XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 30 juin 2007

Mon cher Victor, Attention-dormir.JPG

Ce week-end, je suis à Rouen chez mon Mystérieux Inconnu. Voilà longtemps que tu n'y avais pas fait un saut, il me semble... C'est vrai. L'année scolaire est quasiment terminée et je n'ai plus que lundi avec les petits. C'est pourquoi je m'autorise ce plaisir !

Ce matin, 8 h 30. Blottie dans les bras de Morphée, je dors paisiblement dans le grand lit. Seule ? Oui, seule. Mon Mystérieux Inconnu est au boulot depuis 5 h du matin et je profite d'avoir la place pour étaler mes jambes. Bref. Il est 8 h 30 donc. Oui... Mais tu l'ignores encore puisque tu dors ! Vaaaala !

8 h 30. Le téléphone sonne et me sort de ma torpeur. J'attends qu'il s'arrête. Normalement, un téléphone s'arrête toujours de sonner, quand la personne qui appelle se dit qu'il n'y a personne ou qu'elle dérange peut être... Dans le cas qui nous occupe, ça te dérange...

Seulement voilà, le téléphone ne s'arrête pas. Je compte les sonneries. J'en suis à 25. Angoissée comme je suis, je commence à gamberger... Et s'il était arrivé quelque chose à mon Mystérieux Inconnu ? Si c'était la Police au bout du fil ? Cela expliquerait l'insistance, en effet ! La boule au ventre (dès le réveil, c'est agréable, je t'assure...), je vais répondre.

- Eh ben... Tu en as mis du temps pour répondre !
- Ben euh...
- Je voulais juste savoir comment ça allait, ma puce. Tu n'as plus mal à la tête ?
- Ben euh... Non...
- Tant mieux... Comment ça se fait que tu es déjà réveillée, toi ? 
- Ben... C'est à dire que tu... Enfin... C'est toi qui...
- Moi ça fait trois heures trente que j'y suis et j'en ai déjà marre...
- Ah...
- Bon. Je te dis à ce midi, ma puce ? Et puis si j'étais toi, j'irais me recoucher !


Il raccroche. Ca, c'est mon Mystérieux Inconnu tout craché. Hihihi... Pauvre Mirabelle !

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Lundi 24 décembre 2007

Mon cher Victor,barbel---copie-1.jpg

Mon Mystérieux Inconnu et moi-même nous sommes séparés.
Ma Mirabelle... Je m'en doutais, vus les écrits désespérés que tu lançais ici... Comment te sens-tu ? Triste. Un peu désabusée. Mais surtout triste. Toi qui croyais tenir le bon... Tu n'avais déjà pas eu de chance avec le précédent...

Victor, il faut que je te dise quelque chose...
Oui ? Le Mystérieux Inconnu n'existe pas. Il n'a jamais existé. Je t'ai menti. Je te mens depuis des mois. Que crois-tu m'apprendre, ma pauvre petite fille ? Qu'il n'y a en réalité jamais eu qu'un seul homme dans ta vie depuis la création de nos conversations ? Mais... Voyons, voyons ! Je m'en doutais ! Et nombre de nos lecteurs également ! Comment as-tu... ? J'ai tout simplement fait preuve de beaucoup de perspicacité. J'ai voulu respecter ton intimité et ai joué le jeu de l'ignorance pour ne pas te perturber : tu étais si heureuse !

Je te demande pardon, Victor. Je n'ai pas été honnête. J'aurais dû te dire, dès le début, que je croyais encore à mon histoire avec Johan. J'aurais dû assumer le regard des autres, leurs jugements. J'ai préféré me taire, craignant leur réaction : "Quoi ? Elle s'entête encore ? Pourtant, cette relation ne fonctionne visiblement pas !". J'ai voulu garder le meilleur, pour esquiver le moins bon. J'ai manipulé la vérité.
Et c'est ton droit ! Car je suis bien d'accord avec toi sur un point : bloguer, c'est l'Art de manipuler !

C'est la dernière fois que je parle de Johan ici. Je ne te raconterai pas le pourquoi du comment nous en sommes arrivés là, lui et moi. J'ai déjà versé dans l'étalage de la vie privée au début de nos conversations et je le regrette amèrement : c'est pourquoi je me tairai. C'est drôle... J'ai hésité bien des fois avant de te dire la vérité... Bien des fois, j'ai failli prononcer son nom et effacer le Mystérieux Inconnu. Quelque chose m'en a empêché. Désormais, je n'ai plus cette peur. Je me sens prête. Prête à dire que je l'ai aimé pendant quatre ans. Que je ne regrette rien d'autre que la manière dont cela s'est terminé.

