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Grains de sel

Mots en l'air


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Perdu le fil ?

Bruit qui court

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Jeudi 22 juin 2006

Mon cher Victor,

Mirabelle ! On m'a attribué le rôle de messager une fois de plus ! Comment ça ? Tu te souviens de ce questionnaire ? Bien sûr. Eh bien, Laflote m'a chargé de t'en remettre un autre ! J'ai donc quelques petites questions à te poser... Tu as deux minutes ? Pour toi, j'en trouve toujours !

1. Ton juron préféré en voiture ? Je n'ai pas (encore) le permis. Est-ce que ça compte en tant que passager ? Si oui, mon juron préféré est incontestablement : "Fait chier !"

2. Tes chaussures favorites ? : les chaussures à talons mais pas trop hauts, hein, il s'agit de ne pas se péter les pieds !

3. L'odeur qui t'émeut le plus ? : celle de l'homme que j'aime... (je parle en général et je ne veux pas de questions indiscrètes !) ;-)

4. Ce que tu fais quand tu ne fais rien ? : je rêve, j'angoisse, ou les deux à la fois...

5. Ce que tu voudrais dire à ton père ? : Merci de m'avoir entraînée au 1500 m !

6. Dans ton Ipod, tu écoutes en boucle... ? : Je n'en ai pas, mais j'imagine que si je parle de mon MP3 ça revient au même. En ce moment, je suis à fond dans la bande originale des "Chariots de feu".

7. La dernière fois que tu as pleuré ? : quand j'ai été voir "Volver". Une vraie fontaine !

8. Tu te regardes dans la glace et tu te dis... ? : "Que tu es laide, ma pauvre fille... En plus, tu es coiffée n'importe comment !"

9. Dernier tableau accroché chez toi ? : Euh... En fait, je n'ai pas de tableau accroché chez moi...

10. Tu pourrais y passer des heures... ? : Dans ma chambre, à chanter à tue-tête...

11. Ton luxe de la vie ? : Profiter du soleil en sirotant un Pulco agrumes...

12. Au p'tit déj, tu ne pourrais pas te passer de... ? : euh... En fait je pourrais me passer de beaucoup de choses, mais un p'tit déj n'a pas la même saveur sans une bonne tasse de thé !

13. La dernière fois où tu as trop bu ? : Lundi soir, à un apéritif, avec mes copines d'IUFM.

14. Ce que tu n'as point encore osé faire ? : Me laisser aller...

15. Tu n'es pas superstitieuse, mais... ? : on m'a dit "Merde" pour la suite de mes oraux, et j'ai dit merci... Ca m'a empêchée de dormir ! Argl...

16. A ton dîner idéal, tu réunirais... ? : Euh... Les gens que j'aime, ce serait déjà bien !

17. Ton couple mythique ? : je n'en ai pas, mais j'ai beaucoup d'admiration pour les couples qui sont toujours ensemble après des années, qui s'aiment et se le montrent... Ca, ça m'épate !

18. Ton coupe-faim ? : l'angoisse.

19. Ton voeu le plus cher ? : avoir le concours et le permis la même année ! Cette année, si c'est possible... (tant qu'à faire...)

Merci Mirabelle ! De rien, Victor !

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Dimanche 18 juin 2006

Mon cher Victor,

Samedi soir, j'ai été prise d'une vague de nostalgie, empreinte d'amertume. De l'amertume, à ton âge ?! C'est bien triste ! Hummm... Et pourquoi cette amertume ? J'ai écouté la bande originale de "La Boum". "La boum" ? Un film du début des années 80. Une jeune fille de treize ans en pleine crise d'adolescence, Vic, qui rêve d'amour et le trouve en la personne de Matthieu. Une amourette ? Oui. Sa première. Et qu'a-t-il de si spécial ce film ? Il faut sérieusement que je rattrape mon retard en matière de cinéma...

