XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mercredi 12 mars 2008
Mon cher Victor, soleil-levant.jpg
Ce matin, je me suis réveillée en me disant que je devais me libérer. Je ne sais pas pourquoi, j'ai appelé mon ex belle-mère. Ton ex belle-mère ? Que vien-elle faire dans cette affaire ? Tu vas comprendre... Elle est super, mon ex belle-mère. Parce qu'elle m'aime bien d'abord, et puis parce qu'elle m'a toujours aidée. J'ai le souvenir de cette conversation, tu me semblais très émue... Oui. Et ce qui est bien, surtout, c'est qu'elle m'aide sans me raconter d'histoires. "L'idéal pour toi, ce serait de rencontrer quelqu'un". En gros, j'ai sa bénédiction pour passer à autre chose.  Ce n'est pas banal, ça, de pousser son ex belle-fille adorée à aller voir ailleurs que dans le lit de son fils ! Mais je te diiiis : elle est super, mon ex belle-mère ! Parce qu'elle ne cherche pas à tout prix à défendre la chair de sa chair. Parce que je peux lui parler franchement. Et lui dire tout ce que j'ai sur le coeur. "S'il m'avait dit ça, je lui aurais jeté à la figure, moi, cette boîte de croissants !", m'a-t-elle dit. Mais quelle boîte de croissants ? Ouh... Ce serait trop long ! Ce qu'il faut retenir, c'est que l'entendre me dire ça, ça m'a rassurée : je n'ai pas eu tort de penser ce que j'ai pensé à ce moment-là, quand je me suis trouvée toute con avec ma boîte... Enfin, ça m'a frustrée, aussi. Parce que j'ai pas osé, moi, la lui jeter à la figure, cette boîte. Tu comprends, mon Victor, j'étais tellement persuadée que tout ne tenait qu'à moi. J'aurais bien aimé pouvoir comprendre cette histoire de croissants mais si j'insiste... On s'en fiche, je te dis, de ces croissants ! Alors pourquoi tu en parles ? Et puis en plus, c'était une boîte de croissants et de pains au chocolat, tu sais, les assortiments. Bref. Elle est super, mon ex belle-mère. Parce qu'elle m'a dit que j'avais bien fait de le virer de chez moi. Et qu'en raccrochant, je me sentais bien. Je crois que, quelque part, j'avais besoin qu'elle me libère, qu'elle me libère de ce lien familial que j'avais envie de maintenir avec elle. Je voulais qu'elle reste ma belle-mère, moi, mon ex belle-mère. Sauf que bon... Pour qu'elle le reste, il aurait fallu que je reste avec mon ex petit ami. Ca, déjà, c'était un peu plus... Compliqué. Voire carrément utopique ! Bon. Alors mon ex belle-mère, elle m'a dit, en gros, de me casser bien vite de là et de profiter de ma jeunesse en fleurs illico presto ! Et puis de m'y tenir, bien sûr...

En raccrochant, j'ai regardé par la baie vitrée de mon appart. Il y avait du soleil, un soleil qui inondait mon salon et mon petit chat. J'ai souri. J'ai filé dans la salle de bains. Pris une douche. Je me suis maquillée, coiffée. J'ai enfilé une jupe, un joli petit pull moulant, des talons hauts, et je suis descendue me balader. Pour voir un peu quel goût ça a, la liberté, après quatre ans.
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Samedi 15 mars 2008
Mon cher Victor,

