XXIeme siecle

Janvier 2010
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Positif, Négatif

Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /2007 10:21
Mon cher Victor,



Profitant de ma semaine de vacances chez mon Mystérieux Inconnu à Rouen... Tu n'es plus en vacances ?Eh bien alors ? Si. Si mais comme le cadre est différent... D'accord, d'accord... Allez, allez ! Avançons, avançons ! Je disais donc que, profitant de ma semaine de vacances à Rouen, j'ai cédé au plaisir des salles obscures en me rendant à l'UGC. L'UGC ? Un nom aussi déstabilisant que sa configuration spatiale. C'est un complexe de salles ultramoderne, à l'opposé des petites salles de cinéma que j'affectionne. Un incontournable.  Un incontournable où je n'ai pas mes repères, à un tel point que je me suis perdue dans le cinéma ! Mon dieu... Mais... C'est très grand ? Oui, très très grand. Celui de Rouen a 16 salles, je crois. J'ai mis un temps fou à trouver la mienne. J'avais l'air fine, tu peux me croire ! Je te crois volontiers... Hihihi... Et j'aurais bien aimé voir ça ! Rigole, rigole ! Tu aurais été encore plus perdu que moi ! Bref...

Après vingt minutes de publicités (et très peu de bandes-annonce), c'est le film est lancé. De quel film s'agit-il, au fait ? Tu as omis de le préciser ! Il s'agit du film "Le prix à payer", d'Alexandra Leclère, avec Nathalie Baye, Christian Clavier, Géraldine Pailhas et Gérard Lanvin. Je ne vois pas pourquoi tu me cites les acteurs... Tu sais parfaitement que j'ignore qui sont ces gens ! Eh bien j'ai des lecteurs, Victor ! Ah oui. Parfois, j'oublie que tu n'en as pas que pour mes beaux yeux... Bon... Et il était bien ce film ? Eh bien, j'en suis ressortie assez gênée. Ce n'est pas un bon film ? Si. Sans hésiter. Mais c'est un film qui fait réfléchir. Développe !

Sous des dehors assez "légers" (on rit plusieurs fois et on sourit tout le long du film), basé sur un humour assez méchant, plutôt vachard (mais jamais vulgaire, je te rassure !), c'est un film qui questionne chacun d'entre nous, dans ses relations de couple. Et qu'est-ce que ça raconte ? Christian Clavier, marié à Nathalie Baye, est un chef d'entreprise plein aux as. Sa femme profite largement de ses revenus, puisqu'elle passe ses journées à faire du shopping dans les plus grands magasins de luxe. Elle ne travaille pas ? Non. Pourquoi faire ? Son mari subvient largement à ses besoins, ainsi qu'à ceux de leur fille ! Bon. Ca me rappelle des souvenirs, tout ça... Christian Clavier a un chauffeur incarné par Gérard Lanvin, qui lui-même vit avec Géraldine Pailhas, qui vit à ses crochets. Christian Clavier confie ses soucis à Gérard Lanvin : il est dans une misère sexuelle profonde, il n'a plus aucun rapport avec sa femme. Oui, bon, épargne-moi les détails, tu veux...

Gérard Lanvin lui conseille alors de confisquer la carte Gold de sa femme. "Pas de cul, pas de fric.". Voilà l'odieuse réplique que lance Christian Clavier à Nathalie Baye quand celle-ci, hystérique à l'idée de ne pas pouvoir faire son shopping habituel, déboule dans son bureau pour quémander un peu d'argent. Ah oui, c'est la photo que tu as mise en ligne ? C'est ça. Et l'autre acteur, là... Zut... Comment s'appelle-t-il déjà ? Euh... Le chauffeur... Il ne lui sert que de confident ? Non. Car lui connaît le même problème avec sa compagne. Ils se soutiennent donc mutuellement et finissent par tisser des liens d'amitié entre chauffeur et patron.

