XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Gros coup de cafard depuis deux ou trois jours. Des crises de larmes à répétition. Envie de rien. J'ai honte. Une honte indéfinissable, inexplicable. Je fais le constat de l'échec. L'échec de mon couple. Dur de l'admettre. Pas forcément de se le dire (car on est toujours plus ou moins franc avec soi-même) mais de le dire autour de soi : "mon couple a été un échec". Je fais cet effort depuis quelques jours. Et je prends plus de distance. Je retrouve un semblant de dignité...

Je n'étais pas heureuse. Ca, je ne te l'ai pas caché, mon Victor. Après avoir lutté pendant plus de deux ans, en espérant que, peut être, cela "irait mieux un jour", j'ai enfin accepté que non, cela n'irait JAMAIS mieux et que l'état de frustration permanent dans lequel j'étais plongée ne s'évanouirait JAMAIS. Et que la magie, évidemment, n'avait STRICTEMENT rien à voir là-dedans...!

J. m'aimait, c'est certain. Mais moi... Moi, je peux le dire maintenant, je ne me sentais pas vraiment aimée. D'où, peut être, le désir inconscient de créer des disputes, pour réveiller chez J. cet élan chevaleresque que je n'avais jamais cessé d'espérer, jusqu'à aujourd'hui. J'ai bêtement réalisé, tout récemment, que jamais il ne serait celui que j'attends. Je crois que c'est de là que provient ma honte... Cette conscience brutale que je n'ai été qu'une cloche, une cloche naïve qui croit que l'amour peut changer les gens. Quelle bêtise, vraiment...

Je ne m'aime pas, Victor. Pour ceux qui me connaissent, ce n'est pas un secret. Avant de sortir avec J., j'avais presque réussi à m'accepter, à être fière de moi-même. Et puisque J. affirmait m'aimer, je me disais, sottement, qu'il allait m'admirer, m'apprécier à ma juste valeur. Cela peut paraître prétentieux, pourtant, je demeure persuadée que l'admiration est une composante nécessaire dans un couple. S'il n'y a pas d'admiration... On banalise. Et j'ai bien peur que J. ne m'ait banalisée. J'avais pourtant tout fait pour susciter son admiration, la reconnaissance que j'étais une fille bien. Il m'avait écoutée chanter. Je lui avais avoué que j'aimais écrire... Dès que j'obtenais une bonne note en classe, je la lui fourrais sous le nez, tel un trophée. Et les compliments venaient de tous... Sauf de lui. J'en ai souffert. Je pense qu'il n'a jamais su à quel point...

Je voulais que J. m'aide à croire en moi-même. Qu'il me rassure. Qu'il me dise que j'étais la femme la plus extrordinaire qu'il ait jamais connue. Il ne m'a jamais dit ça. Jamais. A ses yeux, je n'étais sans doute qu'une petite fille peureuse, un peu coincée, qui réfléchit beaucoup trop. En l'écoutant, en me persuadant qu'il avait raison, j'avais presque réussi à croire qu'on pouvait vivre en autarcie, bien au chaud dans sa petite bulle, sans penser aux autres. Mais je ne suis pas comme ça...

Alors J. m'aimait, c'est vrai. Mais il n'a jamais rien compris à ce qui se passait dans ma tête. A-t-il jamais cherché à comprendre, d'ailleurs ? En serions-nous là s'il avait fait l'effort de me parler, de m'écouter, de me rassurer ? Tout allait bien tant que je me taisais. Mais il n'a pas vu, il n'a pas vu que dans mon esprit, au contraire, je ne me taisais pas, que le doute m'assaillait peu à peu et qu'il allait me perdre.

Nous n'avons jamais vraiment parlé. J. ne voyait pas l'intérêt du dialogue. Pour lui, réfléchir est un acte solitaire. Il n'a jamais partagé ses réflexions avec moi. Et n'a jamais souhaité partager les miennes. Soupirs, roulements d'yeux agacés... Dès que j'ouvrais la bouche, c'était le même refrain : "Mais pourquoi tu reparles de ça ? Tu ne peux pas passer à autre chose ? Tu gâches les bons moments que l'on pourrait passer ensemble !" Et à moi de culpabiliser...

