XXIeme siecle

Janvier 2007
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 7 janvier 2007
Mon cher Victor,

Pourquoi t'arraches-tu les cheveux ? Non, ne te te tape pas la tête contre la table ! Ca ne va pas ou quoi ?! Non, cela ne va pas, justement... Que se passe-t-il encore ? Tiens, j'aurais dû mettre cette question dans le questionnaire, c'est une des choses que je dis le plus souvent... Bon alors, qu'est-ce qui se passe ? Victoooor ! Je n'aurai jamais le permiiiiiis ! Mais si, mais si, un peu de patience... Mais nooooon ! Calme-toi, calme-toi... Ce n'est pas de geindre ainsi qui va te le donner, ton permis ! Allez, raconte tout à Victor...

Ce matin, j'avais une leçon de conduite avec mon moniteur. C'était ta première depuis ton retour ? Non la deuxième. Pour la première, j'avais un moniteur très gentil que je ne connaissais absolument pas et qui a vu en moi un "gros potentiel" de conduite. Pfff... A se demander pourquoi je n'ai toujours pas le permis... Parce que ce potentiel n'est pas encore à jour, tout simplement ! Bref ! Ce matin, à peine entrée dans la voiture...


- Tu es au courant des changements à propos du permis ?


Gloups... Quels changements ? Evidemment, en Angleterre, tu ne pouvais être au courant de rien ! Alors ? Alors il s'agit en fait des lieux d'examens. Il y avait (jusqu'à il y a un mois) deux centres d'examens dans ma petite ville. A chaque passage (au nombre de deux, pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, mais j'en doute fort vu combien je radote...), j'ai expérimenté le centre d'examen du C.H., qui ne m'a (sinon je n'en serais pas là !) pas porté chance ! Et maintenant, et maintenant ? Maintenant, l'examen se déroule dans le quartier du canal, "le coin aux putes", comme on dit vulgairement. Les prostituées, moi, je m'en fiche ; ce qui m'inquiète plus, en revanche, ce sont les nombreux pièges et les entrées de périphérique très dangereuses. C'est un quartier VICIEUX. Et si je n'avais pas désiré sauver mon amour-propre du rire jaune de mon moniteur, je me serais éclatée la tête contre le volant. Surtout quand il m'a dit que les résultats à l'examen n'étaient pas bons...

Il me semblait, toute petite dans mon siège, voir Dieu au dessus de moi me montrer du doigt et s'exclamer, à l'intention des anges : "Regardez-la, cette petite écervelée ! Elle n'a toujours pas le permis, elle est nulle à chier au volant et elle persiste ! Tuez la moi dans un accident de voiture, ce sera bien fait pour elle !". Je ne ferai aucun commentaire quant à cette reflexion débile... Et puis je me suis ressaisie. J'ai fait style je-suis-la-reine-de-l'autodérision, pris mon courage à deux mains, desserré ce fichu frein à main, passé la première, accéléré et zou, on the road again !

Bien évidemment, je n'ai pas eu d'accident. Dieu a dû se dire qu'il pouvait s'amuser encore un peu... Au bout de ma leçon, je lance l'idée à mon moniteur de "repasser avant Mars". Pourquoi avant Mars ? Et mes stages en responsabilité, Victor, j'en fais quoi ? Ah oui, c'est vrai... Tu peux être dans la cambrousse ? Bien sûr que je peux être dans la cambrousse ! Et bien évidemment, mon moyen de transport me préoccupe... Enfin bref. Et ton moniteur, il a dit quoi ? Il a dit qu'il ne pouvait rien me dire. Il a fait son métier. Correctement. En me disant qu'"on en était déjà à deux échecs et que tout dépendrait"... De ? De ce que je ferai en leçons ! Oui... Logique ! Pfff... Une de mes résolutions pour 2007 : avoir mon permis avant décembre 2007 ! Ca doit être réalisable, non ? Eh bien... Je ne sais pas trop... Etant donné que tu avais dit ici que tu n'aimais pas les résolutions du Nouvel An, permets-moi d'émettre un doute...

ajouter un commentaire commentaires (9)   
publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle
Dimanche 7 janvier 2007
Mon cher Victor,

Ce magnifique article de ma marraine T1 met des mots sur ma sérénité actuelle. "Sérénité" est un grand mot ! Disons que je retrouve un semblant d'estime pour la bonne amie que je suis, quand on respecte cette bonne amie évidemment. J'ai lu le post dont tu parles ! Ce qui est drôle, c'est que deux de vos articles ont quasiment le même titre ! "Comment se dire adieu" pour toi et "Comment te dire adieu" pour Eddie ! J'aime ce genre de coincidences !

