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Grains de sel

Mots en l'air


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Perdu le fil ?

Bruit qui court

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Ca y est, j'ai reçu ma convocation pour le concours ! Avec dates, heures et tutti quanti... Tout est devenu atrocement réel, et j'ai bien cru que j'allais faire une crise d'angoisse. Non ?! Si, si ! J'ai même la date des oraux... Et avant cela, les résultats de l'écrit, bien sûr, le 31 Mai ! Inutile de te dire que j'ai eu du mal à déglutir en décachetant l'enveloppe... Ce ton cérémonieux, si officiel. "J'ai l'honneur de vous demander de vous présenter...". Et moi, moi qui me dis : "Mon dieu, je vais le rater !". Qu'est-ce qui te prend de penser des choses pareilles ! Si tu pars battue d'avance, autant de ne pas te présenter aux épreuves ! Il est vrai que ma motivation s'amenuise au fur et à mesure des jours. J'ai appris qu'il n'y aurait en fait que 168 postes. Je croyais que c'était 174, comme tu le racontais dans cet article ? On nous avait bien prévenu que ce chiffre risquait de s'abaisser encore. Et il est tombé en début de semaine, tel un couperet. De quoi nous faire aborder le concours dans les pires conditions psychologiques qui soient...

Allez, courage ! Ne perds pas espoir ! Il faut que tu te donnes à fond ! Il faut que tu y crois jusqu'au bout, nom d'une pipe ! Il me semble parfois me laisser complètement dépasser par l'ampleur de l'enjeu. Je joue ma vie. Je sais pertinemment qu'il ne faudrait pas raisonner ainsi mais si je n'ai pas ce concours, et si je ne l'ai pas non plus les années suivantes, je n'ai aucune idée de mon avenir. Aucune. Et cette convocation me remet les pieds dans la réalité. Tout est devenu concret, désormais. Je la lis, je la relis et je pète de trouille, voilà la vérité.

168 postes... Plus de deux milles inscrits comme chaque année. Pourquoi sortirai-je mon épingle du jeu plus qu'une autre ? Je n'ai pas choisi le bon concours. J'ai des points forts (le français et les langues) mais aussi  d'énormes points faibles (les mathématiques et l'EPS). Quelqu'un dont le niveau est moyen dans toutes les matières sera plus performant que moi, j'en suis persuadée. Un professeur des écoles est un enseignant polyvalent. Je ne suis pas polyvalente. Qu'est-ce que je fais ici, Victor ? Qu'est-ce qui m'a pris de m'inscrire à ce concours ? J'ai peur. J'ai très peur. Je sais bien que tu as peur... Mais dis-toi que de toute façon, vous serez tous dans la même galère. Tous. Tu seras sans doute mieux préparée à l'IUFM que quelqu'un qui passe le concours en candidat libre ! Il faut te battre. Ce n'est pas une honte de rater une fois. Tu le repasseras l'année suivante, voilà tout ! Tu ne joues pas ta vie, Mirabelle. Tu ne joues pas ta vie, quoi que tu en dises...

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publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' commentaires (8)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Le destin m'a fait signe ! Ca y est ! C'est arrivé ! Et sous la forme d'un beau jeune homme hollandais... Ce n'est pas possible ?! Tu as enfin remarqué qu'il y avait d'autres garçons sur Terre que ton J. ? Ne plaisante pas avec ça, Victor. Je ne suis pas en train de te dire que c'est le coup de foudre, mais comment dire... Ce spécimen attise ma curiosité !

C'était en cours de philosophie de l'Education. Un grand brun comme je les aime, avec une jeune fille, que notre formateur nous a présentés comme des "étudiants se destinant à l'enseignement du français". J'ai d'abord cru qu'ils étaient américains, déjà enchantée à l'idée de pouvoir lier conversation dans ma langue favorite. Pourquoi américains ? Il était beau comme un américain. Avec un tee-shirt "77" typique ; et elle était noire, un peu... Costaud, avec une canette de Coca Cola à la main. Mais non... Ils sont hollandais !