Il n'a jamais compris le poids des mots. Pour lui, le langage ne sert à rien. La façon dont on dit les choses est sans intérêt, seule l'intention compte. Alors on peut tout dire. Nous nous sommes souvent mal compris : il choisissait mal ses mots et me reprochait ensuite de "tout interpréter". Mais que faire d'autre qu'interpréter, quand on a en face de soi quelqu'un qui garde tout pour lui ?

J'en veux à J., tu sais, Victor. Parce que le week-end dernier, quand il a osé me dire, le plus naturellement du monde, que si je le quittais, "c'était seulement parce qu'il n'avait pas voulu aller au restaurant", il a fait de ma décision un caprice, un coup de tête. Ce n'était pas un coup de tête. Il n'a pas vu plus loin que le bout de son nez. Aucune subtilité. Pas un gramme de délicatesse. Et surtout, surtout... Pas une once de remise en question. Pas une once d'excuse. Rien, rien, rien.

Alors au fond, avec tout ce que je viens d'écrire, tout ce que je viens de décrire, est-ce ça, aimer vraiment ? J'en déduis, moi, Mirabelle, que Johan m'aimait, mais d'un amour égoïste, centré sur lui-même, alors que l'amour est un partage. J'en déduis qu'il ne m'a pas aimée assez pour remettre en question son petit confort pépère et sa façon de penser le couple. Je m'aperçois, qu'au fond, je n'ai été qu'une fille parmi d'autres... Si j'avais été aussi précieuse qu'il le prétendait, comment alors, justifier son manque de clairvoyance, son absence de réflexion quant à notre couple ?

Je m'aperçois que je me suis bien souvent sentie seule, bien qu'étant "officiellement" avec lui. Combien de fois ai-je pleuré en me disant qu'il ne pourrait me consoler puisqu'il n'avait jamais rien saisi de mes chagrins ? Ce n'est pas ça, l'amour. J'aurais voulu, vraiment, j'aurais voulu qu'il m'ouvre ses bras quand j'allais mal, qu'il me rassure, par des paroles tendres, des mots choisis et bien pesés, par une intimité langagière. Alors, désormais... J'assume ma solitude. Je suis seule. Sans lui.

Et s'il lit ton blog ? Que crois-tu qu'il pensera de tout ça ? Libre à lui de penser ce qu'il veut. Il m'a perdue. Cela ne me concerne plus.

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Sur la suggestion d'un lecteur fidèle, me voici donc avec ce tableau de Magritte, intitulé "Mémoire". Je l'ai regardé longuement avant de me lancer dans un article. Cette peinture a quelque chose de dérangeant, et en même temps de profondément familier. Cette blessure, là, sur l'arcade sourcillière. Ces paupières fermées. Ce rideau. Cette feuille tombée d'on ne sait où. Et surtout, ce ciel bleu, lointain, en arrière-plan. Oui, vraiment, c'est un beau tableau. Qui me laisse songeuse...

La mémoire. Ma Mémoire. Souvenirs. Regrets. Ce qu'on aurait dû dire. Ce qu'on n'a pas dit. Ce qu'on a dit et qu'on n'aurait pas dû dire... Au fond, je suis prisonnière de ce qu'elle me rappelle, prisonnière des images, parfois floues, qu'elle fait resurgir.

Oublier. C'est un mot que je  ne connais pas. Ou plutôt que je ne connais pas dans son sens amoureux : "Cela prend du temps, oui, mais tu verras, tu finiras par l'oublier...". Non. Je ne l'oublie pas. Parce que ma mémoire est toujours là. Et qu'elle me joue des tours. Et plus je m'evertue à tout banaliser, à tout canaliser, plus la mémoire revient, parsème du trouble, ces petites choses de la vie, ces petits riens que je ne parviens pas à surmonter. Des détails, ces détails dont je parlais dans cet article-ci. Mais Mirabelle, ces détails, tu les connaîtras avec quelqu'un d'autre : tu sais bien qu'aimer est un perpétuel recommencement ! Tu n'es pas la première personne à m'objecter un tel argument, Victor. Et j'y ai réfléchi. Et je ne peux nier que c'est vrai : je pourrais, si je le voulais, aimer quelqu'un d'autre, un jour, peut être... C'est une idée que je caressais pendant un temps, non pas par conviction personnelle, mais comme tentative maladroite d'auto-persuasion que le plus beau était devant. J'y ai réfléchi. Et il se trouve que je ne veux pas partager ces détails avec quelqu'un d'autre. Je veux les partager avec lui. Encore. Toujours.

