XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 11 juin 2007
Mon cher Victor,

Puisque Rosa Negra me l'a commandé, voici ma version des 7 pêchés. Attention les yeux ! Ne t'attends à rien de bien folichon, Victor. Il n'y a rien là-dedans de vraiment original...

La luxure : qu'est-ce qui vous fait fantasmer ?
Euh... Hem...
Tu n'es pas obligée de répondre, Mirabelle ! C'est très personnel, ça ! Bon, ben, alors, je ne réponds pas... ;-)

L'orgueil : de quoi êtes-vous la plus fière ?

D'avoir été capable de préférer la solitude à des relations pas forcément satisfaisantes, que ce soit en amitié ou en amour. Et d'avoir obtenu le concours l'année dernière, ce qui me permet aujourd'hui de m'épanouir en tant que maîtresse.

La colère : qu'est-ce qui vous met hors de vous ?
Qu'on se permette de juger les gens, surtout quand on ne les connaît pas, et qu'on les mette dans des cases. Ne jamais douter de soi, être persuadé qu'on a raison est quelque chose qui m'agace assez aussi. Et de verser dans les stéréotypes manichéens. Et puis je déteste la sensiblerie.

La gourmandise : quels sont vos plats préférés ?

Le boeuf bourguignon de ma maman, sans hésiter une seule seconde. Et puis un bon Chili con Carne, bien épicé juste comme il faut...

L'avarice : cigale ou fourmi ?

J'ai mes périodes cigale et mes périodes fourmi. Vas-tu chanter tout l'été ? J'espère bien !

L'envie : qu'est-ce qui vous rend jalouse ?

Mes collègues de PE2 qui s'achètent une voiture, le permis en poche. Les jeunes mamans. Les gens qui sont capables de prendre la vie comme elle vient et de ne garder de rancoeur envers personne, je les envie pas mal aussi...

La paresse : comment aimez-vous vous relaxer ?

J'aime avoir un chat sur les genoux et le caresser. Et puis aussi (vu qu'il n'y a plus de chat à la maison) me mettre devant la première niaiserie venue à la télévision. Toujours très efficace, cette technique là... C'est abrutissant, cette boîte à images, Mirabelle ! J'espère que tu n'en abuses pas trop ! Mais non, mais non... De toute façon, je n'ai pas le temps !

Les 8 personnes que j'engage à dévoiler leurs pêchés :

Eddie, Jaded, Plum', Aventurine, Sévi, Marionette, Anaëlle et Anna ! En espérant que toutes ces personnes ne l'aient pas déjà fait sur leurs blogs respectifs...
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publié dans : Mystérieuse blogosphère par Mirabelle
Mardi 12 juin 2007
Mon cher Victor,

En  septembre, je serai maîtresse. Ca va venir vite, septembre ! Oh que oui... A vrai dire, je n'aurai pas vu passer cette année de PE2.  Il y a eu mes trois mois en Angleterre, parenthèse enchantée et dont je tire beaucoup de bénéfices pour ma pratique, et puis les stages en responsabilité, le mémoire... Tu as eu de quoi t'occuper, effectivement ! Et surtout, j'ai évolué. Quand je compare la manière dont j'ai tenu la classe pour ma première semaine de SR3, et celle dont je tenais ma GS-CP au SR2, je me dis que j'ai fait un petit bout de chemin. Je suis plus sûre de moi, moins hésitante. Plus à l'aise. Et surtout, quand je suis dans la classe, devant vingt-six paires d'yeux à qui j'explique ce qu'est une "planche" de B.D, je me sens à ma place. Je me sens maîtresse. Je ne suis plus la post-adolescente que je redoutais.

J'ai hâte d'avoir ma classe. J'ai peur, aussi, évidemment. Car, comme les futurs détenteurs du concours s'en apercevront l'année prochaine, la formation de professeur des écoles, la PE2, c'est court, superficiel. Décevant. Et ils auront sans doute, comme moi, à moins d'avoir eu auparavant de réelles expériences dans l'enseignement, le sentiment d'être propulsés dans une classe dans la panique et l'urgence. Tous les ans, dans les enquêtes de bilan, les PE2 tirent la conclusion qu'ils ne sont pas satisfaits de cette formation. Que l'IUFM paraît bien décalée par rapport à la réalité du terrain. J'ai pu m'en rendre compte moi aussi. Ce qu'on nous raconte, en PE1, ce sont de grandes idées un peu utopiques qui ne laissent présager en rien de ce qui nous attend réellement dans une classe. C'est de la théorie pure et dure. On ne s'aperçoit qu'une fois dans une classe combien la différenciation est difficile à mettre REELLEMENT en place, combien il est compliqué d'apprendre à lire à un élève (surtout que nous ne sommes pas du tout formés à l'apprentissage de la lecture, du moins dans mon académie), et on sous-estime le boulot que ça représente. C'est un métier perfectible à l'infini.

