XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mardi 15 janvier 2008

Mon cher Victor,undefinedIl paraît que lors d'une rupture il y a plusieurs étapes. L'étape des larmes, dans laquelle je suis enlisée depuis un certain temps (mais il me semble que ces sables émouvants m'ont libérée hier... On dit "mouvants", Mirabelle ! Je sais, enfin, pour qui me prends-tu ? C'était pour faire un mot d'esprit ! Ah... C'est raté ! Tu veux qu'on la refasse ?), puis l'étape du "je suis libre", qui consiste, en résumé, à se retrouver soi-même, à plonger au coeur de sa vérité personnelle. J'espère être parvenue à cette étape. Et qu'est ce qui te permet d'entretenir un si bel espoir ? J'ai récemment repris contact avec une bonne copine d'école primaire, que j'ai suivie au collège et dont j'étais assez proche. Il se trouve que cette bonne copine, que je nommerai Fannette (quel joli prénom, hein, Jacques ? Moi, c'est Victor ! Tu n'as encore rien compris !), revoit notre professeur de français de 4ème. Et c'est là que je reprends confiance... Raconte, raconte !

Il s'appelait Monsieur C.
Il s'appelle toujours, d'ailleurs, le pauvre ! Paraît-il qu'il exerce encore dans le collège de notre adolescence, avec la même passion, même si, d'après lui, "tout a changé". C'est l'un des meilleurs professeurs qu'il m'ait été donné de rencontrer. Passionné... Et donc passionnant ! Un amour débordant pour la littérature. Il m'a fait aimer Andromaque et Molière, Erich Maria Remarque et Sweig, Stendhal et... Toi, mon bon Victor ! Aaaah ! Tout de même ! Je me demandais quand tu daignerais enfin me citer ! Prétentieux ! Bref. Il aimait l'écriture, les vrais textes, saupoudraient ses cours d'un brin de magie. Et puis surtout, il m'aimait, moi. Il m'appelait sa "littéraire" et appréciait mon style, qu'il approuvait la plupart du temps par une note au-dessus de 17/20. Je l'adorais, Monsieur C. J'ai encore en tête certaines de ses phrases, son sourire de cheval (les incisives passant par dessus la lèvre inférieure et... Tu as déjà vu un cheval sourire ? Non mais...) et le ton de sa voix lors des dictées. Oui, vraiment, je l'adorais, Monsieur C., et il faut bien dire qu'il me le rendait bien.

Si bien que j'ai appris il y a quelques jours, par cette Fannette (qu'il voit régulièrement), qu'il serait ravi de me revoir. On m'a remis son numéro de téléphone pour que je passe, un de ces jours, boire une tasse de thé chez lui. J'en suis ravie, bien sûr, mais j'ai un peu peur. Du jugement. Je ne suis pas devenue prof de lettres, contrairement à ce qu'il voulait, à ce que mon entourage voulait pour moi. Et alors ? Tu es instit' ! C'est ce que tu souhaitais, non ? Et puis ce ne sont certainement pas eux qui doivent décider de ta vie ! Certes. Mais que répondre quand il me demandera où en sont mes rêves d'écriture ? Eh bien dis-lui la vérité... Quelle vérité ? Lui dire que je ne fais que converser avec un vieux bonhomme grincheux ? Que mes rares tentatives d'écriture ne me satisfont pas ? Que je n'ai pas le temps, trop prise par la classe ? Oui. Dis le lui. Sans doute te donnera-t-il quelques conseils !

Tu sais, Victor, cette soudain réapparition de ce cher Monsieur C. m'amène à plusieurs réflexions... Où sont mes ambitions ? Qu'ai-je fait de mon rêve ? Pendant quatre ans, j'ai manqué d'exigence avec moi-même. Je me suis perdue, égarée, pour lui plaire. Au bout du compte, c'est raté. Alors autant me retrouver... Non ? Bien sûr que oui ! Alors je vais me remettre à écrire. Sérieusement. Avec mon stylo-plume fétiche et mon cahier à grands carreaux. Faire resurgir cette rigueur et cette fièvre, bâtir un projet qui me tiendra. Peut être qu'après tout... C'est bête hein... Mais ce professeur, qui croyait tant en moi (d'après Fannette, il est "encore tout admiratif" de mes rédactions), refait surface dans ma vie alors même que, justement, je suis en pleine période de doute sur ma valeur et mes capacités. N'est-ce pas là un coup de pouce du destin qui me souffle : "Allez, Mirabelle ! Arrête tes jérémiades et va donc écrire... Et que ça saute !" ?