Au delà de cette coincidence, c'est ses mots, qui rejoignent les miens, que je retiens. Voilà ce qu'elle dit (tu ne m'en veux pas, marraine, de te citer ?) : "
Parce quelque soit la teinte sombre, elle embaume le corps de quelque chose de plus précieux, et que la trace qu'elle laisse nous fait un peu plus ce qu'on est, nous fait devenir. Notre identité tient aussi à ceux qu'on laisse. A la façon dont on les laisse. Pour ne pas abîmer parfois il faut savoir lâcher prise, partir. Trancher le lien qui existait. Puisqu'il se déchire. L'agonie n'est pas une chose pour l'amitié."

J'ai lâché prise, moi aussi, un certain jour d'été. Je lui ai dit... Tu n'entendras plus parler de moi, je te le promets... Parce que je ne comprenais rien, plus rien, que j'étais paumée, secouée, que je n'y croyais pas. Je ne comprenais rien, rien, rien, et au fond de moi, un sentiment d'injustice, l'envie de hurler, de me taper la tête contre les murs... Qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça ? C'est l'injustice que j'ai retenue, pendant des jours. Car  l'incompréhension entre nous s'était vicieusement glissée là, dans le plus précieux, dans cette amitié qui était pour toujours. Je ne l'avais pas vue venir. Mais quand elle a été là, bel et bien là, cette blessure, et qu'elle m'a dit "Rien ne sera jamais plus comme avant"... J'ai mis du temps, longtemps, à comprendre qu'elle avait raison.

Je lui ai pardonné. J'ai réalisé ça très récemment. Je ne lui en veux plus et je pense à elle, de temps en temps, avec plaisir. Comme à une belle histoire, une jolie amitié sur mon parcours, une amitié de dix ans, une amitié avec laquelle j'aurais grandi et qui m'aura fait grandir, moi aussi. Jamais on ne m'enlèvera ce que j'ai vécu avec elle. Et elle non plus ne l'oubliera pas. Alors le fil, dont je parlais ici, est rompu, c'est vrai. Cependant, il a existé et je le chéris, il a tenu, tenu longtemps et c'est déjà bien. J'apprends, peu à peu, à ne pas en vouloir aux gens, aux gens qui ont compté, parce que je sais, désormais, par expérience, qu'ils peuvent revenir nous chercher, un jour, sous une autre forme, tout doucement, par surprise.
commentaires (0)   
publié dans : Amitié(s) par Mirabelle
Dimanche 7 janvier 2007
Mon cher Victor,
L'inconvénient des week-ends, c'est que ce ne sont, justement, que des week-ends... Et dimanche soir, j'ai dû rentrer chez Papa et Maman après deux jours passés chez mon Mystérieux Inconnu. Un décalage assez significatif... Parce que pour la première fois, je n'avais PAS ENVIE de rentrer chez moi. Mais alors vraiment pas du tout ! J'étais bien, là, chez mon chéri, à partager repas et petits-déjeuners avec lui, à me faire chouchouter (nuteeella !), à me dire que nous étions le parfait petit couple dans le parfait nid douillet, chez nous. Sauf qu'évidemment, il a bien fallu repartir. Parce que c'est chez lui. Pas chez toi ! Et que lundi, ça rigole pas, j'ai école, moi !

Alors mon Mystérieux Inconnu m'a conduit à la gare. Pas d'adieux déchirants, nous avons l'habitude, de toute façon, de nous quitter à chaque fin de semaine. Ne passer qu'un week-end ensemble, pour nous, c'est la routine, même si cette routine devient de plus en plus pesante. Nous nous contentons de nous sourire à travers la vitre. Même pas un petit bisou ? Si, bien sûr ! Mais rapide, hein, on est en public, quand même ! Et depuis quand ça t'intéresse, ce genre de détails ? Bref. Je monte dans le wagon et lui attend sagement assis sur un banc que le train parte. Je le trouve craquant, avec son air si gentil... Pffff... Je m'ennuie... C'est mou, tout ça, c'est mou !

