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Grains de sel

Mots en l'air


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 5 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Perdu le fil ?

Bruit qui court

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 28 mai 2006

Mon cher Victor,

Les lecteurs de la blogosphère sont imprévisibles. Vraiment. Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Les articles qui ont le plus de succès ne sont jamais ceux sur lesquels on avait parié. Mais encore ? On écrit un article que l'on juge, le plus objectivement possible, "intéressant". On s'attend à déchaîner les foules avec un sujet sérieux, qui appelle à la réflexion. Lequel, par exemple ? Par exemple, le sujet de l'illettrisme. C'est un sujet qui me tient à coeur. Et j'avais été si estomaquée par ces chiffres (pour les retardataires, se reporter à cet article), que je me suis empressée de les révéler à la blogosphère, en vue de créer, dans ma naïveté légendaire, une prise de conscience générale. Cet article a suscité des réactions, c'est vrai, mais pas forcément plus qu'un autre.

En revanche, des articles plus anodins, comme celui-ci ou encore celui-là, ont obtenu des commentaires de manière bien plus significative, alors qu'à mes yeux (surtout pour celui-ci) il ne s'agissait que d'articles "sympas" renvoyant à mes passions qui, pensais-je, n'intéresseraient que moi. La preuve en est que non...  Alors à quoi est-ce dû ? Je dois dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à répondre aux commentaires portant sur le chat. Connaître le rapport de mes lecteurs avec cette magnifique créature, qu'il soit bon ou mauvais, m'a apporté une certaine satisfaction, surtout quand je constatai que certains partagaient pleinement ma passion, et vouaient un amour profond à leur animal. Par contre, quand un lecteur, comme Berzerk, reste "froid" face à cette merveille de la nature, me voilà prise d'une fièvre de persuasion invraisemblable, et moi, Mirabelle, je me lance dans de grandes explications lyriques sur le pourquoi du comment il faut aimer le chat. Est-ce à dire que plus on est passionné dans la rédaction de ses articles, plus on suscite de commentaires ? J'imagine qu'il y a un peu de cela.

Pourquoi un article a-t-il du succès ? Pourquoi un autre ne remporte-t-il pas l'adhésion ? Est-ce une question de sujet, de traitement, ou les deux à la fois ? Je suppose qu'il y a un peu de tout. Le sujet est important, c'est vrai, mais un sujet intéressant n'est rien sans une rédaction à la hauteur. De même, une jolie plume qui n'a rien à dire aura du mal à captiver. C'est ce que tu penses, Victor ? Oui. Pourtant, beaucoup de gens tiennent des blogs sans avoir grand chose à dire... Et leur audience tient le choc ! Tu parles de ces blogs "journaux intimes" ? J'ai bien étudié ce genre de littérature, et bien souvent, il renvoie le lecteur à sa propre expérience. Ou du moins, il lui permet de comparer SON expérience à celle des autres. De se rassurer. De se dire que finalement, il n'est pas si malheureux qu'il le prétendait... Tu crois vraiment ? J'ai tendance à penser que les blogueurs sont curieux des autres, voilà tout. Bien entendu qu'ils sont curieux des autres ! Mais cette curiosité est une curiosité que l'on rapporte ensuite à soi. En lisant un blog, on se pose toutes sortes de questions : dans quelle mesure dit-il la vérité ? Sa vie est-elle réellement telle qu'il la décrit ? Est-elle mieux que la mienne ? Je trouve que tu pousses le bouchon un peu trop loin, Victor... Dans ce cas, ne viens plus me demander mon avis ! C'est fou, ça, tout de même ! Ne te vexe pas...