Tu sais Victor, j'avais publié récemment un article que j'ai supprimé quelques heures plus tard. Oui, j'avais à peine eu le temps de le lire ! J'y disais que je n'oublierai pas. Que je ne voulais pas oublier. Que je trouvais la vie bien conne de faires des hommes des marionnettes qui changent de sentiments comme de chemises, pour qui une relation n'a pas été assez belle pour parvenir à respecter et estimer l'autre jusqu'au bout. Aujourd'hui, dans la matinée, l'année 2008 approchant à grands pas, je me suis dit qu'il était peut être temps d'oublier ce qui devait l'être. De tourner la page. J'ai déjà été capable de le faire en amitié, je serai capable de le faire en amour.

Alors j'ai repris ma liberté. J'ai pris ma vie en main comme on dit et depuis que j'ai raccroché, je me sens plus sereine. Triste mais sereine. Comme si j'avais fait ce que je devais faire et qu'un nouvel horizon s'ouvrait devant moi. Je sais que cette fois-ci, c'est réellement terminé. Je crois que c'est la première fois que j'en ai une telle conscience. Et surtout, la première fois que je l'accepte. Sans chercher à lutter contre l'inéluctable.

Je ne garderai que le meilleur. Parce que je ne veux rien salir. J'oublierai son manque de courage et ma naïveté. J'oublierai l'amertume de la fin, les discussions stériles, ce que je n'ai pas entendu, ce qu'il n'a pas voulu entendre. J'oublierai que je n'aurai pas d'enfant avec lui, finalement, j'oublierai que nous ne vivrons jamais ensemble. Je n'oublierai pas les petits cailloux sur ma fenêtre, ni cette nuit en Angleterre, ni les mots d'amour et les promesses dites de tout notre coeur, même si nous ne les tiendrons jamais. Je n'oublierai pas l'acharnement que nous aurons mis à être ensemble, ni le creux de son épaule.

Toutefois, je n'oublierai pas non plus que le bonheur est là, quelque part, qu'il attend juste que je cicatrise pour me faire signe. Je n'oublie pas que j'ai l'espoir, au fond. Je n'oublie pas que je n'ai que 24 ans (même pas) une tête plutôt bien faite et bien pleine, et puis aussi la vie devant moi. Je n'oublie pas non plus que je l'oublierai, bien sûr, et qu'un jour viendra où je n'éprouverai rien en le croisant dans la rue, juste cette tendresse qui me fait si peur. Je n'oublie pas qu'un jour, j'aurai cessé de l'aimer.


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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Jeudi 27 décembre 2007
Mon cher Victor,

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Joli clin d'oeil de la vie à mon égard le 26 décembre dernier. Un de ces clins d'oeil particuliers, où l'on finit par se regarder dans la glace en se disant que, peut être, un jour, on retrouvera  le goût de plaire et de séduire... Peut être pas un jour si lointain, après tout ! C'est exactement ce que je me suis dit ! Et qu'est-ce qui a déclanché cette soudaine prise de conscience ?

Tout ça, c'est grâce à un vendeur ! A un vendeur ? Je n'irai pas dans les détails car cela ne regarde que moi. Tout ce que je peux te dire c'est qu'en sortant du magasin, j'étais ravie. Surprise et ravie. Je me suis regardée dans une vitrine et j'ai observé mon reflet. J'ai bien observé, vraiment. Il y avait longtemps... Et ce que j'y ai vu m'a bien plu. J'ai vu une fille blonde, un peu petite, d'accord, et puis pas tout à fait mince, mais avec un joli sourire, des yeux pas si atroces et un élégant manteau rouge. J'ai vu aussi des lunettes très très fashion campées sur son nez, et un air joyeux, avenant. Et surtout... Pas coupable. Tout ça grâce à un vendeur ? N'essaie pas de m'extorquer des informations, Victor : tu n'y parviendras pas !

