XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 25 février 2007
Mon cher Victor,2CV.jpg

Tout à l'heure, il m'est arrivé une expérience des plus charmantes, que je dédierai, si tu le permets, au Farfadet. Aurais-tu retrouvé une connexion Internet stable ? Stable, je n'en sais rien. Toujours est-il que j'ai accès à Internet depuis deux jours. Tu peux donc reprendre nos conversations à rythme régulier ! Pas si vite, Papillon ! Tu oublies que dans une semaine, je commence mon SR2 ! Ah... Et c'est combien de temps ce SRtruc ? 3 semaines ! C'est long, trois semaines... C'est surtout que j'aurai la tête dans le guidon ! Je croulerai sous les fiches de prep' et tout le tintouin ! Bientôt, tu vas me dire que le métier d'enseignant est difficile... Bah oui, pourquoi ? Arrête, Mirabelle, tu vas m'énerver ! Va travailler dans la mine, on verra ensuite !

Bref. Laisse les mines où elles sont. Cet après-midi, donc, j'ai été amenée à faire une balade dans un certain type de véhicule. Une 2CV. Première fois que je voyageais à bord d'un tel engin. Accompagnée de mon Mystérieux Inconnu, de son cousin et d'un de leurs équipiers de football (à qui, d'ailleurs, le spécimen à moteur appartenait), me voilà qui triture les portières, cherche les ceintures... La banquette arrière est complètement défoncée, je me ratatine pour tenir assise correctement. La portière claque dans un bruit de tôle infernale. Mon Mystérieux Inconnu et son cousin sont hilares. Et moi j'adore déjà cette voiture. Parce qu'elle est vieille, qu'elle dégage ce charme particulier des engins qui ont vécu, qui ont une histoire, une histoire bien à elle. J'adore le cliquetis du levier de vitesse, le grincement des pédales, le grondement invraisemblable de l'accélérateur. On ne s'entend pas, dans cette voiture. A 50 km/h, on est déjà (presque) à fond et je bois du petit lait, dans ce morceau de passé. Moi qui déteste la vitesse, je suis ravie !

Chacun a le sourire, dans cette voiture. Parce qu'elle n'est pas silencieuse. Parce qu'elle nous amuse et qu'elle fleure bon le vieux tacot. On rigole, tous les trois, on est bien, et tout compte fait, je les aurais bien accompagnés jusqu'à la ville de L. Que diable allaient-ils faire dans cette ville de L. ? Un match de foot. Ils m'ont déposée en passant à la maison. Puis ils sont repartis, pétaradants, dans cette 2CV bleu clair, à la limite du bleu EDF, cette 2CV qui semblait me dire au revoir avec ses deux gros phares démodés en guise de regard. J'ai entendu, encore, le ronflement des vitesses. Puis il s'est éloigné. Et moi qui étais d'une fâcheuse humeur avant de m'enfoncer dans les coussins éclatés de cet adorable véhicule, en suis sortie en sifflotant, le coeur léger. Comme un après un pique-nique à la campagne, avec nappe en carreaux, rayons du soleil, vaches dans le pré et 2CV garée tranquillement sur le bord du chemin.
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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle
Dimanche 25 février 2007


Mon cher Victor,

Voilà longtemps que je n'avais pas poussé de coup de gueule contre les hommes. Après ceci, la féministe que je suis est de retour. Plus je grandis et plus j'en apprends sur les hommes. Vue ta tête, ce que tu en apprends ne doit pas te plaire ! Je ne saurai dire le contraire. Car si je n'avais pas encore pris conscience que c'est le sexe qui mène le monde, c'est désormais chose faite. Oh, toi, je sens que tu t'apprêtes à froisser quelques uns de ces messieurs ! Mais non. Rappelons leur, Victor, qu'il existe certainement des exceptions qui confirment la règle et qu'ils font sans doute partie de cette catégorie. Ainsi, tout le monde est rassuré...

J'aime les hommes. Je les aime mais parfois, il me prend l'envie de baisser les bras. L'envie de cesser de leur pardonner leur faiblesse, leur égoisme, leur inconséquence. Parfois, j'ai juste le désir de renoncer. Renoncer à les comprendre. Me laisser glisser. Et les laisser glisser eux par la même occasion. Il me faut pourtant me rendre à l'évidence : je n'imagine pas ma vie sans les hommes. Une fois qu'on a dit ça, on n'a pas dit grand chose ! J'ai toujours été, comme tu le sais, un peu naive. Au bord du cul-cul. Bon. Je me soigne. Peu à peu. J'ai toujours, comme tu le sais également, cru en l'amour. Je n'ai que 23 ans et je crois toujours, pauvre de moi, qu'il est possible de rester avec la personne qu'on aime toute sa vie, sans la tromper. Tu ne connais pas encore grand chose de la vie, ma pauvre Mirabelle... Certes. C'est pourquoi j'emploie ce "pauvre de moi".