Bon, bon... En tous cas, le principal est que tu restes fidèle à toi-même. Que tu continues à écrire pour toi avant d'écrire pour les autres. Que tu ne publies pas un article selon "ce qui devrait marcher". Fais-toi plaisir. Ne pense pas à la réaction du blogueur, tu auras tout le temps de t'en occuper à la lecture des commentaires. Si un blog est rédigé sous le diktat de l'audimat, il perd de son charme, j'en suis sûr. Peu importe que ton "blog rank" stagne ou non, ne deviens pas comme ceux qui n'ont qu'un objectif : parvenir au top 50 ! Tu es au courant de tout ça, Victor ? Tu t'es perfectionné ! Je ne pensais pas que tu maîtrisais autant le vocabulaire blogosphérique ! Eh oui... Tiens, à propos du blog rank, j'aimerais bien que tu écrives un article là-dessus un de ces jours. J'ai remarqué que beaucoup de blogueurs en sont obsédés, et j'aimerais mieux comprendre ce phénomène. Tu pourras t'en occuper ? Bien sûr. S'il n'y a que ça pour te faire plaisir... 

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Mystérieuse blogosphère commentaires (13)   
Vendredi 26 mai 2006

Mon cher Victor,

Que se passe-t-il ma Mirabelle ? Tu as une toute petite mine ! Un petit coup de blues... Nous sommes le 26 Mai 2006 et c'est presque la fin... Bientôt, la classe de PE1 E sera morcelée. Les meilleurs resteront. Les autres : un petit tour, et puis s'en vont ! Les  meilleures choses ont une fin, tu le sais. Oui, je le sais...

Mercredi soir, c'était notre dernier repas. Notre dernier repas tous ensemble. Atmosphère particulière. La joie d'être ensemble bien sûr, mais pas seulement. La conscience que quelque chose se fissurait, et serait cassé le 31 Mai, à midi. Un instant, je me suis surprise à refuser les résultats : dans cet état d'attente, nous partageons la même angoisse, les mêmes craintes, et surtout, nous sommes tous sur le même pied d'égalité, encore. Bientôt, certains d'entre nous s'éclipseront. Discrètement. Dans les larmes. Je n'accepte pas ça. C'est un concours. Tu savais que vous en arriveriez là... Bien sûr.

Mais nous sommes une classe. Au sens le plus solidaire du terme. Pendant ce fameux repas, mercredi soir, j'ai regardé chacun, écouté les conversations, j'ai cherché à fixer dans mon esprit ce sentiment de communauté parfaite, d'amitié profonde. Car bientôt, tout sera éteint. J'ai eu envie de me lever et de leur dire, à tous, combien j'avais aimé cette année en leur compagnie, combien ils allaient me manquer. Que j'aurais voulu que nous soyions tous encore là, l'après-midi du 31 Mai, juste après les résultats. Tous admissibles. J'aurais voulu leur dire qu'il y avait bien longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien au sein d'une classe. Tu aurais dû leur dire, ils auraient sans doute apprécié... Qui sait ? Tu aurais sans doute dit tout haut ce qu'ils pensent tout bas ! Je n'ai pas osé. Je suis très pudique, tu sais, Victor... Alors j'ai préféré regarder, discuter, rire. Profiter encore, pendant qu'il en était encore temps.

Ce repas aura une connotation particulière, quels que soient les résultats du concours. Il est teinté de tristesse et de résignation. C'est la fin, Victor. Et pourtant... Pourtant ? Pourtant, je me plais encore à rêver...

Et si, mercredi midi, Claire, Thomas, Marie, Joris, Justine, Aurélie, Aurélia V., Sophie, Gwenaëlle, Charlène, Gaël, Charlotte, Lucie, Delphine, Arnaud, Marion, Aurélia, Dorothée, Valérie, Emmanuelle, Aline, Céline, Yann, Guillaume, Emilie, Priscilla, Cécile, Thierry et Vanessa étaient tous admissibles ?

par Mirabelle ajouter un commentaire
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Jeudi 25 mai 2006

Mon cher Victor,

Une des choses que je préfère, quand mes amours ne tournent plus vraiment rond, c'est la solidarité féminine. Et en particulier le soutien des copines.

Tu sais, Victor, les femmes du XXIème siècle se sont émancipées depuis ton époque. Voyez-vous ça... Elles se sont affirmées. Ont fait valoir leurs droits, évoluer les mentalités, se sont battues, encore et encore, pour être considérées à l'égal des hommes. Bien sûr, le combat n'est pas terminé, mais nous avons remporté de nombreuses batailles : le droit de porter des jupes, le droit à l'avortement, le droit à la contraception... Toutes ces choses primordiales qui font partie de nous, de chaque femme sur cette planète, de ma génération comme de la précédente, comme de celles à venir.

