XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Jeudi 12 avril 2007
Mon cher Victor,gaston.JPG


Suite à ce post très très sérieux sur mon SR2, nous discuterons, aujourd'hui, d'un sujet un peu plus léger, ou du moins, que je CONSIDERE comme plus léger dorénavant. Tu m'intrigues, là, Mirabelle ! Tant mieux !

Tout d'abord, je laisse nos lecteurs avertis relier le titre de cet article et à son image. Nous allons donc causer "gaffe" ! Tout à fait. Ca promet d'être drôle, te connaissant ! Tu ne seras pas déçu ! Plantons d'abord le décor de cette gaffe : c'est mon PREMIER jour de stage. Je ne suis pas encore intégrée dans l'équipe, je n'ai encore que très peu saisi le fonctionnement de l'école et surtout, je suis en proie à un stress effroyable, qui me fait perdre toutes mes facultés rationnelles et me rend très très bêêête.

Il est 8 h 59. A 9 h, je dois récupérer les mômes sous le préau, j'ai une trouille phénoménale, même si je la cache sous des dehors dynamiques. Je suis presque en retard. Je cours dans les couloirs. Le directeur m'intercepte. Il me tend une liasse de papiers verts et je l'entends me dire, dans un brouillard que l'on doit tant aux cris des élèves qu'à mes jambes flageollantes : "Ce sont les fiches de renseignements  pour la visite médicale. Il faut que tu donnes ça aux élèves à la sortie". Il me dit autre chose, que je ne comprends pas, mais je hoche la tête, genre je-maîtrise-la-situation. Je vais chercher les mômes, que je tente de faire ranger pendant cinq bonnes minutes. Quand j'y pense, ça me fait sourire...

C'est arrivé en fin de journée. Désireuse d'accomplir mon devoir de maîtresse, je distribue les feuilles de renseignements à l'heure des mamans, à la porte de l'école. Le hic : je ne connais pas les têtes des parents. Je prend parfois telle maman pour celle de Titouan alors que c'est celle de Jonathan et vice versa. Des pères s'impatientent. Soupirent. Tapent du pied. Moi, je me bats avec les feuilles. J'entends des "Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire", puis on m'arrache le document, sans un merci. Au bout de cinq minutes, j'ai la tête qui fume et plus rien dans les mains. Me gratifiant d'un "C'est du bon boulot, Mirabelle !" tout intérieur, je traverse le hall quand j'aperçois la mère de Mathis, un CP. Elle s'interroge sur la visite médicale : où est le tableau des rendez-vous ? Où se tiendra la visite médicale ? Je n'en sais fichtre rien, ma bonne dame, je débarque encore plus que vous dans l'école... Tu lui as dit ça ?! Bien sûr que non. Tu me prends pour qui ? Je lui ai conseillé de s'adresser au directeur et l'ai accompagnée au bureau.

Quand soudain, ça fait tilt. Je comprends ENFIN. Non mais bon dieu, quelle idiote je fais ! Je rougis et bafouille, confuse : "Euh... Excusez-moi, je viens de réaliser que... Enfin... La visite médicale, c'est pour les GS, c'est pour le passage en CP... Donc Mathis n'a pas besoin de ces documents....". La mère de Mathis éclate de rire, me gratifie d'un sourire indulgent (ouf !) et passe la porte de l'école en riant toujours de la bonne blague que je lui ai faite bien malgré moi. En ce qui me concerne, je suis rouge de honte. Je réalise avec horreur l'énorme bourde que je viens de commettre.

Explication : à la sortie, les parents m'ont sauté dessus. J'ai donné des papiers à des parents d'élèves de CP. Certains GS se retrouvent donc sans rien. Je suis mortifiée. C'est mon premier jour et je fais déjà une gaffe. Ca promet pour la suite... Rouge comme une pivoine, je vais donc conter mes maladresses au directeur. Heureusement qu'il est gentil, tiens, celui-là... "Euh... En fait... Je me suis rendue compte que... Enfin... La visite médicale, c'est que pour les GS... J'ai donné des papiers sans le faire exprès à des parents de CP... Mais vous comprenez, je ne connais pas encore les parents... J'ai cru que certains étaient des parents de GS... Je suis navrée, vraiment désolée...".

