XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 13 août 2006

Mon cher Victor,

Il me semble, jusqu’ici, ne pas avoir assez insisté sur la valeur de l’amitié. Cet article de Nico (que je salue au passage) m’a amenée à réfléchir sur ce curieux sentiment d’affection que l’on éprouve pour une personne… Moi, par exemple ! C’est un exemple, en effet. Cependant, Victor, ne te fâche pas : tu n’es pas la première personne qui me soit venue à l’esprit ! Tu as d’abord songé à Papierchiffon, j’imagine ? Tout juste ! Cela ne m’étonne guère…

Il y a deux ou trois jours, dans un élan de mélancolie, j’ai ressorti les albums poussiéreux de ma jeunesse (eh oui, Victor, je ne fais pas régulièrement les poussières, c’est un fait !), jeunesse ô combien emportée par cette passion fraternelle que l’on nomme l’amitié. En feuilletant l’album, je constatais avec surprise que Papierchiffon figurait sur la plupart des photographies. Papierchiffon au ski, Papierchiffon sur mon lit d’adolescente, Papierchiffon en Italie… Rien d’étonnant, si tu veux mon avis ! Si, au contraire. Car, paradoxalement, en plus d’être ma meilleure amie, Papierchiffon est, de mes relations amicales, celle que j’ai fréquentée le moins souvent. Ce n’est pas très logique, si tu as tant de photos d’elle ! Je ne te le fais pas dire ! Cependant, à bien y réfléchir…

Papierchiffon a toujours été là. Je me souviens avec précision de la première fois où j’ai franchi le seuil de sa maison. La comédie musicale « Starmania » tournait en boucle sur sa chaîne… J’avais été très impressionnée et très reconnaissante, la plupart de mes connaissances d’alors ne jurant que par Pascal Obispo et autres chanteurs à la mode aux paroles insipides. J’aimais « Starmania ». Et ce simple détail suffit, dans mon idée, à me rapprocher d’elle. Elle avait les cheveux raides, d’un noir profond, coupés au carré, lui frôlant les épaules. Une chemise bleue à carreaux. Un nez un peu en trompette… Un sourire renversant qui, chose étrange, se mariait parfaitement avec cette mine bougonne qu’elle arborait bien souvent. Où veux-tu en venir, Mirabelle ? Je n’ai rien contre cette touchante description de ta première invitation chez Papierchiffon, mais j’ai du mal à saisir où tu m'emmènes !

En regardant ces photographies, je nous ai vues grandir, parallèlement. Expériences différentes. Caractères différents. Et pourtant, même sens de l’amitié. Toujours un geste pour nos anniversaires respectifs. Des cartes postales pour les vacances. Papierchiffon est la personne la plus fidèle que j’ai jamais connue. Et j’en suis fière. Car il me semble avoir trouvé celle qui sera à la hauteur de cette barre que j’ai placée très haut, cette barre de l’amitié, exigeante et tenace.

Trouves-tu ridicule d’affirmer et de réaffirmer une amitié ? Bien sûr que non. L’amitié n’est pas si différente de l’amour, tout cela n’est qu’une question de dégré, et le verbe « aimer » est approprié à l’un comme à l’autre. Alors sache que j’aime Papierchiffon. Sincèrement et profondément. Elle fait partie des êtres que j’estime le plus au monde. Et si je devais la perdre… Pourquoi dis-tu cela, Mirabelle ? Depuis le début, le ton que tu emploies m’intrigue… Il est tantôt fougueux tantôt inquiet. Parfois angoissé. Comme si quelque chose t’échappait…

Tout peut toujours nous échapper, Victor, c’est une réalité. Nous ne contrôlons rien. Même les liens les plus solides, les fils les plus élastiques, sont susceptibles de se rompre. Je considérais mon amitié avec Papierchiffon comme éternelle. Naturelle et éternelle. Et je la considère toujours ainsi. Je m’aperçois pourtant, désormais, que tout est en perpétuelle reconstruction. Toute relation, qu’elle soit amicale ou amoureuse, n’est jamais acquise. Rien n’est jamais gagné. Et c’est à nous de nous bagarrer pour conserver ce sur quoi on a misé. Y croire, encore et toujours. L’amitié, comme l’amour, est un engagement au recommencement incessant. Y croire. Foncer. Garder espoir. Apprendre la patience. Et se dire que le jeu en vaut la chandelle.