J'étais de si bonne humeur que j'ai entamé un après-midi relooking, basé essentiellement sur une séance fouine-shopping. Car je sais que pour se faire aimer des autres, il faut d'abord se plaire à soi-même... Et ce n'est sans doute pas un hasard si cette rupture est survenue dans ma vie : ces derniers temps, j'étais plutôt le stéréotype de la vieille instit' acariâtre, perfectionniste jusqu'au bout des ongles, avec ses charentaises et sa tisane, vivant en solitaire avec son chat. Je ne correspondais en rien à la jeune fille de (presque) 24 ans que je devrais être, avec la vie devant elle, le rire, le charme et tutti quanti. Bref.

Alors j'ai décidé de vivre ma jeunesse, enfin. De cesser d'être stupide. De cesser d'être fidèle. Fidèle à qui ? Fidèle à quoi ? Fidèle à un idéal ? Fidèle à un homme qui ne m'aime visiblement plus assez pour savoir clairement s'il veut rester avec moi ou non ? J'ai autour de moi des gens qui sont loin d'être irréprochables, qui font des erreurs, des coups bas parfois, et qui pourtant, paraissent bien plus heureux que moi. Plus heureux que moi, qui veux suivre ma petite ligne de vie honnête et patiente, ma ligne de vie sincère et nunuche... Ligne de vie qui ne vaut rien, bien sûr, car je n'ai reçu aucun retour sur investissement.  Il est bien temps que je me reprenne en main... Et ce vendeur va m'y aider !

Mais que t'a dit ce vendeur ? Il t'a fait la cour ?
Comme tu y vas, Victor ! Fait la cour... Non... Disons qu'il a si bien fait son métier qu'il a presque réussi à me faire croire que j'étais jolie et désirable. Il t'a bien fait la cour alors ! Tout ça, c'est du commerce, Victor, ne confonds pas tout... Il n'empêche que je suis ressortie de là avec non seulement le téléphone que j'étais venu chercher, mais aussi : une pochette de portable gratuite, un téléphone gratuit (si, si !), quelques compliments bien tournés, et surtout le sentiment d'être une femme avant d'être l'ex de quiconque. Il t'a bien fait la cour, alors, s'il t'a fait profiter de tous ces avantages ! Pfff... Si tu veux !

En sortant du magasin, j'étais légère. J'ai réalisé que pendant quatre ans, j'avais voué à ce garçon un amour quasi monastique. Fidélité, fidélité, fidélité. Je n'ai vu que lui, pendant quatre ans. J'étais devenue sa petite amie avant d'être une femme. Parce que quand j'aime, j'aime complètement. Sauf quand, bien sûr, on finit par me faire comprendre, à demi-mots, et avec une lâcheté sans égale, que ce serait mieux si c'était moi qui prenait la décision. Il faut pas me le dire deux fois, car je ne suis pas une idiote, et je ne déteste rien de plus que de constater que l'être aimé m'a prise pour une imbécile. Alors je prends mon envol comme on dit. Bref.

Alors ce soir, juste parce que je suis bien, là, toute seule avec mon chat, dans mon bel appartement, juste parce que c'est les vacances et que je reprends plaisir à me pomponner et me bichonner, je voulais juste remercier le jeune vendeur du 26 décembre, avec son regard pétillant et son sourire charmeur. C'était exactement ce dont j'avais besoin pour me secouer une bonne fois et penser à mon avenir de femme fatale. Humm... Ce qui ne t'empêchera pas, un nouveau coup de cafard venu, de déverser ici tes larmes et tes soupirs, tes regrets et tes remords... Oui, bon, peut être. Sûrement. Il n'empêche que depuis ce 26 décembre, je me suis aperçue que : la vie continue et youpi, mes amours n'attendent que moi pour que je les agrippe. Je vais bien, la vie, ne t'en fais pas... Après tout, Eva Longoria est toute petite !

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Vendredi 18 janvier 2008
Mon cher Victor,undefined Ce soir, je suis d'excellente humeur. Tiens donc ? En quel honneur ? Laisse moi émettre plusieurs hypothèses : d'abord, demain samedi, c'est le week-end ! Ce qui est déjà une excellente raison d'être en joie ! Ensuite, je suis de fiesta demain soir, et ça, c'est toujours agréable d'y penser ! Et puis aussi, je pars pendant les vacances de février ! Aaaah !!! Où cela ? Au ski pardi !!! Le grand air, la neige immaculée, le vin chaud... Tu vas te régaler ! J'espère bien ! Et enfin, le miracle que je n'attendais plus : en ce vendredi 18 janvier, j'ai pensé à lui. Rien d'extraordinaire... Attends la suite ! En pensant à lui, je n'ai ressenti ni tristesse, ni désespoir. Rien de rien. Tu m'en vois bien étonné !!!Humm... C'est personnel... Je lui suis aussi, crois-moi ! C'est comme si, grâce à ce dimanche si douloureux (quel dimanche ? ), mon ciel s'était éclairci. Comme si je n'attendais qu'une chose : me prendre la réalité en pleine face, là, juste sur mon nez, pour me relever.

