XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Tout à l'heure, alors que je trottinais laborieusement au parc D'Ornano, j'ai soudain pris conscience que 2006, pour moi, Mirabelle, c'était l'année de tous les défis !

Je me suis vue, là, suante, haletante, à deux doigts de m'écraser sur les graviers et je me suis dit que, bon sang de bois, jamais de ma vie entière (courte, jusqu'ici, je te l'accorde !) je n'avais fait autant d'efforts pour obtenir quelque chose : courir trois fois par semaine ! Est-ce que tu te rends compte, mon Victor ! Un exploit ! C'est bien simple : il y a encore quelques années, si on m'avait dit : "Mirabelle, un jour, tu courras trois fois par semaine à raison de trois séquences de dix minutes", j'aurais ri à gorge déployée, en me tapant bien fort les cuisses !

Je me suis vue également au volant de la petite C3 de mon auto-école, à côté de ce moniteur qui doit en avoir ras-le-bol de se coltiner ma personne depuis plus de cinquante heures ("on va y arriver, on va y arriver, il faut qu'on y arrive !", me dit-il...). Je tire la langue dans les virages, plisse les yeux dans les ruelles étroites, pouffe de rire quand je ne remarque pas un feu rouge, pourtant pile sous mon nez... Et cependant, malgré ma joie de vivre naturelle (ceux qui me connaissent dans la vraie vie sauront que c'est ironique !) je désespère, essuyant avec flegme les plaisanteries de mes camarades de PE1 : " Tu en es déjà à plus de cinquante heures ? Mais comment tu fais ?!". Et eux, ils trouvent ça très drôle, ces nigauds-là, moi, un peu moins...

Je me suis vue aussi partagée entre le passé et l'avenir, partagée entre J. et Monsieur "je-ne-sais-pas-qui-mais-pourvu-que-cette-fois-ci-ce-soit-le-bon", partagée entre mes réflexes de Pavlov (pourquoi diable ai-je encore l'automatisme de l'appeler pile à 17 h 30 ?) et mes rêves, qui reviennent peu à peu, certes, mais qui me font culpabiliser face au visage angélique de J., à ses mimiques enfantines. Partagée entre la tendresse et l'envie d'avancer, de passer à autre chose.

Et là, en trottinant, sous des bourrasques bien de chez moi, j'ai réalisé que j'avais beaucoup de projets. Prise de conscience lumineuse, qui me donne envie de relever la tête, d'allonger la foulée, de fixer un point, un seul, droit devant moi, et d'accélerer la cadence, pour relever tous ces défis.

 

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

T'arrive-il d'avoir le cafard ? Bien sûr, je suis comme tout le monde ! Moi, cela m'arrive plus souvent qu'à mon tour... Et dans ces cas-là, je ne connais qu'un remède : les petits plaisirs de la vie ! Et que sont, selon toi, ces petits plaisirs ? C'est bête comme chou. Bien sûr, tu ne connais pas Philippe Delerm, un écrivain bien d'aujourd'hui. Il a écrit un joli livre sur ces petits plaisirs de tous les jours : La première gorgée de bière.

Pour moi, c'est la première gorgée de thé qui est la plus délicieuse, quand il n'est pas bouillant, cela va sans dire ! Et puis j'aime bien grignoter un petit carré de chocolat pour accompagner. Et est-ce que le nombre de carrés de chocolat est proportionnel à ton degré de déprime ? Si c'est le cas, j'espère que ton porte-monnais est bien garni, parce que tes tablettes de chocolat ne doivent pas faire long feu ! En plus, tu te contredis... Comment ça je me contredis ?!? Mais oui ! Dans l'article "Pleure pas la bouche pleine", tu disais que tu n'avais jamais essayé la nourriture comme compensation du manque affectif ! Je ne me contredis en rien : là, je te parle juste d'une tasse de thé et de chocolat, ce n'est pas pareil ! C'est toi qui le dis ! Oh... Victor, tu m'énerves ! On ne va pas se disputer pour si peu, quand même ! Allez, laisse-moi parler, et cesse de t'échauffer ainsi, c'est mauvais pour toi...