Autour de moi, mes exemples s'effondrent. Untel a trompé Truc. Truc le pardonne. Les affaires de couple sont propres à chacun, Mirabelle, chaque histoire est unique, différente, il ne sert à rien de les juger, ni de s'en mêler... Je ne vais pas m'en mêler. Ah bon ? Je croyais ! Non. Simplement, je constate. Je constate que les hommes ont cette capacité surprenante à aimer une femme et à lui faire mal. A la tromper. A la blesser. "Oui, j'ai couché avec cette femme, mais cela ne signifiait rien. C'est toi que j'aime.". Je constate que quand ces messieurs ne sont pas satisfaits, quand Popol n'a pas son compte, ils s'en vont, en règle générale (j'attends la réaction des exceptions !), voir ailleurs.

Parce que c'est le plaisir qui mène le monde. Ca me terrifie autant que ça me consterne. Je l'avoue, Victor : j'aime le sexe. Comme beaucoup de gens ! Oui. Cependant, je n'en fais pas une obsession. Si, un jour, je suis déçue par les médiocres performances de mon partenaire, je me dis que ce n'est pas grave, que ce-sera-mieux-la-prochaine-fois. Je ne sais pas mettre la pression sexuelle. Cela me semble stupide et inutile. Parce que tant qu'il y a des sentiments, je n'éprouve pas le besoin de vivre le scénario le plus érotique qui soit. Et je pourrai parfaitement me passer de sexe. Je le sais. Et je le dis. Ce n'est pas un drame.

Par contre, je ne pourrais pas me passer d'amour, de respect, de compréhension. Car si je ne fais pas toute une maladie du sexe, si je n'attends pas de mon partenaire qu'il me fasse découvrir tout le Kamasutra, en long en large et en travers (si tu me passes l'expression), je n'attends pas non plus qu'il se croit tout permis, qu'il ne pense qu'à son petit plaisir, agisse dans l'instant, me prenne pour un objet sexuel capable de satisfaire tous ses désirs. Où veux-tu en venir, Mirabelle ?

J'ai une amie. Nous l'appelerons Ludivine. Ludivine me confiait, l'autre jour, que son petit ami, avec qui elle sort depuis très peu de temps, a, lors de l'une de leurs galipettes, eu un geste, une attitude qu'elle n'a pas du tout apprécié, un geste qu'elle a qualifié de "presque pornographique". Ca a, bien sûr, jeté un froid, et ce jeune monsieur a dû ranger ses envies au placard. Vous parlez de ça entre copines ? Oui. Eh bien... La société a bien changé ! Là n'est pas le propos. Suite à cette attitude déplaisant à la demoiselle, le jeune homme s'est excusé, assurant qu'il l'aimait. Elle l'a cru, évidemment. Quand on aime, on croit. C'est stupide mais c'est comme ça. Mais depuis... Depuis, cela lui trotte dans la tête. Ce qu'a fait ce garçon l'a choquée. Et un peu dégoûtée. Même si elle croit en ses serments d'amour, il n'en demeure pas moins qu'elle accepte mal le fait que l'amour qu'il lui porte, la considération qu'il a pour elle, le respect qu'il est sensé éprouver à son égard, ne soit passé qu'APRES son plaisir à lui, un plaisir sexuel, charnel, bestial, celui de l'orgasme à tout prix, qui n'admet plus aucune règle, aucune contrainte, celui du je-veux-tout-tout-de-suite.

Elle m'en parlait donc il y a quelques jours et ma première réaction a été de m'insurger : comment pouvait-il oublier que faire l'amour, c'est être en équilibre constant entre son propre désir et le désir de l'autre ? Comment pouvait-il oublier que chacun a ses "limites" et que faire l'amour, c'est en tenir compte, consentir mutuellement ? Disons que ce garçon s'est laissé emporté par son désir... Ce n'est pas pour le défendre mais... Je sais bien. Je ne suis pas en train de faire le procès des hommes. Je sais que bien souvent, ce ne sont que de grands benêts maladroits, qui ne se rendent pas compte combien nous, les filles, doutons, combien nous avons peu confiance en nous.