Et autre chose, en l'ocurrence, c'est profiter des occasions qui me sont offertes de m'épanouir. Dans ces cas-là, rien de tel que de bonnes vieilles copines célibataires (parce que celles en couple, forcément, c'est plus déprimant... Même si au fond on les aime bien quand même !) pour se remonter le moral !!! C'est ainsi que Soph' m'a prise sous le bras pour m'emmener défier les montagnes en Savoie, avec sa bande qui ne compte pas moins d'une douzaine de membres. Je ne connais pas grand monde et c'est l'aventure ! C'est ce qu'il te faut en ce moment : du grand air et de la nouveauté ! Tu nous reviendras toute neuve et bronzée (du moins si tu ta peau de blonde échappe au teint écrevisse), ton petit coeur tout frais, prêt à rebattre pour un nouvel amour !

 
Si je suis de si bonne humeur, au fond, c'est peut être parce que je me surprends moi-même. Je ne ressens plus rien. Ni colère ni haine, ni passion ni regrets. Rien de rien. Je ne me torture plus avec les questionnements éternels du type "et si ...?" et me réfugie (comme c'est pratique !) derrière un fatalisme très agréable : si ça n'a pas marché, c'est que ce n'était pas fait pour, et voilà tout ! J'ai pensé à lui, pourtant, comme tous les jours. Mais c'était différent. Je n'écoute plus "Je te le dis quand même" en pleurant comme une madeleine, je ne me penche plus par le balcon pour voir si, par hasard, il n'y aurait pas une 406 verte dans le coin. Je n'attends plus qu'il revienne. Et je me demande si ce n'est pas ça qui m'a libérée. Je n'espère plus.

J'ai rangé tous mes souvenirs dans une petite boîte, que j'ai enfouie au plus profond de moi. Je ne pense plus aux étreintes perdues, ni aux sentiments qui ne reviendront pas. Non, je n'y pense pas. Je ne pense plus à notre rencontre à ce karaoké, ni à cette séance de cinéma si particulière. Non, je n'y pense pas. C'est rangé. Je garde ces instants pour mes jours de vieillesse, pour me réchauffer. Et ce soir, je peux te le dire : je ne t'aime plus, mon amour. Oui, jusqu'à demain, ou après-demain ou tu reviendras pleurnicher dans mon giron ! Peut être... En attendant, je tenais à le dire, parce qu'il est important, aussi, de montrer que le bout du tunnel s'annonce. Parce que la vie continue, même sans toi...
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Samedi 26 janvier 2008
Mon cher Victor,undefinedComme je te le disais l'autre jour, je reprends peu à peu goût à ma liberté de célibataire toute neuve, ayant rangé tous les souvenirs de ma première véritable histoire d'amour dans une petite boîte. C'est drôle, ce changement. Il s'est opéré en moi si brutalement... Il a suffi d'une prise de conscience, une seule, d'une bonne gifle, pour que je décide de jeter mes mouchoirs et de me tourner vers l'avenir au lieu de caresser mes doux rêves de passé. Cela fait plus d'une semaine, maintenant, que j'apprends à vivre sans lui, et j'avoue que je m'étonne tous les jours du courage dont je suis capable. Il vaut mieux cela que le contraire, n'est-ce pas ! Tant mieux si tu parviens à tirer un trait sur cette histoire... Tu as bien raison de te prendre en main et de cesser de pleurer, car lui, de toute façon, ne se privera pas d'oublier ! Et puis tu vois bien que l'oubli est inévitable...