- Ah... Euh... Tu sais à combien de CP tu as donné le papier ?
- Eh bien euh... Pas vraiment... Comme je ne connais pas les parents...
- C'est embêtant, ça, j'avais juste le compte de dossiers...
- Je suis vraiment désolée...
- Ce n'est pas trop grave, ne t'en fais pas. Essaie de te renseigner demain auprès des enfants pour savoir qui a eu les feuilles et essaie d'en récupérer. Au pire, je ferai des photocopies.

Je retourne dans ma classe en traînant des pieds. J'ai envie de pleurer.
Non, ne pas pleurer, maintenant, tu te  laisseras aller chez toi, Mirabelle, ce n'est pas le cadre... Je réussis à me retenir, par je ne sais quel miracle. Quelle idiote je fais... En plus, je n'ai même pas eu la curiosité de compter les feuilles... Si je l'avais fait, j'aurais vu qu'il y en avait onze, ce qui correspond au nombre de GS ! Quelle cruche, non mais quelle cruche... Telle que je te connais, tu as dû passer le reste de ta soirée à t'insulter en ton for intérieur. Tout juste. Je m'en voulais à un point que tu n'imagines pas...

19 h 30. Je rentre chez moi. Sur le seuil, j'éclate en sanglots.
Je raconte mes mésaventures à mes parents, qui éclatent de rire. Ma mère me raconte sa première piqûre (elle est infirmière, mais je suppose que tu l'as compris, Victor) où elle avait raté la veine du patient et fait pisser le sang, en paniquant complètement. Mon père me défend et décide qu'après tout, on n'avait qu'à mieux m'informer, c'est un monde, ça quand même, le directeur n'avait pas qu'à mieux faire son boulot. Pour moi, le monde vient de s'écrouler et cet incident n'est rien d'autre que la preuve irréfutable que Mirabelle la gaffeuse prendra toujours le pas sur Mirabelle-l'instit-exemplaire. Tu es décidemment trop dure envers toi-même... Ce n'était que ton premier jour ! Certes. Mais tu sais que je suis sans pitié avec ma bêtise... Bref. Je décide finalement d'écrire un mot dans le cahier de liaison dès le lendemain pour demander le retour express des feuilles de renseignements, sans pour autant dévoiler mes tatonnements d'instit' inexpérimentée. Ce serait un coup à perdre toute crédibilité !

Et finalement, comment cela s'est terminé, toute cette histoire ? Bien, j'espère ?
Oui. Certaines feuilles sont revenues sans même que j'ai à mettre un mot. Et puis nous avons fait des photocopies. Cependant, j'ai compris ma douleur face à certains parents, venus "m'agresser" à la sortie de la classe, outrés de ne pas avoir reçu la feuille verte par l'intermédiaire de leur enfant. Il a fallu que je rappelle mon statut de remplaçante, tout en précisant pour les moins concernés, susceptibles de penser que sous prétexte que vous avez leur enfant sous votre responsabilité vous connaissez tout de tout, que je n'étais dans l'école que depuis deux jours. Heureusement, tous les parents n'ont pas réagi ainsi... Certains ont été très compréhensifs,  débordant de bienveillance, ajoutant que "de toute façon, si le papier est à rendre pour le 20 Mars, ce n'est pas pressé". Ouf. Il y a encore des gens sympas sur terre.

Alors, elle t'a plu, ma gaffe, Victor ? Beaucoup. C'est surtout ton sens du drame qui m'a fait rire. Même si je comprends que tu aies pu te sentir responsable, ce n'était pas une raison pour te mettre dans tous tes états. Enfin... Heureusement que le directeur était gentil. Oh oui, très gentil. Il est venu d'ailleurs, le lendemain de cette bourde mémorable, à la fin de la journée, prendre de mes nouvelles dans la classe et sourire de mes maladresses. "Après tout, tu débutes, tu ne pouvais pas savoir... Ce n'est pas bien grave, allez... Tu en verras d'autres...". Un joli mot pour la fin !
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mercredi 9 mai 2007
Mon cher Victor,