J'ai dû regarder ce film une bonne centaine de fois, entre douze et quinze ans. Je connaissais (et connais toujours, je pense...) les dialogues par coeur. Nous échangions la vidéo du film avec des camarades de classe qui, comme moi, grandissaient en même temps que Vic. Nous échangions des points de vue passionnés sur les personnages, faisions l'éloge de Sophie Marceau, si criante de naturel. Nous avions treize ans, comme elle. Jamais embrassé de garçon. Rêvant du grand amour, d'étreintes enfiévrées. J'avais donné une boum en classe de Cinquième. Prié pour que M., sur qui j'avais jeté mon dévolu, danse le slow "Reality" avec moi. Et ce fut chose faite ? Bien sûr que non. Je ne l'intéressais pas du tout...

Samedi soir, donc, j'ai écouté la chanson phare du film, "Reality". J'avais tant rêvé connaître le grand amour sur cette chanson... Elle m'a paru extrêmement sirupeuse. J'en tire une certaine tristesse, teintée de surprise... Je me revois allongée sur mon lit, à treize ou quatorze ans... Je m'imaginais dansant un slow langoureux avec le garçon qui peuplait mes rêves de l'époque. J'étais Vic. Lui était Matthieu. Il était éperdument amoureux de moi. Je tombais dans ses bras. Il m'embrassait passionnément. J'y croyais dur comme fer. J'avais les mains moites, le coeur battant, les papillons dans l'estomac. Ouh la la... Est-ce vraiment le genre de pensées que l'on entretient à quatorze ans ? Ne te méprends pas, Victor ! Mes songes étaient d'une chasteté exemplaire, vraiment ! L'idée d'un simple baiser suffisait à me faire chavirer... J'ai toujours été d'un romantisme échevelé !

En écoutant la chanson "Gone on forever", qui clôt le film, je me suis dit que finalement, il ne me restait rien de tout ça... Je rêvais du prince charmant, comme Vic. Or, le prince charmant n'existe pas. Je rêvais de quelqu'un qui me serre contre lui, sur un slow meringué. Qui me caresse les cheveux, comme dans le film. Que reste-t-il de tous ces rêves ? Tu as grandi, voilà tout ! Je n'ai pas vu le film dont tu parles, mais j'imagine que le cinéma ce n'est pas la vraie vie... J'ai grandi, c'est vrai. Et samedi soir, en écoutant "Reality", je me suis aperçu que j'aurais volontiers retrouvé mes quatorze ans. Pour croire qu'il existerait, un jour, quelqu'un qui aimerait danser avec moi et me caresser les cheveux... Que le Prince Charmant viendrait sur son beau cheval blanc. Qu'il descendrait de sa monture, mettrait "Reality" sur le tourne-disque... Ne dirait pas un mot... Me prendrait dans ses bras... Tu vas peut être un petit peu loin ! Tout ça, excuse-moi, Mirabelle mais... Ce sont des inepties !

Du jour où j'ai compris que je ne serai jamais Vic, j'ai cessé de regarder ce film. J'ai cependant conservé la vidéo. Je ne l'ai pas visionnée depuis la fin de Troisième. La coupure fut brutale. Cependant, j'ai toujours énormément de tendresse pour "La Boum". Il me rappelle mes espoirs, mes inquiétudes, mes rêves, mes larmes de toute jeune fille. Il me rappelle M., mes stratégies pour le séduire... Les murmures entre copines, les encouragements à me lancer... Mes premiers émois, en somme. Qui n'ont plus rien à voir avec ceux d'aujourd'hui, plus adultes, moins éblouissants. J'ai grandi, c'est vrai... Mais la petite Mirabelle est toujours là...

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publié dans : L'Amour toujours commentaires (14)   
Vendredi 16 juin 2006

Mon cher Victor,

Cet après-midi, 15h45, j'étais sur la piste. La piste de danse ? Mais non, enfin ! La piste du stade, pour mon 1500 m ! Tu te souviens de cet article, Victor ? Oui, bien sûr. Quoi qu'il faudrait que je le relise un petit peu... Eh bien j'ai réussi ! Réussi quoi ? A me dépasser ! Ahhh ! En voilà une bonne nouvelle ! Tu peux le dire ! J'ai pulvérisé mon record personnel !