Et puis, pas plus tard que ce matin, j'ai appris que quelqu'un dans mon entourage proche avait été trompé, d'une manière absolument odieuse. Cela m'a fait un choc terrible. Parce que le pris en faute affirme toujours l'aimer, malgré le fait qu'il l'ait "trompée de sang froid" si je puis dire. Pour une simple question de plaisir. Et je ne comprends pas. Si je rapproche ces deux cas, Victor, c'est parce que je me demande, parfois, ce qui gouverne les hommes. J'ai toujours cru que les sentiments étaient plus forts que tout, plus forts que le sexe, plus fort que le désir. Oui. J'ai longtemps cru ça. Mais ces deux cas m'ont touchée. Parce que je me dis que cela pourrait très bien m'arriver à moi. Les sentiments sont plus fort que tout... C'est ce que je me disais. Aujourd'hui, alors que je tente d'aider mon amie à passer par dessus cet incident sexuel (il l'aime, elle l'aime aussi, mais les choses ne sont pas toujours si simples et elle redoute, aujourd'hui, l'instant du passage à l'acte...), tandis que j'admire cette femme d'avoir pardonné à son mari cette trahison, je doute. Il me semble que c'est le plaisir qui est plus fort que tout. Pas l'amour.
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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Lundi 26 février 2007
Mon cher Victor, interdit.JPG

Je me suis aperçue très récemment que je suis devenue allergique. A quoi donc ? A tout ce qui touche, de près ou de loin le permis de conduire. C'est à dire ? Je ne supporte plus les publicités pour R*****T et autres C*****N, j'ai envie d'arracher les yeux à tous les gens qui se plaignent d'avoir perdu des points, à tous ceux qui trouvent à redire sur le prix de l'essence, à tous ceux qui friment dans leurs grosses (ou petites, ça arrive aussi...) voitures. J'ai envie de leur hurler dans les oreilles, de leur secouer les puces pour leur indécence. "Mais putain, vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez ?! Hein ?!"
J'ai envie de me barrer en courant quand on me demande : "Alors ? Le permis, ça en est où ?" ou qu'on me reproche mon découragement. J'ai envie de pleurer dès qu'on plaisante (même gentiment) de mes difficultés à obtenir cette saloperie de permis à la noix et je voudrais me recroqueviller dans un coin quand vient l'heure de mes leçons. Je résiste aux larmes quand mon Mystérieux Inconnu me dit que c'était-pas-la-peine-de-prendre-des-heures-qui-servent-à-rien-pendant-les-vacances-tu-aurais-pu-venir-chez-moi, alors que j'étais toute heureuse, en lui annonçant ces leçons prises sur mes temps de repos, de lui montrer que je m'accrochais envers et contre tous les Inspecteurs.

Je ne peux plus voir UNE SEULE voiture rouler sans me dire que tous ces gens ont le permis et pas moi. Je ne peux même plus imaginer ma petite Twingo, ni envisager d'avoir le permis avant les vacances d'été. La vérité, Victor, c'est que je n'y crois plus et que ce permis de conduire me bousille. Je ne peux plus dire tout haut le nombre d'heures que j'ai effectué sans en éprouver une honte effroyable. Exemple : Hier, une connaissance essaie de deviner le nombre d'heures de conduite que j'ai fait jusque là. Il me dit : "Tu n'as quand même pas fait plus de cinquante heures ?". Eh si... J'ai fait plus de cinquante heures... J'essaie de sourire... De parler d'autre chose... Mais la vérité c'est que j'ai envie de me tirer de là, de m'arracher les cheveux avant de sombrer dans la folie. Je ne peux plus non plus me réjouir pour mes amies qui viennent de l'obtenir. Je suis rongée par une jalousie profonde et incontrôlable, qui me donne envie de déchirer leurs papiers et de piquer leurs voitures en quatrième vitesse.

Je suis tombée bien bas. Au point d'imaginer payer une petite crapule pour me fournir un faux permis, moi qui suis "toujours vissée à la loi" dixit mon Mystérieux Inconnu. Oui. Vraiment. Je serais prête à me faire faire un faux permis. Parce que je n'en peux plus et que peu de gens s'en rendent compte. Parce qu'on m'engueule de ne pas y croire et que le fait même de m'engueuler m'angoisse encore plus. Parce que les heures s'enfilent les unes après les autres, que je conduis extrêmement mal en ce moment et que je ne parviens pas à remonter la pente. Parce que je n'arrive même plus à rire de moi-même à ce sujet, et que quand ça en est là, ça devient grave. Parce que le permis de conduire est une obsession, qui me bouffe à un point que tu n'imagines pas. Parce qu'aujourd'hui, dans mon esprit, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont le permis, et ceux qui ne l'ont pas.
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publié dans : Roulez, jeunesse ! par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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