XXIeme siecle

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mercredi 1 août 2007
Mon cher Victor,cage.jpg

Dimanche soir, Michel Serrault est décédé. Qui est Michel Serrault ? Un grand acteur français, très populaire. Tu l'adorais ? Eh bien... En réalité, non. Cela n'allait pas aussi loin. Je l'aimais bien. Et pourtant, tu lui consacres un article ?! Oui. Pourquoi donc ? Tu vas comprendre.

Camille était venue dormir à la maison. Nous avions douze ans. Nous avions regardé une vidéo, un film dont je ne me souviens plus du titre. Après ce film, nous en avons découvert un autre, en laissant défiler la cassette. C'était la "Cage aux Folles". Je ne l'avais jamais vu mais évidemment, une telle dénomination m'intriguait et je m'attendais à je ne sais trop quel genre sulfureux, sans me douter une seconde qu'il s'agissait d'une comédie. Il était tard, très tard, et nous avons décidé de regarder ce film, parce qu'il y avait un cabaret, des boas et des travestis, tout un tas de raison pour défier le sommeil et se faire plaisir, dans le noir du salon. Nous avons bien ri, et d'aussi loin que je m'en souvienne, c'est l'un des plus beaux moments de complicité que j'ai eu avec Camille. Les jours suivants, au collège, pendant les récréations, j'imitais Zaza Napoli en poussant des cris suraigus ("Aaaaah ! Renatoooo ! J'ai cassé ma biscotte !"), ce qui bien sûr, ne manquait pas de me faire passer pour une illuminée auprès des autres élèves, sauf de Camille, évidemment, qui se fendait la pêche à l'unisson avec moi.

A vingt-trois ans passé, j'ai les DVD de la "Cage aux Folles" à la maison. A vrai dire, ce sont des films dont je n'aurais pas pu me passer. Albin Mougeotte/Zaza Napoli est un personnage que j'affectionne, et il me fait rire, pleurer aussi. Zaza Napoli m'a permis de découvrir que j'avais les ressources, en moi, pour pousser des cris suraigus dans la cour de récréation ("Renatooo !), sans m'inquiéter du regard des autres. Bien sûr, j'ai vu d'autres films avec Michel Serrault : "le Papillon", par exemple, est un film que j'aime beaucoup, un film très tendre. Mais j'avoue que la "Cage aux Folles", si ce n'est pas un film dramatique, si c'est du rire premier degré, loin du standing de "Garde à vue", a et aura toujours une place particulière dans mon coeur.

Pourtant, je n'avais pas une admiration sans borne pour Michel Serrault.
Non. Il faisait partie de ces acteurs que j'aimais bien, sans me poser trop de questions, sans chercher à voir tous ses films, à connaître toute sa vie. Mais il faisait aussi partie de ces acteurs qui ont jalonné mon existence... Il y a des gens, comme ça, qui sont là, toujours en toile de fond. Vous grandissez, et eux vieillissent pendant que vous grandissez, pendant que vous vous envolez vers l'âge adulte. A ceci près que vous, vous ne vous apercevez pas qu'ils vieillissent. Bien sûr, la "Cage aux folles" est diffusée régulièrement à la télévision, bien sûr "Le bonheur est dans le pré" raconte toujours la même histoire, avec les oies, le foie gras, le puits, les bêtises d'Eddie Mitchell, le bonheur tout neuf et menteur de Serrault, et tout le tintoin. Quelles que soient les années, au fil du temps, les histoires restent les mêmes, intemporelles. A vingt-trois ans, j'ai toujours autant de plaisir à plaindre Renato dans "La cage aux folles", quand il doit persuader Albin de ne pas se suicider (moment savoureux où celui-ci a apporté un petit coussin pour mieux supporter les rails du train). J'ai toujours la même petite larme quand Albin lui-même s'observe dans le miroir, lui aussi.