Coup de bol : j'étais assise pile en face de lui. J'ai donc pu l'admirer à loisir pendant les trois heures de cours, en vérifiant tout de même de temps en temps que personne dans la classe n'avait perçu mon regard émerveillé devant cette splendide créature. De toute façon, je n'étais manifestement pas la seule à lui porter de l'intérêt, puisque j'avais entendu des mumures féminins dès qu'il avait passé la porte : "ohhh... Regarde celui-là, il est trop beau !", "Hummm... J'en ferai bien mon quatre heures !". Ce genre de chuchotements, vois-tu, mon Victor, ne laisse bien évidemment aucun doute sur le succès de mon Apollon. Et, par voie de conséquence, sur son physique ô combien appétissant !

Et J., alors, dans tout ça ? Je pensais que tu voulais que je l'oublie ? Oui. Enfin, disons que je ne pense pas que vous puissiez encore vous rendre heureux, mais je me demande ce qui se passe dans ta petite caboche. Ma caboche va très bien aujourd'hui, Victor, merci. J'ai décidé de prendre la vie comme elle vient, d'être "légère et inscouciante". Il se trouve qu'Arno (car c'est le prénom de mon bel hollandais) a été envoyé par le ciel pour me remonter le moral, et je compte bien en profiter ! Tu veux dire qu'il va se passer quelque chose avec ce garçon ?!? Mais tu ne le connais ni d'Eve ni d'Adam !! Comme tu t'emballes... Je n'ai jamais dit pareille chose. Eh bien alors ? Ne me fais pas languir plus longtemps, enfin, tu vois bien que je piaffe d'impatience !

Il me plaît, c'est un fait. Et sans doute le destin m'a-t-il transformée, le temps de la matinée, en une jeune fille entreprenante et déterminée... Car, (mon dieu, je n'y crois toujours pas, c'est moi qui ai fait ça !) j'ai été lui parler, nous avons même mangé ensemble, avec toute la petite bande de notre classe. Il était en face de moi (encore !), mais cette fois nettement plus près, ce qui n'était pas désagréable pour mes mirettes. Nous avons parlé politique, système éducatif, en comparant la société française à la société hollandaise. Et tout ça, s'il vous plaît, dans un français de qualité ! Et en plus, avec une modestie à couper le souffle, puisqu'Arno s'était d'abord excusé de ses (rares) bafouillis en expliquant qu'il "n'avait pas parlé français depuis deux ans". Epatant donc !

Seul point noir de la journée : le ton taquin de mes camarades de classe. Arno venait à peine de quitter la cantine qu'Aurélie riait déjà. Quant à Sophie, elle me donnait des coups de coude et s'esclaffait. Morceaux choisis parmi petites boutades :

- Il te plaît ou quoi ? Tu étais une vraie piplette ! Et en plus, tu étais toute rouge !

- C'est vrai ! Ca m'a beaucoup étonnée ! Je ne t'ai jamais vue aussi excitée à table ! On peut dire que tu étais motivée pour entretenir la conversation !

Que voulais-tu que je réponde à ça, Victor, franchement ? Il n'y a pas grand chose à répondre, j'imagine... Surtout si effectivement il te plaît ! Oui, il me plaît, je te l'ai déjà dit. Mais ma réflexion se situe à un autre niveau... Et lequel ?

Au niveau du rêve. Il est hollandais. Magnifiquement exotique. Visiblement gentil comme un coeur. Il reste en France pour trois mois. Quant à moi... Moi, Mirabelle, je suis seule, déçue, désemparée. J'écoute ma copine Sophie qui affirme que "ce dont j'ai besoin, c'est de sortir, de m'amuser, de rencontrer d'autres garçons, voire de me consoler avec". Et peu à peu, l'idée fait son chemin. Je ne parle pas d'une grande histoire d'amour. Parce qu'une grande histoire d'amour, je viens d'en vivre une, et je ne suis pas encore prête à en entamer une autre. Je veux juste... Vivre. Et oublier. Et reprendre espoir.