Tu avais en partie suivi, Victor, mes entraînements au 1500 m, entre autres dans cet article-ci. Je ne t'avais pas caché que ma première performance s'approchait de 9 minutes et 45 secondes, ce qui évalait à un 5/20. Je m'en souviens ! A force d'obstination et de séances régulières (des séries de 250 m, 500 m et 750m en pyramide, tous les deux jours !), je me hissai péniblement à 8 minutes, autrement dit à 10/20, ce qui était, je te l'assure, une sacrée victoire sur moi-même ! Ahhh ! A voir ta mine réjouie, tu as fait bien mieux que cela ! Quel était ton record personnel ? 7 minutes et 55 secondes. Et cet après-midi, tu as fait combien ? Attends un peu...

J'étais convoquée au stade à 15 heures. Je pensais courir dès mon arrivée, mais les courses étaient organisées par séries, et bien évidemment, j'étais dans la dernière. J'ai donc assisté en direct aux performances de mes rivales. Et là... J'ai eu du mal à déglutir ! Pourquoi ? Le barème ayant été durci, il était réputé difficile. J'imaginais qu'atteindre les 8 minutes était déjà une performance en soi. Je me trompais : les trois premières séries ont été un défilé de magnifiques prestations ! Certaines atteignaient même le 20/20, soit 5 minutes et 50 secondes ! La plupart des candidates couraient dans les six minutes, ou dans les 7 minutes... Jamais au-dessus de 8 minutes ! Aie aie aie... Du coup, tu imagines bien que j'ai rejoint la piste à reculons !

Cependant, je compte sur l'appui de mes camarades d'IUFM, venues me supporter. Je n'ai pas envie de les décevoir. Je ne veux pas décevoir non plus une personne chère, qui m'a fait la surprise de venir assister à ma course. Quelle personne chère ? Je n'en dirai pas plus. Roooo ! Allez, Mirabelle, dis-moi ! Non, Victor, n'insiste pas ! Qu'est-ce que je disais ? Ah oui ! SURTOUT, je VEUX croire en ma chance. Il FAUT que je fasse 7 minutes et 45 secondes, temps qu'il m'avait été impossible de réaliser jusque là.

J'ai une boule au ventre à la ligne de départ. Le coup de feu retentit. La machine se met en route. Je ne pense plus à rien qu'à mon chronomètre. Je cours à un certain rythme, me concentre sur ma respiration. Je ne pense pas au nombre de tours. J'avance, c'est tout. C'est purement mécanique. Je tente de coller aux basques de certaines concurrentes. Surtout, ne pas les lâcher. S'accrocher. Toujours. Déjà, on annonce le dernier tour. Je souffle comme un boeuf mais bizarrement, je souffre moins que ce que j'aurais imaginé. Je trouve même la force d'accélérer dans la dernière ligne droite ! J'entends ma petite bande scander mon nom. J'accélère. Et là, j'entends le jury hurler mon temps :

- 7 minutes 34 secondes !

J'ai fait 7 minutes 34 secondes, Victor ! Est-ce que tu te rends compte ? C'est encore mieux que ce que j'avais espéré ! C'est bien, Mirabelle, c'est très bien ! Et cela te fait quelle note ? 11,5/20. Nettement moins bien que d'autres concurrentes, mais pour moi, c'est un pas de géant ! Je suis plus que satisfaite ! Tu étais motivée, tu t'es sentie pousser des ailes, et voilà ! Ce qui me fascine, c'est que je les avais dans les jambes. Et que j'aurais sans doute pu faire mieux : je n'étais pas à bout de forces à la fin de ma course, et mon accélération était suffisamment puissante pour me laisser penser que j'aurais pu soutenir un rythme supérieur tout le long de ma prestation. Et voilà ! Et voilà ! C'est tout toi, ça, Mirabelle ! Ne peux-tu pas être contente de toi, tout simplement, sans chercher à aller plus loin ? Bon sang de bon soir, c'est à peine croyable !