Ce que j'essaie de te dire, Victor, c'est que j'avais assimilé Michel Serrault à Albin. On oublie parfois, parce qu'on a toujours connu certains acteurs, certains films, que les comédiens sont mortels, comme nous, et qu'un jour, il leur faut bien, comme tout à chacun, tirer leur révérence. Alors hier matin, en regardant les journaux sur le net, quand j'ai vu que Serrault était mort... Cela m'a fait un choc. En me disant "Tiens, lui aussi !" avec un peu de surprise, comme s'il ne pouvait pas mourir. C'est la vie, Mirabelle... Oui, c'est la vie...  Tout ça pour dire que Michel Serrault m'avait accompagnée de loin, icone de cinéma rassurante sur mon chemin. Alors oui, Michel Serrault est parti, mais pas Albin, pas Zaza Napoli. Et je sais qu'à chaque fois que je regarderai "La Cage aux folles", j'aurais le même sourire, le même rire, les mêmes larmes qu'à douze ans. C'est peut être ça, ne pas mourir...
ajouter un commentaire commentaires (3)   
publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Jeudi 2 août 2007
Mon cher Victor,desperate.jpg
Une fois n'est pas coutume, nous discuterons aujourd'hui d'une série télévisée que j'apprécie  particulièrement, et dont, pour être tout à fait honnête, je suis "desperately " fan  : Desperate housewives ! Je n'ai pas l'honneur de connaître cette série... Et tu dois bien être le seul ! Alors, qu'est-ce qui te plaît autant, dans ce feuilleton ? C'est très simple... Et très compliqué à la fois ! Je te reconnais bien là, tiens ! 

Comme le sous-entend la jaquette dvd de la saison 2 (une saison à croquer, si je puis dire...), Desperate housewives, c'est la tentation. Oui, je m'en doutais, ne serait-ce qu'à cause de la pomme et de ces créatures lascivement allongées... Au delà de la pomme et du sex-appeal de ces actrices, la série "Desperate Housewives" a cela de fascinant qu'elle jongle entre le réalisme et un délir jubilatoire, celui de taper là où ça fait mal. Ah... Les femmes de Desperate housewives (Lynette, Edie, Gabrielle, Brie et Susan), c'est nous. Nous nous y reconnaissons, nous y voyons par éclair, celles que nous sommes, et y devinons celles que nous pourrions être si la vie était une série telle que "Desperate Housewives". Tu ne pourrais pas être plus... Claire ? Bien. Prenons mon propre cas.


Je me reconnais dans le côté castrateur de Lynette.
Quand, un peu saoule, elle avoue à ses copines : "J'ai dit à Tom : "Je veux que tu sois ton propre patron". Mais non, c'est faux... Ce que je veux, c'est qu'il fasse exactement ce qu'il veut, à condition que cela me convienne... Je suis une pourriture, avec un grand P...", je me dis, comme beaucoup de femmes, j'en suis sûre : "Tiens, c'est quelque chose que j'aurais pu dire aussi !". Quand Susan, entre deux sanglots alcoolisés, gémit : "J'aimais Mike passionnément... Mais tous ces drames, ces catastrophes... L'amour, ça devrait pas être aussi difficile...", on soupire et on se dit : "A qui le dis-tu ?!". Evidemment, s'il est question d'histoires d'amour dans cette série, toutes les femmes se reconnaîtront ! Mais pas seulement !

La série Desperate Housewives est vacharde, parfois vicieuse, et grâce à ces cinq créatures, nous faisons par procuration ce qu'il nous est impossible d'envisager.
C'est à dire ? C'est à dire filer une mandale à sa belle-mère, avouer que les enfants, c'est la plaie (bon, là, évidemment, je ne parle pas d'expérience, mais enfin je suis certaine que toutes les mères, si elles pensent une telle chose, se gardent bien de prononcer pareille phrases, bloquées par le secret de la honte), se lancer dans un concours de qui-mangera-le-plus-de-tranches-de-jambon-infâme pour défier son patron, faire un chantage immonde à ses parents... La série m'a l'air chargée en "tout est permis même le plus choquant" ! C'est ça qui est plaisant... Si tu le dis... Mais enfin, ne t'inquiète pas, Victor ! Ce n'est que ça non plus ! Ah oui ?