Voilà donc le point de départ de cette comédie, mordante et vacharde à un point que tu n'imagines pas. Les personnages frôlent la monstruosité tour à tour, tout en gardant cette note humaine qui rend les situations très crédibles. On est ému par une Nathalie Baye qui fond en larmes après avoir hurlé : "Mais comment veux-tu que je t'aime ?! Je ne te supporte plus ! Tu rotes, tu pètes, tu pues !". On compatit avec un Christian Clavier malheureux et maladroit, mais qui l'a bien cherché. Et on réfléchit. On réfléchit à son propre couple. Aux conflits d'argent. A ce que signifie l'amour, au rapport qu'il entretient avec l'argent. On y pense quand Gérard Lanvin sussure à Géraldine Pailhas : "Je t'aime. J'ai besoin de toi.". Et elle qui lui répond : "Moi aussi j'ai besoin de toi.". Pas de "je t'aime" en retour. Et on se dit que l'un et l'autre n'ont pas la même idée du "besoin". Que l'argent peut rendre dépendant. Complètement dépendant. Quitte à faire semblant.

C'est un film dont on ressort un peu gêné. Parce qu'Alexandra Leclère nous jette à la face la complexité des rapports entre un homme et une femme, des rapports rendus plus compliqués encore par l'intervention de l'argent. Elle nous jette à la face des situations qui nous semblent monstrueuses tout en nous dévoilant leur réalisme. Et clot son propos par cette conclusion : on peut pardonner beaucoup de choses, mais au nom de quoi ? Par quels sacrifices ? Quels renoncements ? Parrallèle à faire avec le titre du film...
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /2007 15:51
Mon cher Victor, bidochon.gif Attention ! Conversation très très superficielle aujourd'hui ! Après tout, c'est les vacances, et j'ai décidé, pour cette semaine, de me débarrasser de tout ce qui me dérange ! A la bonne heure ! Du coup, j'ai décidé d'évoquer un sujet typiquement féminin : le maillot de bain ! L'approche de l'été, sans doute ? Bien sûr ! Et ce même si ma petite région semble définitivement ancrée dans l'hiver. Nous sommes tout de même à la mi-juillet (déjà !) et il a bien fallu, après moult tentatives de refus (raaaallez, je le ferai demain...), que je ressorte de mon placard les quelques maillots de bain enfouis sous les fringues que je ne mets jamais.

Peut être te souviens-tu, Victor, qu'il y a quelques mois, en revenant d'Angleterre, je t'avais confié que j'avais pris du poids. Oui, tu en avais fait toute une maladie ! Bon. Il s'avère que je n'ai pas perdu. C'était à prévoir : tu n'as eu aucune activité physique ! Je t'assure que j'aurais été faire du jogging s'il n'avait pas fait un temps de chien ! On dit ça, on dit ça... Bref. Tu vois où je veux en venir : je redoutais plus que tout l'instant fatidique de l'essayage, d'autant plus que depuis quelques temps, je suis particulièrement mal dans ma peau.

Tout à l'heure, après avoir soigneusement verrouillé la porte de ma chambre, j'ai donc essayé trois maillots de bain. Alors ? Verdict ? Eh bien finalement, ils me vont à peu près. Je les ai aussitôt retirés et réexpédiés au fin fond de mon placard, en espérant ne jamais avoir à m'en vêtir cet été. C'est dommage, tu te prives des plaisirs de la trempette à la plage... Oh tu sais... Quand on passe sa vie à rentrer le ventre et à prier pour que personne n'examine notre cellulite, le terme "plaisir" ne s'impose pas de lui-même...

Comme tu le sais, Victor (j'avais dû te l'expliquer dans une de nos discussions...) je ne suis pas une grande militante de la perfection physique. Même, plus on me pousse à prendre soin de moi pour des raisons purement esthétiques et plus ça m'agace. Surtout, plus j'ai envie de me montrer laide aux yeux du monde, rien que pour emmerder ceux que la beauté obsède. Quand, à demi-mot, on me reproche de n'avoir jamais mis les pieds dans un salon d'esthétique, il me vient à l'idée qu'on pourrait me percevoir comme la femme des Cavernes qui se rase honteusement les jambes et, comble de la décadence, sort de plus en plus souvent sans maquillage, malgré ses cernes et son air ravagé. Bon. A vrai dire, cette histoire de maillot de bain m'énerve. Parce que cela signifie que c'est l'été et en été, les magazines féminins se déchaînent dans les articles normatifs : conseils pour perdre du poids au bon endroit, secrets de la drague sur la plage, crèmes hydratantes, auto-bronzants, pilules amincissantes, analyse de maillots de bain (si si si... Chaque silhouette a son maillot, je t'assure !). Tout ça, ça m'étouffe. Ca me donne envie de me barrer en courant.