Je ne peux pas ignorer ce que me dit ma mémoire. Je ne peux pas me résigner à l'échec. Nous avons été heureux. Malheureux, aussi, souviens-toi ! Oui, c'est vrai. Et je ne prétends pas enfouir le constat que J. et moi formons un drôle de couple. Mais c'est le mien. C'est le nôtre. C'est ainsi...

La mémoire est une contradiction, Victor. Elle nous manipule, dans un premier temps : sélection des souvenirs, images baillonnées, voix qui s'estompent peu à peu... On l'écoute, aveuglés par ce que l'on croit être bon pour nous-même. On se persuade. On se dit qu'on a bien fait. Qu'il n'y avait pas d'autre solution. On se sent fort, prêt à tout affronter. Et puis, pas à pas, le champ de vision de la mémoire s'élargit. Face à nous, le constat de l'échec. Mais derrière, que l'on entrevoit tout de même, cet après-midi à la mer, ce premier baiser, cette "première fois", ce sourire, ces sommeils enlacés...

La mémoire nous fait douter : "Es-tu bien sûre de toi, malgré ce que tu prétends ? Ton choix est-il réellement le bon ?". La mémoire fait naître le manque. Et nous ne sommes plus que des choses tristes, nostalgiques, mélancoliques, incapables de regarder vers l'avenir, toujours tournées vers le passé. Le passé, le passé... C'est bien gentil, mais il me semble que tu l'idéalises, ce passé ! Tout comme j'ai tourné à l'extrême les mauvais souvenirs, les défauts de J., nos disputes. L'idéalisation passe par le même processus d'exagération. C'est inévitable.

Ma mémoire a pris un ascendant sur moi, c'est un fait, mais je vais la combattre quand elle sera là, à tourner autour de moi, à me lancer à la face les instants désagréables de notre vie, quand elle s'appliquera à semer le doute en moi. Car il y en aura sans doute encore, des moments où je voudrais baisser les bras, où je regretterais mon choix, mais tant qu'il existera, aussi, des minutes de quiétude, de sincérité, de confiance, alors je prendrais ma mémoire à son propre piège, en les lui jetant à la figure, en lui criant : "tu vois, c'est encore possible ! Je fais bien de m'entêter !".

Ce sera donc à mon tour, maintenant, de manipuler ma mémoire. De la tourner à mon avantage. De m'en servir, de puiser mon courage dans mes souvenirs les plus précieux, dans cette conscience que le lien est toujours là, bien présent, malgré la feuille morte de ce tableau, malgré cette blessure au front. Car derrière, il y a toujours ce ciel bleu. Et le rideau, lui, est encore ouvert...

 

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Alors, on continue dans tes souvenirs d'enfance aujourd'hui ? Cela m'a l'air de t'emballer ! Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ton article précédent ! Et j'ai hâte que tu poursuives ! Tu m'en vois ravie !

Dès que j'eus maîtrisé la technique graphique de l'écriture, dès qu'elle fut assez automatisée pour me permettre de me concentrer sur mes idées, je commençai à écrire des petites histoires, minuscules, sur des feuilles blanches. Un chat, un petit garçon et une tortue (j'imagine que Boule et Bill avaient dû passer par là...). Ma maman corrigeait mes fautes d'orthographe. Elle avait relié les feuilles blanches entre elles : "tu vois, tu as écrit un vrai livre". Un vrai livre... J'en étais toute retournée !