Desperate Housewives, c'est aussi une série qui n'a pas son pareil pour parler d'Amour, d'Amitié. Bref : de la vie ! C'est Mary-Alice Young le narrateur. Et qu'a-t-elle de spécial, cette dame ? A-t-elle un rôle important ? Elle est morte. Un suicide. C'est elle qui ouvre et ferme chaque épisode de la série, en observant les habitants de Wisteria Lane (le quartier où vivent les Desperate Housewives) vivre. Cela donne lieu à de magnifiques monologues sur la vie, ponctués par les images de Susan, Edie, Brie, Lynette et Gabrielle qui courent après le bonheur.

Et plus étonnant, dans cette série qui comprend si bien les femmes... Oui ? C'est que son créateur est un homme ! C'est tout à son honneur ! Tu le crois, ça ? Oui, sans peine ! Les hommes ont une psychologie plus complexe que tu ne l'imagines, Mirabelle...
ajouter un commentaire commentaires (2)   
publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Vendredi 24 août 2007
Mon cher Victor,

Les-chansons-d-amour.jpg

Il y a parfois dans la vie des moments où on se dit que le cinéma met des mots, tout comme les livres, sur ce que nous, pauvres âmes, n'aurions pu exprimer. Toi, tu as eu un coup de coeur pour un film ! Tout juste ! Il s'agit des "Chansons d'amour", un film de Christophe Honoré. Je n'avais pas lu de critiques mais j'avais entendu dire, par des amis IUFMiens, que c'était très bien. Sans plus de précisions ? Sans plus de précisions. En m'asseyant sur mon siège, lors de la séance, je m'attendais à une petite bluette sans prétention, une sorte de comédie musicale drôle et légère. Ah parce que ça chante ? Oui, ça chante. Les acteurs chantent. Bien, j'espère ? Très bien. Vraiment très bien.
 

Bref. J'en suis ressortie complètement bouleversée. Vraiment. J'en tire donc la conclusion suivante : ce n'était pas "une petite bluette sans prétention, une sorte de comédie musicale drôle et légère" ! Pas du tout. Le choc en a été d'autant plus rude. Alors... C'est sans doute une comédie musicale déprimante et grave ? Tu veux faire ton p'tit malin mais tu as mis en plein dans le mille ! Quoi que... Je me disais aussi que tu allais trouver à redire de mon irrésistible perspicacité ! Eh bien... C'était un film grave, certes, mais pas complètement déprimant. Ce qui veut dire que cela l'est un peu quand même... Oui mais il y a aussi une lueur d'espoir, à la fin du film. De quoi ça cause, ton film ? 