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Mardi 26 février 2008

Mon cher Victor,

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Ben dis donc, tu n'as pas pris beaucoup de couleurs !
Merci pour ton accueil, Victor, cela fait toujours plaisir ! Ne te vexe pas, Mirabelle, mais après une semaine à la montagne, je pensais te retrouver avec une peau mate et lisse, resplendissante de soleil ! Je parlais de très loin, je te signale, j'ai le teint très pâle habituellement. Humm... Bref. C'était bien, cette petite semaine de vacances ? Impeccable ! Pour preuve, j'ai quasiment oublié que j'étais instit' ! Et tu n'en as pas parlé avec les autres ? Non ! Et pourtant, nous étions cinq enseignants ! Effectivement.... Quel exploit !

Bref. En plus de ça, j'ai fait des progrès monstrueux en ski : les pistes rouges n'ont plus de secrets pour moi et je sais skier en parrallèle, alors que, la dernière fois que j'ai fait ce sport de glisse, je peinais à tourner en chasse-neige. Fulgurant, fulgurant ! Enfin bon. J'ai vécu des moments merveilleux, teintés de tartiflettes et de raclettes (forcément, hein...), de parties de cartes, de nuits blanches, de batailles de neige, de courses de luge ratées et de fous rires à la pelle ! De vraies vacances ! Oui, comme je n'en avais pas eu depuis longtemps. Des vacances à me vider la tête, et à rentrer le samedi 23 en se disant : "Ah oui, c'est vrai, j'ai 25 élèves, je suis maîtresse, et il va sérieusement falloir s'y remettre la semaine prochaine si je ne veux pas être trop à la ramasse". Ah oui, c'est à ce point là ! Si je te le dis !

Je reviendrai régulièrement te raconter mes aventures, mon Totor. Ce séjour à douze personnes (oui, tu as bien entendu) m'a fait comprendre plein de choses, plus que je ne pensais, et m'a amenée à réfléchir sur la notion de groupe, d'identité... Ouh la la la... Je m'attends au pire ! Je me disais aussi que tu n'étais pas capable de prendre des vacances seulement pour te détendre ! Il faut le dire, surtout, si mes songes ne t'intéressent pas ! Si si, bien sûr. Mais enfin pour une fois, j'aurais bien voulu que tu prennes simplement plaisir à vivre autre chose, voilà tout... Enfin, ce que j'en dis... On ne te changera pas, de toute façon...

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Samedi 22 mars 2008
C'est de mettre les Beach Boys à fond les ballons et de danser dans mon salon comme une gamine de quinze ans, en riant comme une folle, le tout sous les yeux interloqués de mon chat. C'est quand même beau, la vie, quand on prend la peine d'en profiter.
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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Dimanche 23 mars 2008
C'est de manger du chocolat noir trop trop bon (merci les cloches !) en regardant un épisode des "Mystérieuses cités d'Or", bien au chaud dans un plaid, alors qu'il fait un froid de canard dehors.
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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Lundi 24 mars 2008
Mon cher Victor, retrouvailles.jpgTe souviens-tu d'une conversation où j'avais parlé de mon prof de français de 4ème ? Oui, très bien ! Monsieur C., c'est ça ! Tu devais l'appeler pour le revoir ! Où ça en est, cette affaire ? Eh bien figure-toi qu'après des semaines, voire des mois d'hésitations, j'ai fini par oser composer son numéro de téléphone, il y a de cela un mois. Alors, pour quand sont programmées ces retrouvailles ? Elles sont faites ! C'était mercredi dernier ! Aaaah ! Vue ta mine réjouie, j'imagine que cela s'est bien passé !

Bon. Ca commençait mal, pourtant. Je me suis perdue en ville (oui, oui, tu as bien entendu, et ne me fais pas ces yeux là !) et je suis arrivée à destination avec vingt minutes de retard ! Ah la la... Mirabelle... Ca ne fait pas sérieux, ça ! Heureusement, je crois que le petit ballotin de chocolats que je lui ai offert, à lui et à sa charmante épouse, ont rattrapé le coup ! Alors ? Tes impressions ? Parce que je m'en fiche, moi, de ces chocolats, même si nous sommes en période de Pâques ! Il a dû vieillir... Et lui, t'a-t-il trouvée changée ?