Vers l'âge de huit-neuf ans, ma facilité d'écriture se développa : j'écrivais de plus en plus, mais seule, sans l'aide de personne. Un jour, j'ai pris un cahier bleu de cent quatre-vingts pages (je l'ai encore à la maison) et c'est là que tout a débuté. L'histoire d'un chien, Spot, un berger Allemand. Un petit garçon, Yann, l'adopte, et le cache à de ses parents. Une grande amitié naît entre eux. Dans ma tête de petite fille, c'était un livre, un vrai. J'avais collé une photo de chien sur la couverture de mon cahier (un caniche, mais quelle importance, dis-moi ?) puis fait une page de garde. Ecrit en gros mon nom, et le titre de mon livre. J'avais même divisé mon oeuvre en chapitres, et fait des illustrations pour accompagner le tout ! Et tout ça me prenait un temps fou... Je passais des journées entières dans ma chambre à écrire, et me forçais à une certaine discipline. Je me laissais emporter par mes idées. Bientôt, mon cahier fut rempli par ma petite écriture penchée d'écolière. J'enchaînai alors sur un deuxième tome, en inventant de nouveaux personnages, de nouveaux lieux, qui évoluaient en même temps que moi. Un voyage à New-York, par exemple, ou une amourette d'enfants entre Yann et Clara, sa jolie voisine ! Il y eut un troisième tome. Je faisais lire mes écrits à mes parents, qui n'hésitaient pas à me faire part de quelques incohérences. "Je suis écrivain !" me disais-je. J'étais si fière ! Si fière !

Parfois, je tire des cartons "mes premiers livres". Je ressors aussi mes cahiers de primaire... Je relis mes rédactions. J'ai toujours un sourire pour les sujets que je traitais à l'époque, surtout quand je m'aperçois qu'ils étaient parfois plus originaux que je ne le pensais : j'ai plaisir à relire cette histoire de l'automne, que j'avais rendu sous les traits d'un personnage volant, plein de feuilles, qui emmenait un petit garçon se promener avec lui dans la campagne. Je l'avais nommé Totone. J'aime relire tout ça. Je suis face à la petite fille que j'étais, à mes rêves d'écriture... Et cela donne envie à la jeune femme que je suis devenue de satisfaire cette petite fille, de ne pas baisser les bras devant ses exigences...

 

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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Si j'interprète bien le titre de ton article et l'image que tu y joins, je suppose qu'aujourd'hui, nous parlerons de ton papa ! Ca, c'est une bonne fille ! J'étais certaine que cela te ferait rire. Ne me regarde pas avec cet air attendri s'il te plaît, je n'ai plus quatre ans ! Et pour ton information, le dessin qui accompagne ces mots n'est pas de moi ! Je n'ai aucun talent pour le dessin, mais tout de même, j'ai passé quelques étapes...

Ce matin, je suis retournée courir. Comme avant-hier. Je me suis aperçu que je n'avais pas précisé que mon "coach" n'est autre que mon papa. Ton coach ? C'est quoi, un coach ? C'est un préparateur physique. Plus simplement, c'est ton entraîneur. C'est donc mon père qui accompagne mes foulées, supporte mes gérémiades, et m'encourage sans relâche. C'est lui planifie tout : où nous allons courir, sur quelle distance, quand allonger ma foulée, quand accélérer, quand ralentir... Il va même jusqu'à prendre mon pouls pour vérifier que je récupère bien ! Le pauvre... Je te vois d'ici ! Toujours à te plaindre ! Tu ne crois pas si bien dire ! C'est vrai que d'un certain point de vue, je ne suis pas un cadeau...

Je suis une pleurnicheuse. Voilà la vérité. Toujours à gémir. Ce matin, c'était terrible. Une pointe de côté au bout de trois cent mètres. Les jambes comme des bouts de bois. Un mal fou à trouver un souffle stable. Des bras qui partent dans tous les sens. Des douleurs aux aducteurs. Des papillons dans le ventre. Tu n'en rajoutes pas un peu là ? Non, même pas ! Et mon père, d'une extrême gentillesse, d'une extrême patience, ne s'énerve jamais. En fait, plus je gémis, plus il m'encourage :

- Papaaa ! J'ai trop mal ! Il faut que je m'arrête !

- Mais non, mais non... Ca va !

- Siiiii ! J'ai une pointe de côté atroce, là, je n'en peux plus !

- Souffle bien, souffle bien ! Tu vas y arriver, tu vas y arriver !