Je ne voudrais pas déflorer le film pour nos lecteurs qui souhaiteraient le voir en salle, Victor. Oui bon, on ne te demande pas de nous dévoiler l'histoire complète ! Le problème c'est que si je commence à en parler, je ne vais plus pouvoir m'arrêter et je risque, par mon étourderie maladive, de laisser passer quelques détails essentiels de l'intrigue ! Eh bien fais attention... Ce n'est pas si compliqué, tout de même ! Bon. Alors parlons de l'affiche. L'affiche est trompeuse. Très trompeuse. chansonsd-amour2.jpgA quoi elle ressemble, cette affiche ? Tiens, c'est celle-là, à gauche. Qu'imagines-tu en la regardant ? Eh bien... Une histoire d'amitié ou... Ou ? Ou... Eh bien... Hem... Une histoire d'a... Eh bien crache-le, Victor ! Tu as lu le titre ! Oui bon, d'accord ! Une histoire d'AMOUR à trois, tu es contente ?! Oui ! Bon. Eh bien je t'arrête tout de suite : le sujet, ce n'est pas du tout le trio amoureux ! Non. C'est, selon moi, le deuil. C'est le deuil. En trois étapes : le départ, l'absence et le retour. Trois étapes qu'Ismaël franchit, après le décès de sa petite amie. C'est laquelle, sa petite amie ? La jeune fille avec le manteau bleu ou celle de droite ? Tu peux toujours aller voir le film si tu veux le savoir ! Comme si je n'avais que ça à faire... Mais oui : tu n'as que ça à faire  ! Passons, passons... Bref. C'est un film terrible. Profond. Les chansons (d'amour, toujours, nous l'aurons compris...), écrites par Alex Beaupain, sont sublimes (des textes très bien écrits, qui sonnent vrais, interprétés par les acteurs, au mieux de leurs voix) et le deuil est exploré dans toutes ses facettes. Il y a ceux qui fuient (scène émouvante où Ismaël avoue ne plus pouvoir franchir le seuil de son appartement sans s'écrouler), ceux qui éprouvent le besoin de retrouver les traces de l'être aimé (bouleversante Chiara Mastroianni, interprétant la chanson "Au parc"), ceux qui se préservent par l'évasion (ah, la lecture...). Il y a le besoin de savoir, de comprendre l'incompréhensible, de nommer l'innommable. Il y a l'oubli, qu'il faut trouver, comme dans la chanson de Gainsbourg : "Souviens-toi de m'oublier". Il y a la lassitude, l'anesthésie. Il y a l'espoir, enfin, qui tient debout, espoir d'être consolé sans pour autant entendre "je t'aime", parce qu'on n'y est pas encore prêt. Il y a tout, dans ce film, Victor.

Tout à l'heure, en pianotant sur internet, j'ai trouvé ceci. Je comprends pourquoi ça sort des tripes, maintenant, cette musique... Hier, j'ai acheté la bande originale. Depuis une semaine, ce film m'accompagne. J'y pense. C'est magnifique, le cinéma. Il peut rendre beaux les drames les plus injustes de la vie.

ajouter un commentaire commentaires (1)   
publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Vendredi 28 décembre 2007

Mon cher Victor,

undefined
Alors que la fin de l'année approche à grands pas, il est bien temps que je te fasse part de ma façon de penser concernant les fêtes de fin d'année. Ah ! Sublime période de gourmandise, familles réunies autour de la dinde, regards enveloppants et... Oui, bon. Je vois. Avec ton ton douceureux, j'imagine que tu places les fêtes de fin d'année en tête de ton Hit Parade. Or, il se trouve que moi, les années défilant, j'aime de moins en moins cette période. Tiens ? Eh oui. Ca te défrise ? Disons que cela me surprend. C'est amusant, les fêtes de Noël ! Humm... Ca dépend pour qui !

Cette année, plus que les précédentes, je n'ai pas été envahie par "l'esprit de Noël". Très concentrée sur mon métier (ouiiii, je sais, il faut savoir se déteeeendre !), j'en ai oublié le vieil homme à la barbe blanche (mais non, Victor, pas Dieu, celui avec le manteau et le bonnet rouges !), les décorations, les cadeaux, le foie gras et autres réjouissances qui rendent d'ordinaire ce moment particulièrement magique. Bon. 

Aujourd'hui, vendredi 28 décembre, j'ai une satisfaction : Noël est passé ! Mais bon sang, Mirabelle, qu'a-t-il donc bien pu se passer pour que tu en arrives à ce point de soulagement ? Quelqu'un est mort ? Le foie gras était inmangeable ? Tu as encore raté ton permis de conduire ? Que tu es drôle... Non. D'abord, et sans vouloir me faire plaindre, ma famille a ceci de particulier (tu me diras, c'est plus ou moins le cas dans toutes les familles) qu'elle est très très très tendue. Surtout en cette période.

Je n'irai pas développer ce qui justifierait une analyse psychanalytique, mais en gros, chez moi, chaque année, c'est colère, larmes et réconciliations. Quelle misère ! Sauf que cette année c'était pire ! J'aurais tout donné pour être ailleurs. Conflits familiaux ? Certains membres de ta famille se sont ramassés une assiette de saumon fumé en travers de la figure ? De vieilles rancoeurs se sont réveillées ? Pas envie d'expliquer. Je voulais juste en venir à la réflexion suivante.