Serai-je une bonne enseignante ?
Cette question m'obsédait et m'angoissait l'année dernière, en PE1. Depuis quelques semaines, je me la pose en pointillés. Je me dis que l'avenir le dira, et que, de toute façon, je ferai tout pour. Je me laisse le temps de progresser, encore. Je ne me sens pas plus bête qu'une autre, pas plus immature, pas moins prête. Nous sommes tous, de toute façon, et en toute sincérité, un peu "à la ramasse". Cette année de T1 nous effraie autant qu'elle nous motive. Et n'entrent plus, en ligne de compte, entre nous, les questionnements du type "qui sera une bonne maîtresse", "qui ne sera pas un bon enseignant". Je m'aperçois que cette distinction, crée par la concurrence du concours, s'efface à l'entrée en PE2. Parce qu'on apprend à relativiser, à se donner le temps. Et à ne pas émettre de jugement à l'emporte-pièce. Peu importe qu'on ait eu le concours du premier coup ou au bout de la troisième fois. Personne, en PE2, ne se permet de dire : "Untel a eu de la chance de l'avoir du premier coup. N'ayant pas connu l'échec, n'étant pas animé d'un esprit de revanche, il sera forcément un moins bon instit' que moi" ou "Si Truc n'a toujours pas le concours au bout de la troisième fois, ça veut dire qu'il n'est pas fait pour ça.". Les tentatives de catégorisation, sensées nous rassurer en PE1, n'existent plus en PE2.

Parce que le jugement sur le métier change.
S'il n'est pas encore fixé (nous avons en effet toute notre carrière pour mieux saisir, je dirais même "sentir" en quoi il consiste), il n'en demeure pas moins qu'il a changé. Nous savons que l'enseignement, ce n'est pas du déterminisme. Ce n'est pas entrer dans des cases. Ce n'est pas juger les uns et les autres. Ce n'est pas établir une hiérarchisation en fonction du rang au concours, des chanceux et des malchanceux. Non. Nous sommes tous en train d'apprendre le métier. On ne peut pas dire si on sera un bon enseignant ou non, et ce n'est en rien le concours (qu'on l'ait eu ou non du premier coup) qui le détermine. Il faut rester humble. Je trouve stupide de décréter que "ceux qui ont eu le concours du premier coup seront de moins bons enseignants que ceux qui l'ont eu au bout de plusieurs tentatives".

Si l'on encourage ceux qui sont face à l'échec, si on leur affirme que cela ne laisse présager en rien de leur capacité à devenir enseignant un jour, alors pourquoi ces personnes devraient-elles elles-mêmes cautionner le stéréotype selon lequel "quand on l'a du premier coup, c'est de la chance" et que par conséquent "Ceux qui n'ont pas connu l'échec feront de moins bons enseignants que ceux qui ont connu l'échec" ? Ce n'est pas juste. Et surtout, c'est verser dans le déterminisme. Car je suis intimement persuadée qu'être un bon maître, une bonne maîtresse, s'apprend. Certains sont peut être plus naturellement pédagogues que d'autres mais je suis certaine que chacun a sa chance et que chacun progresse, pourvu qu'il s'en donne les moyens et se remette en question. Tout le monde peut y arriver.

Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, l'enseignement est pour moi le métier de l'humilité. L'instit' ne sait pas tout (je l'ai encore dit vendredi à mes CE1, quand, ne sachant pas répondre à une de leurs questions très précise sur la Bande Dessinée, je leur ai dit que j'allais me renseigner) et tant mieux. Parce que ça lui permet de rester bien droit dans ses bottes et qu'après tout, il n'est qu'un intermédiaire entre le gamin et le savoir. Si on admet que le principe d'éducabilité existe, que chacun a ses chances, alors pourquoi le nier dans le cercle des adultes ? Pourquoi vouloir catégoriser les uns et les autres ? J'ai eu le concours du premier coup, en étant très bien classée. Ce n'est pas pour autant que je me suis prise pour la reine de l'IUFM. Et ce n'est pas pour autant non plus que j'ai jugé les recalés incapables d'être de bons enseignants un jour.