- J'ai mal aux cuisses !

- Regarde bien devant toi, la tête haute ! Allez, Mirabelle, allez !

Je pourrais poursuivre indéfiniment ce genre de dialogue, en variant seulement mes sujets de souffrance. Mais je suppose que tu n'as pas besoin de plus pour te faire une petite idée du calvaire que c'est de courir avec moi ! Tu supposes bien... Je dois dire que j'ai de l'admiration pour ton pauvre papa ! N'exagérons rien non plus ! Je lui rends service : il entretient sa santé en courant avec moi ! Enfin, maintenant, je comprends le sens de ton titre... Je l'imaginais pompier ou ou policier, ou ce genre de professions, ces professions qui font rêver les enfants, un métier à risque, qui expliquerait le choix du terme "héros". Mais non, même pas... C'est juste un héros très discret, un héros de tous les jours, qui supporte les gérémiades de sa fille, déjà grande qui plus est ! Alors, finalement, tu vois, à bien y réfléchir... Oui... Je trouve qu'il a beaucoup de mérite de te supporter, ton héros de papa !

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publié dans : Une famille formidable par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Les malentendus, quelques fois, ça a du bon... Allons bon ! Qu'est-ce qui t'est encore arrivé, dis-moi ! Oh rien, rassure-toi... C'est juste que suite à cet article ci, mon vieil ami Maxime et moi nous sommes parlés par MSN interposés, comme ces parties de ping-pong auxquelles nous nous adonnions au lycée et qui m'amusaient au plus haut point.

Suite à quelques mots mal pesés qu'il a utilisés dans un commentaire laissé sur ce fameux article, je me suis quelque peu... froissée. Il t'en faut peu, me semble-t-il ! Parce que franchement, je l'ai lu, moi, le commentaire en question, et il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat ! Certes... Sotte comme je suis, j'ai donc cru bon de défendre ma grande histoire d'amour perdue avec cet article-là. Oui... Je vois le genre ! C'est la petite phrase de fin, surtout, qui compte, n'est-ce pas ? C'était la riposte parfaite à son commentaire, non ? Oui. C'est vrai que quand je relis ce que j'ai écrit, je me dis que je suis allée un peu fort, mais que veux-tu, j'étais blessée... Si tous les gens blessés se permettaient ça, à quoi ressemblerait le monde ?!

Bref... Tu t'es excusée au moins ?! Oui, c'est fait. Suite à cet article donc, Maxime semble quelque peu blessé lui aussi, et me le fait savoir sur MSN, par une petite phrase bien sentie, du genre "si j'avais su, j'aurais rien dit". Réaction on ne peut plus naturelle ! Le pauvre garçon ! Je suppose qu'il voulait juste t'aider !

Je culpabilise donc, et engage la conversation sur MSN dimanche soir... C'est quoi MSN ? C'est un logiciel informatique qui permet de bavarder sur Internet avec ses amis. C'est très pratique. Logiciel informatique ?! Encore les progrès de la technologie, je présume ? Tu présumes bien. Mais là n'est pas le but de cet article ! Voilà, voilà... Je dois encore me taire ! C'est fou, ça, tout de même ! Tu m'avais dit que tu m'expliquerais ce qui a changé depuis le XIXème et ce logiciel je ne sais quoi, là, ça m'a l'air d'en être un, de changement, non ?! Si tu y tiens...

Logiciel : Ensemble des règles et des programmes relatifs au fonctionnement d'un ordinateur.

Et donc... Avant que tu ne me coupes la parole :

ordinateur : machine capable d'effectuer automatiquement des opérations arithmétiques et logiques (à des fins administratives, scientifiques, comptables...) à partir de programmes définissant la séquence de ces opérations.

Et enfin :

Informatique : Technique du traitement  automatique de l'information au moyen des calculateurs et des ordinateurs.

Tout ça m'a l'air d'une abstraction remarquable... Et je n'ai pas les idées claires, même avec ton baratin ! Mon baratin, comme tu dis, est celui d'un dictionnaire Hachette, donc s'il te plaît, un peu de respect... Pour t'aider un peu, un ordinateur, c'est la machine sur laquelle je tape mes articles. Eh bien voilà ! Donne-moi un exemple concret ! C'était si difficile, franchement ?!