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publié dans : Amitié(s) par Mirabelle
Mardi 15 août 2006

Mon cher Victor,

 


Je ne t'ai pas encore parlé, me semble-t-il, de ma passion pour l'athlétisme. A l'heure d'aujourd'hui, les championnats d'Europe viennent de s'achever et avec eux, une semaine devant la télévision, affalée sur mon canapé, touche à sa fin. Paresseuse... Oh que non ! Car j'ai régulièrement sauté sur le tapis, poussé des cris stridents, je me suis même levée pour applaudir ! Quel enthousiasme débordant... Parfois, je me demande si tu n'es pas un peu folle, Mirabelle ! C'est fort probable...

 

Alors ? Que comptes-tu faire dans cet article ? Tu vas me faire les louanges de ta discipline préférée ? Eh bien, à vrai dire, j'ai décidé de parler d'athlétisme sous un jour plutôt badin, en choisissant d'évoquer Patrick Montel et Bernard Faure. Qui sont ? Patrick Montel est journaliste sportif et Bernard Faure, ancien champion de France de marathon, est consultant. Ah... Et qu'ont-il de si particulier, ces messieurs ? Ils sont extrêmement complémentaires et forment un duo attachant et fort sympathique ! Ce n'est bien évidemment, que mon avis personnel, car j'ai pu me rendre compte, sur différents forums, que Patrick Montel n'avait pas forcément la cote auprès des téléspectateurs...

 

L'athlétisme a bercé mon enfance. Avec un papa fou de cette discipline, je passais déjà, à une dizaine d'années, des journées entières devant la télévision, toute éblouie que j'étais par les grandes victoires de Marie-José Pérec ou encore la belle foulée de Carl Lewis, à l'occasion des championnats du monde, d'Europe, ou encore des Jeux Olympiques. Et par là-dessus, la voix d'un certain monsieur m'entraînait dans les méandres de la passion, faisant cogner mon petit coeur fort dans ma poitrine : "Ahhhhh ! C'est magnifique, Bernard !!! C'est magnifiiiiiiiiiiiiique ! Marie-Jo !!!!!!!!!!!!! Marie-Jo !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Marie-Jo est championne olympiiiiique !!!". Patrick Montel... Qui n'a jamais entendu ses commentaires ne pourra pas comprendre le sens de cet article.

 

J'aurais pu, Victor, pour évoquer l'athlétisme, me contenter d'expliquer les raisons de cette passion : mon enfance peu sportive m'avait pourtant éveillée aux joies de la course de vitesse (je battais tous les garçons à l'école primaire !) et je découvris l'éventail des activités athlétiques avec un émerveillement non feint. Je constate que tu n'as pas pour intention de parler des Championnats d'Europe... Ce qui est fort dommage, à mon avis, puisque je n'ai pas du tout suivi les résultats de l'Equipe de France...

 

Eh non ! Patrick Montel et Bernard Faure seront la seule préoccupation de cet article ! Ils doivent s'entendre comme larrons en foire pour justifier un tel intérêt de ta part ! Disons qu'ils sont très attendrissants. Et pourquoi donc ? Patrick est aussi impétueux que Bernard est flegmatique. Quand le premier déborde d'un enthousiasme irrationnel ("ce serait magnifique, Bernard, si Ladji était champion d'Europe !"), le deuxième, d'un ton doux, le ramène à la réalité ("attention, Patrick, il y a encore la demie-finale et la finale, et avec ses petits souci de santé, ne mettons pas la charrue avant les boeufs !"). Bref, ils forment un équilibre ! Tout à fait. Et dans la joie et la bonne humeur, s'il vous plaît !