Oui. J'ai eu du mal à l'accepter. Parce que je ne voulais pas oublier, moi. Jusqu'à ce que je m'aperçoive que je n'avais plus le choix. Alors j'ai décidé, comme ça, un dimanche soir, d'arrêter de penser à lui. Et j'y arrive. De mieux en mieux. Et je ne regrette pas ma décision. Pourtant... Je me disais aussi que tout ne pouvait pas être aussi parfait ! J'ai encore la colère.
La colère ? Quand on me parle de lui (ce qui arrive de plus en plus rarement... Et un jour, plus personne ne me parlera de lui... Comme si nous n'avions jamais rien été l'un pour l'autre), j'ai la colère. Une colère, qui, en revanche, ne s'en va pas. C'est tout ce qui me reste. La colère, d'accord, mais par rapport à quoi ? Je lui en veux.

Je lui en veux d'avoir voulu prendre le risque de me perdre. Je lui en veux d'avoir gâché notre histoire alors qu'on aurait pu s'accrocher encore un petit peu. Je lui en veux de n'avoir pas fait un seul petit effort, un tout petit effort pour y croire encore. Je lui en veux d'avoir attendu que je fuis pour se demander s'il ne faisait pas une erreur. J'ai attendu plus de deux mois et demi. C'est long, deux mois et demi, quand on est dans l'incertitude, quand on attend un signe, un geste, quand on rêve qu'il revient et qu'il continue, inlassablement, d'affirmer qu'il ne sait toujours pas. C'est long et c'est dur. Je lui en veux de ne pas s'en être rendu compte. Cette colère contre lui n
e part pas. Je lui en veux d'être parvenu à m'ôter tout espoir et à réduire mes rêves à néant. Je lui en veux de m'avoir laissée l'oublier. Je lui en veux d'avoir été aussi lâche et surtout de m'avoir autant déçue. Parce qu'il m'a déçue. Parce que je pensais que quatre ans d'amour valaient bien mieux que deux mois et demi d'attente. Je pensais que nous deux, ça méritait plus de foi.

Je n'ai plus que ça, la colère. Comme si toute ma peine s'était transformée. J'avoue que je préfère être en colère. Parce que quand je suis en colère, je suis forte, sûre de moi, qu'alors je ne regrette rien, ni personne. Surtout pas lui. Et heureusement que je ne le verrais plus jamais. Car si je l'avais, là, en face de moi, alors je lui dirais tout ce que je viens de te dire, combien il m'a déçue, combien son amour pour moi était fragile au fond, combien je lui en veux d'avoir abandonné aussi facilement, de s'être arrangé pour que je rende les armes. Si je l'avais là, en face de moi, je lui dirais combien je trouve hypocrite d'appeler pour demander des nouvelles, alors que rien n'est rattrapable, alors que nous ne sommes plus amants et que nous ne serons jamais des amis. Je lui en veux d'avoir été malheureux au moment où moi, je me relève. Je lui en veux d'avoir tenu des propos incohérents, sans logique, contradictoires. Je lui en veux d'avoir entretenu le doute et de m'avoir laissée partir.

Je lui en veux d'avoir brisé mon rêve. Et je voudrais qu'il regarde. Je voudrais qu'il ait là, en face de lui, juste sous ses yeux, la preuve que je vis très bien sans lui, pour qu'il sache qu'il a tout gâché et qu'il m'a perdue, pour de bon cette fois. Que c'est trop tard. Bien trop tard. J'avais pourtant passé mon temps à le lui crier. Il m'avait dit : "Eh bien, Mirabelle, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Si tu veux passer autre chose, passe à autre chose...". Comme si cela n'avait pas d'importance. Même... Comme s'il n'attendait que ça, depuis le début. Cette phrase, je ne l'ai jamais oubliée. Par contre, lui n'en a aucun souvenir. Je lui en veux pour ça aussi. Je lui en veux de revenir vers moi, des larmes plein la voix. Je lui en veux parce qu'au fond, ce n'est pas de l'amour... C'est juste de l'orgueil mal placé. L'orgueil d'un mec qui ne supporte pas de constater que sa nana, inconsolable il y a encore quelques jours, vit finalement très bien sans lui. L'orgueil d'un mec qui veut se rendre inoubliable. Oh, il le sera, c'est sûr. Mais a-t-il idée du souvenir que je garderai de lui ? A-t-il au moins pensé à ça ?

Il m'a déçue. Il a été lâche. Et prévisible. Il m'a déçue. Si, par hasard, il vient lire ses lignes, alors je ne m'en voudrais pas de briser ses illusions, comme il a brisé les miennes : n'aies pas peur, je ne t'oublierai pas. Mais j'aurai la sensation d'avoir investi bien plus dans notre histoire que cela n'en valait la peine.

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Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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