solitude3.jpg

Vers 3 heures du matin, je dormais tranquillement, quand soudain deux voix de soûlards m'ont reveillée en sursaut, comme toutes les nuits (toute façon, c'est soit la musique à fond, soit les insultes, soit les voitures pétaradantes alors je finis par m'habituer...). Une voix d'homme, partagée entre les sanglots et l'hystérie viscérale, et une voix de femme, plus maîtrisée, plus posée.
L'homme, dans un cri atroce : "Naaaaaaaaaaaaaaaan, tu m'aimes pas !"
La femme, essayant d'être persuasive : "Mais si, je t'aime..."
L'homme : "Naaaaaaaaaaaaan, tu m'aiiiiiiiiiimes pas !!!!! Tu dis que tu m'aimes mais tu m'aimes pas !!!!!!!!!!!!! Tu m'as dit que tu m'aimais !!!!!!!!!!!! Pourquoi tu m'as dit ça ?! Hein ? Pourquoi ?????? POURQUOI ????"
Il y a eu les sanglots de l'homme. Les murmures de la femme. Les sanglots de l'homme. Puis les voix se sont éloignées. A demi-ensomeillée, je suis restée cinq minutes, sans respirer, paralysée par l'émotion, l'émotion bouleversante d'avoir assisté à un désastre sentimental. Seule dans mon grand lit deux-places, en refermant les yeux, repoussant un sentiment d'effroi que je peinais à contenir, je me suis dit que, bourrés ou pas, on en était tous au même point.
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Jeudi 20 mars 2008

Mon cher Victor,magritte.jpg

Il arrive parfois dans la vie des choses étranges, qui vous font vous apercevoir que vous connaissez mal les gens et surtout, que vous vous connaissez mal vous-même. Et malgré l'agréable malaise que je ressens, je peux affirmer, avec certitude, que cette révélation m'est sans doute apparue au moment où il le faut.

C'était tout à l'heure. Je discutais MSNement avec un garçon que je connais depuis le collège. Tu en es proche ? Humm... Certaines circonstances nous ont rapprochés mais j'avoue qu'il fut une époque où il m'insupportait. Et puis nous nous sommes revus par hasard et j'ai appris à l'apprécier : la vie nous avait fait grandir tous les deux, et sous des airs de grand gamin, quelqu'un de sensible se cachait. Ah, la sensibilité... C'est la fleur de toute personne ! Bref. C'était donc tout à l'heure. Je ne sais plus comment c'est venu. On a commencé à se charrier comme d'habitude, en se parlant du bon vieux temps, en particulier d'un voyage en Angleterre en Seconde, où j'avais rencontré l'Amour. Aaaaah ! Raconte moi ça !!! Enfin. C'est une façon de parler, bien sûr. En fait, mes lèvres n'ont jamais frôlé celles de l'élu de mon coeur mais j'ai le souvenir d'avoir été réellement amoureuse. A m'en rendre malade. C'est à cette période qu'un soupirant du nom de David s'intéressa à moi. Soupirant pour lequel j'ai fini par succomber, pour une durée assez courte, il faut bien le dire, toute préoccupée que j'étais par le précédent. Tu devrais écrire des romans à l'eau de rose... Tu remporterais un franc succès ! Ca a l'air très compliqué, comme ça, très enfantin aussi, mais aussi loin que je m'en souvienne, la Seconde a été l'année où je me suis sentie la plus épanouie, la plus vivante... Et paradoxalement, la plus mal.

Bref. J'en viens au fait, ne t'inquiète pas. Ce fameux garçon avec qui je discutais sur Internet, que nous appelerons Matthieu, m'a avoué que je lui plaisais beaucoup à cette époque, sans jamais avoir osé le dire. Qu'il était ravi de m'avoir retrouvée des années plus tard. Et que j'ai marqué ses années lycée comme peu de filles les ont marquées. J'étais sonnée. Et puis... Heureuse aussi. C'est toujours agréable de savoir qu'on plaît... Ou qu'on a plu ! Et tout ça me laisse une drôle d'impression.

Parce que bien sûr, moi, je n'avais rien vu. J'étais complètement folle de mon nageur (tu sais, celui que je n'ai jamais embrassé...) et son indifférence me faisait pleurer tous les soirs dans mon petit lit d'adolescente. Et je n'avais rien vu. Je me trouvais si laide, à l'époque... Ca, ça n'a pas trop changé ! Tu ne vas pas me dire que tu te trouves jolie aujourd'hui ! Tu ne me trouves pas jolie ? Ce n'est pas ce que je voulais dire... Je voulais dire que, de par tes reflexions, de par tes écrits, j'affirme, sans trop me tromper, que tu ne t'acceptes pas encore... Oui, bon, peut être, sans doute. Ca c'est un autre chapitre ! Revenons à l'objet de cette conversation, si tu veux bien... A seize ans, donc, je me trouvais laide. Sans intérêt. Je regardais avec envie toutes ces filles qui multipliaient les conquêtes, et déplorais qu'on ne s'intéressât pas à moi. C'était très douloureux pour moi.