J'aime le thé et le chocolat, disais-je. Qui plus est quand je saupoudre le tout d'un peu de Mozart, comme c'était le cas tout à l'heure. Oui, vraiment, quand j'écoute le "Concerto pour flûte et harpe", avec au creux de mes mains une tasse de thé si chaude que j'en frissonne, et là, à deux doigts de fondre dans ma bouche, des carrés de chocolat bien noir, alors là, oui, je me dis que la vie est quand même bien bonne d'avoir inventé trois merveilles pareilles... Et que ça vaut bien le coup qu'on souffre un petit peu ! Quelques grammes de finesse dans un monde de brute...

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Tu as devant toi (ou presque) une nouvelle femme : déterminée, résolue, décidée. Ce sont presque des synonymes ! Je sais, Victor, pour qui me prends-tu ? C'est un effet de style !

Victor, j'ai une grande nouvelle, qui conditionnera mes amoures futures (si j'en ai !) : j'ai retrouvé mon amour-propre ! Tu l'avais perdu ? Tu le sais très bien : relis les articles "Le plancher des vaches" et "les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus" !

Alors, que s'est-il encore passé ? Eh bien... Tu sais, je t'avais raconté que j'avais revu Johan vendredi, à l'enterrement de sa tante. Humm... Il m'a envoyé un texto aujourd'hui, assez étrange je dois dire. Un texto ? Victor, nous en avons déjà parlé, reporte-toi à l'article "sms-addicted". Très bien, mais sois un peu tolérante avec mon grand âge !

Bref, il m'a donc envoyé un texto, qui disait ceci : "Si aujourd'hui tu étais en jupe-collants-bottes, je serais bien tenté de venir...". Ohhhh, le coquin ! Voyons, Victor, ce genre de propos est monnaie courante à notre époque ! J'espère que tu l'as réprimandé ce malotrus ! Eh bien... Franchement, j'ai... Rougi. J'ai été parcourue d'agréables frissons. Et je me suis dit... Ne t'énerve surtout pas Victor, tu sais que nous n'avons aucun contrôle sur nos pensées et... Même au XXIème siècle ? Même au XXIème siècle. En fait, j'ai pensé... J'ose à peine le dire... J'ai pensé : "Mon dieu, je suis en train de rêver, c'est trop beau pour être vrai !". Ahh... C'est embêtant, surtout après les bonnes résolutions que tu as prises... Oui, je sais. Mais attends la suite !

Du tac au tac, je lui réponds donc : "je ne suis qu'en jean et pull rouge, et en plus, je ne suis même pas maquillée ! ;-)". Deux minutes d'attente, pleine de doutes, ne sachant pas trop quoi faire ni que dire en cas de tentative de charme de sa part, et voilà que j'en reçois un autre : "Toi qui disais que tu ferais des efforts, tu ne pourrais pas te changer ?". Bien, bien, bien. Et là...

Là, mon premier réflèxe a été de me dire : "Non mais attends, Mirabelle, il ne te trouve pas assez belle en pull rouge et jean ? Il faut forcément que tu te mettes en jupe et en bottes pour lui plaire ?!? Non mais qu'est-ce que c'est que ça ?".

Indécision, soupirs, changement d'humeur. Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je vais lui dire ? Qu'est-ce que je veux ? Qu'est ce qu'il va me dire ? Qu'est-ce qu'il veut ? Qu'est-ce qu'il va faire ?

Je ne sais pas. Je change d'avis comme de chemise. Je suis flattée par un tel sms, il ne sert à rien de le cacher. J'y vois comme un premier pas... Mais vers quoi ? Vers quelque chose de solide, ou vers une route remplie d'ornières, comme d'habitude ? J'attends donc. Je ne lui réponds pas.

J'en touche un mot à ma mère, qui trouve que "je joue avec le feu" et qui me fait remarquer que, depuis quelques temps, je n'attends visiblement qu'une chose : qu'il m'appelle. Bien. Elle n'a pas tort. Mais cette histoire de jupe-bottes me chiffonne un petit peu, surtout que je n'ai pas envie de me faire avoir comme la dernière fois. C'est arrivé deux fois, mais ça n'arrivera pas trois !

Et puis je me dis... On ne sait jamais. De son côté, il semble s'impatienter : "alors ?", me dit-il dans un autre texto. Et moi... Dans un élan de folie, je lui réponds : "D'accord."

