XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 7 avril 2007

Mon cher Victor,



Il y a fort longtemps, je t'avais promis un article sur Harrods, ce magasin de luxe situé à Londres. Nous voilà repartis chez les British ?! Temporairement, rassure-toi. C'est juste que je suis un peu mélancolique de l'Angleterre, ce matin, et je me suis dit qu'il était temps d'écrire un article sur ce magasin. Tes souvenirs se sont sans doute un peu émoussés... C'était il y a si longtemps ! C'est vrai. Pourtant, je crois que je saurai en parler, car certaines choses, comme tu le sais, mon Victor, restent gravés.

Quand nous sommes arrivées devant la vitrine, au sortir du métro, Sophie et moi, nous n'avons eu sous les yeux, tout d'abord, qu'une horde manifestants anti-fourrure, appelant les consommateurs à boycotter les produits de Harrods. C'était très impressionnant, cette manifestation, et assez drôle, dans le fond, car quelques clientes arborant des manteaux de fourrure se sont faites huer par la foule et se se sont contentées de lancer un regard méprisant à la populace. Bref. Rappelons le contexte : c'est la période de Noël. Les vitrines sont superbes, avec guirlandes lumineuses, lustres, automates et raffinées à un point que tu n'imagines pas. Je pressens, rien qu'en regardant les prix dans les vitrines, que la moindre babiole va coûter les yeux de la tête.

Nous entrons. Et là, je ne sais plus où regarder. Tout est doré. Les sols sont brillants. Tout est brillant. Les clientes, toutes très bien habillées, ne sont pas, visiblement, issues du prolétariat, et je me fais l'effet d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, avec mon sac de lycéenne bourré jusqu'à en faire péter la fermeture éclair, ma parka un peu sale, mon jean biiien élimé et mes Converses pas tout à fait propres. De plus, j'ai les cheveux gras, pas de maquillage et les traits tirés. Bref. Je suis interloquée par toutes ces dorures, sans pour autant les aimer. Car ma première impression est celle du "Too much". Une impression qui ne me quittera pas mais qui m'amusera de plus en plus, en découvrant chacun des étages du magasin.

Nous parcourons plusieurs rayons tandis qu'une vendeuse nous dévisage. Elle me rappelle quelqu'un, cette vendeuse. J'en fais part à Sophie, qui écarquille les yeux, quand soudain, la révélation : mais oui ! Cette vendeuse me rappelle celle de "Pretty Woman", qui refuse de servir Julia Roberts sur Rodeo Drive ! Eh ben voilà ! Sophie rigole. "Pretty Woman" est une de ses films préférés. Nous décidons que nous irons au rayon chaussures pour faire nos Julia Roberts. Pfff... Quelle gaminerie... Je sais. Mais que veux-tu, ça me fait rire !

Inutile de te dire, Victor, que le magasin est bondé. Les décors entourant les escalators, qui nous emmènent au dernier étage (nous avons décidé de commencer par le dernier et de redescendre les étages un à un, au fur et à mesure), sont pour le moins somptueusement "too much". Du doré, du doré, encore du doré... En musique de fond, un opéra. Fort joli, d'ailleurs, et qui sonne vrai. Soit le CD est d'excellente qualité (mais il ne faut pas exagérer !) soit une femme chante réellement de l'opéra quelque part. Sophie écarte cette hypothèse d'un : "Pfff... N'importe quoi... C'est un CD, Mirabelle !". Mais non, ce n'est pas un CD, j'en suis presque sure. La voix est chaude, je remarque les respirations de la chanteuse, c'est de l'opéra live, ça ! Le dernier étage est celui des joujous de Noël. Sophie, à la recherche d'une babiole pour son petit neveu, en ressort aussi vite qu'elle est entrée, rouge comme une tomate et pantelante : "C'est fou le monde qu'il y a ici... On change d'étage ?". Je n'attendais bien évidemment que cette proposition, moi qui ai passé ces dix minutes d'immersion à insulter intérieurement tous les clients (oui, je sais, Victor, ce n'est pas bien), à slalomer entre les jouets et les gamins, et à essayer de respirer correctement. A ce point là ? Mais Victor, nous sommes très exactement à deux semaines de Noël ! C'est de la fo-lie ! On dirait bien, oui...

Re-escalators. Et re-opéra ! Je regarde partout. Au fur et à mesure que nous montons, la voix se rapproche. Elle est là, tout près. Tout à coup, je pousse un cri strident : "Sophiiiie ! Regarde ! Qu'est-ce que je te disais !". Sur l'un des balcons... L'un des balcons ?! Ah oui. Encore une kitscherie que je n'ai pas expliquée. A chaque étage, des balcons, que l'on peut admirer des escalators. Sur ces balcons, des automates, des objets de grande valeur ou... Une chanteuse d'opéra ! Dans une robe de velours noire absolument divine, droite comme un i sur son balcon, une chanteuse d'opéra. "Ah ben oui, t'avais raison..." me fait Sophie. Quelques grammes de finesse dans un monde de brut. La musique suspend le cours du temps mais l'escalator arrive à son terme et nous replongeons dans la jungle d'Harrods.