Et puis il m'envoie un sms. Je l'avais vu pianoter sur son téléphone, c'est un petit jeu, entre nous, depuis toujours. Nous envoyer des textos quand nous sommes ensemble... Un petit jeu que beaucoup de couples ont expérimenté, j'en suis sûre ! Et là, cette vitre qui nous sépare, ce train qui va partir, cette patience déçue (il faut ENCORE attendre le week-end prochain pour se revoir !) rend cet instant... Magique ! Rien que ça ! Il faut savoir poétiser certaines minutes, Victor. La vie peut être pétillante, pourvu qu'on saisisse ses éclats au vol ! Et toi, évidemment, tu t'es dit : "C'est le cadre idéal, la scène romantique par excellence... Je m'en vais dans ce train en le laissant seul et démuni sur le quai... Oh, comme nous nous aimons... Oh, comme c'est romantique...". Hein, c'est ça ? Tu ne fais vraiment aucun effort ! Je dis juste que j'ai aimé cet instant et que j'ai eu envie de te le faire partager... Enfin... A ce que je vois, j'aurais mieux fait de m'abstenir.

Encore heureux que je ne t'ai pas tout dit... Qu'y avait-il d'autre à dire ? Tu vas encore te moquer de moi et je ne suis pas masochiste ! J'emporterai mon secret dans la tombe... Telle que je te connais, tu vas avoir tellement envie d'en parler que tu vas finir par cracher le morceau ! Mais non, mais non... On parie ! Allez, je prends nos lecteurs à témoin ! Je parie qu'elle va tout nous dire, un jour ou l'autre ! Vous remarquerez d'ailleurs que nous en savons chaque jour un peu plus sur ce Mystérieux Inconnu... Bientôt, il faudra lui trouver un autre pseudonyme ! Non ?
ajouter un commentaire commentaires (3)   
publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Lundi 8 janvier 2007

Mon cher Victor,

Parce que cela fait longtemps que cela me démangeait, parce que dans la vie il faut oser affronter les critiques (surtout celles d'un grand écrivain), je décide d'inaugurer une nouvelle catégorie avec ce texte. Mais s'il te plaît, ne dis rien !


La fièvre


Ecrire. Alice venait de terminer son assiette. Ecrire. Vite. Ecrire avant que la fièvre ne tombe. La vaisselle en vrac dans l’évier. La tasse de thé oubliée sur la table. Elle avait branché son ordinateur et s’était installée à son bureau. Elle resterait là pendant des heures. Elle attendrait. Le bon mot. La bonne phrase. Le frisson. L’effervescence de l’intellect qui lui commanderait d’écrire, d’écrire, d’écrire. Elle s’oublierait. Ne serait plus personne.

            Ecrire. Elle écrivait, en accord avec elle-même. Elle s’était trouvée. Enfin. Un tout harmonieux, une évidence. Tu es faite pour ça… Elle oubliait tout. Les mots s’enfilaient comme des perles sur un fil. Ses doigts couraient sur les touches, prenaient du retard, hésitaient, repartaient de plus belle. Elle relisait ses phrases, s’écoutait les prononcer, reprenait une virgule, un point, ajoutait une conjonction de coordination. S’interrogeait sur les propositions, permutait des termes, les faisait sonner.

 Elle était seule avec la fièvre. Au milieu de nulle part. Le temps suspendu. Elle aimait la solitude de l’écriture. Alors, rien ne pouvait l’atteindre. La puissance des mots donnait corps à sa personne toute entière. Les idées se bousculaient. Des murmures. Des soupirs. Les mots étaient vivants. Ecrire n’était rien d’autre, à ses yeux, qu’un dialogue subtil avec soi-même. Maîtriser, choisir. Inverser les rôles. Manipuler la vie. Tout prévoir. Et ne jamais s’écrouler.

On avait frappé à la porte tout à l’heure. Mais elle était toujours seule avec la fièvre et n’aurait ouvert à personne, pour rien au monde. Surtout ne pas briser cette intimité. Rester seule avec l’écriture. Et ne revenir à la vie que quand elle l’aurait décidé.

Tu es faite pour ça… L’instinct avait surgi. Ces soirs où elle observait le regard glissant de sa mère, sur ces livres inconnus, sans images, indéchiffrables. Les petits caractères mystérieux dans les journaux. Les histoires avant d’aller se coucher. Le contact du papier, l’odeur du cahier neuf. Les belles majuscules au tableau. L’écriture appliquée du maître. Apprendre à former des lettres, à les lier les unes aux autres. La lettre au Père Noël à rédiger avec la classe. Lire. Jane Eyre, sa couverture abîmée, ses pages jaunies, son parfum de vécu. L’émerveillement… Un poème pour la fête des mères. Le délice des rimes.