Voilà longtemps que nous n'avons pas évoqué ta carrière, Mirabelle ! Que se passe-t-il de ce côté là ? J'allais justement aborder le sujet, ça tombe bien ! Comme certains lecteurs me l'ont déjà fait remarquer, la catégorie "Mirabelle, maîtresse stagiaire" est quelque peu laissée à l'abandon, ces temps-ci... Est-ce à dire que tu ne fais plus rien de ta PE2 ?! Grands Dieux non ! Mon quotidien en est lourdement chargé, entre le mémoire, les validations (des disciplines et du SRF) et le SR3 qui va pointer le bout de son nez très prochainement... Le SR3, justement, nous occupera aujourd'hui...

Jeudi dernier, nous avons reçu la liste des postes à choisir pour le SR3. Même procédé que pour le SR2 : 15 voeux mais cette fois-ci, l'obligation de demander un cycle dans lequel nous n'avons pas encore été plongé. Dans mon cas : le Cycle 3. Puisse la moulinette te favoriser une fois de plus ! Aie aie aie... Malheureusement, mon pauvre Victor, je sens que je ne serai nettement moins chanceuse pour ce deuxième stage de trois semaines ! Pourquoi donc ?

Comme tu le sais, je n'ai pas le permis. Oh, tu peux soupirer... Mais je ne soupire pas ! Arrête, je te vois ! Bref. En prenant connaissance de la liste des postes : je m'arrachais les cheveux... Peu de Cycle 3 et des écoles situées dans des patelins paumés. Contrainte par cette-saloperie-de-permis-que-je-n'arrive-pas-à-avoir, je n'eus d'autre solution que d'inscrire dans mes voeux d'autres postes, en Cycle 1 ou en Cycle 2, bien desservis par trains et bus. Bon. Ca peut s'arranger, ça ! J'imagine que dans ton IUFM, ils sont assez compréhensifs quant à la situation difficile des sans-permis ! Pfff... Tu es bien naïf, mon pauvre Victor...

Vendredi matin, armée de mon sourire et de ma bonne volonté, je rends donc le fameux papier et mes quinze voeux au sécrétariat pédagogique. Et là, je m'entends dire : "Mais qu'est-ce que tu m'as fait, toi ?". Argl. On me regarde avec de grands yeux écarquillés, genre "elle descend de la lune celle là ou quoi ?", normal, les responsables du secrétariat ont bien crié sur tous les toits qu'il était OBLIGATOIRE de demander des postes dans un cycle qu'on ne connaît pas encore. Et moi, j'arrive comme une fleur avec du Cycle 1, du Cycle 2 et du Cycle 3 ! Tu t'es expliquée, au moins ? Evidemment.

J'explique que j'ai été obligée de mettre autre chose que du Cycle 3, n'ayant pas le permis. La perfide secrétaire, que je ne peux pas encadrer et qui me le rend bien, profitant du petit pouvoir qu'elle a sur nous avec sa moulinette (c'est effectivement elle qui fait les tirages au sort), fait la moue et marmonne, à contre-coeur : "Bon, je vais voir ce que je peux faire mais bon, si j'applique le règlement, étant donné que tu n'as mis que neuf voeux en Cycle 3, je ne peux tenir compte que de ces neuf voeux !". Elle écrit sur ma feuille : "Pas de voiture". Aie...

C'était l'impair à ne pas commettre. Je sors de mes gonds. Mon sourire me quitte, je me mets à bafouiller en essayant de calmer ma colère : "Mais le problème, ce n'est pas que je n'ai pas de voiture, c'est que JE N'AI PAS LE PERMIS, ce n'est pas pareil ! Je n'ai PAS LE DROIT de conduire ! Vous pensez bien que si j'avais le permis, vu que je gagne ma vie maintenant, l'un de mes premiers achats aurait été une voiture !". Elle rougit, elle aussi, scandalisée par mon insolence. Me traite de petite maligne. Je clame ma sincérité mais il est clair qu'on m'a cataloguée dans la catégorie "ne veut pas faire de Cycle 3". Et elle qui continue : "Oui bon... De toute façon, "pas de permis", " pas de voiture", c'est un peu la même chose... Tu n'es pas la seule à ne pas posséder de véhicule et je ne vois pas pourquoi je devrais faire une exception pour toi !". Grrr... Je me retiens de lui dire que tout ça, c'est une question de nuances, nuances dont elle manque cruellement apparemment... Quel culot, celle-là !