 

 
Bien sûr, certains reprocheront à Patrick Montel ses commentaires beauf'(il en a quelques fois, il faut bien l'admettre...) et ses questions sans intérêt (ex : demander au marathonien vainqueur s'il va acheter des vaches pour sa famille !), à la limite, parfois, du paternalisme, saupoudrées, de ci de là, par un chauvinisme bien épicé. Je ne prétends pas que Patrick Montel soit un bon journaliste. Je pense, en toute franchise, qu'il ne connaît rien à l'athlétisme, et que Bernard Faure, bien que plus réservé, est plus intéressant de par ses remarques techniques toujours fines et bien placées. Alors pourquoi faire les louanges de ce duo ? Parce que c'est un duo passionné. Tous les deux ont la fièvre de l'athlétisme et me l'ont transmise dans mon enfance. Et depuis, j'ai attrapé le virus !
 
 
Et qu'est-ce que cette vidéo, si je puis me permettre ? C'est un sketch des Inconnus. Pourquoi un tel choix ? Parce que c'est selon moi, un hommage grinçant aux commentateurs sportifs : les trois compères les ont parfaitement cernés dans ce sketch, portant sur eux un regard tendre et amusé à la fois ! Et ma foi, je crois que cette tendresse résume de bien belle façon toute la tendresse que j'ai pour Patrick Montel et Bernard Faure, incarnations vivantes de l'athlétisme.
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publié dans : Positif, Négatif par Mirabelle
Jeudi 17 août 2006

Mon cher Victor,

Sache tout d'abord que ce que je m'apprête à dire n'est absolument pas dirigé contre toi, ni aucun autre de mes lecteurs masculins ! Très bien... Je suppose donc qu'il s'agit d'un article "coup de gueule", aujourd'hui ? Oh que oui ! Et un franc, en plus !

Comme tu le sais, Victor, je suis une femme ! Il me semblait bien l'avoir remarqué, oui ! Et je voulais, au jour de la blogosphère, vociférer, grâce à mes deux petits poumons bien garnis d'oxygène, et d'une manière COMPLETEMENT IRRATIONNELLE ! Je précise ce point par souci d'anticipation : sache, Victor, que cette conversation a été menée sous le coup de la colère, de l'indignation, que dis-je, du ras-le-bol, et que le ton scandalisé que je m'apprête à employer ici retombera aussi vite qu'il était monté ! Nous voilà avertis... Sache également que les grandes déclarations que je vais prononcer seront sans doute exclusivement fondées sur l'indignation, et qu'il sera, pour cette raison, tout à fait évident pour un sujet sain d'esprit et habile de son cerveau, de contrer mes arguments en un tour de main ! Mais comme on dit... Il faut que cela sorte !

Je me posais une question, mon Victor : pourquoi, nous les femmes, devons-nous toujours être parfaites ? Ah... Euh... Eh bien... Je dois répondre ? Non, pas vraiment... Il s'agissait plutôt d'une question rhétorique ! Tant mieux, car je t'avoue que je ne savais strictement pas quoi répondre... Pourquoi devons-nous toujours être à la hauteur ? Pourquoi cette image de la beauté nous colle-t-elle à la peau ? Pourquoi ? Dis, pourquoi ?

Pourquoi est-ce toujours aux femmes de plaire aux hommes ? Pourquoi devons-nous nous épiler dès que le poil repousse, toute effrayée que nous sommes à l'idée que notre cher et tendre puisse entrevoir ce début de pillosité ? Pourquoi nous conseille-t-on, avec ce sourire désarmant, de nous faire le maillot "bien échancré parce que c'est plus joli", alors que ce "on" ignore la souffrance que tout individu de sexe féminin doit endurer pour arriver à un joli triangle sur le pubis ?? Hein, dis, Victor, pourquoi ? Mirabelle, je dois dire que toutes ces questions me dépassent un petit peu... Evidemment. Il s'agit ici d'un problème qui touche MA génération, et non pas la tienne... Alors je m'adresse ici à nos voisins de table, à ces hommes, tranquillement assis, ignorants des responsabilités pesant sur nos épaules !