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Jeudi 15 juin 2006

Mon cher Victor,      

Depuis combien de temps nous retrouvons-nous pour ces conversations ? Eh bien... Nous nous sommes rencontrés le 28 Janvier 2006, me semble-t-il, et depuis, nous ne sommes plus quittés ! Le temps passe à une vitesse... Pour moi aussi, je dois dire ! Je suis vraiment heureuse de te connaître, Victor ! Tu étais mon idole, je rêvais de te rencontrer mais... Mais ? Mais j'ai bien peur que cette relation soit très inégalitaire ! Je me demande parfois comment tu peux me supporter : à ta place, face à mes caprices, mes jérémiades, mes doutes, mes angoisses, il y a longtemps que je serais partie, et sans payer l'addition ! Je t'aime bien, tu sais, Mirabelle... Tu m'attendris ! Bien sûr, parfois, tu m'agaces un peu, mais enfin... Cela fait partie de ton charme ! Cela me touche beaucoup, ce que tu me dis, Victor. C'est sincère... Je sais. Mais j'ai beau le savoir, j'en rougis !

Voilà donc presque cinq mois que nous conversons ensemble, et peu à peu, beaucoup de gens, assis à des tables voisines de la nôtre, se sont joints à nous. Certains, je le vois bien, nous écoutent sans rien dire. Qui sait ? Peut être qu'ils n'osent pas se lever, et nous dire : "excusez-moi, je viens tous les jours ici et mon oreille a souvent traîné du côté de votre table. Il se trouve que vous m'avez l'air très sympathiques... Pourrai-je m'installer à côté de vous ?" ! Ils devraient, pourtant ! A ce que je sache, moi, Victor Hugo, je n'ai encore jamais mangé personne, et toi encore moins ! Il y a beaucoup de gens silencieux, près de nous. Regarde, Victor : celui-ci nous lance des oeillades depuis des jours et il n'est jamais venu nous parler ! C'est fort dommage ! Comme tu dis...

J'ai un message à faire passer, Victor. Dommage, je n'ai pas de porte-voix ! Dis-le bien fort, cela suffira ! Je voudrais remercier les bloggueurs, quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent. Certains ont leurs petites habitudes chez nous, d'autres sont plus timides et n'osent pas participer à nos conversations. Quoi qu'il en soit, je voulais leur dire, à tous, que je les remercie du fond du coeur de nous porter tant d'intérêt. Je n'aurais jamais pu imaginer que mes petites histoires t'intéresseraient un jour, Victor, et je dois dire que j'osais à peine rêver que des collègues de la blogosphère puissent trouver du plaisir à lire ces lignes ! J'ai toujours énormément de plaisir à tenir ces conversations : j'espère qu'elles dureront longtemps, très longtemps ! Et puis... J'espère aussi que ces gens, qui fréquentent le même café que nous, qui viennent de temps en temps, ou plus régulièrement, perpétueront cette tradition et donneront envie à d'autres de nous rejoindre. Je l'espère aussi !

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Mercredi 14 juin 2006

Mon cher Victor,

Cette première épreuve a été un carnage. Un véritable carnage ! C'est vrai ? Allez, reprends-toi, reprends-toi, tu es tremblante comme une feuille ! Et puis... Tu as pleuré ? Un petit peu. Allez, raconte-moi tout...

J'étais convoquée à 8 h 15 comme je te l'ai dit. Les heures de passage étaient tirées au sort. Bien entendu, j'ai fait la mauvaise pioche : c'est moi qui ai ouvert le bal ! Youpi... Fort heureusement, je reprends espoir : le sujet de mon dossier pour l'entretien est l'Egalité des Chances. J'ai des tas de choses à dire là-dessus, je suis excitée comme une petite puce, et je me lance, à fond les manettes, dans la rédaction du plus bel exposé de ma vie. C'était bien parti, pourtant !