Et puis Matthieu m'a dit ça. Il m'a dit qu'il aimerait, un jour, trouver une fille aussi sympa, sérieuse et gentille que moi (je n'aime pas trop l'adjectif "gentil", mais bon...), avec qui cela pourrait durer. Et cela m'a fait un plaisir immense. Un bien immense. Parce qu'en ce moment, je ne suis pas habituée à entendre de telles paroles, qui me valorisent. Il faut dire que ces derniers temps, tu n'as pas été très épargnée sentimentalement parlant... Non. Cela m'a fait tout drôle. Alors, ce soir, je me sens un peu mélancolique. Il me semble que je me découvre. Que la vie peut être joueuse ! On passe des années à se trouver sans charme, à pleurer sur son sort, et on apprend quasiment dix ans plus tard qu'on plaisait à ceux qui se taisaient !

Bon. Tout ça pour dire que cette révélation de Matthieu m'aide à reprendre confiance. Je n'ai plus seize ans, c'est vrai, mais à vingt quatre ans, je ne suis pas encore partie bien loin, et si je regarde un peu plus loin que mes quatre années gâchées, il y aura sans doute quelqu'un, un mec bien, qui saura me voir avec le regard que certains ont eu sur moi. Des regards plein de respect et d'espoir. Surtout, des regards plein de projets. Un mec qui verra en moi une fille bien, qui mérite autre chose que des week-ends à attendre. Oui. Je l'espère. Et mieux : je crois que cela arrivera. Et même si cet aveu de béguin d'antan n'a pas d'incidence sur ma vie de tous les jours, elle me permet de me considérer autrement. Autrement que comme une fille qui ne vaut pas le coup. Autrement que comme une fille qui n'a pas le droit d'être aimée. En fait, j'y ai droit, comme tout le monde. J'ai le droit de vouloir autre chose qu'une relation qui s'effiloche, j'ai le droit de croire qu'un mec voudra un jour regarder des Truffaut avec moi sans faire la fine bouche, et s'armera de patience face à ce permis de conduire que je ne parviens pas à avoir. Oui. J'ai le droit. Et ça me remonte à bloc. Merci Matthieu.

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Samedi 22 mars 2008
bo-te.jpg
Tout à l'heure, j'ai décroché toutes les photos de nous deux. Toutes celles où tu apparais. Il n'y a plus rien sur mes murs désormais qui me fasse penser à toi. J'ai aussi enlevé ta bague. J'ai mis ta montre et ton manteau dans un sac. J'ai atteint ma boîte à souvenirs. Sorti la grande enveloppe à ton nom. Je n'ai pas pu m'empêcher de tout vider. Il y avait les photos et les lettres. J'ai tout relu. Quatre ans de ma vie. De notre vie. Les mails, que j'avais imprimés. Les cartes d'anniversaire. Les mots d'amour griffonnés à la va-vite avant d'aller au travail. Les courriers enflammés depuis l'école de police. Même les horaires de tes stages... J'ai tout retrouvé. J'ai regardé les photos où tu avais à peine vingt ans. Tu avais l'air d'un gamin. Moi aussi. L'Italie. Ma khâgne. Saint-Mâlo. Saint-Brieuc. L'espoir. L'espoir. J'ai regardé les photos où tu te pendais à mon cou d'un oeil ravi, comme si j'allais m'échapper. J'ai regardé les photos de toi endormi dans mon lit, et la première, la toute première, que j'avais mise sous cadre. Tes yeux d'un bleu profond... Et puis j'ai fini par ranger tout ça dans cette enveloppe, format A4, les photos de toi, les photos de nous, les lettres, les petits mots, les cartes postales, les mails. J'ai refermé l'enveloppe. J'ai remis l'enveloppe dans sa boîte. J'ai replacé la boîte là où je l'avais prise, en haut de mon placard. Et puis ça a été tout.
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Samedi 29 mars 2008
Mon cher Victor,


Je viens tout juste de parcourir le blog de Vanille. Je me sens très proche d'elle en ce moment. Non pas que nous échangions beaucoup (j'ai toujours été fidèle à ses écrits, mais il fut une longue période où elle ne bloguait plus) mais ses mots me touchent.