J'aime les femmes, Victor. Tu aimes les femmes ?! Ca y est, tu ris aux éclats : je vois que tes petites plaisanteries te plaisent bien, c'est l'essentiel. Ne feins pas la naïveté, tu as parfaitement compris mes propos. J'aime les femmes parce qu'elles sont là les unes pour les autres. Enfin, j'imagine qu'il existe des contre-exemples, mais d'après mon expérience personnelle, je crois pouvoir affirmer que les femmes que je côtoie ont cette extraordinaire qualité d'être fière de leur sexe.

Vois-tu, mon Victor, depuis ma séparation, j'ai tendance à me dévaloriser, à ne plus croire en rien, et surtout pas en moi. Oui, il me semblait bien avoir remarqué un comportement de ce type ! C'était compter sans les copines ! Que ferai-je sans elles ? Ce sont les femmes qui parlent, dans ces cas-là. La spécificité féminine. Ce qui nous différencie des hommes. Et renforcer mon identité de femme m'aide à supporter la solitude.

Il est fort probable, mon cher Victor, que ce que je m'apprête à écrire va te vexer quelque peu en tant qu'homme, et sans doute plus qu'un autre, étant donné que tu es d'une génération quelque peu... Ancienne. Faut-il que je me bouche les oreilles ? Je pensais que tu ferais preuve de plus de courage. Tu ne veux plus m'écouter ? J'ai quelques difficultés avec les femmes qui se prennent pour des hommes ! C'est bien une remarque du XIXème siècle. Il ne faut pas envisager les choses sous cet angle. Je suis une femme du XXIème siècle. Il n'y a donc pas de point de comparaison possible. Dans ce cas, je veux bien faire un effort, mais je ne garantis pas de rester calme ! Aucune importance : c'est l'intention qui compte !

Etre une femme, c'est aussi critiquer les hommes. Gentiment. Sans haine, parce que dans le fond, on les aime, les hommes. Je suis célibataire. Tu le sais. La plupart de mes amies sont pourtant avec quelqu'un, et en majorité, depuis un certain temps. Elles sont bien installées. Et elles les aiment, leurs hommes. Mais quand je ne vais pas bien, que je commence à me lamenter sur mon sort (ce qui m'arrive fréquemment...) elles sont là, derrière moi, à me pousser...

- Attends, Mirabelle, tu sais comment fonctionnent les mecs ! Ils n'ont aucune délicatesse, ils ne tournent jamais leurs langues dans leurs bouches avant de parler ! Après, ils s'étonnent qu'on se vexe et ils s'excusent des plombes plus tard !

- C'est génétique, c'est certain. Ce sont des handicapés de la parole. Ils ne parlent jamais de leurs sentiments. Cela ne signifie pas qu'ils ne ressent rien évidemment, mais ils ne sont pas comme nous : pour eux, la communication, cela passe par le corps !

- Arrête de te plaindre parce qu'il ne lit pas. C'est rare, les hommes qui lisent. Regarde le mien : à part le Ouest-France et les magazines d'ordinateur, il ne lit pas une ligne...

- Tu sais bien que leur bagnole ou leur moto, c'est plus important que leur copine ! Ou disons qu'ils y font plus attention... Bon, c'est triste d'accord...

Si tu cherchais à m'énerver avec tes poncifs anti-hommes, c'est raté ! Je ne me sens pas concerné du tout : je suis un homme exemplaire ! Je suis extrêmement délicat, j'en ai dans la cervelle, et je lis énormément, tu t'en doutes ! Demande à Juliette si c'est pas vrai ! Humm... J'aurais aimé que tu naisses en 1984 !

On a beau savoir que tout ça, c'est du blabla, qu'il ne faut pas généraliser sur les hommes, cela fait partie des techniques utilisées pour en oublier un ! C'est ça, la solidarité féminine ! Alors, merci à toutes celles qui en usent : je suis heureuse d'être une femme !