Mais ma pauvre enfant, il faut que croire que jamais rien ne te sert de leçon ! Attends la suite, Victor, attends la suite... Et ne gigote pas ainsi !

Je me change donc, non sans une pointe de culpabilité. Et soudain... J'ai retrouvé mon amour-propre. La Mirabelle à la dent dure et à l'orgueil démesuré est revenue au galop ! J'ai attrapé mon téléphone et je l'ai appelé ! Mais oui, Monsieur ! Appelle-moi, Victor...

- Pourquoi tu veux me voir ?

- Eh ben... Parce que j'ai envie de recommencer.

- Tu m'as dit la même chose la semaine dernière et tu as vu comment ça a tourné. Reconnais quand même que je suis en droit de me méfier.

- Ben... Oui.

- Sache que je ne suis pas en jupe-bottes. Je me suis dit qu'après tout, il n'y avait pas de raison de te faire plaisir comme ça. Et je n'ai pas envie que ça se passe comme dimanche dernier. Alors tu peux venir, mais si tu viens, c'est pour parler. Après, on verra bien.

- D'accord. J'arrive.

Rebelote : je me re-change, satisfaite de retrouver mon jean et mon pull rouge. Et j'attends. J'attends. Un quart d'heure, autrement dit, le temps qu'il lui faut pour aller de chez lui à chez moi.

Et là... Sonnerie de mon portable.

- C'est pour te dire que, finalement, je ne viens pas.

Bien, bien... Ca a été, comme qui dirait, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Trop, c'est trop. Après de tolérantes parlementations, où j'ai essayé de lui extorquer le pourquoi du comment il ne venait pas, et où je n'obtenais que de vagues fragments de réponses fidèles à lui-même, j'en ai eu assez de vouloir lui faire dire des choses que visiblement il n'avait pas envie de prononcer, comme par exemple le fait qu'il avait réfléchi et qu'il croyait toujours en nous, à un tel point qu'il allait changer... J'ai donc pris les devants :

"Bon... Ecoute, ça fait des semaines que cela traîne, nos histoires. Quand l'un veut, l'autre ne veut plus, et cela devient n'importe quoi. Alors cette fois, C'EST TERMINE. Si je te manque, surtout, ne m'appelle pas, et ne m'envoie pas de texto. Garde-le pour toi. Même si tu affirmes ne pas le faire exprès, je crois que tu me prends pour une conne et au bout d'un moment, je ne peux plus l'accepter. Parce qu'il s'il y a quelque chose que je ne suis pas, c'est bien "conne", justement. Même si jusqu'ici, j'ai mis mon orgueil de côté. Mais là, c'est trop. Alors c'est terminé. Salut."

Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait, me semble-t-il... Je l'ai entendu marmonner un "bon" pas très fier, et j'ai raccroché. Comme ça. Sans plus de cérémonie. Et voilà. Eh bien, quelle histoire ! Je ne te le fais pas dire !

Voilà comment, mon cher Victor, j'ai retrouvé mon amour propre... Et comment j'ai respecté mes bonnes résolutions !

C'est bien, Mirabelle !

 

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Tout d'abord, navrée pour le titre de cet article, d'apparence badine, qui contrastera fortement avec mon propos... J'ai crée une nouvelle catégorie pour le coup, car je viens de m'apercevoir (non, mais franchement !) que moi, Mirabelle, qui suis, d'après mon entourage "tout le temps en train de râler", je n'avais même pas encore crée une rubrique spéciale  "coups de gueule" ! Effectivement, il faut remédier à cela au plus vite ! Contre quoi vas-tu t'insurger aujourd'hui ? Contre les stéréotypes, et en particulier ceux sur la police !

L'autre jour, en parcourant les chroniques de Mel, je tombe sur un article intitulé "Je veux devenir CRS". Je fronce les sourcils : est-ce du lard ou du cochon ? Un titre comme ça, de nos jours, c'est très provocateur. Parce que les CRS, sans mauvais jeu de mots, on leur tape toujours dessus : on les accuse d'aimer tabasser de la racaille, de ne jamais rater une occasion de castagner... J'en passe et des meilleures. Je lis donc l'article en question. Et là, surprise : je tombe sur quelqu'un qui semble respecter les policiers ! Et même qui ne donne pas de leçon du genre : "les flics, ils sont tout juste bons à taper, ils ont zéro de QI", etc. Extraordinaire ! Te rends-tu compte, Victor, qu'il existe encore des gens qui ne sont pas systématiquement anti-flics ?