Comme tu le sais, j'ai rompu. Qui ne le saurait pas ?! Tu en parles encore assez régulièrement ! Oui, c'est vrai. Trop régulièrement, sans doute... C'est que tu en as besoin, voilà tout ! Ne te jette pas la pierre : tirer une croix sur ses rêves ne se fait pas du jour au lendemain. Tu sais... Il y a des jours où j'écris ce qui me passe par la tête. Tout de suite. Sans réfléchir. Ce sont généralement des textes plein de tristesse, ou... Plein de colère. Et ce sont ceux que j'aime le moins. Alors je les supprime peu de temps après les avoir publiés. C'est naturel d'être en colère... La colère, c'est une l'amour-propre qui se défend face à la déception.

C'est si tentant de se laisser aller à la haine... On dit qu'elle est proche de l'amour. Je crois que c'est profondément vrai. Je le déteste autant que je l'ai aimé. Très fort. Je ne suis pas encore capable d'indifférence. C'est trop tôt. Et comme l'Amour et le Pardon ne m'ont rien apporté, je n'ai plus qu'une alternative : ne plus aimer et ne pas pardonner. Etre sentimentale, ça ne m'a rien donné. Etre clémente, cela ne m'a rien donné. Le croire, cela ne m'a rien donné. Passer l'éponge sur ses mots blessants, cela ne m'a rien donné. En gros, c'est "sois gentille, et continue à t'en prendre plein la gueule", alors je vais changer de registre.

Rendre coup pour coup soulage. Ca ne dure qu'un temps, bien sûr, mais pendant ce tout petit instant, on peut se relever un peu. Pas beaucoup, évidemment, parce qu'il faut plus que quelques semaines pour se remettre debout. Alors en attendant que ce jour vienne, on l'imagine tout seul, chez lui, dans sa grande ville, dans son grand appartement, dans son grand lit. Tout seul. On l'imagine tout seul devant sa grande télévision, sur son grand canapé, et on se dit que c'est bien fait pour lui. Et on se dit qu'il va comprendre sa douleur. Je l'avoue, j'en suis encore là. Ce n'est pas bien, je sais. Je devrais être capable, comme on nous le conseille dans les bouquins du genre "je réussis ma rupture", de rester zen, sourire, et attendre que le vent tourne, en continuant de le respecter. Non, je n'en suis pas capable. Parce que la Mirabelle blessée est méchante, rancunière et bagarreuse. Parce que sa philosophie, c'est oeil pour oeil, dent pour dent. Que c'est comme ça et puis c'est tout.

J'aime imaginer qu'il se morfondra jusqu'à la fin de sa vie de m'avoir perdue. Je sais qu'en réalité, il n'en sera rien, bien sûr. Personne n'est irremplaçable, et un de ces jours, il se dira que c'était mieux comme ça. Toujours est-il que de telles pensées m'aident à me libérer de lui. C'est humain, après tout, même si cela paraît cruel. Alors je comprends Vanille, qui exprime sa déception par des mots très durs envers celui qui fut son Arc-en-Ciel. C'est plus facile de s'en sortir en haissant. La haine, c'est la force. Et dans ces moments-là, c'est justement de force dont on a besoin.

Et puis quand même... Il y a des instants où un certain soir d'été à C., au bord de la mer, me revient en tête. Ou un rire en cascade, un "ma puce" plein d'amour et de tendresse... Heureusement, ce genre de réminiscences s'évapore assez vite. Parce qu'elles constituent l'un des pires coups que je puisse recevoir. Et en ce moment, je suis incapable de faire autre chose que d'en donner.
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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