XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Jeudi 10 mai 2007

Mon cher Victor,

Avant de me remettre à mon mémoire, un petit passage à notre table t'avertir de mes aventures PE2esques : je suis dans les 17 stagiaires qui n'ont pas encore de lieu de stage pour le SR3, sachant qu'évidemment, il ne reste plus que les trous du cul du monde à soixante-dix bornes de chez moi... Ce qui nous prouve que les voies de la moulinette sont impénétrables ! Du coup, nouvel assaut de la moulinette mardi prochain pour enfin savoir où je vais m'enterrer pendant trois semaines... La suite au prochain épisode !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 11 mai 2007

Mon cher Victor,

Je ne suis plus qu'une machine à travailler. Je bosse, je bosse, je bosse. Mémoire. Validations. Stages. Je bosse, je bosse, je bosse. Je me lève tôt, je vais à l'IUFM, je me couche tard. Rebelote le lendemain. Le week-end, même refrain, je me lève tôt, je travaille, je travaille, je travaille et je me couche tard.

Plus de vie sociale. Plus de Mystérieux Inconnu le week-end. Non. Pas le temps. Les week-ends sont juste assez longs pour empêcher le retard de s'accumuler. Pourtant, je bosse, tout le temps. Sans arrêt. Je bosse. Je fonce tête baissée, je ne m'arrête pas. Je suis branchée sur mon métier et ne m'en déconnecte jamais. J'en rêve la nuit. J'y pense le jour. Je n'ai plus de vie sociale. Je ne vois plus personne. Je vis recluse dans ma petite chambre, avec mon ordinateur et mes livres, mes fiches de prep' et mes classeurs. Plus le temps de chanter. Plus le temps de lire. Même pas le temps de ranger ma chambre. A peine le temps de venir discuter, mon pauvre Victor...

Et mon Mystérieux Inconnu qui espère que tout s'arrangera l'année prochaine. S'il savait... L'année prochaine, ce sera la PE2 puissance 10, que dis-je, puissance 100 ! Puissance 1000 si j'ai un poste de direction ! Il ne supporte plus mes fiches de prep', mes séquences, mes validations, mon mémoire. Là où j'attends de la patience, il n'est qu'impatience. Je bosse, je bosse, je bosse. Le métier est une priorité qui s'est imposée d'elle-même. Pas le choix. Ce n'est même pas que j'en fasse plus que les autres, non. Au contraire : je fais le minimum syndical. Et pourtant, j'y laisse ma vie personnelle.

J'ai envie de pleurer. J'ai envie de hurler. Rien ne sort. Je suis bloquée. J'ai envie de partir, de tout oublier. Partir, avec pour seul bagage un baluchon et ma soif de liberté. J'ai envie de me libérer. Qu'on me libère. J'ai envie qu'on me rassurer. J'ai envie qu'on me dise que tout ira bien. J'ai envie qu'on me force à lever le pied. Je veux retourner au lycée, quand tout était facile, quand je me plaignais du baccalauréat et de mes dissertations de philosophie. J'ai envie d'être encore assez jeune pour me dire que la vie active est encore loin. J'ai envie de partir, loin, très loin, seule avec moi-même. Ne pas être tenaillée entre ma vie amoureuse et ma vie professionnelle. Ne pas culpabiliser de bosser tous les week-ends.

J'ai envie de partir, j'ai envie de tout arrêter. Et pourtant, j'ai envie de rester, envie de continuer. J'ai envie d'avoir ma classe, d'être une bonne instit'. Alors je bosse, je bosse, je bosse, je bosse. Je travaille, je travaille, je travaille. Je me lève tôt, je vais à l'IUFM. Au CRDP parfois, histoire de renouveler mon stock de bouquins. Je me lève tôt, je vais à l'IUFM, je me couche tard. Rebelote le lendemain. Le week-end, même refrain, je me lève tôt, je travaille, je travaille, je travaille et je me couche tard. Pas le temps de faire autre chose. Encore moins de penser à autre chose. Je suis sur les rails. Mon train est lancé à toute vitesse. Je ne peux pas m'arrêter. Je ne m'arrêterai pas. 

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mardi 15 mai 2007

Mon cher Victor,

Hier après-midi, 16 h 20. C'est l'heure des mamans. Mes petits jouent avec leurs doudous, scrutent l'arrivée de leur géniteur ou génitrice, se roulent sur le tapis ou... Font la conversation à ma visiteuse-valideuse ! Celle-ci, avec un grand sourire dit au petit Quentin :

- Je vais rentrer chez moi, je vais vous laisser avec la maîtresse !

A Quentin de répondre : "C'est pas la maîtresse, c'est Mirabelle !"

Et vlan... Prends-toi ça, jeune stagiaire du lundi ! Les enfants sont d'un naturel ! Ils osent tout ! Tu l'as dit...

Et hem... Cette validation ? Tu penses bien que je t'en toucherai deux mots bientôt. Bientôt, vraiment ? Le plus tôt possible, disons, parce que là, je suis overbookée, mon pauvre Victor ! Mais tu es validée, au moins ? Ouiiii ! Yeees ! 