Et là, sur le palier... "Ah oui, j'en avais entendu parler." me dit Sophie. Un mémorial. Là, sous nous nos yeux, deux figures dorées entrelacés. Tout autour, très nombreuses, des bougies. Des bouquets de fleurs aussi. Des petits mots, témoignages d'affection : "We will never forget you", "I love you forever" etc... Les photographies de la princesse Diana et de Dodi Al Fayed. Qui sont ces gens là ? La princesse de Galles, Diana, avait épousé le prince Charles, fils de la reine d'Angleterre, Elizabeth II. Après avoir divorcé de Charles, elle entretenait une liaison avec Dodi Al Fayed, fils d'un grand milliardaire et propriétaire d'"Harrods", Mohamed Al Fayed. Dodi et Diana sont morts dans un accident de voiture, à Paris, en essayant de semer des paparazzi. Ah... Sombre histoire... Bref. Si je te raconte ça, Victor, c'est parce que ce dame s'est produit en 1997, soit quasiment dix ans avant mon escapade chez Harrods. Et face à ces témoignages, ces fleurs, je peux te dire que la douleur m'a semblée encore toute fraîche pour les Anglais. A côté de moi, des gens se recueillaient. Se mettaient à genoux pour prier. D'autres sanglotaient carrément. Et cela au coeur d'un grand magasin où les gens dépensent, dépensent, dépensent... C'est assez... Etrange. Presque... Indécent.

Bref. Nous atterrissons ensuite au rayon chaussures. Je me suis mise en tête d'essayer une paire de bottes léopard. Le genre que je déteste mais qui me fait beaucoup rire. Sophie essaie des talons aiguilles et tente de marcher avec. Je lui fais une démonstration, sous les yeux éberlués de quelques clients. Fou rire évidemment. Privilège de l'étranger... J'imagine. Je ne me serais jamais comportée d'une telle façon dans mon pays natal. Pour donner un rythme à ma démarche podiumesque, Sophie entonne l'air de "Pretty Woman". Puis c'est son tour. Nous finissons écroulées sur les bancs à rire comme deux gamines. Et les vigiles ne vous ont pas mises à la porte ? Bizarrement, à part quelques clients, le rayon était désert. Dieu soit loué pour vous !

Nous trouvons ensuite le moyen de nous perdre dans le magasin. Tu avais gardé ces chaussures léopard ?! Mais non enfin, j'avais remis mes Converses ! Bref. Nous tournons en rond dans le rayon mobilier, découvrons le rayon CD/DVD, sans pour autant parvenir à retrouver ces maudits escalators. Il nous faut environ vingt minutes pour explorer tout l'étage et retrouver les escalators. J'ai acheté, entre temps, une boule à thé tout à fait charmante en forme de théière, que je compte bien offrir à ma maman à mon retour. Puis nous sommes enfin DEHORS. Nous n'avons pas pu faire tous les étages de fond en comble. Nous avons d'autres choses à voir à Londres et nous savions que notre visite d'Harrods serait un vrai marathon.

A moi de résumer ce que nous venons de vivre, au milieu des manifestants anti-fourrure : "Bon ben, je n'ai pas aimé, mais il fallait le voir. Au moins, on aura pu se mettre dans la peau de Viviane quand elle regarde les vitrines de Rodéo Drive.". Direction le métro. En crânant avec mon sac "Harrods".
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publié dans : Chez les British par Mirabelle
Vendredi 18 mai 2007
Mon cher Victor,

