XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Jeudi 30 août 2007
Mon cher Victor,

Alors autant te le dire tout de suite avant que tu ne m'incendies : aujourd'hui, je suis dans un état lamentable ! J'ai eu des maux de ventre  toute la journée, j'ai froid et chaud en même temps et je suis complètement stressée... Allons bon ! Des nouvelles de ton école de la première semaine ?  J'ai appelé la circonscription  dont je vais dépendre pour la première semaine et  la chance m'a encore souri !  Aaaah !  Ton postérieur est bordé de nouilles ! Eh  oui. Je suis dans une ville pas trop loin de chez moi, pas dans un bled paumé !  J'ai un simple niveau : une GS,  avec 20 élèves ! Et en plus, le directeur, que j'ai eu au bout du fil  quand j'ai appelé l'école , m'a l'air très très très gentil. Il n'y a  plus qu'à prier pour que la chance ne te quitte pas de sitôt ! Tu imagines, Mirabelle, si tu avais un bon poste pour le mouvement de septembre ? Je n'ose même pas y penser !

Demain, 9 heures, pré-rentrée à l'école. J'ai beau savoir que je ne vais enseigner là-bas que le temps d'une semaine, je suis absolument morte de trouille. Je ne pense qu'à cela. Je me sens complètement désamparée. Allons, allons, Mirabelle... Tu connais déjà la GS, tu en as eu lors de tes stages ! Certes. Il n'empêche que j'ai du mal à imaginer à quoi ressemble une rentrée de GS... Même une rentrée tout court, d'ailleurs, puisque ce sera ta première en tant qu'enseignante ! Oui, bon, c'est vrai, j'ai des circonstances atténuantes. Il n'empêche que j'ai peur, j'ai peur, j'ai peur. Tu auras encore plus peur dans quinze jours, quand il s'agira de ton poste définitif !  Oh la la, ne m'en parle pas, ne m'en parle pas, ne m'en parle pas, ne m'en parle pas !

J'ai peur. Rien qu'à l'idée de savoir que mardi, je ferai la rentrée dans une classe, même si c'est pour une semaine, je pète de trouille. Je suis partagée entre le besoin physique, désormais (parce que l'attente, franchement, ça me rend folle...) de SAVOIR, au moins SAVOIR où je serai définitivement, et celui d'arrêter le temps, parce que je crains de ne pas être à la hauteur, parce qu'il faut grandir, parce qu'il faut devenir adulte, parce que, parce que, parce que... Plus on se rapproche de l'échéance, plus je fais de cauchemars. J'ai du mal à m'endormir, et quand je parviens à trouver le sommeil, celui-ci ne m'assomme qu'à demi... Mes rêves sont peuplés de "fiche de voeux", de week-end turbo, d'appartement que je ne trouve pas, de scooter que je ne sais pas conduire et que je ne sais pas relever, de "honte", de "honte", de "honte"... D'où vient cette honte ? Je ne l'explique pas. Je ne veux pas l'expliquer. J'ai honte, c'est tout. Un manque de confiance en toi... Oui, sans doute.

Le temps file à une vitesse folle.
Nous sommes jeudi. Demain, pré-rentrée. Ensuite, un week-end dément à bosser, bosser, bosser, pour cette GS qui m'occupera pendant une semaine. Et puis ce parachutage dans une école que je ne connais pas et dans laquelle je ne resterai pas. Jeudi soir, la fiche de voeu à remplir. La carte à examiner. Les moyens de transports à trouver. Les cabinets de vétérinaire à repérer. S'assurer de l'existence de commerces alentours. Tout un tas de paramètres qui conditionneront la formulation de mes voeux. Et puis rendre la fiche, avec la mention "pas de permis" sur la photocopie que je donnerai aux syndicats. Attendre vendredi midi et savoir, enfin. Savoir. A peine le temps de savourer le verdict et zou, c'est reparti, un week-end à bosser pour ma classe définitive, à appeler les agences immobilières, à commencer le déménagement.

Hier soir, je me suis effondrée. Ca fait trop de choses à la fois. Il me semble que ma vie a besoin d'éclater en mille morceaux pour pouvoir commencer enfin. Qu'il faut que je sois profondément angoissée, profondément malheureuse, pour trouver le bonheur dans quelques semaines, quand j'aurai chat et appartement. Il me semble que je dois jongler avec tout ça pour finir plus forte, plus vivante. Il me semble que je suis un puzzle. Toutes mes pièces sont éparpillées. Il me faudra du temps pour les assembler toutes, beaucoup de temps, pour qu'enfin apparaisse la beauté.
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Samedi 1 septembre 2007
Mon cher Victor,

J'essaie de ne pas penser à l'avenir, Victor. De passer les jours les uns après les autres. Pas envie de planifier. Je veux juster regarder droit devant, ne plus me retourner, et ne penser qu'à mon métier, le fil conducteur de mon existence, mon équilibre. Je veux juste avancer, comme un automate, sans me poser de questions, sans doutes, sans craintes, sans regrets, sans remords. Rien du tout. Je veux juste bosser tout ce week-end, préparer ma semaine et m'écrouler dans mon lit, assomée par la fatigue. Je veux juste être crevée pour ne pas pouvoir penser à autre chose. Je veux juste penser à moi. A moi. A moi et à mon métier. Oublier. Tout oublier.

J'aimerais faire table raze de ma mémoire sale. Que plus rien ne soit triste, que plus rien ne soit grave. Oublier qui j'étais, mes faiblesses, mes douleurs. En fait, j'aimerais ne pas me connaître moi-même. Et me découvrir, nouvelle personne, nouvelle façon de penser. Ne plus avoir mal. Ne plus rien ressentir que le sentiment neuf d'être quelqu'un d'autre. Non. Pas quelqu'un d'autre, car "être quelqu'un d'autre", c'est déjà comparer ce "quelqu'un d'autre" avec "celle d'avant", et ça, je ne veux pas. Je ne veux même pas de cette idée de "celle d'avant". Je veux tout recommencer. Me pardonner. Faire peau neuve. Je ne l'ai jamais autant souhaité.

J'aimerais figer le temps. J'aimerais ne pas devenir adulte. Parce que ça me terrifie. Et que je n'ai plus choix. Et que je ne m'en sens pas capable. Parce que je me sens seule et que je ne sais comment vaincre cette solitude. J'aimerais figer le temps. Me fondre en lui et ne plus exister. J'aimerais ne pas me réveiller le matin avec cette sensation d'impuissance, cet instant fugace où je me dis que je n'y peux rien. Que je ne peux rien à rien. J'aimerais faire un saut dans le temps. Six mois. Rien que pour quitter cet état désagréable de cette vie qui ne décolle pas. Ne plus avoir envie d'aboyer sur tout le monde, ni de me recroqueviller sur moi-même. Vaincre ma culpabilité. Et me laisser une chance.

Je sais ce que je vais faire aujourd'hui. Et puis demain. Et puis après-demain. Et puis le jour suivant. Ce sera toujours la même chose. Je vais bosser, bosser, bosser. Sinon, je m'écroulerai. Ca ne m'enchante pas, ce scénario qui se répète, en boucle, encore, toujours. Mais je ne peux pas faire autrement. Sinon je m'écroule.
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 par Mirabelle
Mardi 4 septembre 2007
Mon cher Victor, rentr--eclasse.jpg

Comme d'habitude, me voilà revenue plus tôt que prévu... Tu sais que je ne peux pas me passer de toi bien longtemps ! Ca, ça veut dire que le moral ne suit pas... Je n'irai pas jusque là. Je suis assez partagée. Ce qui est certain, c'est que j'ai grandement besoin de te faire part de mes émotion... Cela va m'aider à y voir  clair, et à  faire un bilan de ma première rentrée d'enseignante.

Alors, alors... Lundi. Pré-rentrée. Je m'affaire, je m'affaire, je m'affaire. Je cours, je cours. Je découpe, je colle, je fais des montages. Je photocopie, je massicote, je photocopie, je massicote. A 16 h, j'admire, ravie, mes tas de polypop' alignés sur mon bureau, dans l'ordre chronologique de ma journée. Il n'y a plus qu'à attendre les fauves ! Voiiilà, c'est ça ! Seul bémol : l'ATSEM avec qui je vais travailler pendant cette semaine est aimable comme une porte de prison et soupire dès que je demande des renseignements. Comble du comble, je suis persuadée qu'elle m'ignore royalement quand je lui pose une question alors que, je l'apprendrais plus tard, elle est sourde comme un pot. De plus, en fin de journée, elle se tire en me disant : "Bon, ben, il me manque une étiquette de présence à plastifier, je la ferai demain matin en arrivant... Ah oui, et puis aussi, j'ai pas installé les tables... Bon. Ben, à lundi !". J'ouvre la bouche pour dire quelque chose, avec toute la diplomatie qui me caractérise, mais pfiout, elle s'est déjà envolée.

Hier soir, je suis hébergée chez une amie de galère, avec une autre compagnonne. Son conjoint créole nous fait goûter son punch aux fruits de la passion et nous mitonne un petit repas typique de chez lui. Nous sommes aux anges, ainsi que nos estomacs. Bon vivant, il essaie de nous faire boire mais attention, faut pas rigoler avec ça, hors de question d'avoir la gueule de bois pour notre première rentrée d'instit'. Je me couche à une heure raisonnable, sans une once d'angoisse, à mon grand étonnement. Même surprise le lendemain matin, quand je constate que je n'ai ni diarrhée (amis poètes, bonsoir) ni gargouillis abjects. Je débarque à l'école fraîche et dispose, fais la bise au directeur, retire l'alarme du bâtiment et pénètre dans ma classe. J'ai vingt minutes d'avance et pense régler quelques détails de disposition et d'affichage. Que nenni. Cinq minutes avant l'heure d'ouverture de l'école, je constate que l'ATSEM n'est toujours pas arrivée. Je ne sais pas où est l'étiquette qu'elle est chargée de préparer. Et elle n'a pas atteint les puzzles, pâtes à modeler, feutres et autres activités d'accueil comme je le lui avais demandé. Tout à coup, c'est la panique à bord. Je sors tout le matériel susceptible d'être utilisé en autonomie par les mômes. Tant pis si je n'ai pas relu le déroulement de ma journée. Pas le temps. Plus le temps.

Enfin, l'ATSEM arrive la bouche en coeur. Il lui reste environ deux minutes chrono avant l'arrivée des fauves et de leurs géniteurs. Elle n'a pourtant pas l'air de réaliser qu'il n'est pas très correct et pas du tout accueillant, pour un enfant, d'être le seul à ne pas posséder son étiquette de présence. Si j'avais été la mère, je vous le dis franchement, j'aurais piqué ma gueulante. Mais non, cette dame ne s'est offusquée en rien devant le sourire de l'ATSEM. Bon. Bref. Premier accro de la journée. Plus le temps de resasser mes râlements intérieurs, cependant, car ça y est, les gosses sont là, et les parents avec. Et il y a des larmes ! Des cris. Il y a aussi des élèves, heureusement, qui se contentent d'un "à ce midi, Maman !", et vont direct au rayon "garage". Bon. Il y en a aussi qui ne sont pas propres (eh oui, même en Grande Section) et qui "n'ont pas fait popo avant de partir". Il y en a aussi qui embrassent directement la maîtresse : "Eeeeeeeeeeh ! Maîtreeeeessse ! Tu sais où j'ai été en vacances, moi ?". Et d'autres auxquels on ne peut pas décrocher le moindre mot, même un bonjour. Bon. Puis les adultes décollent, certains ont visiblement bien du mal à se séparer de la prunelle de leurs yeux. Mais ils décollent. C'est l'essentiel.

Et que la fête commence...
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publié dans : Mirabelle, maîtresse T1
Mercredi 5 septembre 2007
Mon cher Victor,

rentr--e3.jpg
Où en étions-nous hier Tu avais interrompu notre conversation juste au moment où les parents quittaient la classe... Ah oui, c'est ça ! Bien.  Les parents s'en vont donc et je  frappe dans mes mains pour attirer l'attention des gosses  : c'est l'heure du rangement !  Et crois-moi, c'est pas du luxe... Je risquais  un accident du travail en glissant sur une tomate en plastique ou une petite voiture ! Heureusement, il n'en fut rien. Enfin... Tu verras que la journée réservait, de toute façon, son lot de surprises, de frayeurs et de frissons... Et de gloire ! De gloire ?! Eh eh... Tu vas comprendre, tu vas comprendre...

Regroupement. On se présente. J'explique que je ne serai leur maîtresse que pour une semaine. Rappel de ce qu'est une semaine. Comptage des jours. Identification de la date et du mois. Ca commence bien : certains sont persuadés d'être en décembre, "le mois du Père Noël" ! Ca ne m'étonne guère : sur le temps d'accueil, beaucoup d'élèves s'étaient mis en tête de dessiner des sapins... Va savoir pourquoi... Bref. Nous évoquons ensuite la météo, comptons ensemble le nombre d'élèves présents ; rien de bien original, donc, pour des rituels de Maternelle. Petit moment de langage ensuite, à propos de, devine quoi... Les vacances d'été ! Tout juste ! Alors que Loana se lance dans la description de l'eau bleue de "chez sa mamie", on frappe à la porte. C'est un monsieur d'un certain âge, l'air avenant, bien endimmanché. Derrière lui, un photographe. Un vrai de vrai ? Un vrai de vrai.

Toute impressionnée que je suis (je m'imagine, bien évidemment, qu'il s'agit de l'Inspecteur de la circonscription, venu faire le tour des classes pour cette nouvelle rentrée scolaire...), j'entends les mots "maire" et "votre première année". J'acquiesce quand il faut, souris quand il faut, serre la main quand il faut. Et le photographe, lui, prend son cliché quand il faut aussi, c'est à dire au moment de la poignée de main ! C'était un journaliste, sans aucun doute... Oui. Tu vas être dans le journal, alors ! Je ne sais pas trop. J'imagine qu'il y a eu une photo de faite dans chaque classe... Oui mais toi, tu incarnes la nouvelle génération ! Il paraît, il paraît... En tous cas, ma grand-mère aurait été très très fière ! Bref. Monsieur le Maire quitte la classe après avoir été fort admiratif de ces "enfants si sages" (il tombait pile dans la demie-heure idyllique...) et moi, je retourne sur ma petite chaise, comme dans du coton. La première partie de matinée se déroule bien. Les ateliers fonctionnent bien et l'assistante d'éducation, qui vient voir si je n'ai pas besoin de quelque chose, trouve les enfants très calmes. Je suis ravie. Pas pour longtemps ? Pas pour très longtemps...

C'est après la récréation que cela se gâte. Les enfants ont pris confiance et se sentent, disons... Très à l'aise ! Ah oui... Pour reprendre ton mot, ils... Prennent leurs aises ! Voooilà ! Je t'épargnerai les détails. Sache juste une chose : je n'avais jamais travaillé dans une école classée ZEP. On dit que les enfants y sont plus durs qu'ailleurs. Dans le cas de mon poste provisoire, c'est largement justifié. J'ai dû affronter ce qui, déjà, en classe ordinaire, n'est pas évident d'arborer pour obtenir des résultats : l'Autorité. Sans donner de noms, sans citer d'enfants, il est clair, à mes yeux, que la contrariété peut devenir, pour certains élèves, une source de blocage. Plus envie de rien faire. Ils partent bouder dans un coin. Ou pire : c'est la crise de nerfs. C'est très difficile à gérer. Parce qu'ils n'écoutent plus. Plus du tout. Que cela déraper en violence. Et que, bien souvent, ils entraînent la classe dans cette spirale néfaste qu'est comment-bousiller-la-première-rentrée-de-la-maîtresse-en-moins-de-deux. Ne leur en veux pas, à ces petiots, Mirabelle... Ils ne le font certainement pas exprès ! Ah mais je ne leur en veux pas ! Qu'il n'y ait pas de malentendus ! Quant à savoir s'ils le font exprès ou non... Je ne pose pas le problème en ces termes... Il faut voir aussi les habitudes de ces enfants à la maison, leur cadre de vie... Et tu peux bien te douter, si c'est classé ZEP, que... Oui, je vois, je vois... Ce n'est pas un milieu très favorisé...

La séance de motricité, par exemple, a été compliquée. Alors que mes Petits du lundi, en fin d'année, me gratifiaient d'une superbe ronde, ces "MS sortants" peinent à se donner les mains et, quand toutes les mimines sont liées les unes aux autres, tirent, poussent, s'entraînent pour se faire tomber. C'était visiblement très drôle pour eux, cela l'était beaucoup moins pour moi comme tu peux t'en douter. J'ai donc pris la décision de faire se rasseoir tout le monde et n'ai pu obtenir qu'un calme très très relatif. C'est ce moment qu'a choisi Monsieur l'Inspecteur de la Circonscription pour faire son apparition dans la salle. J'ai bien évidemment regretté instantanément qu'il ne soit pas venu pour le regroupement ce matin. J'aurais préféré qu'il inverse sa visite avec celle de Monsieur le Maire mais ainsi va la vie. Bref. Je me présente. Il note sur un calepin l'effectif de la classe et finit par me dire qu'il n'est autre que l'Inspecteur de la Circonscription, comme j'ai dû le deviner. Certes. Puis il me demande dans quelles écoles j'ai enseigné durant mes stages. Mon cerveau chauffe, chauffe, chauffe. J'ai plus envie de garder un oeil sur les enfants qui gesticulent sur les bancs, et très honnêtement, je dois faire un effort surhumain dans le brouillard de mes souvenirs. Cet Inspecteur est pourtant très gentil et me souhaite une bonne journée. Il s'en va. Et voilà : C'était la première fois que je voyais un Inspecteur ! Il faut une première fois à tout !

La matinée file à une vitesse monumentale. Et déjà il est 11 h 45 : les parents se présentent à la porte pour récupérer leur progéniture. La classe se vide petit à petit. Il faut se souvenir non seulement des prénoms des élèves (et j'ai la fierté de t'annoncer que je les ai tous enregistrés !) mais aussi associer le visage de chaque parent à celui de son enfant, ce qui est moins évident. A 12 h, il n'y a plus personne. Je souffle à peine, attrape mon teléphone, manteau et portefeuille et je m'en vais attendre mon bus pour descendre en ville et manger avec mon amie S., qui, affectée dans un bourg non loin d'ici, n'a pas de classe en charge et aide à la direction.

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Jeudi 6 septembre 2007

Mon cher Victor,

Je viens de rentrer de l'école et me suis ruée sur mon ordinateur. Je suis rentrée chez moi exprès pour ça. C'est aujourd'hui qu'est publiée la liste des postes pour le troisième mouvement. C'est aujourd'hui que je dois remplir ma fiche de voeux. C'est cette nuit que je vais devoir tout éplucher, et c'est cette nuit que j'enverrai mes voeux. Demain, j'aurai des MS-GS : une classe fermera et je récupère un petit groupe de MS. Je n'ai évidemment rien de prêt pour des MS.
En cliquant sur le site sensé nous ouvrir la porte des postes (enfin !), la circulaire nous informe que ceux-ci seront disponibles en fin d'après-midi.
Il est 18 h 55.
Rien sur le site.
Rien, rien, rien, rien.
Rien, je te dis.

Rien.
Je n'en peux plus.
Je vais exploser. M'évanouir. L'attente est insoutenable.
Je n'appelle pas ça une "fin d'après-midi", moi, mais plutôt un "début de soirée".
Et si je n'avais pas "un devoir de réserve", je t'assure que je te dirais bien autre chose encore... J'en devine la teneur...

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Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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