Noël, ça m'angoisse. Parce que cela me met une pression folle et que c'est le jour où il faut : ne pas paraître fatigué, rire et parler avec tout le monde, faire semblant d'être heureux, être spirituel et faire de l'humour. Et tant pis si on en a marre, qu'on a envie d'envoyer chier tout le monde (pardonne moi l'expression), tant pis si on aurait envie de dire ses quatre vérités à chacun. Non. Noël, conforme aux mièvreries tartinées à la télévision, cela doit être un moment de partage et de paix, tu sais, Victor, avec la petite cousine bien coiffée avec des fossettes aux joues et un air de poupée, et puis le grand-père ravi qu'on s'occupe enfin de lui, et puis aussi le mari qui aide la femme à la cuisine. Bon. Chez moi, tout le monde fait la gueule et fait semblant, en échangeant des banalités et toujours les mêmes. Alors quand le 25 au soir, tout le monde se remet en pyjama, range les restes au frigo et met les emballages cadeaux à la poubelle, nous poussons à l'unisson un soupir de soulagement : c'est enfin terminé !

Et là, comme par magie, tout le monde est de nouveau souriant et détendu... Ca me dépasse ! En résumé, Noël est, selon moi, merveilleux pour les enfants, et seulement pour eux. Qu'ils en profitent, pendant qu'ils peuvent. Parce que quand ils grandiront, ils auront tôt fait de s'apercevoir combien c'est compliqué de trouver un menu qui plaise à tous tout en respectant le menu cholestérol du Tonton, combien c'est agaçant de se voir offrir toujours le même genre d'horreur, tous les ans, par la vieille tante, ou combien on voudrait massacrer le conjoint qui reste le cul sur son siège à boire son champagne alors qu'on se casse le dos à ouvrir les huîtres dans la cuisine ou encore... C'est bon, Mirabelle ! Je crois que nos jeunes lecteurs auront compris l'idée ! Vas-tu me laisser finir ma phrase ?! Ou encore combien il faut prendre sur soi quand, pendant le repas, personne ne daigne dire que "ah, compliments à la cuisinière pour cette bûche de Noël !" alors qu'on a dû recommencé le nappage au chocolat quatre fois pour que tout soit parfait, qu'on en a plein les bottes et que zut, à la fin, vivement que la journée se termine !

Avec tout ça, si tu n'as pas dégoûté nos chères têtes blondes... Maiiiis non ! Il y a toujours les cadeaux !!! Joyeuses fêtes quand même !

ajouter un commentaire commentaires (5)   
publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Jeudi 28 février 2008
Mon cher Victor, bouche.jpgComme le disait justement Mdame Rosa, je vais me transformer, pour la conversation d'aujourd'hui, en sociologue. Enfin, "sociologue" est un bien grand mot, j'imagine que nous aurons une fois de plus une conversation au raz des pâquerettes. Comme tu y vas... Qu'elles ne soient pas d'un haut niveau intellectuel, je le concède tout à fait, mais enfin, elles ne sont pas non plus vides de sens ! Bon, bon, bon... Passons, passons... Alors sur quoi portera notre discussion philosophique ?

Je t'avais déjà parlé, Victor, de ma passion pour le chant. Oui, bien sûr... C'était ce jour-là, je crois et puis d'autres encore, mais je ne peux pas me souvenir précisément de toutes les conversations où nous l'avons évoquée ! T'avais-je confié que j'étais plusieurs fois montée sur scène ? Euh... Jocker ! J'ai la mémoire qui flanche ! C'est sans importance aucune. En fait, si je t'aiguille là-dessus, c'est parce que j'ai chanté en bas des pistes de ski. Chanté en bas des pistes de ski ?! Tout à fait mon cher !