Elle me foudroie du regard : "Mais comment se fait-il que tu n'aies pas encore le permis ?! Il faudrait y penser, là, quand même !!! Il est temps !!! Comment vas-tu faire, l'année prochaine ???". Comme si je n'y avais pas pensé... Avec la désagréable sensation d'être jugée et d'avoir à me justifier, j'explique que ça-fait-plus-de-deux-ans-que-je-suis-sur-le-permis, mais je-n'arrive-pas-à-l'avoir, c'est pas faute d'essayer pourtant ! Et je l'ai déjà passé deux fois... Elle hausse les épaules : "Mais pourquoi l'as-tu raté ?!" J'invoque le stress... Elle ne comprend pas : "Le stress ? Mais pourtant, tu as eu le concours, tu devrais être habituée !!". Qu'est-ce que c'est que cet argument ?! Il ne tient pas debout, c'est sûr. On ne peut pas mettre exactement sur le même plan permis de conduire et CRPE. J'ai une petite pensée pour Aventurine quand je m'entends prononcer : "Oui ben, aussi bizarre que ça puisse paraître, le permis ça m'a toujours fait plus peur que le concours, et j'ai toujours trouvé ça plus difficile !". Elle n'est pas convaincue. Je suis persuadée qu'elle me prend pour une baratineuse, même si elle grommelle : "Je vais voir ce que je peux faire mais bon, si j'applique le règlement..." et gningningnin et gningningnin...

Conclusion : de mes quinze voeux, il y a de fortes chances pour que n'en soient retenus que neuf. Si elle fait preuve de charité, quand même... Que nenni, Victor. J'avais été quémander compassion et compréhension au secrétariat pour le SR2, craignant de tomber sur un mauvais poste. On m'avait clairement dit que "ne pas avoir le permis n'entrait pas dans les critères d'assouplissement". Coup de bol, j'étais tombé sur un poste à quelques kilomètres de chez moi, comme tu le sais, le problème était donc réglé. Mais là... Je peux très bien tomber sur le trou-du-cul-du-monde dont personne ne voudra.

Eh bien tu sais ce que tu fais, Mirabelle ? Tu roules sans permis, et puis voilà ! Je ne peux pas m'y résoudre. Je suis dans une colère noire, Victor. Je me sens humiliée et rabaissée en tant que non-conducteur et je n'en reviens pas qu'on ne soit pas capable de discerner le cas de gens qui ont le permis mais pas de voiture du cas de ceux qui galèrent pour obtenir le petit papier rose !!! Comme si je le faisais exprès...

Bon, bon... C'est demain, les résultats du tirage au sort ? Oui. Tu prieras pour moi, Victor ? De toutes mes forces ! Allez, Mirabelle, ne te laisse pas abattre !
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Jeudi 10 mai 2007

Mon cher Victor,

Avant de me remettre à mon mémoire, un petit passage à notre table t'avertir de mes aventures PE2esques : je suis dans les 17 stagiaires qui n'ont pas encore de lieu de stage pour le SR3, sachant qu'évidemment, il ne reste plus que les trous du cul du monde à soixante-dix bornes de chez moi... Ce qui nous prouve que les voies de la moulinette sont impénétrables ! Du coup, nouvel assaut de la moulinette mardi prochain pour enfin savoir où je vais m'enterrer pendant trois semaines... La suite au prochain épisode !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 11 mai 2007

Mon cher Victor,

Je ne suis plus qu'une machine à travailler. Je bosse, je bosse, je bosse. Mémoire. Validations. Stages. Je bosse, je bosse, je bosse. Je me lève tôt, je vais à l'IUFM, je me couche tard. Rebelote le lendemain. Le week-end, même refrain, je me lève tôt, je travaille, je travaille, je travaille et je me couche tard.