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Jeudi 25 mai 2006

Mon cher Victor,

J'ai obtenu mon AFPS il y a quelques temps. L' AFPS ? Attestation de formation aux premiers secours. Elle m'était nécessaire pour le concours, et très franchement, je ne regrette pas. En quoi cela consiste-t-il ? On nous enseigne les premiers soins à administrer à une personne consciente ou inconsciente, lors d'un accident, par exemple, qu'il soit domestique ou autre. On envisage toutes les situations possibles : malaise respiratoire, malaise cardiaque... Que dire ? Que faire ? Qui appeler ? Comment sécuriser les lieux de l'accident ? Comment se protéger ? Comment signaler la victime aux secours ? Toutes ces questions, j'imagine qu'on se les pose toutes un jour où l'autre, avec plus ou moins de précision. En ce qui me concerne, je dois dire que j'avais éclipsé tout élément gênant de mon esprit. On n'aime jamais penser à ce genre de choses...

Et on se dit que cela n'arrive qu'aux autres ! Mais cela n'arrive pas qu'aux autres ! L'autre jour, j'ai lu un article d'Ellalie qui traitait justement le sujet : la pauvre ! Elle a dû secourir une victime ivre : dans un premier temps, on en sourit, mais on réalise finalement qu'à sa place, on n'aurait pas fait le fier non plus ! Comme tu dis. Je l'ai lu moi aussi. Et j'en ai souri également : non pas que la situation décrite m'ait amusée, mais j'avais déjà commencé à écrire cet article sur les premiers secours, et constater combien les blogueurs peuvent se croiser dans le traitement de leur sujet m'amuse toujours. Et cela me fascine... En parlant de sujet, ce n'est pas celui d'aujourd'hui ! Tu as raison, Victor. Surtout, n'hésite pas à me faire signe si je m'éloigne un peu trop !

Cette formation aux Premiers Secours s'est effectuée à l'IUFM, sur deux jours. Deux journées intenses où tous les types de situation sont balayés, avec plus ou moins d'efficacité. Et on s'aperçoit vite que toutes les sortes de risque sont susceptibles de s'entremêler : si une victime souffre d'une fracture au bras et d'une hémorragie à la jambe, que traiter en premier ? De quel côté le mettre en PLS ? PLS ? Position Latérale de Sécurité, Victor. Si tu veux, je te montrerai. Il ne faut pas être trop souple au moins ? Parce qu'avec mes vieux os... N'aies aucune crainte.

Tu ne sais pas la meilleure, Victor ? J'espère que JAMAIS je n'aurai à me servir de ce que j'ai appris pendant ces deux jours. Secourir quelqu'un est une telle responsabilité ! Et j'ai peur de ne pas me montrer à la hauteur. Tant de risques... Quelle horreur, par exemple, de réaliser qu'une forte hémorragie peut nous faire perdre un litre de sang à la minute ! Avec les cinq litres de sang qui coule dans nos veines, on prend bien vite conscience que la vie ne tient qu'à un fil, et que c'est au secouriste de maintenir ce fil, avec tout le sang froid et l'efficacité que l'on attend de lui. C'est un tel poids sur mes frêles épaules...

On ne peut pas toujours sauver quelqu'un, malheureusement. Et si tu te trouves un jour confrontée à ce type de situation, il te faudra l'accepter, et vivre avec. C'est encore cela le plus difficile, j'imagine... Comment ne pas se sentir coupable quand on a échoué dans sa mission ? Comment faire face à la douleur de la famille de la victime, qui peut nous reprocher notre échec ? Toutes ces questions, je me les pose désormais. Et j'espère ne jamais avoir à y trouver de réponse...

 

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Mercredi 24 mai 2006

Mon cher Victor,

Ce matin, comme tous les matins depuis quelques années, j'allume mon portable au saut du lit. Mon téléphone vibre et... Entre parenthèses, Victor, si tu es perdu avec les termes "vibreur" et "portable", reporte-toi à cet article-ci où je t'avais déjà expliqué quelques rudiments en téléphonie mobile. Je n'en suis plus là, tu sais ! Ne te vexe pas. Je disais donc : mon téléphone vibre. C'est un sms d'Aurélie, une collègue de l'IUFM. Et là, surprise...