Tu es faite pour ça… Sa première machine à écrire. Ses premiers poèmes. Ses premières nouvelles. Devenir quelqu’un. La puissance de la fièvre, ce flot d’envie, de passion, qui vous attrape au ventre, vous agrippe, vous tient, ne vous lâche plus. Ne t’arrête jamais d’écrire… Grandir et s’apercevoir que le rêve est toujours là. Et que lui aussi, lui aussi a grandi. En même temps que nous...

Des rires dans le couloir. Des pas dans l’escalier. Le quotidien. Et elle, sur son ordinateur, à s’inventer une autre vie. A refuser la vérité. Avec ses ailes de goéland. Elle se réfugiait dans cette torpeur que lui procurait l’écriture. Alors, plus rien ne s’écroulait. Tu es faite pour ça…

Les mots s’enfilaient moins bien désormais. Comme s’il y avait un nœud sur le fil. Pourtant, la fièvre était toujours là. L’envie d’écrire lui serrait le ventre, encore. Pourtant, elle entendait mieux les rires et les pas dans le couloir. Comme un appel. Un appel à revenir…

A peine une page en deux heures. Des phrases prises et reprises, supprimées, rajoutées. Des agacements devant des constructions bancales, de longues minutes à attendre LA formulation, évidente, claire, directe, parlante. Elle aimait attendre. L’instant où la phrase apparaissait, se suffisant à elle-même, n’en était que plus délicieux. Soudain, on frappa à la porte. Elle hésita à répondre. Un appel à revenir…

Parfois, elle se disait que l’écriture naissait d’un déséquilibre. Celui entre le rêve et la réalité. Comme les goélands… Avec leurs ailes de géant. Mieux dans les airs que sur la terre ferme, avec le commun des mortels. Pourtant, il y avait toujours un appel. Un appel à revenir… Ne pouvait-on jamais y échapper ?

Son téléphone avait sonné, tout à l’heure. Elle avait décroché. On l’avait invitée au cinéma. Elle avait dit oui. Alors elle avait enregistré cette page. Puis éteint son ordinateur. Alice allait revenir à la vie. Jusqu’à ce que la fièvre reprenne. Et qu’elle se remette à écrire. Ecrire. Vite. Aligner les mots. Aligner les phrases. Faire courir ses doigts sur le clavier. Ne plus rien écouter que le désir impérieux de l’écriture. Tout figer autour de soi. S’oublier. Pour que rien ne s’écroule.

ajouter un commentaire commentaires (5)   
publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle
Lundi 8 janvier 2007
Mon cher Victor,

Alors, cette première journée ? Alors ? Alors ? Alors ? Alors ? Alors ? J'ai pensé à toi très fort, tu sais ! Oh... Mais tu as le sourire jusqu'aux oreilles ! Grand dieu ! Mais c'est si rare ! Tu as l'air si heureuse, Mirabelle ! Je le suis, Victor, je le suis. J'ai passé une journée merveilleuse ! Parsemée d'angoisse ici et là mais une bouffée de bonheur à n'en pas douter !

Après une nuit absolument atroce (réveillée à 4 h du matin en sursaut, persuadée d'être en retard...) et un réveil oppressant, je débarque à l'école où je croise des tas de visages nouveaux (enseignantes des autres sections de Maternelle) dont je ne retiens pas les prénoms tellement je suis stressée. Je fais la connaissance de Jocelyne, l'ATSEM de la classe,  une femme adorable et bientôt... Bientôt ? Bientôt, je rencontre LE PRINCIPAL : les enfants !

Ce n'est pas mon premier stage en maternelle, et j'ai travaillé avec des tout-petits en centre aéré, mais je suis toujours épatée de constater combien les enfants de 2-3 ans sont des bébés. Démarche parfois pas encore assurée, doudou qui traîne sur le sol, zozotement, boucles blondes, mains potelées, regard affolé et plein de larmes quand Maman laisse son bouchon seul... L'inquiétude, l'angoisse et la terreur, qui me faisaient suffoquer quelques minutes plus tôt, se sont évaporées à la vue de ces bouts de chou. Ca s'appelle le plaisir, ça, Mirabelle...