Revenons à nos moutons... Après cet article si maladroit, je compte donc bien m'excuser auprès de Maxime sur MSN. Cela faisait un petit bout de temps que nous n'avions pas discuté... Qui est-ce, au juste, ce Maxime ? C'est une longue histoire... On se connaît depuis la Seconde. On est devenus les meilleurs amis du monde. Viens-en au fait !

J'ai été comme prise par une vague de nostalgie. Bon, c'est vrai, dès que je parle avec lui, j'ai l'impression de me retrouver au lycée, mais tout de même, ça a rarement été aussi prononcé. Voilà que nous parlons des souvenirs, comme deux petits vieux, "des images me reviennent" comme qui dirait, je le revois en train de m'écrire des mots sur sa calculatrice pendant les cours de physique, ou de se faire sortir du cours d'anglais parce qu'il riait trop fort... Ca fait un drôle d'effet, tu sais, Victor, d'être mis face à sa jeunesse.

On croirait que tu as près de quatre-vingts ans...

Disons que je n'ai plus seize ans !

Je préfère ça ! Parce que, crois-moi, à quatre-vingts ans, tu parleras autrement : je sais ce que je dis, je me suis moi-même arrêté à quatre-vingt trois !

Peu importe. C'est juste que parler avec lui, c'est comme voir dans un miroir celle que j'étais jeunette et... Tu l'es encore, jeunette ! Certes...

Mais tout à coup, hier soir, je me suis dit... "j'ai grandi, et je serai bientôt une adulte, une vraie.". Je m'aperçois que si tout se passe bien, l'année prochaine, j'ai un salaire, et ça, c'est quand même un grand pas vers l'âge adulte non ? Et puis, je serai maîtresse, c'est à dire une figure référente pour mes élèves, qui me considéreront comme une grande personne alors qu'au fond, je me sens si jeune encore, si jeune... Il faudrait savoir ! Soit tu te sens comme une petite vieille ou comme une petite jeune !

Victor... Pourquoi veux-tu toujours casser mes moments de nostalgie ? Parce que tu as une trop fâcheuse tendance à la nostalgie, justement ! Na !

Tiens, en parlant de nostalgie, voici un morceau choisi de ma conversation MSN avec Maxime...

- En fait, j étais très content de tomber sur ce blog. Ca m'a ... rapproché des années-lycée !

- Nostalgique ?

 

 

- Peut être :)

- J’ai un peu grandi quand même depuis le lycée, même si le fond reste un peu le même, je pense.

- Vu que je me suis fréquenté sans interruption depuis le lycée, je n'ai pas l'impression d'avoir changé !

 

 

- Mais tu as forcément changé : tu n'es plus le petit Maxime que je connaissais !

- Peut etre que si !

 

 

- Et en lisant mon blog, tu m'as bien reconnue ?  est-ce que t'as reconnue celle que j'étais à 16 ans ?

- Ouais, tout a fait ! Avec les mêmes preoccupations peut être !

 

 

- Et j'avais quelles préoccupations à 16 ans ?

- Je ne m'en souviens plus... Le probleme à l'époque, c'était plutôt comment commencer une relation...

- Effectivement ! Donc c'est bien ce que je dis : je n'ai plus les mêmes préoccupations !   Je me souviens que je n'étais fichtrement pas douée  (serais-je nostalgique moi aussi ?) ! 

 

 

 

 

- Oui, mais ce n'est pas nouveau ! 

- Oui, tu as raison ! Je suis de nature assez nostalgique finalement...

- En premiere tu regrettais déjà la seconde etc etc...

- Tu te rends compte qu'on est presque des adultes ?  parfois je n'en reviens pas ! On n'est pas des vieillards quand même mais bon...

 - Quand même !

 

 

 

En relisant, cela me fait toujours sourire...

Mirabelle, je peux te poser une question ? Oui, évidemment ! Quel est le rapport entre le contenu de ton article et ce petit hérisson ?

Ca, il n'y a qu'une personne pour le comprendre.

Et tu ne veux pas me le dire ?!? Non, je ne veux pas te le dire...

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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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