C'est vrai, quoi ! Zut, à la fin ! Explique-moi tout ça, parce que tu sais, les autorités, à mon époque... Elles étaient quand même respectées ! Bien. Petit point récapitulatif alors ! Oui, je veux bien...

LES POLICIERS

Les policiers font respecter la loi. Du coup, certaines personnes, qui veulent "enculer la loi" (il y en a qui le disent, ne me fais pas ces yeux !), ne les trouvent pas très gentils. Les policiers nous embêtent quand on roule trop vite sur la route, ils nous donnent des papiers qui disent combien on doit payer pour se faire pardonner. Pendant les manifestations, une catégorie de policiers, appelés les CRS, se postent parfois devant les manifestants quand cela tourne au vinaigre. Ils ont des boucliers et des gilets pare-balle. Parfois, ils attrapent des manifestants, et ils se servent de leurs matraques, qu'ils portent habituellement à leurs ceintures. Ils les frappent avec ? Oui. Mais quelle horreur ! Pas si vite, Victor ! Avant de hurler à l'injustice, avant de t'exiler de nouveau sur ton rocher, prends connaissance de ce qu'est vraiment un policier.

Les policiers sont confrontés à la misère humaine, dans toute sa splendeur, si je puis dire. Morceaux choisis : on leur vomit dessus ; ils assistent parfois à des scènes d'une extrême violence (un homme qui s'est fait sauté la cervelle par exemple...), et tout ça, cela fait partie de leur quotidien. La plupart du temps, en début de carrière, ils sont mutés en région parisienne, zone où les "problèmes de société" s'accumulent... Certains diront "racailles", d'autres "petites frappes", peu importe. Le genre de personnages auxquels ils sont confrontés brûlent des voitures. Les traitent de "sales flics", d'"enculés", de "décérébrés". On leur lance des pierres. On les traque dans leur vie quotidienne, car bien souvent, ces policiers vivent dans la zone même où ils travaillent : ils sont parfois amenés à croiser des types qu'ils ont relâché la veille. Drôle de situation...

J'ai de l'admiration pour les policiers. J'estime qu'il faut une sacrée force psychologique pour endurer tout ça. Certains diront qu'ils sont insensibles... Je dirais plutôt endurcis. J'ai de l'admiration pour les gens qui ont le courage de faire un métier difficile, et à qui on laisse un droit à l'erreur plus que réduit. Certains, bien au chaud derrière leurs bureaux, leur donnent des leçons, les traitent de fascistes. Cela me révolte. Parce que ces gens-là n'ont pas la plus petite idée de ce que c'est que le métier de policier.

Attention, Victor ! Je ne dis pas que les policiers sont irréprochables. Je ne dis pas non plus, que les méchants, ce sont les jeunes des banlieues, car ce serait tomber dans les travers stéréotypés que je dénonce ici, et j'imagine que ce n'est facile pour aucun des deux "camps". Mais j'en ai assez qu'on caricature les policiers. Mais qui es-tu, toi, pour savoir mieux que tout le monde qui sont exactement ces policiers ? Parce que c'est bien gentil de critiquer ceux qui critiquent, mais tu ne fais pas partie de la police à ce que je sache ! C'est vrai. Mais... Mais quoi ?

Mais j'en sais un peu plus sur la question que certaines personnes. Tu oublies que J. est gardien de la paix. Ahhh ! J'avais oublié, c'est vrai ! Il m'a parlé de son école de police. Il m'a parlé de ses stages. Il m'a parlé de ce qui l'attendait à la sortie, de la réalité du métier. Je sais ce qu'est un policier au quotidien. C'est quelqu'un de fatigué. Quelqu'un qui rencontre des situations difficiles tous les jours mais qui "fait avec parce qu'il n'a pas le choix" (dixit J.). J'ai pourtant jugé les gardiens de la paix moi aussi. Combien d'engueulades avons-nous eu à ce propos ? Je nous y vois encore ! La crise des banlieues. Des policiers qui tabassent un jeune. L'image est passée en boucle sur le petit écran pendant quelques jours...