Et tu crois que tu lui plais ? Non. Je ne me suis d'ailleurs pas posé la question. C'est tout à fait improbable. Si encore j'étais jolie, j'envisagerais la situation différemment, mais là... Il ne manquait plus que ça ! En plus de la dévalorisation psychologique, la dévalorisation physique ! Tu sais qu'il faut te supporter, toi ?!? Je ne m'aime pas, je ne m'aime pas... Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Bref. Là n'est pas le sujet. Ce que je veux, c'est rêver. J'ai besoin d'un peu de légèreté. J'en manque cruellement en ce moment. Je veux juste imaginer que c'est possible avec ce garçon, même si, au fond, je sais pertinemment que cela ne l'est pas (surtout que j'ignore s'il a déjà quelqu'un dans sa vie, mais vu son physique de mannequin, cela m'étonnerait grandement qu'il soit célibataire). J'aime imaginer une jolie histoire de trois mois, où je lui ferais découvrir ma Normandie, où on rirait de nos différences. J'ai envie de me faire des souvenirs...

Et puis, j'ai surtout envie d'écouter le destin, qui doit se dire qu'il est grand temps que j'arrête mes gérémiades de madonne et qui m'envoie ce garçon, comme ça, pour voir, juste pour que je rêve, que j'espère... Et que je me dise que la vie est belle et pleine de surprises !

 

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
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Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Journée spéciale que celle d'aujourd'hui. Pourtant, rien d'extraordinaire au tableau a-priori... Une journée banale. Pourquoi est-ce une journée spéciale alors ?

Parce que je suis en train de tourner la page. Ca y est, J. ne t'appelle plus ? Si. Mais à la différence des autres jours, je ne réponds plus. Je suis si lasse de tout ça. Triste aussi, c'est vrai. Mais je lui en veux. De quoi ? De ne pas avoir cru, en lisant mon mail de dimanche, qu'il était vraiment en train de me perdre, et pour toujours. Il a dû penser que c'était une énième crise... Quel mail de dimanche ? De quoi parles-tu ? Ah oui, c'est vrai... Je ne t'ai pas raconté ça...

Dimanche soir, j'ai été saisie de folie. Il me manquait. Il me manquait tellement que j'étais prête à tout, prête à l'appeler, à le supplier, à pleurer. C'était un manque irrationnel, physique, psychologique. Tout à la fois. Je ne pouvais concevoir ma vie sans lui. Je l'ai donc appelé. Je lui ai dit que je l'aimais, que l'amour devait être plus fort que toutEt lui... Lui m'a répondu : "Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?". Tu vois, Victor, une telle réponse peut te faire comprendre beaucoup de choses. Beaucoup. Et là... Là, j'ai compris que je n'avais strictement plus rien à attendre de luiJe comprends que cela t'ait refroidie...

Alors, j'ai cédé. Cédé à ce que je refuse depuis plus d'un mois : la vengeance. La haine. La colère. J'ai eu envie de lui faire mal, je l'avoue. De lui faire payer mon espoir, mon désespoir, ma résignation... Je lui ai écrit un mail. Une sorte d'ultimatum déguisé. Je lui disais qu'il allait me perdre, pour de bon. Pourquoi m'avait-il laissée partir ? Pourquoi n'avait-il pas tenté de me retenir ? D'être à la hauteur ? De m'aimer pour de bon, en étant adulte, mature, réfléchi ? J'avais tellement cru que J. et moi, c'était pour toujours... J'en étais encore tellement persuadée en écrivant ce message. Je l'aimais encore tellement... Et je sentais pourtant, d'une manière si effrayante, que j'étais à deux doigts de m'envoler de mes propres ailes, de le fuir, de faire ma vie, mais sans lui, définitivement. C'est ce que j'ai tenté de lui faire comprendre. Il n'a pas réagi. Il m'a laissée partir. Et cela a été trop tard.

Je lui en veux. De ne pas s'être battu pour moi, pour notre amour. De pas avoir su réagir sur le moment. De m'avoir traitée par dessus la jambe. De m'avoir dit ce qu'il avait envie de me dire, sans se préoccuper de mes sentiments.