Il m'attendait à la sortie de l'ascenseur. Il n'a pas changé d'un poil ! Vraiment ! C'est toujours le même petit monsieur, avec sa barbichette blanche et ses dents de lapin, son air bienveillant et son rire chevalin ! Il m'a serré la main, je me sentais toute différente, par rapport à l'adolescente renfermée que j'étais au collège, et en même temps, j'avais en moi le même respect pour lui, timide et silencieux, la même admiration émerveillée. Etrange mélange... Il m'a fait entrer chez lui, après une suite interminable de couloirs (un vrai labyrinthe ! Tu m'étonnes qu'il soit venu m'attendre à la sortie de l'ascenseur !), un appartement assez grand et fleurant bon la décoration d'antan. La décoration d'antan ? Avec des poteries fixées au mur, de la vieille porcelaine, de magnifiques portraits de "Mariella" (j'ignorais encore qu'il s'agissait de sa femme !) faits au fusain. De l'ensemble se dégageait une atmosphère de "vieux couple cultivé" qui me plaisait bien. Je me suis assise dans un profond fauteuil en cuir, me suis vue servir un thé brûlant et proposé des chocolats (parmi ceux que j'avais apporté bien sûr !).

Et puis une dame est arrivée. Un accent italien absolument charmant. Un sourire très accueillant, et tout de suite, elle s'exclame : "On vous connaît enfin, Mirabelle ! Vous savez que vos dissertations passaient dans toutes les mains de la famille ! Ca commençait avec moi, puis mon mari prenait le relais, mais la plus intéressée, c'était notre fille Claire, qui voulait lire vos copies avant tout le monde !". Comme c'est mignon ! Tu as dû te sentir bien touchée ! J'étais, comme tu peux l'imaginer, rouge comme une pivoine. Et Monsieur C. qui disait : "Ce qui était remarquable, surtout, c'est ton sens des histoires... Tu écris toujours ?"

Il a fallu que j'explique. Non, je n'ai plus le temps. Oui, ça me manque. Non, mon rêve d'être écrivain ne m'a jamais quitté. C'est vrai que l'écriture demande beaucoup de temps à lui consacrer, ça ne se fait pas comme ça... Puis une sorte d'interrogatoire, au cours duquel je me suis sentie un peu "jugée" : et qu'avais-je fait après la 3ème ? Ah, tiens, je n'avais pas été au lycée Victor Hugo avec les autres ? Je ne voulais donc plus continuer la classe européenne ? Il lui semblait pourtant avoir entendu dire que j'étais  très douée dans les langues. Ah, tu voulais faire de l'espagnol. Et il n'y en avait pas à Victor Hugo ? Tu aurais pu en faire par correspondance. C'est dommage mais enfin... Et puis ensuite, une discussion sur
la Prépa, détails de mes notes au concours de l'ENS (il n'a pas été déçu du voyage, Monsieur C. !), puis mon point de vue sur la FAC (idem), puis un petit descriptif de la formation d'instit'... Et je m'enfonçais, je m'enfonçais dans mon siège sous le feu des questions !

Et puis à un moment, je ne sais pas bien quand, j'ai complètement oublié l'adolescente timorée que j'étais pour lui (c'était, au fond, celle qu'il connaissait), j'ai oublié aussi qu'il s'agissait du prof de français que j'idôlatrais à quatorze ans. Je me suis juste dit que c'était une conversation amicale entre deux personnes. Je me suis détendue. Je me suis enflammée en parlant de mon métier (que veux-tu, on ne se refait pas !), j'ai ri, me suis reservi du thé, l'ai interrogé sur le collège dans lequel il exerce toujours...

- Tu as beaucoup changé, tout de même... J'avais le souvenir d'une jeune fille très timide. Autant tu étais très à l'aise à l'écrit, brillante même, autant quand je t'interrogeais à l'oral, il me semblait devoir lutter pour t'arracher deux mots. C'était très étrange... Tu t'exprimes beaucoup mieux aujourd'hui !
- Encore heureux... C'était tout de même il y a dix ans !
- Oui, c'est vrai, c'est vrai...


Je suis restée deux heures à papoter ainsi. Il m'a prêté un livre d'expression écrite. Vous allez donc vous revoir ! C'est bien le tour que cela prend en tous cas. Il m'a aidée à remettre mon manteau, sa femme est venue me dire au revoir :
- Il faudra revenir, Mirabelle ! Revenez manger un soir avec Fannette, cela nous fera plaisir !
J'ai dit combien cela me faisait plaisir de l'avoir revu. Moi aussi, m'a-t-il dit, moi aussi. Il a ajouté : "Et puis surtout, continue à aimer ce que tu fais, c'est le plus important.". Il m'a raccompagnée jusqu'à l'ascenseur, et tandis que la porte se refermait : "Et merci pour le chocolat !".

 Je suis rentrée le coeur léger. J'avais envie d'écrire, soudain. J'avais l'impression de m'être retrouvée.
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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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