A l'écoute de cette chanson, des images. Mirabelle sur la piste de danse, riant aux éclats. Fabrice imitant Travolta. Sophie qui rit. Les Anglais qui déambulent dans le "Student Bar". Démarche de cow-boys. Filles en collants résille et mini-short à paillettes. Décolletés plongeants. Moi en jean et Converse. Sophie avec son tee-shirt Decathlon. Toute simples. Si simples. Si françaises.
Des rires. L'insouciance. Je danse et il me semble que le monde m'appartient. Je me fiche des regards braqués sur moi. Je me fiche des Anglais qui jugent les "poor french girls". Je suis bien. A côté de moi, une anglaise se déhanche. Langoureusement. Elle se prend au sérieux, celle-là... Ca me fait rire. Je ne me sens pas complexée ce soir. Pas laide. Pas gênée. Non. Juste profondément française. Et heureuse de l'être, parmi tous ces Anglais que j'aime, malgré leur séduction à outrance, leur ivresse perpétuelle, leur condescendance. Oui. Je les aime, mes Anglais. J'ai pour eux une tendresse particulière, teintée d'amusement et d'incompréhension. D'indulgence aussi...
Cette chanson me manque. Elle est pourtant formatée, industrielle. Pas mon genre. Et pourtant... Elle me manque. Elle représente tout ce que j'ai laissé là-bas. La vie qui s'est arrêtée dans le flat 6, room 7. Qui viendra après nous ? Peut-on avoir été plus heureux que nous ne l'avons été à cette époque ?
Sensations indicibles. Sentiment indescriptible d'avoir vécu quelque chose d'à part et d'inoubliable. D'incompréhensible pour les autres. Incompréhensible pour ma famille, incompréhensible pour mon Mystérieux Inconnu. Je suis un peu anglaise, aujourd'hui. L'Angleterre, je la garde en moi.
Alors quand fiches de prep', programmation, mémoire, validations, IUFM, Mystérieux Inconnu, Papa, Maman, Petite Soeur, Permis de Conduire, habitudes me pèsent, quand ils me deviennent insupportables, me vient l'envie de murmurer, tout doucement, tout doucement, à mon oreille de presque-adulte : "Souviens-toi..."
Alors j'écoute cette chanson. Je les revois tous. Charmaine, Daniel, Claire, Emma, Kerry, Carly, Lucy, Peter, Fabrice, James... Je revois le bus jaune, le son des ses freins ; j'entends encore le cliquetis de ma clé dans la serrure. Flat 6 room 7. J'entends Evanescence dans l'appartement du dessous. J'entends l'alarme à incendie. Le rire du Claire, son "Oooooh, Mirabelle, you're cheeky !". J'entends le claquement des Crakers au Christmas Dinner. J'entends mon rire, je vois mon sourire, celui de Sophie, celui de Fabrice.
Alors, quand le courage m'abandonné, me vient l'envie de prendre vêtements, cartes d'identité, carte de résident et de filer pour le premier avion. Atterrir à Londres. N'entendre plus que de l'Anglais. Prendre une grande bouffée d'air. Respirer. Vivre. Retrouver ce que je ne retrouverai plus. Penser à moi. Oublier tout, tout le monde. Ne penser qu'à moi. Pas de regrets, pas de remords. Vivre l'instant présent.
Puis, repenser à ce rêve, réalité de trois mois. Me dire que tout cela a existé. Ecouter Justin Timberlake, Nelly Furtado et leur chanson insipide. Sourire. Tout cela m'appartient à jamais.
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publié dans : Chez les British par Mirabelle
Mercredi 14 mai 2008
Mon cher Victor,

Je v
ais en Angleterre cet été. C'est décidé. Elle coule dans mes veines et me manque, encore, toujours. Malgré la vie qui passe, malgré la vie qui change, une petite partie de moi est toujours là-bas. Quand on aime... Quand on aime... C'est comme ça ! Merci, mon Victor, pour cette réflexion hautement philosophique. Tout à l'heure, j'ai regardé les prix pour le ferry avec voiture. J'aurais pu m'étouffer avec une pastille Valda, si seulement j'en avais eu une dans la bouche... Ta spiritualité grandit de jour en jour ! Bref. Tout ça pour dire que les prix sont exhorbitants, mais je ne compte pas m'arrêter à ça. Inutile de préciser que je mise sur mes vacances (de rêêêve) pour trouver L'ANGLAIS qui saura me faire oublier mon Français, me faire oublier qu'il y a de cela un peu plus d'un an, il prenait une carte d'Angleterre, sa moto et le ferry pour venir me rejoindre en pleine nuit dans ma chambre d'étudiante exilée. La vie prend parfois une tournure si inattendue... On croit voir en certains évènements des preuves d'un amour indéfectible et éternel que déjà tout s'est évanoui... Allons, allons, ma Mirabelle, ne nous laissons pas aller à la nostalgie ! Oui, tu as raison.

Je reviendrai à Northampton. Retrouverai Claire, son rire cristallin, et son électricité. Elle me manque. L'insouciance de cette époque me manque. Je sais, de toute façon, que cette "beautiful life" ne sera, une fois de plus, qu'une parenthèse, mais je veux la vivre pleinement, sans culpabilité. Me dire que je suis encore jeune, et potablement séduisante. Qu'il existe forcément mieux que lui sur Terre, en France qui plus est, par chez moi encore mieux. L'Angleterre, c'est la provocation. C'est la fête tous les soirs.
C'est la superficialité des English Girls, à qui, Dieu sait pourquoi, je voue une tendresse particulière. L'Angleterre, ce sont toutes les filles que j'aurais aimé être, celles qui ne craignent pas de dévoiler leurs formes et qui se soucient bien peu du regard des autres. L'Angleterre, ce sont celles qui s'assument, alors que je ne m'assume pas. Oui, plus j'y pense, et plus je me dis que je reviendrai à Northampton. Car désormais, je n'ai plus de (faux) projets à deux. Adieu les vacances à Nantes et les journées à Ikéa, pourtant une des plus belles journées de ma courte vie (jusqu'à aujourd'hui, bien sûr). Je dois penser à moi. A moi et rien qu'à moi. Northampton's calling me.
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publié dans : Chez les British par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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