???????? Envoie ces huit petits anges à huit personnes et quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt. Si tu ne le fais pas, tu auras huit ans de malheur. Ce message est gratuit.

 

 

"Quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt". Mon cerveau pourtant endorli par neuf heures d'un sommeil écrasant songe immédiatement au COOOONCOURS. Rien d'étonnant... Non. Ce fichu concours est le centre de mes préoccupations ces dernières semaines, et je ne vis plus qu'en attendant le 31 Mai. J'en ai mal au ventre rien que de penser à la feuille des résultats affichée dans le hall de l'IUFM... Allons, allons ! Nous n'y sommes pas encore ! Poursuis, poursuis !

 

En lisant ce sms, j'ai soudain été prise d'une superstition redoutable : et si c'était vrai ? Et si je n'avais pas le concours ? Et si une menace planait au-dessus de ma tête ? Toi, Mirabelle, tu es supersticieuse ? En général, non. Mais ce matin, avec le concours, j'ai été prise d'une peur enfantine : la peur de l'échec, une peur qui m'oppresse encore un peu plus chaque jour. En donnant tout à coup autant d'impact à une prétendue fatalité, j'ai senti "corporellement" pourquoi Aurélie m'avait envoyé ce sms, elle sur qui la menace du "recalée" plane également. Alors, tu as fait ce qu'il te demandait ce...? SMS. Oui, c'est ce que j'allais dire ! Ne prends pas la mouche, Victor ! Tu es d'une humeur de chien, aujourd'hui... Pour répondre à ta question, j'ai relu cet "avertissement" (car c'est bien un avertissement, non ?) et je me suis dit que mon destin n'appartenait qu'à moi ! Ah ! C'est bien, ça ! Et puis aussi... Aussi quoi ? Comme je n'avais plus que cinq sms pour finir le mois et que rien ne garantissait le caractère gratuit de l'envoi (on aurait tout vu...) je me suis contentée d'appuyer sur la touche "effacer" plutôt que de risquer du hors-forfait. Et voilà ! Tout est bien qui finit bien ! Attendons le 31 Mai. Au pire, si je ne vais pas aux oraux, je pourrais toujours rejeter la faute sur cette maudite chaîne. Et tu en reçois souvent ?

 

Ce genre de chaînes sévit surtout sur Internet. Tout le monde affirme "ne pas y croire", mais tout le monde les fait suivre "au cas où", comme on dit. Ca ne coûte rien... Et puis on ne sait jamais... C'est du moins ainsi que raisonnent beaucoup de gens : c'est le pouvoir de la superstition. C'est terrible, la superstition. Cela ne repose sur rien de rationnel. Cela fait appel aux peurs, aux angoisses, qui sont, par définition, le contraire même d'un raisonnement logique et sensé. Pourtant, le vocabulaire employé par certaines chaînes, quand on y réfléchit de plus près, prête à sourire. Celle que j'ai reçue, par exemple, est particulièrement gratinée : 

? : d'abord, ce n'est pas un ange mais un point d'interrogation : on ne me la fait pas à moi !
"Quelque chose que tu attends depuis très longtemps se réalisera bientôt" : juste assez vague pour faire peur (ou pour faire espérer, tout dépend du point de vue selon lequel on se place) et pour ne pas trop se mouiller. "Bientôt", on a déjà trouvé plus précis comme terme...
"Si tu ne le fais pas, tu auras huit ans de malheur" : précision terrifiante cette fois-ci ! En accord avec les huit anges. Aucune perspective d'éclaircie pendant huit ans. Fichtre... Voilà qui fait peur !
"Ce message est gratuit" : quelle preuve ? Aucune, bien évidemment. On s'appuie juste sur la naïveté du client.

 

Tout ça, pour dire, mon cher Victor, que tout ça, ce n'est que des conneries ! Attention à ton vocabulaire, Mirabelle ! Je trouve que tu te relâches beaucoup en ce moment ! Il faudra prendre garde à ta façon de parler quand tu seras Hussard de la République ! On ne dit plus "Hussard de la République", Victor, c'est dépassé...

 

 

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Positif, Négatif commentaires (8)   
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