Je revendique, Victor, le droit à l'imperfection. Je revendique le droit à la flemme, la flemme de traquer mes poils ! Je revendique également celui de m'épiler au rasoir "parce que ça va plus vite". Je revendique le droit de n'être pas toujours maquillée, de parler comme un charretier, de dormir avec des chaussettes, d'avoir un petit bidon et de me ronger les ongles ! Pourquoi les hommes nous veulent-ils toujours belles et sexy ? Hein, pourquoi ? Pourquoi ne sourient-ils pas de notre peau d'orange et de nos petits bourrelets ? Pourquoi sont-ils si exigeants avec nous, alors, que nous les femmes, pauvres âmes, tolérons sans peine leurs mentons mal rasés et leurs joggings usés ?

Oui, c'est vrai, je suis imparfaite. Je n'ai ni porte-jarretelles ni guépière et pourtant, j'estime que je suis une femme, une vraie, avec sa propre identité de femme : j'aime me faire belle, oui, mais quand je le décide ! J'aime avoir les jambes douces, c'est vrai, mais quand je le décide ! Et j'aime aussi, ce n'est pas contradictoire, traîner jusqu'à pas d'heure en pyjama, ou au réveil, rire de mes cheveux ébourriffés !

Alors, messieurs, s'il vous plaît, soyez plus compréhensifs envers celles à qui on demande d'être partout à la fois : bonne amante, bonne épouse, bonne mère... Et si vous nous aimez, si vous nous aimez VRAIMENT, acceptez-nous comme nous sommes, avec nos poils et notre petit ventre. Avec nos défauts et nos travers. Au fond, quelle importance si le triangle n'est pas parfait ? Quelle importance s'il subsiste encore, ici et là, sur notre gambette, un ou deux poils rebelles ? Avant de vous plaindre de notre pillosité, veuillez, je vous prie, considérer les efforts accomplis par nous, les femmes, pour vous plaire : joli chemisier, raie sur le côté, frange discrète... Si vous nous aimez, si vous nous aimez VRAIMENT, ne nous forcez pas à faire des choses que nous n'accomplirons qu'au prix de larmes irréversibles, ou de sacrifices honteux. Nous sommes des femmes, quoi qu'il arrive. Des femmes à notre façon... Même si nous ne ressemblons pas à l'icône sexy que j'ai jointe à cet article, loin de vos fantasmes les plus lubriques.

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Mercredi 23 août 2006

Mon cher Victor,

Tandis que j'accompagnais ma petite maman au marché, nous avons croisé un groupe d'enfants, cinq ans maximum, suivis de près par leurs moniteurs. Collant leurs petits nez contre les étalages, ces charmants bambins s'extasiaient sur poulets et lapins (ou s'en effrayaient, traumatisés par la vue de ces pauvres animaux dénudés !), allant même parfois, jusqu'à les confondre ("mais non, enfin, Jordaan, c'est pas du poulet c'est du lapin !"). Certains, dans leur candeur attendrissante, réclamaient même l'achat de cette chair envahie par les mouches. Au moniteur, visiblement exaspéré, d'expliquer que "non, je ne peux pas t'en acheter, je n'ai pas d'argent", avant de hausser le ton : "Kevin, je te dis non ! Tu demanderas à Papa qu'il t'en achète un" ! A la marchande de pommes de froncer les sourcils, se retenant, visiblement, d'incendier ces gamins aux doigts crasseux (elle en avait vu un se mettre les doigts dans le nez !) tripotant ses produits malgré les mises en garde de leurs animatrices, deux pauvres jeunettes apparemment dépassées par les évènements. Dieu ait pitié d'elles... Je perdrais la tête, moi, avec tous ces enfants ! Rassure-toi, Victor, être animateur peut être extrêmement enrichissant ! Qu'en sais-tu, toi, d'abord ?

Il y a quelques années déjà, j'ai obtenu mon BAFA. BAFA ? Brevet d'Aptitude à la Fonction d'Animateur. Et pour mon stage pratique (je précise à ton intention, Victor, que ce "stage pratique" était ma première expérience d'animation, étape nécessaire à l'obtention de ce diplôme), je me battais contre une extinction de voix, raillée par des garnements de huit ou neuf ans, des petits durs provoquant la jeune stagiaire d'un mètre cinquante-huit que j'étais à l'époque. Tu as grandi depuis ? Malheureusement non, mais je dois dire que cela m'aurait arrangée : cela m'aurait sans doute évité des remarques du genre : "Ehh, Steven, regaarde ! Je suis plus grand que la mono !". Ma pauvre Mirabelle... Bref, passons. Mon stage pratique ne fut donc pas une partie de plaisir, et je t'épargne, Victor, ainsi qu'à mes lecteurs, les détails de ce mois d'animation, ponctués de larmes et de découragement.

Je n'ai pas travaillé cet été, Victor. Je n'ai pas fait partie d'une équipe d'animation. Habituée, depuis deux ans, au groupe des petits (les trois-quatre ans, dans une MJC de ma petite ville...), tu peux donc imaginer combien mon coeur s'est serré à la vue de cette joyeuse ribambelle de petiots. Je regardais les animateurs, tour à tour protecteurs ou menaçants, et je me disais, avec une pointe de regrets, que j'aurais pu être à leur place. Et j'ai réalisé que les enfants me manquaient. Je me revis, l'été dernier, tenant dans mes bras la petite Charline, traumatisée par la perte de sa suce, ou souriant aux compliments du petit Théo, qui me trouvait, disait-il, "trop bêêêêêlle". M'est avis, ceci dit, qu'il aurait eu besoin de lunettes... Je me disais aussi que tu ferais une remarque de ce type ! Mirabelle, tu es incorrigible ! Je les revis pendant le repas du midi, guettant ma reconnaissance : "Regarde Mirabelle, j'ai tout bien fini mon assiette !". A moi de sourire et de les féliciter, surtout quand, moi-même, je peinais à terminer ma ration de salsifis. Hihihi... Ne ris pas, Victor, je déteste ça !

Oui, les enfants me manquent, Victor. Je n'aurais plus, avec eux, dans le cadre de mon métier, le même rapport. Interdiction de faire tout un tas de câlins, à moins que je ne sois affectée dans une classe de maternelle. Interdiction de faire des blagues à la cantonnade, je suis maîtresse, maintenant, je représente le savoir, on ne plaisante pas avec ça ! Constater combien Martin a grandi, en l'espace d'un an, ou admirer Margot, sa soeur jumelle, qui ne zozote plus ! Pourtant, j'ai toujours su, quand je travaillais sur des centres, que j'étais plus faite pour l'enseignement que pour l'animation. Soucieuse de réflexions pédagogiques alors que ces chers bambins ne demandaient qu'à aller s'amuser, je saisissais n'importe quelle occasion pour faire d'une activité un objet d'apprentissage, alors que si on avance le terme "centre de loisirs", ce n'est certainement pas pour rien... Tu cherchais à bien faire, à éveiller ces enfants au plaisir de la connaissance ! Je le faisais plus ou moins consciemment.

Ce que je sais, désormais, c'est que je donnerais beaucoup pour revoir "mes petits" comme je les appelais, Lyssandre, Thibaut, Iris et les autres. J'aurais aimé les voir grandir. M'émerveiller de la vie, cette vie qui les transforme.  Les voir colorier sans dépasser, d'un air fier, alors qu'il y a un an, ils haussaient les épaules devant mes recommandations. Les voir lancer la balle avec assurance, alors que trois-cent soixante-cinq jours plus tôt, elle leur glissait des mains. Oui, vraiment, j'aurais aimé avoir face à moi les preuves de la vie, cette évolution inébranlable et inéluctable. Donner un sens concret au verbe "grandir".

Si j'ai choisi de te parler de tout ça, Victor, ce n'est pas seulement parce que les enfants me manquent, non. C'est aussi et surtout parce que je pense régulièrement à eux, qu'il me semble avoir grandi en même temps qu'eux, avoir appris grâce à eux. On s'attache à ces petits visages ridés par le pli du drap après la sieste. A ces regards ensommeillés, au bord des larmes, quand, au réveil, ils réalisent que Maman n'est pas près d'eux pour les câliner. Je me suis attachés à ces menottes, qui apprennent peu à peu à lacer leurs chaussures, qui racontent leurs vacances chez Papy et Mamie "dans la caravane" et s'extasient à l'idée que vous soyez adulte, alors que vous, jeune fille de dix-huit ans à peine, vous vous considérez en pleine adolescence. Au fond, je me dis que nous avons tous grandi. J'ai pris de l'assurance face à un groupe, grâce à ces enfants. Et moi, je les ai aidés à se "sociabiliser", opération délicate quand on est un petit bonhomme de trois ans.

En rentrant du marché, j'ai regardé des photos de mon dernier centre, silencieusement, un sourire aux lèvres. Et j'ai pensé à eux. A nos jours heureux...


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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Jeudi 24 août 2006
Mon cher Victor,
Je pars à Northampton le 23 Septembre. Ca y est, tu as fixé une date ? Ce n'est encore qu'une date théorique, je n'ai pas encore réservé mon billet d'avion. Ah bon... Mais tu prépares ton départ, non ? Cela se rapproche, désormais, et tu dois avoir de nombreuses formalités à régler ! Effectivement. Il y en a tellement que je m'y perds ! Enfin, vu le titre de ton article, je suppose que ce n'est pas de cela dont tu souhaitais me parler, mais plutôt de LUI ? Oui. Ahhhh ! Tu es content, hein, Victor ? Pour une fois, j'en dirai un peu sur mon Mystérieux Inconnu ! J'en suis tout émoustillé ! Calme tes ardeurs. Je vais parler un peu de lui, c'est vrai, mais tu verras que je ne dévoilerai aucun détail intime. Ah... Et surtout... Ne m'interromps pas !

Je vais vivre trois mois sans lui.
Trois mois.
Trois mois sans le voir.
Trois mois sans nos coups de fils quotidiens.
Trois mois sans le toucher.
Trois mois séparés par une mer interminable.
Trois mois à ne plus parler la même langue, à ne plus fréquenter les mêmes gens.
Trois mois sans lui.
Trois mois sans associer sa voix et son visage.
Trois mois sans admirer son sourire.
Trois mois sans l'entendre m'appeler "mon coeur", sans sa main dans la mienne.
Trois mois sans ses clés sur le buffet et son téléphone sur mon bureau.
Trois mois sans lui...

Oui, Victor, je viens de réaliser que je vais passer trois mois sans Lui. Autant dire une éternité. Une éternité que je redoute. Parce que la vie est imprévisible. Parce que Lui et moi n'avons jamais été séparés aussi longtemps. Parce qu'il souffre de me voir partir. Parce que je le comprends mais que je ne peux pas faire autrement. Parce que je tiens à lui. Parce que je l'aime. Parce que j'ai besoin de vivre cette aventure. Pleinement. Parce que j'ai besoin de  m'en aller. Parce que j'ai besoin de revenir. Parce que j'ai besoin de ce lien, entre Lui et moi, quelle que soit la distance. Trois mois sans Lui... Réalité du manque, de l'absence, que je vais devoir affronter. Pendant trois mois. Trois mois sans Lui.

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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




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Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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