Plus le temps passe et plus je me dis que les acquis de la femme seront toujours remis en cause. Parce qu'on attendra toujours de nous, même si des progrès ont été faits sur ce point, qu'on soit belles et désirables. Les moins gâtées par la nature n'échapperont jamais au jugement ("Ah le thon...") et devront se rattraper en brillant autrement. Bon. En fait, j'ai toujours détesté l'image qu'on veut nous donner de la femme, en particulier celle que véhicule la publicité (à quelques rares exceptions près, comme D**e par exemple): quel besoin d'être à poil pour manger un yahourt ? Ou d'être en sous-vêtements et talons aiguilles pour lessiver un sol ? Pourquoi associer une Ferrari à une plantureuse blonde en robe rouge décolletée, lacivement penchée au dessus du capot ? Tout ça contribue à entretenir l'idée selon laquelle une femme se doit d'être belle. Et ça m'agace. Car qui a décidé ça ? Le jour où on verra des hommes dans de pareilles postures, traités de la même manière, alors je pense que le monde aura changé.

Du coup, quand, tout à l'heure, j'ai essayé mon deux-pièces, je me suis dit que je n'échapperai pas, moi non plus, à ce jugement. Il faudra toujours que je gagne l'estime et l'admiration des hommes en faisant de l'esprit ou en brillant par mes compétences professionnelles, en misant sur autre chose que mon sourire et ma plastique. J'ai encore en tête certaines insultes reçues à l'adolescence, insultes relatives à mon physique. Et j'ai encore, après des années, l'envie, le besoin de prouver que je vaux mieux que toutes ces bimbos qu'on nous donne à voir, lisses à l'extérieure, creuses à l'intérieur. J'ai toujours besoin de tirer mon épingle du jeu, comme une revanche. Je ne suis pas fière de cela mais en même temps, je me dis que cette envie de revanche me nourrit en tant que femme, soucieuse de s'émanciper plus, de sortir des carcans de la mode, de lutter contre les stéréotypes. Je ne dis pas que j'y parviendrai. Mais ça m'aide. Et j'essaie de m'en souvenir en été, plus qu'à n'importe quelle autre période.

Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Samedi 28 juillet 2007 6 28 /07 /2007 01:27
Mon cher Victor, tour-de-france.gif

Le Tour de France est à l'agonie. Le dopage le ronge et le fait mourir à petit feu. Enfin, excuse moi, Mirabelle, mais là, c'est plutôt l'estocade !  Tiens, tu suis le Tour de France ? De loin, disons... Qu'on le suive de loin ou de près, tout ce qui se passe en ce moment à ce sujet ne peut laisser indifférent. Détrompe toi : il y a toujours moyen d'être indifférent à quelque chose, Mirabelle... Oui, bon, d'accord...

Les équipes s'en vont les unes après les autres. Une chaîne allemande ne diffuse plus le Tour de France. Les Sponsors se retirent. Bref... C'est la berezina ! Ou pas loin. Ca n'a pas l'air de t'affecter plus que ça... Eh bien, en fait, je ne suis pas fan de cyclisme. Mais ces histoires de dopage, qui bousillent la fête tous les ans, méritent qu'on se pose deux ou trois questions.

La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que l'expression selon laquelle "l'essentiel, c'est de participer", n'a plus beaucoup de sens. C'est un peu logique : vues les sommes en jeu, on peut comprendre que les coureurs enfourchent leurs vélos pour gagner, et non plus seulement pour le plaisir de participer... Et il faut pouvoir gagner. Quand on ne peut pas naturellement, ne reste plus qu'à faire en sorte qu'on puisse, avec un petit coup de pouce : avoir recours au dopage !