9 h 30 : Entretien pré-professionnel

J'entre dans la salle, le coeur battant. Quatre paires d'yeux sont braquées sur moi. Mes jambes se dérobent. Je souris pourtant du mieux que je peux, en essayant de copier les hôtesses d'accueil. Je lance un franc bonjour. Le jury se présente. Abord fort sympathique, ma foi. Je me détends peu à peu. Et zou, c'est parti, le top est donné par le fameux : "Nous vous écoutons !". Je suis très à l'aise, finalement. Je sens la fièvre de l'Education Nationale me saisir. Je parle de Loi d'orientation, de ZEP, de CLIS, de CLIN, de Maison Départementale pour le Handicap, de PPRE, de PPAP, de maître E... Je parle, je parle, je parle, et les dix minutes s'envolent. Les questions posées par le jury m'enflamment également, surtout après que l'Inspecteur d'Académie ait glissé que "j'avais déjà dit beaucoup de choses". Je réponds à tout, en hésitant quelques fois, mais avec le plus de sincérité possible. Peut être parfois au détriment des meilleurs choix stratégiques. Quand je réfléchis à tout ce que j'ai pu affirmer (par exemple que les mentalités des enseignants devaient changer par rapport au handicap... J'ai beau le penser très fort, ne va-t-on pas croire que je donne des leçons ?), j'ai bien peur que ma passion ne m'ait desservie : et si j'avais sorti des tas d'horreurs sans m'en rendre compte ?

9 h 55 : Epreuve musicale

Je me promets de leur en mettre plein la vue avec mon interprétation de "New York New York". Je connais les paroles sur le bout des doigts et j'aime profondément cette chanson. Le play-back marchait impeccablement hier, je me prépare donc à un succès. Hélas, au bout d'une minute et trente seconde de chanson : mon cd s'interrompt ! Je m'excuse, explique que "cela fonctionnait parfaitement ce matin-même". Que se passe-t-il ? Je perd tous mes moyens en un quart de second. La musique repart, sans moi cette fois. Je sens que je suis à contre-temps, mais j'entends à peine la musique (ma voix la couvre) et j'ai du mal à redresse la barre. Cette épreuve débute de la pire manière qui soit, j'entrevois peu à peu une perspective d'échec au concours. Ma prestation vocale s'achève. J'enchaîne avec mes applications pédagogiques. J'aime tellement cette chanson que je m'enflamme. Tant et si bien qu'au bout des dix minutes de temps de parole qui me sont accordées, je n'ai pas dit le quart de ce que je devais dire. C'est la catastrophe la plus totale. Extérieurement, j'essaie d'en sourire. Intérieurement, je me décompose.

Deuxième partie de l'épreuve : écoute d'un document sonore inconnu, dont je dois extraire les principales caractéristiques et donner des pistes pédagogiques. Je tombe sur Casse-Noisette, de Tchaikovski. XIXème siècle. J'ai droit deux écoutes, les utilise, mais n'en tire pas complètement profit. Je fais des approximations. Je ne suis pas certaine des instruments en présence. Je choisis le Cycle 1 pour cycle d'application mais je ne suis "pas dedans", je le sens bien. Je n'ai presque rien à dire sur cet extrait. Il va me falloir improviser. J'enchâine deux ou trois phrases. Pendant cinq minutes maximum, autrement dit : il reste dix minutes au jury pour me torturer de questions. La belle assurance de mon entretien pré-professionnel laisse place à des balbutiements confus. Le jury me bombarde de questions plus vicieuses les unes que les autres, de plus en plus précises. J'essaie d'y répondre, sans aucune conviction. Et l'Inspecteur d'Académie me laisse finalement entendre que ce morceau n'est pas du cycle 1, ce dont je me doutais...

"Nous vous remercions !"

Je remballe mon appareil, mes deux sacs, mon stylo, je dis "au revoir" avec le peu de sourire qu'il me reste, je sors et je ferme la porte. Ca y est. C'est terminé. Je n'aurai pas le concours.

Sans doute dramatises-tu un petit peu...? Peut être que ce n'est pas si catastrophique que ça... Je crois que si, Victor. Je crois sincèrement que si... Allez, il reste des épreuves ! Ne te démotive pas, Mirabelle ! Ne te démotive pas !

 

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' commentaires (22)   
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