Et surtout, de ne pas avoir tenu assez à moi pour me retenir quand il le fallait. Maintenant, j'ai fait mon choix. Et c'est trop tard. Je veux vivre ma vie, une autre vie, une autre que celle que j'ai vécue avec J. pendant deux ans. Je veux me construire un nouvel avenir, de nouveaux projets. C'est assez cruel pour lui, le pauvre... Ne le plains pas, Victor. Je vois à tes sourcils froncés que tu me juges, que tu m'estimes injuste. Mais je n'accepterai plus qu'on me traite ainsi. Je veux quelqu'un qui m'aime et qui me respecte, et qui le fasse NATURELLEMENT. Qui soit assez mûr, assez adulte pour reconnaître ses erreurs et s'en excuser. Pour me donner des preuves d'amour qui en soient de réelles, et pas seulement de grandes phrases, lancées quand on balise, quand on se dit : "il faut que je rattrape le coup, elle m'en veut vraiment, il faut que je rattrape le coup...". Je ne veux plus de tout ça. Et J. n'est pas capable de m'offrir ce que j'attends. Il ne changera pas. J'ai renoncé...

Il a eu beau s'excuser dans ses messages, dire qu'il m'aime et que tout le mal qu'il m'a fait n'était pas intentionnel... Faute avouée n'est pas pardonnée. Je ne le pardonnerai pas.

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
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Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Les malentendus, quelques fois, ça a du bon... Allons bon ! Qu'est-ce qui t'est encore arrivé, dis-moi ! Oh rien, rassure-toi... C'est juste que suite à cet article ci, mon vieil ami Maxime et moi nous sommes parlés par MSN interposés, comme ces parties de ping-pong auxquelles nous nous adonnions au lycée et qui m'amusaient au plus haut point.

Suite à quelques mots mal pesés qu'il a utilisés dans un commentaire laissé sur ce fameux article, je me suis quelque peu... froissée. Il t'en faut peu, me semble-t-il ! Parce que franchement, je l'ai lu, moi, le commentaire en question, et il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat ! Certes... Sotte comme je suis, j'ai donc cru bon de défendre ma grande histoire d'amour perdue avec cet article-là. Oui... Je vois le genre ! C'est la petite phrase de fin, surtout, qui compte, n'est-ce pas ? C'était la riposte parfaite à son commentaire, non ? Oui. C'est vrai que quand je relis ce que j'ai écrit, je me dis que je suis allée un peu fort, mais que veux-tu, j'étais blessée... Si tous les gens blessés se permettaient ça, à quoi ressemblerait le monde ?!

Bref... Tu t'es excusée au moins ?! Oui, c'est fait. Suite à cet article donc, Maxime semble quelque peu blessé lui aussi, et me le fait savoir sur MSN, par une petite phrase bien sentie, du genre "si j'avais su, j'aurais rien dit". Réaction on ne peut plus naturelle ! Le pauvre garçon ! Je suppose qu'il voulait juste t'aider !

Je culpabilise donc, et engage la conversation sur MSN dimanche soir... C'est quoi MSN ? C'est un logiciel informatique qui permet de bavarder sur Internet avec ses amis. C'est très pratique. Logiciel informatique ?! Encore les progrès de la technologie, je présume ? Tu présumes bien. Mais là n'est pas le but de cet article ! Voilà, voilà... Je dois encore me taire ! C'est fou, ça, tout de même ! Tu m'avais dit que tu m'expliquerais ce qui a changé depuis le XIXème et ce logiciel je ne sais quoi, là, ça m'a l'air d'en être un, de changement, non ?! Si tu y tiens...

Logiciel : Ensemble des règles et des programmes relatifs au fonctionnement d'un ordinateur.

Et donc... Avant que tu ne me coupes la parole :

ordinateur : machine capable d'effectuer automatiquement des opérations arithmétiques et logiques (à des fins administratives, scientifiques, comptables...) à partir de programmes définissant la séquence de ces opérations.

Et enfin :

Informatique : Technique du traitement  automatique de l'information au moyen des calculateurs et des ordinateurs.

Tout ça m'a l'air d'une abstraction remarquable... Et je n'ai pas les idées claires, même avec ton baratin ! Mon baratin, comme tu dis, est celui d'un dictionnaire Hachette, donc s'il te plaît, un peu de respect... Pour t'aider un peu, un ordinateur, c'est la machine sur laquelle je tape mes articles. Eh bien voilà ! Donne-moi un exemple concret ! C'était si difficile, franchement ?!

Revenons à nos moutons... Après cet article si maladroit, je compte donc bien m'excuser auprès de Maxime sur MSN. Cela faisait un petit bout de temps que nous n'avions pas discuté... Qui est-ce, au juste, ce Maxime ? C'est une longue histoire... On se connaît depuis la Seconde. On est devenus les meilleurs amis du monde. Viens-en au fait !

J'ai été comme prise par une vague de nostalgie. Bon, c'est vrai, dès que je parle avec lui, j'ai l'impression de me retrouver au lycée, mais tout de même, ça a rarement été aussi prononcé. Voilà que nous parlons des souvenirs, comme deux petits vieux, "des images me reviennent" comme qui dirait, je le revois en train de m'écrire des mots sur sa calculatrice pendant les cours de physique, ou de se faire sortir du cours d'anglais parce qu'il riait trop fort... Ca fait un drôle d'effet, tu sais, Victor, d'être mis face à sa jeunesse.

On croirait que tu as près de quatre-vingts ans...

Disons que je n'ai plus seize ans !

Je préfère ça ! Parce que, crois-moi, à quatre-vingts ans, tu parleras autrement : je sais ce que je dis, je me suis moi-même arrêté à quatre-vingt trois !

Peu importe. C'est juste que parler avec lui, c'est comme voir dans un miroir celle que j'étais jeunette et... Tu l'es encore, jeunette ! Certes...

Mais tout à coup, hier soir, je me suis dit... "j'ai grandi, et je serai bientôt une adulte, une vraie.". Je m'aperçois que si tout se passe bien, l'année prochaine, j'ai un salaire, et ça, c'est quand même un grand pas vers l'âge adulte non ? Et puis, je serai maîtresse, c'est à dire une figure référente pour mes élèves, qui me considéreront comme une grande personne alors qu'au fond, je me sens si jeune encore, si jeune... Il faudrait savoir ! Soit tu te sens comme une petite vieille ou comme une petite jeune !

Victor... Pourquoi veux-tu toujours casser mes moments de nostalgie ? Parce que tu as une trop fâcheuse tendance à la nostalgie, justement ! Na !

Tiens, en parlant de nostalgie, voici un morceau choisi de ma conversation MSN avec Maxime...

- En fait, j étais très content de tomber sur ce blog. Ca m'a ... rapproché des années-lycée !

- Nostalgique ?

 

 

- Peut être :)

- J’ai un peu grandi quand même depuis le lycée, même si le fond reste un peu le même, je pense.

- Vu que je me suis fréquenté sans interruption depuis le lycée, je n'ai pas l'impression d'avoir changé !

 

 

- Mais tu as forcément changé : tu n'es plus le petit Maxime que je connaissais !

- Peut etre que si !

 

 

- Et en lisant mon blog, tu m'as bien reconnue ?  est-ce que t'as reconnue celle que j'étais à 16 ans ?

- Ouais, tout a fait ! Avec les mêmes preoccupations peut être !

 

 

- Et j'avais quelles préoccupations à 16 ans ?

- Je ne m'en souviens plus... Le probleme à l'époque, c'était plutôt comment commencer une relation...

- Effectivement ! Donc c'est bien ce que je dis : je n'ai plus les mêmes préoccupations !   Je me souviens que je n'étais fichtrement pas douée  (serais-je nostalgique moi aussi ?) ! 

 

 

 

 

- Oui, mais ce n'est pas nouveau ! 

- Oui, tu as raison ! Je suis de nature assez nostalgique finalement...

- En premiere tu regrettais déjà la seconde etc etc...

- Tu te rends compte qu'on est presque des adultes ?  parfois je n'en reviens pas ! On n'est pas des vieillards quand même mais bon...

 - Quand même !

 

 

 

En relisant, cela me fait toujours sourire...

Mirabelle, je peux te poser une question ? Oui, évidemment ! Quel est le rapport entre le contenu de ton article et ce petit hérisson ?

Ca, il n'y a qu'une personne pour le comprendre.

Et tu ne veux pas me le dire ?!? Non, je ne veux pas te le dire...