Tout ça est pourtant très contrôlé et en théorie, les coureurs devraient savoir qu'ils vont se faire coincer. Eh oui, mais l'appât du gain est le plus fort ! Du coup, les coureurs tombent comme des mouches en ce moment, et parmi les mouches, les favoris. Bien fait pour eux... Au delà de cela, de la simple satisfaction d'avoir puni ceux qui trichent, il y a certains détails qui me gênent et dont j'aimerais parler avec toi.

En 1998, il y avait eu l'affaire Festina. Le coureur Richard Virenque, notamment, s'était fait prendre. Je le vois encore geindre devant les caméras (pardonne moi le ton un peu moqueur que j'emploie, mais c'est quelqu'un que je ne porte pas spécialement dans mon coeur...) et donner rendez-vous à "l'année prochaine", les yeux plein de larmes, la morve au nez, sous le crépitement des flashes. Sur son épaule, une main amicale : "Allez, Richard, allez...". Bon. Personnellement, je n'ai pas eu trop envie de le plaindre, surtout que ce monsieur a mis des années avant d'avouer qu'effectivement, il avait eu recours à des produits dopants. Et après ça, très recemment, il vient s'exprimer dans une émission, à une heure de grande écoute, et se fait plaindre, en racontant sa "traversée du désert", sa détresse, son désespoir, enfin tout ce qui pourrait laisser penser qu'il est une victime. Cela me hérisse le poil ! Oui, je vois ça... C'est comme cet ancien dopé dont je tairai le nom qui publie un livre et se fait du beurre là dessus... Où est la morale ? On se le demande ! Bref. Là n'est pas le sujet.

Et avec tout ça, ce qui me navre le plus (parfois, je ne suis pas loin de penser que certains de nos contemporains sont de sombres crétins), c'est que cet homme est toujours aussi populaire ! J'ai dans mon entourage des gens qui l'idôlatrent, et ce malgré le fait avéré qu'il ait dupé tout le monde. Alors je me dis que le changement devra être plus profond... J'ai remarqué, par exemple, que les journalistes n'étaient critiques qu'en période de crise. Dès que la tempête est passée, le coureur dopé redevient tout simplement "notre Richard national", on passe l'éponge et on oublie tout. Je me plais à penser que les journalistes ne sont pas étrangers à tout ça... Euh, qu'entends-tu par là ? Je ne crois tout de même pas que ce soit eux qui leur aient soufflé de se doper ! Nul besoin d'aller chercher jusque là.

Les journalistes sportifs ont toujours besoin de héros, dans tous les sports.
En ce qui concerne le cyclisme, on a eu le héros Armstrong, qu'on a qualifié de "ressucité" après avoir guéri de son cancer et retrouvé les sommets (c'est le cas de le dire). Tous les ans, on a eu droit à la rétro "Armstrong, le retour", avec ralenti, sueurs et phrases grandiloquentes. Jusqu'à ce qu'il se soit fait piquer, bien sûr ! C'est fait exprès, ce jeu de mots, Mirabelle ? Non. Ah, je croyais... Bon. C'est bien joli, tout ça, mais Armstrong était dopé. Les journalistes l'ignoraient, Mirabelle... Certes. Cependant, les gens (et j'en connais !) n'ont pas cessé de l'aimer et de l'admirer pour autant. Comme si... Comme si c'était encore être héroïque que de se doper pour améliorer les performances ! Comme s'il suffisait de dépasser les limites (du légal) pour décupler ses forces et étaler sa force aux yeux des télespectateurs. Car devant un coureur qui se dope, on voit la preuve que celui-ci a envie de gagner. Bon. D'accord. Je veux bien. Mais quand même...

J'aimerais qu'on ne perde pas de vue l'essentiel : la nature du sport.
Moi qui ne suis pas sportive, j'ai pourtant du respect pour ceux qui en font, et ce quel que soit l'échelle, car j'y vois le plaisir (pas pour moi, hein, pour Victor, pour les autres, quoi que bon, je me remets à courir pour mon plaisir, je le reconnais...) et ce plaisir provient de l'action et de la joie de participer. Je suis peut être un peu vieux-jeu... Mais j'espère toujours que les gens n'oublieront pas que le sport est empreint d'honnêteté (en principe), de dépassement de soi à force de travail et de foi. Sans passer par des biais douteux. J'aimerais qu'on garde tous à l'esprit (heureusement, je crois que c'est le cas pour la majorité de mes concitoyens !) que le fair-play est toujours de ce monde !