 

- Attends, Mirabelle, tu n'as aucune idée de ce que c'est que de faire ce boulot, et en banlieue encore moins ! Imagine... Tu en interpelles un qui te provoque sans arrêt, qui te dit que de toute façon, la loi, "il la nique", il sait que le lendemain, il sera sorti, parce que tu n'as rien contre lui. Le lendemain, tu le relâches. Il s'en va en te faisant des bras d'honneur. Il revient un quart d'heure plus tard et il balance des tessons de bouteille sur la façade du commissariat. Et encore ! Il y a des cas bien pires !

Là, je n'ai rien dit. Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien, comme dirait Socrate. Ahh ! Voilà une référence qui m'est connue ! Référence ô combien pertinente : il faudrait s'en souvenir à chaque fois qu'on a tendance à se prendre pour Dieu le père.

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Tu me vois aujourd'hui très en colère ! Que se passe-t-il donc encore ? Mardi après-midi, manifestation contre le CPE ! Le CPE ? Contrat Première Embauche. Une horreur passée à l'Assemblée Nationale sans trop de heurts et qui remet en cause de nombreux acquis sociaux. Juge un peu : un patron peut, en l'espace de deux ans, virer un de ses employés sans aucune justification ! Ca me révolte ! Donc, mardi après-midi, j'étais, comme quatre-mille neuf-cent quatre-vingt dix-neuf autres personnes (environ), descendue dans les rues de ma petite ville chérie pour manifester mon mécontentement, malgré un pluie battante.

Grandie par les valeurs dont je croyais tout enseignant porteur, me voilà ainsi battant le pavé, avec ce sentiment enivrant de faire partie de l'histoire de mon pays. J'aime les manifestations. Je ne le cache pas. Tous ces gens réunis pour des idées, je trouve ça magnifique. L'engagement. Une valeur censée caractériser tout professeur des écoles. Tu veux savoir combien nous étions, dans la classe, à défiler, Victor ? Dis-le moi ! Sept. Seulement sept...

Alors où sont-elles, les grandes valeurs de l'enseignement ? Où est-elle, cette solidarité qu'on nous vante tant ? Certes, l'année de préparation est une année charnière, et bien souvent, pour un étudiant de PE1, seules deux dates trouvent grâce à ses yeux : les 11 et 12 Mai, soit les écrits du concours.

Mais j'estime qu'en tant que futur enseignant, on se doit d'être citoyen, sans quoi tous ces grands discours qu'on nous sert en philosophie de l'Education n'ont aucun sens : qu'est-ce que cela signifie franchement ? Peut-on soutenir aux enfants qu'il est indispensable de défendre nos droits sociaux, qu'il faut continuellement protéger les acquis de l'individu, si soi-même on ne descend pas dans la rue ?

Je suis sans doute trop idéaliste. Mais non ! C'est très bien de défendre ses idées ! Il le faut ! Qui le fera pour toi sinon ?! Personne. Et c'est bien là le problème. Le mot "solidarité" n'a plus aucun sens. Beaucoup de PE1 ne se sont pas sentis concernés par la manifestation d'aujourd'hui. Ils oublient cependant qu'ils ne sont pas encore professeurs des écoles, et que par voie de conséquence, ils n'ont pas encore la sécurité de l'emploi et la stabilité des métiers de l'enseignement. Qui leur dit qu'ils vont l'avoir, ce fichu concours ? Leur avenir est encore à jouer. Et la moindre des choses, c'est de tout faire pour qu'il puisse s'épanouir dans les meilleures conditions. Et d'aider les autres, ceux qui galèrent plus que nous, qui sommes finalement des privilégiés. Alors, tout ça, tu vois, mon Victor, ça me dégoûte un peu... Je comprends.

Nous étions sept. Seulement sept. Et, ironie du sort, l'un de nous a été interviewé par la télévision locale...

Et après ça, je suis prête à parier que les gens vont se dire, devant leur poste : "c'est bien, la nouvelle génération enseignante se mobilise !". S'ils savaient, les pauvres...

 

 

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' par Mirabelle

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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




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Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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