Bref. Tout ça pour dire que la question qui me taraudait en PE1 ne me taraude plus. Il faut la garder à l'esprit, bien sûr, mais se faire confiance et se dire que tout s'apprend. Petit à petit.
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mercredi 13 juin 2007
Mon cher Victor, sourire-piaf.jpg


Alors que, comme tu le sais, j'éprouve encore un peu de culpabilité à distribuer des punitions, j'ai désormais la certitude que les élèves pardonnent à leur enseignant leur sévérité, et même, en retirent une certaine "admiration". Vendredi matin, j'arrive à l'école.  A cause des Bus Verts (que je bénis tout de même d'exister), je n'arrive pas bien en avance, ce qui fait que je franchis la grille quasiment en même temps que les gamins. L'occasion pour eux de me montrer à leur maman.
Devant la grille, justement, en ce vendredi, Mélissa, petite élève de ma classe de CE1. Elle me voit de loin et se jette littéralement sur moi en me réclamant un bisou ! Un sourire jusqu'aux oreilles, qui me ravit. Puis elle revient vers sa mère et lui dit, tandis que je m'éloigne, sur un ton plein d'une gratitude enfantine :
"C'est ma maîtresse !"
Tu connais une meilleure façon de commencer la journée, toi ?

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Jeudi 14 juin 2007
Mon cher Victor,cadeau.JPG

J'ai en charge le cadeau de la Fête des Pères dans la classe de CE1 où j'effectue mon SR3. La collègue-directrice que je remplace, était, semble-t-il, ravie de se débarrasser de cette corvée, m'affirmant qu'elle avait déjà "porté sa croix en faisant celui de la Fête des Mères". Bon. Sur le coup, aucun problème. Ah... Ce qui signifie que, finalement, il va y en avoir un... Hem hem... Oui. Légèrement.

La semaine dernière, plus exactement jeudi, débat animé dans la salle des maîtres. Deux camps : les enseignants qui font le cadeau de Fête des Pères en classe contre ceux qui ne le font pas. L'un revendique le côté sympathique et incontournable, l'autre rejette le caractère pétainiste et le sentiment de différence, d'injustice, de souffrance, qu'il crée inmanquablement chez les élèves vivant en famille d'accueil, ou dont le parent en question est décédé. C'est vrai que cela doit être particulièrement douloureux... C'est pourquoi j'ai trouvé cet argument très recevable. Surtout quand... Surtout ?

Surtout quand, présentant le magnifique dragon porte-crayon que nous allions réaliser avec les enfants vendredi dernier, j'annonce, grand sourire et enthousiasme dans la voix : "Ce sera pour la Fête des Papas !". Matteo vient alors me voir et me dit :" Mirabelle, ce sera pour mon papy parce que mon papa, il veut pas me voir." Argl. Je t'assure que quand un gamin te dit ça, Victor, tu te fais tout petit, tu peines pour trouver les mots et cacher combien tu es déstabilisé. Le pauvre petiot...

Même scénario aujourd'hui alors que nous peignons nos dragons. Réussis ? Euh... A vrai dire, ils ressemblent plus à d'immondes morceaux de pâte à modeler auto-durcissante qu'on a collés les uns sur les autres comme on a pu, un amas de plis et de bosses, qu'à un dragon. Mais enfin, les enfants sont ravis, c'est le principal. Non ! Le principal est que les PAPAS soient ravis ! Non, Victor... Le principal est que les papas soient ravis de voir leur enfant ravi ! Hem... Bref ! Ne jouons pas sur les mots ! Poursuis donc...

Je disons donc : même scénario aujourd'hui, tandis que nous peignons nos dragons. Alors qu'il admire son travail, Théo m'appelle : "Eeeeh, Mirabelle ! Eh ben, moi, je pourrai pas donner mon cadeau à Papa samedi. Il est à l'hôpital et Maman dit que j'ai pas le droit d'entrer dans la chambre...". Je ne trouve rien de plus intelligent à dire que de lui conseiller de le lui offrir quand il sera rétabli. Et ça fuse du côté des élèves : "Qu'est-ce qu'il a, ton père, Théoooo ?". "Je sais pas trop", répond celui-ci, "mais il a des tuyaux partout.". Gloups. Pas du tout choqué par ce qu'il vient d'entendre, chacun reprend son pinceau, sa peinture verte et son dragon, le coeur léger, le sourire aux lèvres. Tout le monde bavarde. J'en entends un qui chantonne. Un autre qui sifflote. Discrètement, évidemment, parce qu'on n'a pas le droit de chantonner ni de siffloter en classe.