Fair-play... Littéralement : juste-jeu.
Je crois que ça en dit long sur ce que devrait être le sport. Alors que messieurs les coureurs qui se dopent (et ce n'est pas le cas de tous, ce qui est écoeurant pour les coureurs honnêtes...) essaient de s'interroger sur l'image qu'ils veulent véhiculer de leur sport, car ils sont une référence pour beaucoup de jeunes passionnés, qui pourraient croire que la fin justifie toujours les moyens. Au fond, l'idée principale de ton article se rapproche de celui-ci, Mirabelle... Oui, un peu, tu as raison.

Bref. Tout ça pour dire (après moult périgrinations...) que le dopage, c'est pas bien ! Effectivement, ton article n'est pas très original ! Je t'avais prévenu !
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /2007 08:41
Mon cher Victor, h--risson.jpg

Hier soir, j'ai terminé l'Elégance du Hérisson, de Muriel Barbery. J'ai été bouleversée. Ce roman est un bijou... Que dis-je : un chef d'oeuvre ! Entrons dans son analyse littéraire... Il est difficile d'analyser le pourquoi du comment on a aimé un livre, Victor, surtout qu'en ce qui me concerne, je ressens plus que je ne réfléchis. Essaie quand même... D'accord.

Je ne dévoilerai pas l'histoire (ni la fin, à couper le souffle...) pour nos lecteurs qui désireraient partir à la rencontre de deux beaux personnages de femmes : Paloma et Renée Michelle. L'une est une jeune fille, collègienne de bonne famille, planifiant son suicide. L'autre est une femme cultivée, d'une grande intelligence, qui se cache derrière son métier de concierge et n'a pour seul compagnon que son chat Léon. Une amitié particulière naîtra entre ces deux belles âmes.

D'abord, Victor, sache que c'est très très très bien écrit.
Dès la première page, j'ai été frappée par l'élégance des phrases, par la diversité du vocabulaire (ça a l'air d'une banalité à pleurer, mais c'est loin d'être le cas dans tous les romans), par le ton. Nous, lecteurs, pénétrons sans y avoir été invités  dans les pensées très intimes de ces deux caractères féminins, quitte à nous mettre à l'aise. Madame Michel hait les riches comme Paloma est vacharde envers sa famille, et c'est tout le sujet de ce livre, selon moi : casser les poncifs dont nous, lecteurs, sommes encore imprégnés pour parvenir à l'essence de la vie.

C'est un roman très philosophique, dans le bon sens du terme, sans jamais nous éloigner des personnages, sans jamais nous enliser dans des considérations trop abstraites. L'auteur ne se prive pas du plaisir de nous interroger sur le sens de la vie, en ayant recours à de bons vieux auteurs comme Kant, aidée par sa formation en philosophie. Pourtant, si le mot "philosophie" pourrait en rebuter certains, ce n'est jamais pompeux, jamais prétentieux. La philosophie, telle qu'elle est utilisée par Muriel Barbery nous colle à la peau (cela ne devrait-il pas être toujours ainsi ?) et surtout ne se suffit pas à elle-même : elle est mise au service des personnages, mise au service de leur esprit torturé, de leur tempérament à fleur de peau.

Ce roman dit tout, Victor.
Tout. Tout du mal-être et de la frustration, de la déception et de l'espoir qui surgit soudain, quand on s'y attend plus. Il dit tout du sentiment de solitude et de différence. Il dit tout de l'amitié, de l'amour. Il dit tout des barrières sociales et des clivages qui subsistent, encore, toujours, à travers le temps. Il dit tout des bassesses de l'homme et de ce qu'il peut faire de bien, parfois, de ses éclairs de génie, tels que l'Art, par exemple, dont il ne faut pas minorer le rôle dans le roman.