Je me suis dit que j'allais peut être galérer pour arriver à faire ce métier correctement. Pour arrêter de me comparer à de la m.... quand... Oh, Mirabelle ! Pas de gros mots ici ! Je ne peux pas le formuler autrement, navrée. Je disais donc qu'il me faudrait du temps pour cesser de me sous-estimer, pour empêcher que mon monde ne s'effondre au moindre commentaire désobligeant. Je me suis dit que je n'avais peut être pas la pédagogie dans la peau, que je n'avais peut être pas le gêne de l'enseignement... Mais ton père est instituteur à ce que je sache ! Eh ben qui sait ? Je n'ai peut être pas hérité de lui, tout simplement !

Bref. Je me suis dit que malgré les difficultés, malgré les coups de déprime, malgré les instants de découragement, c'est ce métier que je voulais faire, et pas un autre. Parce que ces petits loups me sont apparus comme un rayon de soleil et que j'étais ravie de leur apprendre à découper, et que j'étais ravie d'aller essuyer les pleurs (non pas que j'aime les voir pleurer, note bien... De toute façon, bien souvent, ce sont des larmes de crocodile !), ravie de les entendre parler de leurs papis et mamies, des cadeaux de Noël... Ravie de les voir compter sur leurs doigts avec application, de les entendre chanter "Pomme de reinette et pomme d'api", ravie de les emmener à la sieste, ravie qu'ils viennent me chercher à la récréation pour régler leurs conflits (je sais, ce ne sera pas le cas  toute ma carrière)... Je  me suis dit : "Bon sang, Mirabelle, tu veux vraiment faire ça ! Tu te rends compte, le bol que tu as ?".

Bien sûr, aujourd'hui, je n'ai pas pris la classe en charge. Bien sûr, je me suis contentée d'aider les petits, de répondre aux questions. D'être là, présence discrète. Mais quel bonheur, quel sentiment de responsabilité quand Martine, l'instit' et directrice, a annoncé qu'"il y a une dame qui viendra faire la maîtresse tous les lundis jusqu'à la fin de l'année". Quel bonheur de sentir tous ces regards enfantins braqués sur moi, dans un mélange de curiosité et de méfiance. Oui, c'est vraiment ça que je veux faire. La vérité, c'est que je n'ai jamais voulu quitter l'école, j'ai toujours aimé les études, et le seul moyen que j'ai trouvé pour satisfaire cette soif, c'est de bosser dans ce secteur !

Bien sûr, cette journée n'a pas fait de moi "une super teacher". Bien sûr, je ne sais toujours pas bâtir une séquence, bien sûr que je crève de peur en imaginant le lundi 22 Janvier, quand je prendrais la classe VRAIMENT A MOI. Bien sûr je ne sais toujours pas quoi faire avec mes élèves dans quinze jours. Bien sûr, je crains toujours de me planter. Bien sûr, tout ça m'angoisse. Bien sûr, je me suis sentie jeune et incompétente quand Martine m'a appelée dans son bureau, avec les autres enseignantes du Cycle, en début d'après-midi, pour choisir une date aux différentes réunions, auxquelles je participerais en tant que "membre de l'équipe pédagogique". Bien sûr, en résumé, je ne connais encore (quasiment) rien à rien à l'enseignement. Mais ce que j'en vois, ce que j'en apprends, progressivement, ce que j'en devine, ce que j'en imagine, me fait dire, me fait sentir et RESSENTIR que je VEUX être instit'.

Ce soir, pendant la vingtaine de minutes qui me séparaient du rond-point où Martine m'avait déposée et chez moi (je vous raconterai le pourquoi du comment j'en suis arrivée à me faire ramener par la directrice...), j'ai parlé, parlé, parlé avec mon Mystérieux Inconnu. J'ai fini par raccrocher mais j'avais tant de choses à dire ! Tant de sentiments, d'émerveillement à faire partager ! J'aime la voie que je me suis choisie. Et ce soir, à 18 h 41, en ce lundi 8 Janvier, alors que je suis at home depuis environ une heure, que mon cerveau grouille d'idées et d'émotions, que les mots s'enchaînent, les uns après les autres, sous le coup de l'excitation, j'ai envie de terminer sur cette phrase : je fais vraiment le plus beau métier du monde...
ajouter un commentaire commentaires (4)   
publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus