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Grains de sel

Mots en l'air


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 4 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 1 mai 2006

Mon cher Victor,

Hier soir, bien au chaud dans mon petit lit (alors que comme d'habitude, je ne trouvais pas le sommeil !) je me suis prise à rêver. A quoi donc ? A une France utopique, qui n'existera sans doute jamais... A une idée qui me tient debout, tournée vers l'avenir, vers un idéal... J'adore les idéaux, tu le sais. Je suis moi-même pétri d'idéaux. Si tu me faisais partager les tiens ?

Je rêve d'une France où nous serions tous égaux. La révolution française a beau avoir posé les fondations de cette égalité, je persiste à penser que cette égalité est une égalité de droit et non de fait. Pour preuve, notre égoisme, à tous, moi y compris. Pas d'affirmations à l'emporte-pièce, Mirabelle... Justifie un peu ta pensée ! Très bien. Alors imagine-toi la scène...

C'est l'hiver. Il fait un froid de canard, il neige même un petit peu. Je suis frigorifiée, malgré mon manteau triple épaisseur qui me donne l'air d'une bombonnière, malgré mes gants de laine, malgré mon écharpe, malgré mon bonnet. Je me hâte. Je passe devant les Galeries Lafayette. Terré dans un coin, un clochard. Il me regarde passer... Et moi, moi, je ne le regarde pas. Je presse le pas. Je n'ose pas croiser son regard. J'ai honte. Je le connais, pourtant, ce clochard. Il est toujours là. Mais il me fait peur. Une peur idiote, j'en conviens... D'autant plus que je ne sais pas en identifier l'origine. Je sais juste que j'ai honte de moi, et que je suis gênée. Je le croise souvent, pourtant, ce clochard...

C'est la fin de l'hiver. Il fait moins froid. Cependant, le vent demeure assez piquant, et je frémis de plaisir en pénétrant dans le bus que j'attends depuis dix bonnes minutes. Il y fait si bon... Je m'assois comme d'habitude, devant, près du chauffeur, le nez collé à la vitre. Nous passons devant les Galeries Lafayette. J'ose regarder... Le clochard n'est plus là. A sa place, une rose rouge... Mon sang se glace. Je viens de comprendre...

C'était il y a quelques mois. Depuis, quand je longe les Galeries Lafayette, j'ai toujours une petite pensée pour cet homme. Une pensée honteuse, gênée, et en même temps pleine de compassion et de bons sentiments. Où veux-tu en venir avec cet exemple ? Tu ne vois pas, Victor ?

Je ne suis qu'une trouillarde. Comme tout le monde (ou presque). Et on aura beau faire de longs discours sur l'égalité, l'entraide, la solidarité, toutes ces belles valeurs ne trouveront d'accomplissement réel que si nos mentalités sont prêtes pour un tel changement. Il faut croire qu'elles ne seront jamais prêtes ! Quand on pense que la Révolution Française date de trois siècles ! Il y a vraiment des moments où je peine à croire encore en la nature humaine, franchement !

J'ai longtemps cru que la gauche aurait le pouvoir de métamorphoser la France. Jusqu'au jour où j'ai compris que quelles que soient nos opinions politiques, NOUS sommes la France. NOUS choisissons de donner le pouvoir à tel ou tel courant, gauche ou droite. Et quoi que décide le gouvernement en place, si NOUS ne sommes pas d'accord, il n'y aura pas de changements. Alors mes rêves d'égalité, où chacun tendrait une fleur à son voisin, tout ça, c'est irréalisable. Complètement irréalisable. C'est se voiler la face. Tout comme rendre le gouvernement responsable de tous nos malheurs revient à se déresponsabiliser.

Il y a des moments où j'ai envie de nous secouer tous et de nous mettre de grandes claques. Ah... Ne me fais pas ces yeux-là, je ne suis pas une violente ! J'ai juste envie d'avoir moins peur des autres, et que les autres aient moins peur de moi. Il faudrait que plus personne ne baisse les yeux, l'hiver, devant un clochard qui nous regarde passer. Il faudrait que nous osions plonger nos yeux dans les siens. Peut-être n'y verrions-nous rien qui nous effraie, finalement...

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Françaises, Français... commentaires (12)   
Lundi 1 mai 2006

Mon cher Victor,

Tout d'abord, je m'excuse auprès de toi, mon Victor. J'imagine que tu déjà été surfer sur les blogs de Matthieu, de Laflote et de Mel, qui ont déjà traité le sujet que je vais aborder aujourd'hui. Sache seulement que je ne les ai copiés en rien : l'idée germait déjà dans ma petite caboche depuis un certain temps, et j'avais même entamé un brouillon ! Mais enfin... C'est la loi du plus rapide, et je te fais mes plus plates excuses, ainsi qu'à mes trois collègues de la blogosphère. Tu sais, ma Mirabelle, je lis tellement d'articles que je finis par les confondre tous... Ma pauvre tête, tu comprends... C'est l'âge... Je peux y aller alors ? Mais ouiii ! Je suis toute ouie !

Terrible nouvelle annoncée dans les médias la semaine dernière. Quoi donc ? Une catastrophe ? Une révolution ? Le rétablissement de l'empire ? Pire que ça. Euh... Zinedine Zidane prend sa retraite. Qui c'est, ça, Zinedine Zidane ? Un sportif. Un footballeur plus précisemment. Une légende vivante depuis la Coupe du Monde 1998. Et qu'est-ce qu'il a fait de si exceptionnel, ce cher monsieur, pour mériter ce statut de légende vivante ? Pas grand chose. Il a tapé dans un ballon. Il a fait des publicités. Il a représenté des associations caritatives. C'est bien, ça, les associations ! Je ne dis pas le contraire. Mais aujourd'hui, des people non engagés sont des people qu'on n'engage plus à la télé : la célébrité, la reconnaissance, passent désormais aussi par le don de soi. Ohh ! Regardez ! Comme je suis riche et célèbre et que vous êtes pauvres, malades et inconnus, je vais vous donner plein d'argent ! Dites-moi que je suis quelqu'un de bien !  Si bien que l'on peut douter de la sincérité de certaines stars dans leur engagement pour "un monde plus juste". Tu caricatures ! Evidemment. Mais la caricature est souvent bien plus parlante. Alors donc, ce Zinedine Zidane prend sa retraite ? Et qu'est-ce que ça a d'extraordinaire ? Il y en a plein, des gens qui prennent leur retraite, et on n'en fait pas tout un plat ! Je dirais même plus : on ne parle pas de tous ces gens qui se lèvent aux aurores, gagnent des clopinettes toutes leurs vies pour finalement toucher une retraite de misère !

Lundi soir. Ton morbide du journaliste : "Zinedine Zidane vient d'annoncer à l'instant qu'il prenait sa retraite". Un peu plus et on imaginait déjà les funérailles, la France en larmes, Nadette et les tifosi cachés derrière leurs mouchoirs... Tu veux mon opinion, Victor ? Je m'en bats l'oeil, moi, de Zinedine Zidane. Pourtant, s'ils l'annoncent dans les journaux, c'est que tout le monde ne doit pas penser comme toi ! Humm... Moi, je pense plutôt qu'on les AMENE à mythifier Zidane. Parce que franchement, quand on y réfléchit d'un peu plus près : Zidane, c'est juste un mec qui tape bien dans un ballon, rien de plus ! Et c'est hallucinant de constater qu'il fait la une de la presse et des journaux télévisés pour quelques jolis buts !

Zidane est un symbole. D'accord. Symbole d'intégration, j'imagine. Un petit gars des quartiers pauvres de Marseille propulsé star du football et roi du ballon rond devient un exemple pour tous ces gamins immigrés qui rêvent de réussite. Sauf que Zidane est né à Marseille, pas en Algérie... Mais quand même, ça tombe pile poil dans ce courant de "discrimination positive" : regardez, c'est possible de devenir riche et célèbre quand on est d'origine étrangère ! Au fond, je me dis que Zidane est devenu un instrument, presque la personnification d'un grand idéal de société. On a tous envie d'y croire, nous, en une France plus juste et plus intégratrice ! Du coup, quand ils nous emmenent tous au stade dans une publicité, on se prend à rêver...

Revenons un peu sur terre, Victor, si tu veux bien. Zidane n'a pas trouvé le vaccin contre le Sida. Ni fait progressé la lutte contre le cancer. Il n'a pas pris de grandes mesures sociales pour la France. Il a joué au football. C'est tout.  Il a SEULEMENT joué au football ! Il n'a en rien bouleversé le cours de l'humanité ! Alors qu'on arrête un petit peu de l'ériger en héros, bon sang ! Ne t'énerve pas Mirabelle... Tu sais bien que je n'aime pas quand tu t'échauffes ainsi ! Pardon, Victor. Mais je dois dire que je trouve l'attitude des médias à ce sujet absolument indécente ! Qu'on fasse la une pour l'abbé Pierre, par exemple, me semble justifié, mais pas pour Zidane, non, sincèrement, pas pour Zidane ! Le sport c'est une chose, faire avancer le monde en est une autre ! Et lui, lui, il est footballeur, nom de nom, pas bienfaiteur de l'humanité !

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Positif, Négatif commentaires (7)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

C'est le dernier article que j'écrirai dans la catégorie "Mirabelle et Johan : les amants terribles". Ah bon ? Tu n'en écriras plus jamais d'autre ? Non. J. a lu une nouvelle fois mon blog. Et cet article-ci ne lui a pas plu du tout. Il m'a fait une crise de jalousie terrible. Il a déchiré toutes les photos de nous deux, il n'y a plus rien de moi chez lui. Il m'a effacée de sa liste MSN. Il a effacé mon numéro de son téléphone portable. Il a tout effacé... Il a dit qu'il me haissait. Il n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Je peux le comprendre. Souviens-toi qu'il y a peu de temps, j'étais moi-même capable de lui dire les pires atrocités... C'était dans cet article-là. Donc je ne donnerai pas de leçon là-dessus, ce serait le comble.

Je n'ai pas pu supporter qu'il me déteste à ce point. Je l'ai aimé, tu sais, Victor, vraiment aimé. Je n'ignore pas que j'ai tendance à tout sacraliser, mais il était hors de question de le laisser partir avec cette rage, même si c'est cette rage-là, cette douleur-là que je ressentais moi-même depuis quelques temps. J'aurais pu m'en satisfaire, me dire : "c'est bien fait pour lui, il a eu tout ce qu'il méritait", mais je n'ai PAS PU. Je tiens encore trop à l'histoire que nous avons vécue pour le mépriser.

Malgré son dégoût manifeste, il m'a tout de même écoutée, et moi, moi je n'ai trouvé à prononcer que des paroles qui me ressemblent : une bonne dose de sentiments, de souvenirs, de purisme. Combien je l'avais aimé... Combien j'avais été heureuse, malgré nos différences... Garderait-il tout même un minuscule souvenir de moi ? Je n'avais pas mérité qu'il me déteste à ce point. Je n'avais strictement rien fait. J'avais juste essayé de m'en sortir, de me sentir mieux. Quel mal à ça ? Il ne devait pas faire de moi celle qui l'avait trahi, alors que je chérissais notre couple. Et ça,  il le savait...

J'allais garder les photos. Ne rien jeter de notre belle histoire. Tout garder dans une boîte, en haut d'une étagère. Et bêtement, voilà les larmes qui remontent. Je tente de lui cacher que je pleure. C'est idiot... Surtout que je n'ai jamais été aussi persuadée que nous sommes venus à bout de notre histoire.

Il ne lira plus mon blog, Victor. Il a effacé tout ce qui prouvait que j'ai existé. Il a même coupé les ponts avec ma petite soeur, et de tout ce qu'il a pu faire, c'est encore cela que je trouve le plus injuste. Il a même été jusqu'à affirmer qu'il allait éliminer toute image mentale de notre amour passé, mais ça, je sais qu'il n'y parviendra pas. Quoi qu'il dise, je resterai dans un petit coin de son esprit. On n'efface pas deux ans avec la personne qu'on a aimée, comme ça, par un claquement de doigts.

Je m'aperçois que je ne lui en veux plus de rien. Je suis déçue, simplement. Ce n'est cependant plus la même déception : je n'en suis plus à espérer qu'il sache me reconquérir, ni à élaborer des stratagèmes pour raviver la flamme. Je suis triste... C'est tout. Triste d'assister, impuissante, à la fin de notre histoire. Triste qu'il faille abandonner, renoncer. Triste de constater qu'au fond, le pire, c'est quand l'envie nous a quittés. Qu'on le sait. Et qu'on n'y peut rien.

C'était mon dernier article dans la catégorie "Mirabelle et Johan : les amants terribles". J'avais écrit beaucoup d'articles teintés d'espoir, mais aussi de lassitude. De nostalgie. De souvenirs. Des tentatives pour y croire encore, sans doute, pour me persuader que rien ne s'arrête. Qu'on ne peut pas aimer quelqu'un de tout son coeur, de tout son corps, et ne plus rien posséder, tout à coup, deux ans plus tard. L'amour est absurde. Je l'ai compris. On aime, on aime très fort... Et puis soudain, la machine se détraque. On y croit de moins en moins. On se dispute. On supprime un numéro de téléphone, on déchire des photos... Qu'est-ce que cela signifie ? Rien. C'est absurde. C'est tout. Je ne vois que ça. C'est absurde... Alors je laisse le vent emporter tout.

 

 

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : L'Amour toujours commentaires (3)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Je rêve d'être écrivain. Ca y est, le mot est lâché... Ma petite fille, tu t'adresses à la bonne personne ! Pourquoi crois-tu que j'ai voulu bavarder avec toi plutôt qu'avec un autre ? Eh bien... Pour mes beaux yeux, pardi ! S'il n'y avait que cela, j'aurais pu choisir Ralph Fiennes, Rupert Everett ou... Qui sont tous ces gens ? Des acteurs bien de mon époque, que tu ne connais pas, bien évidemment !

Tu sais, Victor, quand ma passion pour le chant s'est révélée à moi, j'ai un peu mis de côté mon rêve d'écriture. Pas consciemment. Tout doucement. Sans m'en apercevoir. Pourtant, ce rêve est resté là, en arrière-plan, et je sais aujourd'hui qu'il ne m'avait jamais quitté. L'écriture fait partie de soi. Ecrire sera toujours un pan de ta personne, Mirabelle. Toujours. Tu l'as dans la peau. Tu as raison. C'est grâce à ce blog que j'en ai pris conscience. J'ai retrouvé la fièvre de l'inspiration, ce petit quelque chose en plus qui nous transporte en un pays inconnu, à l'écart de la vie réelle, qui nous isole du monde tout en nous rapprochant de l'essence des choses. C'est très spécial, l'écriture. Ecrire, c'est aussi faire passer des idées, Mirabelle ! Tu as l'air d'oublier que c'est un sacré pouvoir politique ! Je me disais bien que tu allais me lancer là-dessus... Venant de toi, rien de plus logique ! Mais je dois te dire que je n'ai pas les mêmes ambitions que toi. Les miennes sont bien plus modestes. Sans prétention. Je ne veux pas révolutionner le monde, et encore moins la France. D'autres s'y prendront mieux que moi. Je voudrais juste comprendre un peu mieux la vie, les gens... Des petites choses du quotidien... Ca n'a l'air de rien mais... C'est déjà beaucoup ! A mes yeux, oui. Eh bien alors, qu'attends-tu ? Lance-toi dans l'écriture d'un roman !

