui, l'instant du passage à l'acte...), tandis que j'admire cette femme d'avoir pardonné à son mari cette trahison, je doute. Il me semble que c'est le plaisir qui est plus fort que tout. Pas l'amour.
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Par Mirabelle
Lundi 2 avril 2007
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19:25
Mon cher Victor,
Mirabelle ! J'ai décidé qu'aujourd'hui nous causerions culture ! Ah... Euh... Je m'apprêtais à évoquer tout autre chose... Non ! Notre discussion d'aujourd'hui portera sur la culture ! Sinon, je m'en vais ! Tu m'entends, Mirabelle ? Je paye mon café et je te plante ici ! Bon, bon... Dis donc, tu m'as l'air bien remonté aujourd'hui... Parlons culture alors... Euh... Allez, allez, j'attends ! Ah ! Ca y est !
Il y a un peu plus d'une semaine, j'ai assité au concert de quelqu'un que j'admire beaucoup. Euh... Zazie ? Francis Cabrel ? Jacques Brel ? Jacques Brel est mort, Victor ! Ah euh... Quant à Zazie, j'irai effectivement l'applaudir mais pas avant le mois d'octobre ! Et rien de prévu pour mon Francis. Bref. En fait, c'était le concert de Grand Corps Malade. Quel drôle de nom pour un artiste... Ca ne doit pas beaucoup attirer le mécénat ! Détrompe toi, Victor, ça marche très fort, pour lui !
Ce concert était merveilleux. Enfin, merveilleux... Ce n'est peut être pas le mot. Il était grave. Léger. Tendre. Profond. Rien que ça ? Oui. Je t'assure. Son album, "Midi 20" (allez, pour te convertir, Victor, voici en lien des extraits de cette perle rare...), est un bijou. Du slam, certes mais pas d'agressivité, pas de revanche sur la vie, pas de violence verbale. Du slam ? Slam signifie "claquer". Le slam, ce sont des textes sensés être dits a cappella. Je dis "sensés" car ceux de Grand Corps Malade sont mis en musique. Alors ce n'est pas du slam ! Si. Ben non ! Tu viens de dire le contraire, Mirabelle ! Mais si, c'est du slam ! La preuve : au concert, il a mélangé textes a cappella et textes mis en musique !
Ce n'était pas pour débattre la nature du slam que j'évoque Grand Corps Malade. Ce que j'aime, chez lui, c'est que son slam est positif. Même si on ne peut qu'émettre un parrallèle (léger) avec le rap, on ne peut nier, ceci dit, que Grand Corps Malade, c'est de l'optimisme à revendre. A l'origine, GCM, c'est Fabien. Il est handicapé. Des suites d'un accident. Il se destinait, visiblement, à une carrière de sportif, et il a dû tout arrêter. On lui avait dit qu'il ne remarcherait jamais (il le dit dans une de ses chansons) et il s'est battu. Il en parle plus ou moins, en toile de fond, dans ses chansons. Plus moins que plus d'ailleurs (tu me suis toujours, Victor ?), car Grand Corps Malade (et c'est ce qui me touche chez lui), ce n'est à aucun moment la sensiblerie. Il aurait pu, par exemple, faire de ses chansons une sorte de plainte en rapport avec sa condition de handicapé. Il aurait pu insister sur sa douleur et jouer sur la corde sensible, quitte à fabriquer des chansons à faire pleurer Margot. Or, pas du tout.
Grand Corps Malade, c'est l'espoir. C'est un regard plein d'envie et de vie sur la vie, un regard qui me donne la pêche, autant qu'il me bouleverse. Parce qu'il a les mots pour le dire. Et un timbre chaud, unique, qui va droit au coeur. Humm... Il me semble que ce n'est pas la seule chose qui te plaise chez ce jeune homme. Eh bien ? Pourquoi rougis-tu, Mirabelle ? Oui, bon, d'accord, c'est vrai, je trouve qu'il est très joli garçon. Ah ben quand même ! Tu craches le morceau ! Mais bon, faut pas exagérer, quand même, je ne suis pas focalisée là dessus non plus ! Non ! Ce qui compte, à mes yeux, ce sont ses textes. La justesse de ses mots. Les valeurs qu'il véhicule.
J'attendais ce concert avec impatience. Parce que j'aime toutes les chansons de son album (elles me "parlent") et que j'étais curieuse de l'entendre, en "vrai", comme on dit. Je n'ai pas été déçue. Parce que c'est un gars tout simple, qui ne se force pas. Qui n'a pas honte de traverser la scène d'une démarche déformée, tordue. Parce qu'il est courageux et qu'il aime la vie. Parce qu'il me fait rire (oh, la chanson "J'aime pas les gens" !) et qu'il me fait pleurer (et pas forcément de tristesse), parce qu'il est drôle même sur des sujets graves, parce que je voudrais faire écouter la chanson "Vu de ma fenêtre" à Nicolas Sarkozy, comme ça, pour voir...
Bon, bien sûr, j'ai été en larmes les 3/4 du concert. Que veux-tu, on ne se refait pas... A la fin de cette heure et demie (où il ne s'est pas assis une seule fois, je tiens à le signaler), alors que se dégageait de cet artiste et de ces musiciens (excellents, au passage) un formidable élan d'amitié (genre "on ne se prend pas la tête, on fait de la musique entre potes"), je n'avais qu'une envie : rester là, encore, à l'écouter "parler", à me laisser emporter dans le flot d'humanité qu'il réussit à transmettre, par cette envie d'y croire encore qu'il m'insuffle avec une puissance que tu n'imagines pas. J'ai applaudi à tout rompre. Crié des "Merciiii" qu'il n'a, bien sûr, pas entendu...
Il portait pour ce concert un tee shirt "Ca peut chémar". Le titre d'une de ses chansons.
Ca résume tout l'espoir qui m'animait en sortant de ce concert. Je n'étais plus qu'un moulin à paroles, avec plein d'étoiles dans les yeux. Bon. Quand je suis rentrée dans ma petite maison à moi, il était environ 23h. Mon Mystérieux Inconnu, lui, bien au chaud dans son petit cocon et ignorant tout des instants magiques que je venais de vivre, était nettement moins bavard que moi, pressé de rencontrer le marchand de sable. Allongée à côté de lui, je me suis endormie peu à peu, encore frémissante sous l'effervescence de ce concert. J'entendais encore résonner dans ma tête des applaudissements et la voix de Grand Corps Malade : "Bon, ben, merci, on a vraiment passé une belle soirée avec vous...". Alors que le sommeil m'aggrippait, il me semblait entendre le son caoutchouteux de la béquille de GCM sur la scène. Et le voir s'éloigner dans la lumière. Comme un espoir...
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Par Mirabelle
Bavardages