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Amitié(s) commentaires (3)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Peut-on changer par amour ? Du moins, le crois-tu, toi ? Humm... Je ne sais pas. Changer radicalement, peut être pas, mais on peut faire des efforts, évoluer... Pour l'amour de l'autre, oui... Je crois que c'est possible... Il faut toujours espérer... Pourquoi cette question ?

Je suis indécise. Partagée entre l'espoir et la perplexité. Peut-on changer du tout au tout ? Pour et par l'amour de quelqu'un ? Peut-on faire des efforts sur le long terme ? Toutes ces questions, je me les pose. Et d'où viennent ces interrogations ? De J., de moi, de nous deux... Des doutes qui ne m'ont jamais quittée. De la sensation d'être passée à côté de quelque chose...

Avons-nous fait tout notre possible pour être heureux ? Nous sommes-nous aimés assez pour y parvenir ? Quels arguments font pencher la balance en faveur de la rupture ou de la réconciliation ? Qu'est-ce qui fait qu'on revient ? Que l'on reste sur ses positions ? Que l'on réfléchit, encore et toujours ? Que l'on parte, que l'on revienne, que l'on se quitte encore...? Qu'est-ce qui joue dans nos choix ? Comment peut-on aimer d'une manière aussi confuse ?

Une deuxième chance. Faut-il l'accorder ? La refuser ? Deuxième chance... La dernière ? Est-on sur ses gardes ? Se jette-on corps et âme dans la renaissance d'une histoire que l'on croyait perdue ? De toute façon, tu n'obtiendras de réponses à toutes ces questions que si toi-même, tu expérimentes réellement ce qu'est une deuxième chance. C'est un risque, d'accord. Mais qu'y aura-t-il au bout ? Une désillusion complète et définitive, ou de l'espoir, encore ? Assez de sentiments pour continuer ? Des exigences revues à la baisse ou au contraire, peu à peu satisfaites ?

On dit que le naturel finit toujours par prendre le dessus... Que la vie est plus forte que tout, qu'elle vient à bout de tous, même des couples les plus acharnés. Comment qualifier celui que nous étions ? Peut-on évoluer ? Pacifier une relation ? J'ai peur d'être happée par mes idéaux, Victor... Tu connais le Phoenix ? Bien sûr ! C'est une créature mythique qui renaît de ses cendres ! Où veux-tu en venir ?

Je ne sais si mon amour a été réduit en cendres. Et parfois, dans un petit creux de ma tête, dans un petit creux de mon coeur, j'espère qu'il soit comme ce phoenix, capable de renaître de lui-même, et beau, beaucoup plus beau qu'avant. Est-ce utopique, dis, Victor ? Je ne sais pas. Je n'irai jamais condamner personne d'avoir la foi, d'espérer. C'est un grand sentiment, et en cela, il est bon de le cultiver. Cependant... Oui ? Je pense que tu ne poses pas bien le problème. Il n'y a pas de généralisation possible sur le couple. Il n'y a pas UN modèle : chacun fait ce qu'il peut ! Personne n'ira te juger. Personne n'ira critiquer ta volonté d'y croire encore, de donner sa chance à quelqu'un qui t'a fait souffrir. Non. Personne n'ira dire que tu aurais dû faire autrement. Personne n'est à ta place. Tu es seule maîtresse de ta vie... Et de tes amours. Et puis, permets-moi de te dire... Quoi ? Eh bien...

Tu poses beaucoup de questions, mais pas des plus centrales. Pas des plus significatives. Tu esquives le fond du problème. Je n'esquive rien du tout ! Oh, s'il te plaît ! Je commence à te connaître... J'apprends à cerner ton personnage. Tu fais de grandes phrases, de beaux discours, tu soulèves des interrogations que tu crois être existentielles, mais tes questions, à toi, tes questions personnelles, tu n'y réponds pas... Pour la simple raison que tu n'oses même pas te les poser franchement ! Ah oui ! Tu crois ça ?! Vraiment ?! Alors lesquelles, dis-moi ?! Lesquelles ?!

As-tu réellement envie de voir renaître cet amour ? Le jeu en vaut-il encore la chandelle ? De quoi as-tu peur ? Hein, Mirabelle ? De quoi as-tu peur ?

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : L'Amour toujours commentaires (4)   
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