Un roman. J'ai tellement de respect et d'admiration pour ce mot que je crains bien de ne pas me montrer à la hauteur. Ai-je le talent nécessaire ? Assez d'idées ? Assez de rigueur ? Je ne sais pas. Tu ne pourras pas le savoir si tu ne t'essaies pas à un travail de longue haleine ! Il a bien fallu que les plus grands écrivains fassent leurs premiers pas avant de publier leurs chefs-d'oeuvres ! Et ce quelque soit l'époque ! Peut-être... Tu veux que je te dise ? Encore une fois, tu as peur. Ce n'est pas d'écrire un roman qui t'angoisse, c'est de ne JAMAIS être publiée ! D'être un écrivain raté, en quelque sorte ! Qu'as-tu à répondre à cela ? Je ne sais trop que dire. Sauf que pour toi, c'est facile : tu as été publié, tu es devenu un mythe, tes oeuvres sont étudiées au collège, au lycée... De nombreux établissements portent ton nom. C'est facile, après, de donner des leçons aux autres et de sous-entendre qu'il est simple comme bonjour d'écrire des romans ! C'est tout ce qui te vient à l'esprit pour te défendre ? Tu tombes bien bas, ma pauvre Mirabelle ! Ne me reproche pas mon succès, s'il te plaît, et occupe-toi plutôt du tien ! Non, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Tu crois que je les ai sortis d'une pochette-surprise, mes Misérables ? Tu ne crois pas que j'ai sué sang et eau pour en accoucher ?! Bon, d'accord... Excuse-moi, Victor, je n'ai pas envie qu'on se fâche... Tu me pardonnes ? Je ne sais pas. Ca me rend fou, moi, les gens qui gâchent leur talent en perdant leur temps en gérémiades ! Je suis difficile à supporter, c'est ça ? Franchement oui ! Mais enfin... Il faut croire que cela fait partie de ton charme !

Arrêtons là cette prise de becs, autant t'éviter la crise cardiaque ! Je réfléchirai à ce que tu m'as dit, promis... Encore heureux !

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Positif, Négatif commentaires (11)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

C'est fou comme la mémoire joue avec nous. Tout à l'heure, en me connectant sur MSN, je constate que le meilleur ami de J., JB de son prénom (ou plus exactement, d'après les initiales de son prénom, Jean-Baptiste, à l'origine...) semble avoir changé de photo sur sa carte de visite. Curieuse comme je suis, je clique dessus, le coeur léger. Malheur à moi... Douche froide.

C'est J., là, sur sa belle moto noire. Derrière lui, fier comme un gamin, le grand JB. Je la connaissais, pourtant, cette photo... Leurs airs d'enfants émerveillés m'avait touchée. J'avais beaucoup de tendresse pour cette photo... J'en ai toujours beaucoup.

Je l'ai contemplée pendant trois minutes. Le coeur battant. Submergée par la tristesse. Des petits détails me sont revenus. Son jean, ses tennis... Ce blouson qu'il me prêtait pour nos virées à moto. Un blouson dans lequel je me noyais, mais je sais qu'il aimait que je le porte... Et j'avais toujours un plaisir particulier à me sentir flotter dans ce vêtement trop grand, enveloppée par le parfum de J., avec le sentiment naïf d'être protégée.

J'ai été triste, Victor, en regardant cette photo. Triste de constater que certains détails que j'affectionnais plus que tout n'ont plus leur place dans ma vie. Ses tennis, par exemple, qu'il retirait à l'entrée. Son jean, qu'il laissait négligemment en bouchon sur la chaise de mon bureau. Il a suffi d'une photo, de cette photo, pour que la mémoire frappe à ma porte. Je la baillonne, ces derniers temps...

Si je te parle de tout ça, Victor, c'est parce que peu à peu, je prends conscience que c'est ça, aussi, faire le deuil d'un amour. Renoncer à des petites choses... Etre surprise, encore, par l'attachement. Prendre une claque quand la mémoire refait surface.

Et quelle est cette image jointe à l'article ? C'est un tableau de René Magritte. Plus parlant qu'un long discours : cet oeil, c'est le mien en regardant cette photographie. Dans cette pupille, ces détails, perçants, précis. Qui ne reviendront pas. Qui ne sont plus (et ne seront plus) que des souvenirs...

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : L'Amour toujours commentaires (6)   
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