C'était après une longue séance de virages serrés sur des pistes rouges. Au loin, une musique. Avec ma fougue de skieuse impétueuse, j'approche d'un bistrot en bas des pistes, avec transats et... Groupe de rock sur le côté ! Comme à chaque fois que suis face à de la musique live, je gesticule, m'excite, mes yeux n'ont d'yeux que pour la chanteuse que je tuerais volontiers pour prendre sa place. Toute notre petite bande (morcelée, neuf au lieu de onze ce matin-là) prend place sur les transat et je suis incapable de participer à la conversation tellement je suis obsédée par ce groupe. Je veux chanter, je veux chanter, je veux chanter. Et alors ? J'y suis allée au culot. J'ai été voir la chanteuse et j'ai demandé si je pouvais chanter un morceau. Elle a accepté ? Oui. Et pour la première fois de ma vie, j'ai chanté dans un groupe, avec un bonheur énorme. Une éternité que je n'avais pas chanté dans un micro. Et bon sang de bois, cela m'avait manqué ! Et la réaction du public ? Bonne, mais ce n'est pas là-dessus que je voulais m'arrêter. Je voulais parler de la réaction de ma bande. Ah...

Quand je suis retournée m'asseoir sur mon transat, j'ai vu que quelque chose avait changé dans le regard des autres. Ces huit personnes, que je ne connaissais pas bien, et qui ne me connaissaient pas bien non plus, avaient sur moi un regard neuf, me portaient soudain de l'intérêt. Dans leurs yeux, je lisais l'estime et l'admiration, ce que je n'avais pas décelé un seul instant durant les trois jours précédents. Et c'est toujours pareil, malheureusement... Je ne te suis pas, Mirabelle. A l'écart d'une scène, et surtout dans un grand groupe, je suis quelqu'un de très timide. Certains me qualifieraient même d'"effacée". C'est toujours pareil. Dans un grand groupe, je me tais souvent ou quand j'ose prendre la parole, c'est pour m'apercevoir que d'autres ont parlé plus fort que moi et qu'on ne m'a pas écoutée. C'est toujours pareil.

Et puis un beau jour, si par le plus grand des hasards je prends un micro et me mets à chanter, je peux être sûre que je ne serais plus la petite Mirabelle discrète et silencieuse. Non. A partir du moment où j'ai donné de la voix, les gens commencent à m'apprécier et à me regarder. Humm, je vois ce que tu veux dire... Oh, je ne m'en plains pas. C'est juste que parfois, j'aimerais qu'on ait envie de me connaître pour ma personne, et pas seulement parce que je sais chanter. C'est si prévisible... Quand je suis retournée m'asseoir, j'ai eu droit (à mon plus grand plaisir, je l'avoue) à des tonnes de compliments, à des tas de questions ("Comment as-tu appris à chanter comme ça ?", "Tu n'as jamais pensé à faire chanteuse ?" etc.) et j'ai enfin existé. Le soir, une fois rentrés au châlet, il a fallu expliquer aux deux absents comment j'avais osé aller vers le groupe, pris possession de la scène, fait corps avec la chanson. Ce n'était sans doute pas pour te déplaire, si ? Bien sûr que cela m'a plu. C'est juste que j'aurais aimé exister grâce à autre chose.

Bref. Tout ça pour te dire que je n'ai plus du tout eu, pour le reste de la semaine, à essayer de m'imposer pour qu'on m'écoute. On m'a demandé mon avis, souvent, sur des tas de choses. Comme si chanter me donnait une crédibilité, un respect, que je n'avais pas gagné auparavant. Ce qui est complètement stupide... Oui, ça l'est. Mais c'est ainsi que fonctionnent naturellement les gens. Si on veut exister, il faut se démarquer. Bon, bien sûr, après ça, j'ai été étiquetée "chanteuse" pendant le reste de la semaine. Au risque de n'être plus que ça... Mais enfin j'avais gagné l'estime de tous, même si je suis un peu déçue d'y être parvenue ainsi. Dans mon esprit, une question subsiste, une question qui n'en est pas vraiment une : comment se serait déroulée le reste de la semaine si je n'avais pas osé aller vers ce groupe de rock ?
ajouter un commentaire commentaires (3)   
publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus