XXIeme siecle

Octobre 2006
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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 16 octobre 2006

Mon cher Victor,

Mon mysterieux inconnu est decidemment plein de surprises. Allez, Mirabelle, tu peux bien dire son prenom, maintenant, nous nous en doutons tous ! Parle pour toi, Victor ! Je veux garder l'anonymat de mon grand amour ! Comme tu veux... Mais si je peux me permettre, tout cela prend une tournure quelque peu ridicule ! Ce n'est jamais que ton avis. Bien. Passons aux choses serieuses : Qu'est ce que c'est que ce titre ? C'est une reference a la bande originale du film "Un homme et une femme" de Claude Lelouch. Ah... D'ailleurs, je conseille a nos lecteurs d'ecouter le fameux "chabadabada" en fond sonore tandis qu'ils liront cet article ! Encore faut-il compter cette chanson dans sa discotheque, Mirabelle ! Remarque fort pertinente, Victor ! Allez, allez: viens-en au fait ! Jeudi apres-midi. Je me dispute avec mon mysterieux inconnu sur MSN. J'y pense toute la soiree. Ce qui ne m'empeche pas de m'endormir a huit heures du soir, comme une grande. Et avec les poules en prime !

2 heures du matin. Je ne dors que d'un oeil, derangee par le vacarme dans le couloir. A deux heures du matin ?! Il faut dire, mon Victor, que mes collocataires sont des fetards inveteres, qui hurlent et claquent les portes, gloussent comme des dindons, se cognent contre les murs pour cause de "saoule attitude" et se fichent comme de leur premiere chaussette des pauvres petites francaises qui tentent de dormir dans la piece a cote. Il faudrait que tu me racontes tout cela plus en details : j'irais bien leur tirer les oreilles, moi, a ces petits saloupiauds ! Ce sera pour une autre fois...

Bref. Il est deux heures du matin et...

- Francaises ? Francaises ?

C'est la voix d'un de nos collocataires. Encore bourre... Voila ce que je me dis. Je n'ai qu'une envie : me lever et lui dire ma facon de penser, quitte a gueuler un bon coup. Il frappe meme a la porte, ce qui a le don de m'agacer prodigieusement ! A cote de moi, Sophie dort comme un bebe. La voix s'eloigne. J'ai distingue un "Yes, they're in", mais c'est tout. J'essaie de me calmer et de me concentrer pour ne pas rater le deuxieme passage du marchand de sable. Quand soudain.

Soudain, c'est carrement la sonnette et deux grands coups a la porte ! Cette fois, Sophie s'eveille en sursaut. J'ai comme la desagreable impression qu'il y a le feu dans l'immeuble et que nous sommes les seules a ne pas avoir entendu l'alarme. J'ouvre la porte, tremblante comme une feuille. Face a moi, les gardiens de nuit :

- Sorry for waking you up. There is a boy outside. About twelve. Fair hair. With a big bike. He is named Didi. He says he's the boyfriend of a french girl living in flat 6 room 7.

Il est deux heures du matin et je n'ai pas les yeux en face des trous. Sophie n'a pas de boyfriend. Quant au mien, il est tranquillement chez lui, en France, dans les bras de Morphee. Et puis un petit ami de douze ans, ce serait un detournement de mineur, cela ne se fait pas. J'ai du mal entendre. Je les fais repeter :

- There is a boy outside. About twenty. Fair hair. With a big motorbike. He is named Didi. He says his girlfriend lives here, in this room.

Bon. Je ne comprends toujours pas ce que vient faire ce Didi dans la conversation mais moi, Mirabelle, j'ai un boyfriend d'about twenty, avec les cheveux blonds et une grosse moto. Trop de coincidences. Je balbutie :

- Hem... Maybe he's my boyfriend... I don't know... Hem... I just... put on my clothes and I go down outside just to see... Hum... Just a minute...

Quand je referme la porte, apres que les gardiens m'aient averti qu'ils m'attendraient devant l'entree, je suis blanche comme un cachet d'aspirine et j'ai tres peur. Ce n'est pas possible... Ce n'est pas possible... Il n'est quand meme pas venu jusqu'ici... J'entends Sophie me dire calme-toi-Mirabelle-tu-es-completement-en-panique-la. Je suis tellement choquee que j'arrive a peine a enfiler ma veste. Je descends les escaliers quatre a quatre et soudain, dans la lumiere... Ton mysterieux inconnu ! En chair et en os ! Tu lui as saute dans les bras ? Comme c'est romantique ! Eh bien... En realite, pas du tout ! Je l'ai carrement engueule ! Mais enfin, Mirabelle, qu'est ce qui a bien pu te passer par la tete ? Ce garcon traverse la Manche pour venir te voir, il a fait un long voyage, il est sans doute epuise et toi tu l'envoies sur les roses ?! Il faut m'expliquer !

J'ai eu tres peur. Je ne trouve pas d'autre explication. Je lui ai reproche de ne pas m'avoir prevenue. Lui ai dit qu'il etait completement fou. Le pauvre etait tout triste. Il s'attendait a un autre accueil. Quant a moi, je ne decolerais pas ! Comme tu es mauvaise ! J'avoue que je ne suis pas tres fiere de ma reaction. Mais j'etais en colere de constater qu'il avait pris le bateau sur un coup de tete apres cette fameuse dispute sur MSN. Lui m'a explique qu'il ne voulait pas me perdre et qu'il comptait me le prouver en venant comme ca, a l'improviste, avec quasiment rien sur lui que son sourire et sa carte VISA. Que c'est romantique... Toi qui aime tant ce genre de scenario, tu as rate une occasion de te precipiter dans ses bras ! C'est vrai. Il n'empeche que c'est mon chabadabada a moi.

Quand j'y pense, personne n'avait jamais fait une telle chose pour mes beaux yeux. Decider, sur un coup de tete, de prendre sa moto, le premier ferry et hop, deux heures de route sans rien connaitre du pays, sans une carte, sans rien. Trouver son chemin, lui qui ne parle pas un seul mot d'anglais... Et me dire qu'il m'aime ! Ca a quelque chose d'extraordinaire, quelque chose que je n'imaginais que dans les films ! C'est une preuve d'amour fantastique ! Les hommes sont sans doute plein de defauts, mais ils sont parfois capables de coups d'eclat ! Oui. Sophie a trouve ca "trop beau". Ma petite soeur, a qui j'ai narre cet epiode au telephone, a trouve ca "trop beau". Ma mere, sur MSN, a trouve ca "extraordinaire". Et moi, je suis toute emue rien qu'a l'idee qu'il ait fait tout ca pour moi. Oui, vraiment, c'est mon chabadabada a moi...

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publié dans : Chez les British par Mirabelle
Lundi 16 octobre 2006

Mon cher Victor,

C'est avec les yeux tout ensommeilles que je viens prendre de tes nouvelles. Tu viens de te reveiller ? Quasiment. Une douche et hop, me voila. Et tu as bien dormi ? Dans cet article, tu laissais entendre que tes voisins etaient bruyants la nuit. Est-ce toujours le cas ? Je vais t'en toucher deux mots. Accroche-toi bien a ta chaise, tu vas etre scandalise ! Toi qui ne jure que par le respect...

En France, dans la petite maison de mes parents, j'ai coutume de dormir au moins huit heures par nuit. Quand je peux, je dors dix heures d'affilee, voire plus ! Tu es une grosse dormeuse ! Comparee a Sophie ou a mon mysterieux inconnu, pas du tout, mais si nous restons a ma propre echelle, on peut le dire, oui ! Ici, en Angleterre, la configuration est... Legerement differente !

Ici, en Angleterre, ou plutot dans "mon flat" (car comment pourrai-je generaliser a partir d'un cas particulier ?), les gens ne s'eveillent reellement qu'a la tombee de la nuit. Qu'entends-tu par "s'eveiller" ? J'entends par la que la journee, tout est tres calme. En revanche, la nuit, les instincts animaux et hurlants se dechainent, d'ou un festival de portes qui claquent, de "HEEEEEY SEXYYY !" d'une chambre a l'autre, de musique a fond la caisse (et avec portes ouvertes s'il vous plait !). Comme tu le sais, mon Victor, je suis ici depuis bientot un mois. Et il y a des soirs ou franchement... Franchement ? Ou je suis a la limite de peter un cable ! Imagine toi-la scene... Tout en gardant en tete que cette anecdote est VEREDIQUE !

Il est deux heures et demie du matin. Je me tourne et me retourne dans mon lit. Je grogne, je soupire, la tete sous l'oreiller. Dans le couloir, j'entends des cris, des rires. Des portes claquent, d'autres s'ouvrent. Je reconnais, malgre la fatigue, l'air d'une chanson de Police. Je n'en peux plus. Bientot, j'entends quelqu'un jouer a un jeu video. Le son pousse a son maximum, bien evidemment. Ma pauvre Mirabelle... Effectivement, tu en vois des vertes et des pas mures ! Et c'est comme ca toutes les nuits ou presque ! J'en viens a redouter le moment ou je vais me glisser dans mon lit, instant que, d'habitude, j'adore. Misere de misere... A ta place, j'aurais appele les forces de l'ordre depuis longtemps ! Non mais, qu'est ce que ces manieres ! Quel manque de respect envers les autres !

Les gens qui dorment bien ne peuvent se rendre compte a quel point le sommeil est important. Ici, je baille aux corneilles vers 9 h, mon cours de science a peine commence. Tiens, d'ailleurs, en parlant de tes cours, il serait temps que tu abordes le sujet ! J'y viendrai, j'y viendrai. Ici, donc, la fatigue obsede. Pas le courage de faire ci ou ca. Mal aux yeux. Ici, je m'endors n'importe ou, et ma capacite a me concentrer s'en trouve diminuee. La fatigue conditionne meme le rapport que l'on entretient aux autres. On est irritable, on s'agace pour un rien... Et du coup, ce n'est pas la grande forme !

Tout ca me rappelle les grands discours qu'on nous a servis a l'IUFM l'annee derniere a propros du sommeil chez l'enfant. La relation entre sommeil et apprentissages efficaces. Tu ne peux pas savoir a quel point cette relation est etroite ! Si, je sais. Et ce n'est pas valable seulement pour les enfants, Sophie et moi en sommes la preuve vivante ! De toute facon, vous etes de grandes petites filles...

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publié dans : Chez les British par Mirabelle
Jeudi 19 octobre 2006

Mon cher Victor,

Le blog a ceci d'avantageux qu'il permet de se poser des questions sur soi-meme. M'est avis que tu n'as pas besoin de cela pour t'en poser ! C'est vrai. Ceci dit, je n'ai jamais ete aussi insouciante que depuis que je suis en Angleterre. J'aurais du t'enregistrer... Il est si rare de t'entendre dire une chose pareille ! Je disais donc que le blog me fait reflechir sur moi-meme, sur mes choix, ma vie... Un commentaire de Sev m'a interpelee.

C'est la premiere fois que j'occupe un logement etudiant. Comme l'a souligne tres justement Sev, je n'avais jamais quitte le domicile de mes parents. Mes deux premieres annees post-bac n'ont pas ete extraordinairement festives puisque j'ai fait Prepa (souviens-toi, Victor, j'en avais parle ici), classe reputee pour assommer les eleves a coups de bouquins. Et ma foi, la rumeur s'est revelee assez vraie... Toujours est-il que je ne suis JAMAIS allee a aucune soiree etudiante. Je ne sais pas ce que c'est qu'un etudiant qui fait la fete. Du coup, tu decouvres, ici, en Angleterre ! Oui. Et ce n'est pas desagreable, il faut en convenir... Il me semble rattraper le temps perdu, celui de mon adolescence torturee, cet age dit ingrat ou je me lamentais sur mon sort parce que le beau brun que j'aimais secretement ne daignait pas jeter un regard a la collegienne ordinaire que j'etais.

Tout ca m'amene a reflechir a mon adolescence. Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais fait ma "crise d'adolescence". Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais fait une fugue ou fume une cigarette. Ou demande un scooter. Pique ma crise pour un rien. Je n'ai pas le souvenir d'avoir traite mes parents de cons, de ringards, de gros nazes. Non. Je les ai toujours trouves particulierement a la hauteur et considere qu'il existait sans doute bien pire famille que la mienne. Alors non, je crois, a bien y reflechir, que je n'ai jamais fait de crise d'adolescence. J'etais ce qu'on appelle une "jeune fille sage", raisonnable, timide, mal dans sa peau. Qui souffrait en silence. Parce que j'etais solitaire. Je pleurais beaucoup, me confiais peu. Et je preferais rever en ecoutant "La quete" de Jacques Brel a fond les manettes dans ma chambre, plutot que de gueuler a la cantonade que j'allais me-casser-de-cette-baraque-de-merde-vite-fait-vous-allez-voir.

Est-il vraiment necessaire de faire sa crise d'adolescence pour devenir adulte ? Qu'en penses-tu, Victor ? Je ne sais pas. Ce concept d'"adolescence" m'echappe un peu, je dois dire, c'est quelque chose d'assez recent, il me semble, mais enfin je saisis quand meme la signification de ton propos. Qu'en penses-tu, toi ? J'en pense qu'il n'est pas necessaire de tout laisser derriere soi pour se prouver qu'on avance. J'en pense qu'on peut grandir tout en gardant ses racines. J'en pense qu'on n'est pas force de renier pour exister, pour trouver son identite. Alors j'en deduis que tu l'as trouvee, ton identite ? En tous cas, j'en prends le chemin. Je sais, je sens que je prends confiance en moi. Mon metier m'interesse. Je gagne desormais ma vie. J'ai envie de m'engager, de trouver un appartement, de prendre un chat, d'avoir des enfants. Ma famille est toujours la, derriere moi, a me soutenir. J'essaie de rester fidele a mes valeurs. De garder les gens qui comptent, tout comme ceux qui ont compte, bien au chaud, dans un coin de mon coeur. Je fais ma route, tout doucement. En n'oubliant pas celle que j'etais. Celle qui m'a permis de devenir telle que je suis.

Et tu n'as peur de la faire un de ces jours, cette fameuse crise d'adolescence ? Parfois, j'y pense. Je me dis : "Tiens, peut etre qu'un jour, j'aurais envie de tout bazarder. Dire merde a mes parents. Couper les ponts avec tous mes amis. Changer de ville, la ou personne ne me connaitra. Une autre vie !". Mais je ne sais pas... Il me semble que la "crise d'adolescence" nait d'un mal-etre, que l'on ne peut plus surmonter et qu'on est force d'exterioriser. Une envie de changement si intense qu'on est pret a gacher meme les plus belles choses, pourvu qu'on puisse prendre une autre voie. Comment sais-tu tout ca, toi, si tu n'as jamais fait cette crise ? Ayant une petite soeur a la maison, j'ai de quoi observer ! Et puis on en parle tellement, de cette adolescence a la noix, qu'il est difficile de passer a cote !

Je ne pretends pas etre la personne la plus experimentee au monde. Je n'ai pas beaucoup voyage. Je n'ai eu que tres peu de petits amis. Certains diront, et c'est normal (car il faut bien avouer qu'il y a du vrai la-dedans), que la maturite vient avec l'experience. Je ne connais du monde qui m'entoure que ce que j'entends, ce qu'on m'en dit. Mais j'ai souvent ete decue. J'ai appris que dans la vie, il ne faut se reposer sur rien, ni sur personne, car tout est susceptible de se briser en mille morceaux. Je crois que tirer une telle conclusion est deja une forme d'experience. Celle de la deception. Celle des erreurs, des choix qu'on regrette. Si j'avais su, j'aurais fait ca autrement, je n'aurais pas dit ca, pas fait ca...  C'est peut etre ca, aussi, devenir adulte... Etre decu...  Et se dire que la deception fait partie de la vie...

 

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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Jeudi 19 octobre 2006

Mon cher Victor,

Un petit coucou, vite fait, en passant, pour te dire que j'ai tres tres mal aux bras. Tu as fait trop de sport ? Tu as des courbatures ? Non. On ne peut pas dire que de ce cote-la je me foule beaucoup. Eh bien alors... Tu t'es disputee avec quelqu'un qui t'a agrippe par le bras et l'a serre tres fort ? Non plus. Quelle imagination debordante tu as ! Alors je ne vois pas...

D'abord, contextualisons. Il est 18 h. Soit, en Angleterre, l'heure de manger. Ils mangent tot ! Fabrice, Sophie et moi nous rendons a un repas auquel nous a convies une etudiante Erasmus musulmane, prenommee Esra. Nous savons peu de chose : c'est un repas indien (j'ai recemment decouvert la gastronomie indienne et je dois dire que c'est delicieux, pourvu qu'on aime manger epice !), ensuite c'est un repas de charite puisque tous les fonds seront reverse a un pays africain (mais Esra n'a pas precise lequel...) et enfin ce sera £3 chacun. C'est abordable ! Oui.

Ignorant l'abominable drame qui m'attend au tournant, je souris a la vie, pensant, naivement, qu'elle fait de meme a mon egard. Nous approchons de la bibliotheque du "Park Campus", bibliotheque qui, malheureusement, n'a qu'une entree (et quelle entree !) : un tourniquet ! Un tourniquet ? Je te montrerai des photos. Mais ce n'etait pas un tourniquet large et confortable comme ceux des supermarches, non, non, non ! C'etait un tourniquet riquiqui, minuscule et je deteste ca.

Fabrice et Sophie, comme les deux grands gamins qu'ils sont, s'engagent dans le tourniquet en le faisant tourner tres tres vite.  Moi, craintive et plutot prudente, je voudrais attendre qu'il ralentisse mais nous sommes deja en retard et mes comperes, passes de l'autre cote, sont creves de rire en me voyant hesiter. Alors evidemment tu y es allee ! Et plutot deux fois qu'une. J'ai fonce dans le tourniquet en m'exclamant : "Allons-y gaiement !". Si gaiement que le tourniquet a ete plus rapide que moi... En moins de deux, je me suis retrouvee emportee par le tourniquet, le bras droit broye entre le volet de ce maudit engin et le mur. J'ai senti mon bras se retourner comme une crepe. Aie aie aie ! J'ai hurle tout ce que j'ai pu, bien evidemment. Ma pauvre Mirabelle ! Comme tu as du souffrir ! Pire que ca : j'ai jongle !

Je ne sais pas comment j'ai fait mon compte mais je me suis degagee du tourniquet et ai fonce dehors pour m'asseoir sur un banc et gemir a ma guise. Fabrice et Sophie, qui n'avaient pas assiste a la scene, tout occupes qu'ils etaient a cavaler vers le repas, etaient morts de rire. Quelle cruaute ! Je dois dire qu'en ce qui me concerne, je ne rigolais pas du tout, j'etais meme au bord des larmes ! Deja que tu as tendance a pleurer pour un rien, alors j'imagine combien cela a du etre tentant ! Enfin bon... J'ai rejoint le repas tant bien que mal, mais le coeur n'y etait plus. La douleur etait lancinante et m'avait coupe l'appetit. Alors qu'as-tu fait ? Eh bien... J'ai repris ce satane "yellow bus" et je suis rentree.

Et maintenant ? Comment va ton bras ? J'ai un enorme hematome. Mais enfin... Si on essaie de voir le cote positif des choses... Oui ? Dis-moi ? Eh bien, avec mon pull, etant donne que mon bras a gonfle, on dirait que je suis musclee. C'est deja ca... Humm... Tout est une question de point de vue...

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publié dans : Chez les British par Mirabelle
Jeudi 19 octobre 2006

Mon cher Victor,

A la rubrique "A propos des British" (a ce propos, tu noteras, Victor, que d'importants changements d'intitules ont ete commis par ma personne ; je te charge donc de rectifier ces intitules dans les articles susceptibles d'evoquer les differentes categories), il manquait cruellement une description de mon principal moyen de transport pour aller d'un campus a l'autre : le yellow bus ! Pourquoi donc dois-tu aller d'un Campus a l'autre ? Je croyais que tu logeais a l'universite ? Je loge bien a l'universite ! Mais mon logement est sur le campus de "Avenue", tandis que tous mes cours ont lieu sur celui de "Park". Toujours preciser le contexte avant de se lancer dans le vif du sujet, Mirabelle ! TOU-JOURS !

En tant qu'etudiante Erasmus, je n'ai que huit heures de cours par semaine. Et avec ca, tu dis que tu n'as pas le temps de venir me voir ?! C'est un comble ! Ne t'echauffe pas, Victor, s'il te plait, ce n'est pas bon pour ton coeur. J'ai donc huit heures de cours, et je commence a neuf du matin deux fois par semaine. Le mardi et le jeudi sont devenues mes journees "betes noires", et tout ca a cause de ce satane "yellow bus". Contextualise, Mirabelle, contextualise ! J'allais le faire. Il faut savoir que pour arriver A L'HEURE (vous comprendrez la signification des majuscules un  peu plus tard...) a un cours debutant a neuf heures, je prends le bus de 8h09. C'est precis ! Il n'y a guere que l'horaire theorique qui le soit... Parce qu'en general, il a AU MOINS 10 minutes de retard ! Je commence a comprendre pourquoi tu sembles si mecontente des transports ! Mais ce  n'est pas le pire !

Le pire c'est LA RUEE ! La ruee ? Je crains qu'il ne te faille contextualiser encore un peu plus, Mirabelle... Tu vas comprendre : les bus passent TOUTES LES TRENTE MINUTES ! Inutile de te dire que chacun est pret a ecrabouiller son voisin pour etre certain de monter ! Mon dieu... Et c'est le meme manege tous les jours ! Bien qu'en Angleterre, les gens fassent la queue a l'arret de bus (ce qui nous a d'ailleurs valu quelques regards desapprobateurs dans les premiers temps, vu qu'en France, chacun se pose la ou il veut pour attendre son bus !), cette queue n'est qu'illusoire, puisqu'a l'approche du bus jaune (tu verrais le tableau Victor, tout le monde commence a pietiner !) chacun se rapproche au maximum du trottoir et joue des coudes pour evincer les concurrents. Il n'y a pas de quoi se presser ! Tout le monde peut monter, non ? Eh bien non, justement ! Alors quoi ? Vous restez sur le carreau ? Oui. Raconte-moi tout ca ! Ce sera pour la prochaine fois ! Ca y est, tu recommences a me taquiner... Tu m'agaces, Mirabelle... Allez, retourne chez tes British ! Et j'espere que tu resteras coincee dans ton yellow bus, tiens, ca te fera les pieds !

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publié dans : Chez les British par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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