Plus de vie sociale. Plus de Mystérieux Inconnu le week-end. Non. Pas le temps. Les week-ends sont juste assez longs pour empêcher le retard de s'accumuler. Pourtant, je bosse, tout le temps. Sans arrêt. Je bosse. Je fonce tête baissée, je ne m'arrête pas. Je suis branchée sur mon métier et ne m'en déconnecte jamais. J'en rêve la nuit. J'y pense le jour. Je n'ai plus de vie sociale. Je ne vois plus personne. Je vis recluse dans ma petite chambre, avec mon ordinateur et mes livres, mes fiches de prep' et mes classeurs. Plus le temps de chanter. Plus le temps de lire. Même pas le temps de ranger ma chambre. A peine le temps de venir discuter, mon pauvre Victor...

Et mon Mystérieux Inconnu qui espère que tout s'arrangera l'année prochaine. S'il savait... L'année prochaine, ce sera la PE2 puissance 10, que dis-je, puissance 100 ! Puissance 1000 si j'ai un poste de direction ! Il ne supporte plus mes fiches de prep', mes séquences, mes validations, mon mémoire. Là où j'attends de la patience, il n'est qu'impatience. Je bosse, je bosse, je bosse. Le métier est une priorité qui s'est imposée d'elle-même. Pas le choix. Ce n'est même pas que j'en fasse plus que les autres, non. Au contraire : je fais le minimum syndical. Et pourtant, j'y laisse ma vie personnelle.

J'ai envie de pleurer. J'ai envie de hurler. Rien ne sort. Je suis bloquée. J'ai envie de partir, de tout oublier. Partir, avec pour seul bagage un baluchon et ma soif de liberté. J'ai envie de me libérer. Qu'on me libère. J'ai envie qu'on me rassurer. J'ai envie qu'on me dise que tout ira bien. J'ai envie qu'on me force à lever le pied. Je veux retourner au lycée, quand tout était facile, quand je me plaignais du baccalauréat et de mes dissertations de philosophie. J'ai envie d'être encore assez jeune pour me dire que la vie active est encore loin. J'ai envie de partir, loin, très loin, seule avec moi-même. Ne pas être tenaillée entre ma vie amoureuse et ma vie professionnelle. Ne pas culpabiliser de bosser tous les week-ends.

J'ai envie de partir, j'ai envie de tout arrêter. Et pourtant, j'ai envie de rester, envie de continuer. J'ai envie d'avoir ma classe, d'être une bonne instit'. Alors je bosse, je bosse, je bosse, je bosse. Je travaille, je travaille, je travaille. Je me lève tôt, je vais à l'IUFM. Au CRDP parfois, histoire de renouveler mon stock de bouquins. Je me lève tôt, je vais à l'IUFM, je me couche tard. Rebelote le lendemain. Le week-end, même refrain, je me lève tôt, je travaille, je travaille, je travaille et je me couche tard. Pas le temps de faire autre chose. Encore moins de penser à autre chose. Je suis sur les rails. Mon train est lancé à toute vitesse. Je ne peux pas m'arrêter. Je ne m'arrêterai pas. 

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mardi 15 mai 2007

Mon cher Victor,

Hier après-midi, 16 h 20. C'est l'heure des mamans. Mes petits jouent avec leurs doudous, scrutent l'arrivée de leur géniteur ou génitrice, se roulent sur le tapis ou... Font la conversation à ma visiteuse-valideuse ! Celle-ci, avec un grand sourire dit au petit Quentin :

- Je vais rentrer chez moi, je vais vous laisser avec la maîtresse !

A Quentin de répondre : "C'est pas la maîtresse, c'est Mirabelle !"

Et vlan... Prends-toi ça, jeune stagiaire du lundi ! Les enfants sont d'un naturel ! Ils osent tout ! Tu l'as dit...

Et hem... Cette validation ? Tu penses bien que je t'en toucherai deux mots bientôt. Bientôt, vraiment ? Le plus tôt possible, disons, parce que là, je suis overbookée, mon pauvre Victor ! Mais tu es validée, au moins ? Ouiiii ! Yeees ! 

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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