Mais ouf... J'avais cru un instant que la gravité de la vie allait empoisonner mes mômes, trop tôt, trop vite.


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Vendredi 15 juin 2007
Mon cher Victor,parents-d---l--ves.jpg

Assez drôle, cette illustration à ton article, Mirabelle ! Je t'assure que cela l'est nettement moins quand on le vit. Ah ? Cela t'est arrivé ? Pas plus tard qu'hier soir.

Il est 16 h 30. Une collègue passe me voir dans la classe, alors que je viens tout juste de lâcher les fauves : "Euh... Il y a des parents à la grille qui voudraient te voir... Est-ce que tu veux les recevoir tout de suite ou un autre jour ? Est-ce que je les fais monter ou tu descends à la grille ? Est-ce que tu veux que quelqu'un reste avec toi ?". Aie... J'ai soudain du mal à déglutir. Je sais très bien quel va être le sujet de conversation. Je ne suis pas préparée. Mais quand il faut y aller, comme on dit... Il faut y aller ! Je réponds donc que ces parents n'ont qu'à monter dans la classe et que j'essaierai de me débrouiller seule. Ce qui sera perçu comme une décision "courageuse" n'est en fait qu'une forme de lâcheté, car je crains plus que tout de n'être pas à la hauteur et ne souhaite pas offrir ma nullité en spectacle à l'équipe, qui, pour l'instant, semblait me percevoir comme une jeune instit' bosseuse et sympathique, bien que discrète. Je vois...

Les mamans montent. Elles sont trois. Je devine tout de suite, à les voir, que ce sont les mamans des meilleurs élèves de la classe. Les trois, justement, les trois et les seuls dont je n'ai jamais rien à dire... A part des compliments ! Les sourires sont de mise mais je me doute que le discours à venir ne va pas être des plus agréables à l'oreille. Elles entrent dans le vif du sujet. Aie. Il me semble repasser le grand oral du concours mais en mille fois plus important. Parce que ces dames sont venues défendre la chair de leur chair, le sang de leur sang, qui, selon elles, "rentrent tous les soirs de l'école avec un profond sentiment d'injustice". Aie. Je m'en doutais un peu. En début de semaine, alors que j'évoquais la punition ici même, j'ai voulu asseoir mon autorité le plus tôt possible, quitte à en pénaliser inutilement quelques uns (au nombre de deux ou trois sur vingt-six élèves...). Bon. Pas très malin de ma part, c'est vrai. J'ai voulu bien faire et ai tenté d'expliquer cela. J'ai également précisé que quand on menace, il FAUT mettre à exécution, sans quoi on perd toute crédibilité.

Je n'ai appris qu'hier soir que les punitions collectives étaient interdites. Du genre copier des lignes, par exemple. Aie. Je ne savais pas. Je ne savais pas et je m'en veux très fort de ne pas avoir su. On ne te l'a pas dit, à l'IUFM ? Il ne me semble pas. Je n'en ai bien évidemment pas fait part aux mamans qui ignorent que je suis encore en formation. Heureusement. Je suis rentrée chez moi hier soir la mort dans l'âme, après avoir essayé de me dire que ce n'était "pas grave". Mon père, instit' lui-même, me l'a dit : "Tu sais, Mirabelle, il faut que tu te blindes, les parents interviennent de plus en plus dans l'Ecole". Mon Mystérieux Inconnu me l'a dit : "C'est rien, ça, Mirabelle. C'est toi l'instit', ne te remets pas trop en question. Tu te dévalorises trop. Considères-toi à ta juste valeur". Ma marraine T1 me l'a dit : "Ce qui est difficile c'est d'être atteint dans sa fonction mais tu vas voir, avec le temps, on s'y fait. Il y a parfois de bons conseils chez les parents mais il ne faut pas non plus trop se remettre en question".