Muriel Barbery est parvenue à toucher le lecteur.
Pas seulement à l'émouvoir, non, mais à le toucher dans sa personne, dans ses angoisses, dans ses peines, dans ses joies, dans son quotidien. Parce qu'au fond, par nos peurs, nos doutes et nos espoirs, nous ressemblons à Renée et Paloma. Nous nous reconnaissons et nous reconnaissons la vie, imprévisible, cruelle parfois, mais si belle, quand on s'en donne la peine, par petites touches inoubliables. Quand j'ai refermé ce livre, Victor, j'ai eu envie de pleurer. Et de vivre, surtout. De ne pas m'embourber dans des soucis mineurs, et de vivre, comme Paloma le fera à la fin. Ce livre dit vraiment tout de la vie et des relations complexes que nous tissons les uns les autres, en marchant sur un fil, en prenant le risque constant du bonheur ou de la déception.

Lis-le, Victor. Il faut que tu le lises absolument. Et nos lecteurs aussi. C'est impératif.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /2007 01:49
Mon cher Victor, Simpsons-Movie.jpg

Récemment, avec mon Mystérieux Inconnu, nous sommes allés au cinéma rendre une petite visite à Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie pour les soutenir dans leurs folles aventures à Springfield ! Bien.  J'étais conditionnée depuis déjà quelques jours, mon Mystérieux Inconnu s'évertuant à chanter sur tous les tons, le désormais ô combien célèbre hymne des Simpsons : "Spidercochon, spidercochon, il peut marcher au plafond ! Prends gaaaarde, Spidercochon est là !". Tu étais donc dans les conditions les plus favorables pour voir le film ! Certes. C'est donc avec plaisir que j'ai foulé le sol du cinéma multiplex de Rouen (grrr... Je préfère les cinémas de quartier mais hélas, ils sont en voie de disparition !). J'ai découvert une salle immense et déjà bien remplie pour un dimanche.

Après une dizaine de minutes de publicités et environ deux bandes-annonces (le cinéma, ce n'est plus ce que c'était, j'en ai bien peur...) c'est le film. Mon Mystérieux Inconnu et moi-même avons ENCORE choisi la mauvaise place puisqu'à côté de nous se tient un jeune homme un peu louche, qui, d'une part, répond au téléphone pendant la projection, et d'autre part, filme certaines scènes des Simpsons avec une mini-caméra. Je sens mon Mystérieux Inconnu bouillir à côté de moi et suis très surprise (agréablement !) de constater qu'il se contente d'un "Eh ! Ca te dirait d'arrêter ?" au malotru. Tu craignais une réaction plus agressive ? Euh... Oui... Malheureusement, mon Mystérieux Inconnu n'est pas le roi de la diplômatie !

Bref. Pour en arriver à l'essentiel (mon avis sur le film), j'ai souri tout le long, soit une heure et vingt minutes, et ri franchement assez souvent. Moi qui ai été bercée par les Simpson dans mon enfance (ahhh, les soirées télé, assis sur le canapé avec mon papa et ma petite soeur, à rire à gorge déployée des idioties d'Homer !), j'en ai retrouvé l'humour et la tendresse. L'humour par les bêtises d'Homer, icone du crétin (épisode savoureux où il se croit sorti du dôme après avoir vu son reflet... Ceux qui ont vu le film verront de quoi je parle !), tendresse par le suçotement de Maggie (je l'adore, Maggie). Et puis émotion aussi (même si ça a fait lever les yeux au ciel de mon Mystérieux Inconnu, qui considère que je vois le drame partout...) grâce à la souffrance de Bart (son papa ne s'occupe plus de lui depuis qu'il a son cochon... Prends gaaaaarde !) et à l'émotion de Marge qui se demande si elle aime encore son mari. Et puis toujours les clins d'oeil (le groupe Greenday qui coule comme le Titanic, Schwarzenneger en Président des Etats Unis même si ce n'est pas réaliste du tout, Tom Hanks...) qui font le charme des Simpson.

En résumé, j'ai passé un agréable moment, truffé de gags et de références.
Tout est bien qui finit bien, évidemment. Et tout reprend son cours à Springfield. Ah et puis en plus, Lisa trouve l'amour ! C'est pas beau, ça ? Je dis ça parce que Lisa, c'est ma préférée...

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 7 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus