XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Positif, Négatif

Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tu sais, quand j'étais petite... Je voulais être écrivain. Ah oui ?! C'est adorable, ça, Mirabelle !

Quand j'étais petite, je me souviens que tous les soirs, je rejoignais ma maman dans le grand lit de mes parents. Tous les soirs, ma mère lisait. Des livres de poche, bien souvent, écrits tout petit. Je la regardais lire. J'observais ses yeux parcourant la page, ses froncements de sourcils, parfois, ses sourires, quelques fois, ou carrément ses éclats de rire. J'étais fascinée. Etonnée aussi. Par ses pupilles, ses clignement de paupières... Ce regard qui bouge, qui va à la ligne, au rythme des phrases. Je ne m'en lassais pas...

Comment pouvait-on passer tant de temps fixée sur une page, sur tous ces petits caractères insensés ? Ces signes éveillaient ma curiosité. Je n'avais qu'une envie : pouvoir, un jour, à mon tour, passer des heures dans un lit, à lire un livre. Petit à petit, j'ai moi aussi, tenu des livres entre mes mains. Des bandes dessinées, les Brétecher de ma mère par exemple, que j'adorais, mais auxquelles, il faut bien le dire, je ne comprenais strictement rien ! Ce qui n'enlevait rien à la magie de la chose... Je comprends mieux désormais, tous ces textes didactiques qu'on m'a fait lire à l'IUFM sur l'importance du mimétisme dans le goût de la lecture, sur le rôle déterminant des parents dans la familiarisation avec l'écrit. Si j'aime lire aujourd'hui, si j'aime écrire, cela vient sans doute de là...

Paradoxalement, je n'ai pas de souvenirs précis de mes premiers pas en lecture. Juste des anecdotes, mille fois racontées par mes parents, du genre : "Quand j'ai vu ta maîtresse de CE1, elle m'a fait beaucoup de compliments sur tes rédactions ! Elle m'a raconté que tu conjuguais le passé simple avant même que vous ne l'ayiez vu en classe ! Elle n'avait jamais vu ça de sa carrière ! Cela prouve comme la lecture t'avait aidée !"... On peut douter de l'objectivité de telles déclarations... Fierté parentale oblige ! Cependant... Cependant, je me rappelle très exactement mes débuts en écriture. Je devais être en CE1. La maîtresse lisait mes rédactions à haute voix. Je devenais rouge comme une pivoine, on chuchotait mon nom. J'osais à peine écouter mon propre texte... Et je me disais, pourtant, toute étonnée : "Comment ? C'est moi, moi qui ai écrit ça ?!". Drôle de sensation que d'entendre son oeuvre lue par quelqu'un d'autre. Le texte prend vie. Il ne vous appartient plus. A qui le dis-tu ?! J'en sais quelque chose !

Je garde une certaine tendresse pour mes années à l'école primaire. J'étais bonne élève, c'est vrai, et j'imagine que ceci explique cela. Mais ce que j'aimais par-dessus tout, vraiment, c'était la rédaction. Une fois, la maîtresse avait lu un de mes textes à haute voix, tout en spécifiant qu'"il ne respectait pas la consigne" mais qu'elle "le lisait quand même parce qu'il était très beau". Eh bien... Quel honneur ! Oui. J'ai également le souvenir de mon instituteur de CM1 qui n'avait pas du tout compris mes intentions : face à un début d'histoire dont les personnages principaux étaient des enfants, j'avais tenté, dans un dialogue, de restituer le langage enfantin. J'avais donc omis, délibéremment, les négations. Et quand le maître me rendit mon cahier de rédaction, je constatai avec stupéfaction qu'il avait rajouté les négations ! J'en fus presque offensée ! J'allai donc le voir, avant la récréation, pour lui expliquer mon choix :

- C'était fait exprès, c'était pour parler comme les enfants ! Les enfants, quand ils parlent, ils ne mettent pas les négations !

Je vois encore son air interloqué. On le comprend ! Un petit bout de CM1 qui vient expliquer pourquoi il n'a pas mis de négation dans un dialogue, on ne voit pas cela tous les jours, j'imagine ! Je te redirai ça quand je serai maîtresse, Victor... Mais je parle, je parle ! Et tu dois te lasser ! Jamais ! Et surtout pas quand on parle de livres et d'écriture ! Cependant, j'avoue que je suis un peu fatigué : pas par notre conversation, rassure-toi, mais enfin, en ce moment, je ne me sens pas au mieux de ma forme, la vieillesse qui me travaille, sans doute... Très bien. Nous continuerons cette discussion la prochaine fois, alors ? Si tu es d'accord, bien entendu ! Evidemment ! Ce sera même avec plaisir !

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Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Alors, on continue dans tes souvenirs d'enfance aujourd'hui ? Cela m'a l'air de t'emballer ! Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ton article précédent ! Et j'ai hâte que tu poursuives ! Tu m'en vois ravie !

Dès que j'eus maîtrisé la technique graphique de l'écriture, dès qu'elle fut assez automatisée pour me permettre de me concentrer sur mes idées, je commençai à écrire des petites histoires, minuscules, sur des feuilles blanches. Un chat, un petit garçon et une tortue (j'imagine que Boule et Bill avaient dû passer par là...). Ma maman corrigeait mes fautes d'orthographe. Elle avait relié les feuilles blanches entre elles : "tu vois, tu as écrit un vrai livre". Un vrai livre... J'en étais toute retournée !

Vers l'âge de huit-neuf ans, ma facilité d'écriture se développa : j'écrivais de plus en plus, mais seule, sans l'aide de personne. Un jour, j'ai pris un cahier bleu de cent quatre-vingts pages (je l'ai encore à la maison) et c'est là que tout a débuté. L'histoire d'un chien, Spot, un berger Allemand. Un petit garçon, Yann, l'adopte, et le cache à de ses parents. Une grande amitié naît entre eux. Dans ma tête de petite fille, c'était un livre, un vrai. J'avais collé une photo de chien sur la couverture de mon cahier (un caniche, mais quelle importance, dis-moi ?) puis fait une page de garde. Ecrit en gros mon nom, et le titre de mon livre. J'avais même divisé mon oeuvre en chapitres, et fait des illustrations pour accompagner le tout ! Et tout ça me prenait un temps fou... Je passais des journées entières dans ma chambre à écrire, et me forçais à une certaine discipline. Je me laissais emporter par mes idées. Bientôt, mon cahier fut rempli par ma petite écriture penchée d'écolière. J'enchaînai alors sur un deuxième tome, en inventant de nouveaux personnages, de nouveaux lieux, qui évoluaient en même temps que moi. Un voyage à New-York, par exemple, ou une amourette d'enfants entre Yann et Clara, sa jolie voisine ! Il y eut un troisième tome. Je faisais lire mes écrits à mes parents, qui n'hésitaient pas à me faire part de quelques incohérences. "Je suis écrivain !" me disais-je. J'étais si fière ! Si fière !

Parfois, je tire des cartons "mes premiers livres". Je ressors aussi mes cahiers de primaire... Je relis mes rédactions. J'ai toujours un sourire pour les sujets que je traitais à l'époque, surtout quand je m'aperçois qu'ils étaient parfois plus originaux que je ne le pensais : j'ai plaisir à relire cette histoire de l'automne, que j'avais rendu sous les traits d'un personnage volant, plein de feuilles, qui emmenait un petit garçon se promener avec lui dans la campagne. Je l'avais nommé Totone. J'aime relire tout ça. Je suis face à la petite fille que j'étais, à mes rêves d'écriture... Et cela donne envie à la jeune femme que je suis devenue de satisfaire cette petite fille, de ne pas baisser les bras devant ses exigences...

 

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Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Mercredi soir, virée dans un bar dansant de ma petite ville, en compagnie de collègues de l'IUFM. Bien éméchées par un apéritif arrosé (dont les effets sont encore palpables malgré une bonne assiette de spaghetti bolognaises !), nous voici donc sur la piste de danse : je suis déchaînée comme jamais, envahie par un irrépressible besoin de me défouler : ras-le-bol du concours, ras-le-bol de courir, ras-le bol du permis, ral-le-bol de l'amour, ras-le-bol de tout ! Ah...Un ras-le-bol généralisé en effet ! Tu me fais craindre pour la suite... Tu n'as pas fait de bêtises au moins ? J'ai juste embrassé un type que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, puis j'ai dormi chez un illustre inconnu aussi imbibé que moi ! Quoi ?! Il faut te reprendre, Mirabelle ! Tu grimpes tout de suite, mon Victor, c'est fou, ça ! Très drôle... Ne te vexe pas. La plaisanterie n'était pas de très bon goût, je te l'accorde, mais il n'y a pas de quoi en faire une maladie non plus ! Enfin, si cela peut te rassurer, sache juste que je n'ai embrassé personne ni quoi que ce soit de plus intime ! Passons, passons... Dis-moi, pourquoi ces cochons ? J'aime quand tu me recadres, Victor...

Aujourd'hui, je voudrais m'interroger sur le monde si particulier des bars de nuit. Parce que vraiment... Ca me pose question. Tu sais, Victor, je ne vais pas souvent danser, mais j'ai pris la décision que la petite Mirabelle dans ses chaussons douillets, devant la télévision et avec son plaid de grand-mère, c'était terminé ! Si tu veux changer de cap, cela peut se comprendre... C'est pourquoi hier soir, je me suis comme qui dirait "éclatée sur la piste de danse". Gwenaëlle, une collègue de l'IUFM, elle aussi séparée de son copain (ça crée des liens), était dans les mêmes dispositions que moi, d'où une frénésie particulièrement clownesque. Et bien sûr, trois nanas SEULES qui font les folles, cela ne passe pas inaperçu, tu peux me croire ! Ni une ni deux, trois mâles de type africain nous abordent sans trop de cérémonie, comme si nous n'étions que de vulgaires morceaux de viande (pardonne-moi l'expression) : je te passe les détails du genre mains baladeuses et bouche qui s'approchent un peu trop près de la tienne... Pouah... J'en suis déjà tout dégoûté ! Et tu t'es laissée faire ? Pas toujours. Ce qui est sûr, c'est qu'en général, j'avais hâte que la chanson se termine. Et que j'avais tendance à me décaler le plus possible quand un spécimen me collait un peu trop ! Il faudrait savoir ce que tu veux... J'imagine qu'on ne vient pas dans ce genre d'endroits pour y faire du tricot !

Que veux-tu... Je suis ainsi. La bestialité de ce genre d'endroits me laisse perplexe. Et quand on m'agrippe par la taille sans me demander mon avis, ma première réaction est toujours de protester. Je veux qu'on me respecte. Et à ce que je sache, les femmes ne sont pas du bétailJe les voyais tous, là, à observer nos déhanchements, à faire leurs petits commentaires, à nous déshabiller du regard. J'ai l'impression qu'on nous conçoit, nous, les femmes, comme des pièces de boucherie se trémoussant sur une piste, avec des étiquettes "Premier Choix", "Deuxième choix", "Troisième choix"... Pourquoi vas-tu dans ce genre d'endroits alors ? Je commence à te connaître, Mirabelle... Tu cherches l'Amour, le grand, le vrai, et là... Penses-tu que ce soit le genre de lieu approprié pour trouver le prince charmant ? Alors disons que j'essaie simplement de m'adapter à la réalité. La réalité ?

Il paraît que c'est ça, la vie. Un grand marché de l'amour. Qu'il faut l'accepter tel quel. Que chacun tente sa chance, en y mettant ou non les formes. Ca me gêne un peu, je dois dire... Même si ce genre de relations n'était pas concevable à mon époque (enfin, avec toi, j'apprends les moeurs d'aujourd'hui), j'estime que tu devrais pourtant t'en satisfaire ! Tu disais chercher une histoire de transition ! Cela n'empêche pas que j'ai besoin de me sentir respectée. Et je suis désolée, des mecs baveux, en manque, qui te pelotent sans même te regarder, sans même prendre le temps de te demander ton prénom, je trouve ça révoltant ! Et pour moi... Ce sont des cochons. D'où la photographie ? D'où la photographie.

Et tu sais le pire, dans tout ça, mon Victor ? Non, mais tu ne vas pas tarder à m'en faire part ! C'est qu'il y a aussi des cochonnes. Ca me fait mal de l'avouer mais parfois, les femmes ne valent vraiment pas mieux que les hommes... Et sur quoi t'appuies-tu pour l'affirmer ? Une fille s'approche de notre groupe et nous demande si nous sommes célibataires. Moi, évidemment, comme je suis en période "d'acceptation de l'échec", je hôche la tête. Et là, voilà ce qu'elle me dit :

- Ca tombe bien ! J'ai deux copains là-bas qui sont célibataires et qui ont super chaud ! Ils ont très soif !

- Ah... Il se trouve que je n'ai pas soif du tout en ce qui me concerne.

- Ah bon ? Tu es sûre de toi ?

- Certaine. Vraiment pas soif du tout.

- Ohhh... Tu as été dégoûtée par les mecs, toi !

 

Grrrr... Je l'aurais giflée !! Je m'en doute...

 

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Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Commences-tu à te lasser de mes petites histoires égocentriques, de mes souvenirs d'enfance ? Car j'avais prévu de poursuivre aujourd'hui dans cette voie, mais si je sens que t'ennuies, nous pouvons tout à fait causer d'autre chose... Que vas-tu encore imaginer ? J'aime te voir retracer ton parcours d'apprenti-écrivain ! Tu vas me faire le plaisir de continuer ! Parfait !

Tu sais, Victor, mon papa avait une machine à écrire, une machine à écrire comme sur la photo jointe à cet article. Une machine à écrire ancienne, poussiéreuse, pleine de charme. Quand j'ai commencé à m'y intéresser, il ne s'en servait déjà presque plus. Alors j'ai pris le relais ! J'adorais frapper les touches, ce son sec et métallique. Je me donnais un air important. Et j'essayais de taper le plus vite possible, en tirant un peu la langue, en restant bien droite sur ma chaise. J'écrivais des poèmes. C'est drôle, je les ai toujours écrits à la machine à écrire, dans un souci de présentation claire, nette et précise ! Jamais sur du papier... Peut être parce que ma représentation de la poésie était trop "chic" pour être abaissée à une écriture d'enfant sur un cahier à grand carreaux...

Et puis un jour, cette machine à écrire a rendu l'âme. Le drame. J'avais onze ans. Et le jour de Noël... Mes parents m'ont offert une machine à écrire flambant neuve, jolie à souhait, avec ce que je considérais comme le comble de la modernité : un petit écran où je pouvais écrire mes textes, les enregistrer, et choisir de les imprimer plus tard ! Une révolution ! Cette machine à écrire, je ne l'ai plus lâchée. Les touches étaient douces, silencieuses. Il me semblait caresser du velours. Et quel bonheur de pouvoir écrire à n'importe quelle heure, de sauvegarder ses textes en se disant : "je les sortirai sur une feuille demain matin" ! J'ai passé des nuits entières à écrire là-dessus. J'ai toujours aimé écrire quand tout le monde dort. Comme si la vie se suspendait pour qu'on l'observe mieux.

Je l'ai toujours, cette machine à écrire. Elle trône sur mon bureau. Elle est en parfait état de fonctionnement. J'avoue que je m'en sers un peu moins aujourd'hui, ayant découvert les multiples possibilités de l'informatique et du traitement de texte. Cependant, j'y tiens toujours comme à la prunelle de mes yeux. Et quand je quitterai le cocon familial pour m'installer seule, elle m'accompagnera...

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Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle
Samedi 29 avril 2006 6 29 /04 /2006 00:00

Mon cher Victor,

Je rêve d'être écrivain. Ca y est, le mot est lâché... Ma petite fille, tu t'adresses à la bonne personne ! Pourquoi crois-tu que j'ai voulu bavarder avec toi plutôt qu'avec un autre ? Eh bien... Pour mes beaux yeux, pardi ! S'il n'y avait que cela, j'aurais pu choisir Ralph Fiennes, Rupert Everett ou... Qui sont tous ces gens ? Des acteurs bien de mon époque, que tu ne connais pas, bien évidemment !

Tu sais, Victor, quand ma passion pour le chant s'est révélée à moi, j'ai un peu mis de côté mon rêve d'écriture. Pas consciemment. Tout doucement. Sans m'en apercevoir. Pourtant, ce rêve est resté là, en arrière-plan, et je sais aujourd'hui qu'il ne m'avait jamais quitté. L'écriture fait partie de soi. Ecrire sera toujours un pan de ta personne, Mirabelle. Toujours. Tu l'as dans la peau. Tu as raison. C'est grâce à ce blog que j'en ai pris conscience. J'ai retrouvé la fièvre de l'inspiration, ce petit quelque chose en plus qui nous transporte en un pays inconnu, à l'écart de la vie réelle, qui nous isole du monde tout en nous rapprochant de l'essence des choses. C'est très spécial, l'écriture. Ecrire, c'est aussi faire passer des idées, Mirabelle ! Tu as l'air d'oublier que c'est un sacré pouvoir politique ! Je me disais bien que tu allais me lancer là-dessus... Venant de toi, rien de plus logique ! Mais je dois te dire que je n'ai pas les mêmes ambitions que toi. Les miennes sont bien plus modestes. Sans prétention. Je ne veux pas révolutionner le monde, et encore moins la France. D'autres s'y prendront mieux que moi. Je voudrais juste comprendre un peu mieux la vie, les gens... Des petites choses du quotidien... Ca n'a l'air de rien mais... C'est déjà beaucoup ! A mes yeux, oui. Eh bien alors, qu'attends-tu ? Lance-toi dans l'écriture d'un roman !

Un roman. J'ai tellement de respect et d'admiration pour ce mot que je crains bien de ne pas me montrer à la hauteur. Ai-je le talent nécessaire ? Assez d'idées ? Assez de rigueur ? Je ne sais pas. Tu ne pourras pas le savoir si tu ne t'essaies pas à un travail de longue haleine ! Il a bien fallu que les plus grands écrivains fassent leurs premiers pas avant de publier leurs chefs-d'oeuvres ! Et ce quelque soit l'époque ! Peut-être... Tu veux que je te dise ? Encore une fois, tu as peur. Ce n'est pas d'écrire un roman qui t'angoisse, c'est de ne JAMAIS être publiée ! D'être un écrivain raté, en quelque sorte ! Qu'as-tu à répondre à cela ? Je ne sais trop que dire. Sauf que pour toi, c'est facile : tu as été publié, tu es devenu un mythe, tes oeuvres sont étudiées au collège, au lycée... De nombreux établissements portent ton nom. C'est facile, après, de donner des leçons aux autres et de sous-entendre qu'il est simple comme bonjour d'écrire des romans ! C'est tout ce qui te vient à l'esprit pour te défendre ? Tu tombes bien bas, ma pauvre Mirabelle ! Ne me reproche pas mon succès, s'il te plaît, et occupe-toi plutôt du tien ! Non, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Tu crois que je les ai sortis d'une pochette-surprise, mes Misérables ? Tu ne crois pas que j'ai sué sang et eau pour en accoucher ?! Bon, d'accord... Excuse-moi, Victor, je n'ai pas envie qu'on se fâche... Tu me pardonnes ? Je ne sais pas. Ca me rend fou, moi, les gens qui gâchent leur talent en perdant leur temps en gérémiades ! Je suis difficile à supporter, c'est ça ? Franchement oui ! Mais enfin... Il faut croire que cela fait partie de ton charme !

Arrêtons là cette prise de becs, autant t'éviter la crise cardiaque ! Je réfléchirai à ce que tu m'as dit, promis... Encore heureux !

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Publié dans : Positif, Négatif - Par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 6 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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