Juste après le passage de ces mamans, j'ai voulu assurer mes arrières. L'instit'-directrice que je remplace a environ deux années de carrière derrière elle. Je l'appelle. Lui raconte mes mésaventures. Elle m'avoue que elle aussi a eu un souci de ce genre l'année dernière. Sauf que c'est allé bien plus loin. A court d'arguments pour calmer une classe très difficile, elle avait privé les enfants de piscine, avec l'aval du directeur. Les parents avaient appelé en masse pour se plaindre. Et le directeur était revenu sur ses positions, cessant soudain, sous la pression, de la soutenir. "Depuis ce jour", me dit-elle, "Je ne donne plus de punition collective". Je suis, aujourd'hui, très très bien placée pour la comprendre. Ma "punition collective", si je ne vous donne pas les détails, était sensiblement similaire à la sienne. J'ai, comme qui dirait, été prise à mon propre piège.

En ce mercredi matin, où j'écris cet article, j'y réfléchis encore. J'ai eu tort de donner une punition collective. Mais, en toute bonne foi, j'ignorais que c'était interdit. Je me suis sentie agressée par ces trois mères, même s'il faut admettre qu'elles y ont tout de même mis les formes. Si ce stage se passe globalement bien, j'avoue que c'est une classe difficile. Très bruyante. Qui n'écoute pas. Et ne travaille pas. Si j'ai été très sévère en première semaine, c'est parce que j'espérais ainsi les cadrer et favoriser une certaine atmosphère de travail. Sauf que cela n'a pas marché. Et que les (rares) élèves mignons, travailleurs, intéressés, s'en sont trouvés pénalisés.

Comme me l'a dit ma marraine T1, il y a pire que ce que j'ai fait. Je le sais. Même si on me dit qu'au fond, "ce n'est pas grave", j'ai du mal à passer le cap. Je m'en veux. Cependant, je me dis aussi que des conflits avec les parents, j'en aurai sans doute toute ma carrière. Si, à l'avenir (c'est promis, on ne m'y reprendra plus !), je ne donnerai AUCUNE punition collective, il est clair qu'il me faudra néanmoins apprendre à défendre mon bout de gras, à assumer mes choix pédagogiques et autres terrainsque les parents grapillent progressivement. J'y arriverai, peu à peu. Et je me dis qu'au fond, cet incident, s'il m'a perturbé, me permet également de mieux prendre conscience du rôle croissant des parents dans l'école, des limites de notre liberté.

J'ai encore un peu plus d'une semaine de stage dans cette école. Si, lorsque je "délire" un peu, j'imagine que toute cette histoire remontera aux oreilles de l'IUFM qui s'opposera à ma validation, si je me vois soudain traitée comme une pestiférée par l'équipe de l'école (ce dont je doute, car ils sont réellement très chaleureux, mais les bruits de couloir, ça va si vite...), je me dis aussi que, pour me préserver, je vais lâcher un peu de lest. Je t'avoue, mon cher Victor, qu'à toutes les récréations, je bosse, je fais mes photocopies ou je garde quelques individus perturbateurs dans la classe. Or, il s'avère que cela n'a pas payé. On me conseille d'"aller prendre le café avec les collègues, de penser à autre chose pendant les récréations, au lieu de bosser dans mon coin ou de garder des gamins". Ce n'est pas un mauvais conseil. Je me demande si je ne vais pas le mettre en application...

J'ai hésité à te parler de tout ça, mon Victor.
Parce que je ne suis pas fière de moi. Tout le monde a le droit de faire des erreurs, Mirabelle... Et puis c'est comme ça qu'on apprend ! Et puis je me suis dit qu'il y a certains PE1 à qui je souhaite d'être PE2 un jour, et qui seraient peut être bien contents de profiter de mes mésaventures pour ne pas connaître les mêmes problèmes. Les erreurs des autres, ça sert aussi. Et puis je me dis que parler de mon métier, ce n'est pas seulement parler des sourires des gosses, du bonheur d'être appelée "maîtresse" et autres instants à croquer. C'est aussi avoir des comptes à rendre, se justifier, et des contraintes, comme n'importe quel boulot. On le sait avant d'avoir un pied dedans, bien sûr. Mais je t'assure que ça prend une toute autre dimension quand tu as trois mères qui t'assaillent de questions et te font sentir que tu es "une méchante maîtresse pas juste du tout". Là, tu te dis, ça y est, c'est ça aussi le boulot. Tu avales ta salive, tu prends ton courage à deux mains et une fois que tout ce petit monde est reparti, en te souhaitant "une bonne soirée", tu te mets à corriger les cahiers du jour et les fichiers de mathématiques.

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Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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