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Jeudi 17 mai 2007
C'est sa première fois. Elle a les mains moites et le coeur qui bat. Vite. Fort. Le réveil fluorescent jette sur son corps d'homme une lumière presque surnaturelle. Il retire sa chemise. Elle voit ses muscles se contracter. Il est beau. Il est fort. Il a l'air d'un homme. C'est un homme.
C'est sa première fois. Il l'embrasse dans le cou. Jamais personne ne l'avait embrassée dans le cou. Doux frisson qui la parcoure. Elle frôle son torse velu, n'ose pas le regarder. Se détendre. Ne pas avoir peur. Je me souviendrai toute ma vie de ma première fois... L'obscurité de la chambre la rassure. Elle ne veut pas qu'il voit son petit bedon, son vieux soutien-gorge et encore moins ses quelques boutons d'acné dans le dos. Et s'il réalisait soudain qu'elle n'était pas désirable ?
C'est sa première fois. Elle avait enlevé son tee-shirt sans réfléchir. Pas le temps de réaliser. Je suis en train de vivre l'un des instants les plus inoubliables de mon existence... Elle ne l'aime pas. Pas encore. Elle écoute ce désir. C'est un homme. Encore jeune fille, elle est presque une femme. Elle a peur. Elle est au bord d'un précipice. Quand elle aura plongé, la tête la première, elle ne sera plus jamais la même.
Il halète. Mon dieu, je n'avais pas imaginé que le désir masculin était si pressant ! Il se débat avec la fermeture éclair de son jean. Bien loin de la faire rire, cette situation l'affole. Elle aurait presque envie de reprendre tee-shirt, escarpins et sac besace et de s'enfuir comme une voleuse. Est-elle prête ? Elle l'ignore. Que signifie "être prête" ? Elle réfléchissait à cela tandis qu'il l'embrassait, furieusement, fougueusement. Que signifie "être prête" ?
Elle sent ce sexe chaud et dur tout contre elle. Elle n'ose pas regarder. Elle n'ose pas toucher. Elle n'ose rien, de toute façon. Elle se laisse faire. Le laisse faire d'elle ce qu'il veut. L'observe. S'observe elle-même. Rentre le ventre. Ferme les paupières, de temps en temps, tend ses lèvres. Comme dans les films. Il lui caresse les cheveux. Brutalement et délicatement à la fois. Elle a envie de lui dire, soudain : "Est-ce que tu te rends compte que je me souviendrai de toi toute ma vie, que tu auras toujours un goût spécial, celui de ma première fois ?". Elle se retient. Mais le pense très fort.
C'est sa première fois. Elle ne pense qu'à ça. Le devine-t-il ? Ses mains la touchent, partout, intimité consentante et pétrifiée. Elle ne contrôle rien. Elle assiste, impuissante, à sa propre métamorphose. Il déchire l'emballage du préservatif. Elle est gênée par ce temps mort, par le bruissement de l'emballage, par le glissement du latex, par ses soupirs impatients.
Il vient en elle, ça y est. Elle a mal. Une douleur vive et rapide. Elle imagine un drap qui se déchire. Elle se retient de crier. Le réveil fluorescent indique 23 h 30. Elle est allongée là, dans ce grand lit. Elle est dans ses bras d'homme, serrée contre son corps d'homme. Elle est enfin une femme.
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publié dans : Ecrire, écrire, écrire... par Mirabelle
Vendredi 18 mai 2007
Mon cher Victor, ouf.JPG

Mirabelle, il serait temps que tu m'avertisses du sort que t'a réservé la moulinette ! Alors ? Seras-tu loin de chez toi ? Seras-tu forcée de louer un gîte sur place ? Eh bien alors ! Réponds ! Figure-toi que je suis à une dizaine de kilomètres de chez moi, mon Victor ! La chance t'a souri une fois de plus ! A vrai dire, ce n'est pas la moulinette qui a choisi cette fois-ci. Nous nous sommes retrouvés en petits groupes de stagiaires, à nous départager les différents lieux. D'ailleurs (ce n'est pas pour faire du mauvais esprit mais enfin bon...), nous n'avions eu que des postes en Cycle 2, bien que nous ayions tous eu, au premier tour, l'obligation de demander un Cycle 3 ! Comment cela se fait-il ? Eh bien, nous étions trop de stagiaires demandant du Cycle 3 pour les postes proposés. Du coup, l'IUFM a dû remettre en jeu des postes en Cycle 2 restés vacants. Souviens-toi du scandale que m'avait fait la secrétaire, c'était bien la peine... Si j'étais une mauvaise fille, soucieuse d'obtenir sa petite vengence personnelle, j'irai au secrétariat la narguer histoire de, en lui disant que son petit sermont n'avait servi à rien puisque je me retrouve, au final, avec du Cycle 2 ! Quel niveau ? CE1. Ah ! Cette fois-ci tu n'as pas de double-niveau ! Eh non ! Et tu m'en vois ravie !

Alors comment vas-tu te rendre à l'école ? Il y a un bus vert qui viendra me chercher, quasiment en face de chez moi ! C'est ce qui s'appelle avoir de la chance... Je remercie surtout les autres stagiaires de mon petit groupe, qui m'ont désignée, ainsi qu'une autre PE2, comme prioritaires pour choisir, étant donné que ni l'une ni l'autre ne possédions de véhicule. Et il n'y a pas eu de frictions ? Même pas un petit peu ? Oh... Un tout petit peu quand même... Nous souhaitions toutes les deux le même lieu de stage et il a fallu tirer au sort. Elle a remporté l'école la plus facile d'accès mais je m'estime tout de même heureuse, je n'aurai pas à chercher de logement sur place et je peux prendre le bus ! Voilà une très bonne chose, je suis content pour toi, Mirabelle ! Il n'y a plus qu'à passer le permis vite fait bien fait pour être tranquille avec ça en Septembre ! Euh... Tu veux bien retirer le "vite fait bien fait", Victor ?
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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