Rendez-vous

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Grains de sel

Mots en l'air


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 2 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Perdu le fil ?

Bruit qui court

  • Flux RSS des articles

Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Tu me vois aujourd'hui complètement désemparée. 174 postes dans mon académie ! Une catastrophe... J'envisage sérieusement de me réinscrire à la FAC, en master de littérature anglaise. Sachant que l'année dernière, il y en avait près de 229... C'est quelque peu décourageant ! Et je n'ose plus m'imaginer dans la peau de cette jeune institutrice, sur l'image à gauche. Non. C'est un rêve, qui, j'ai bien peur, ne deviendra pas réalité. Ne te décourage pas... Tu as encore deux mois avant les écrits, il me semble : tout n'est pas perdu ! Je suis sûr que tu réussiras à tirer ton épingle du jeu ! J'aimerais en être aussi certaine que toi... Je me vois déjà pleurant toutes les larmes de mon corps en lisant mes résultats : "vous n'êtes pas reçue au concours de professeur des écoles". Moi qui ai bâti tous mes projets là-dessus, je devrais sans doute les remanier...

174 postes. Ce n'est rien du tout, pour plus d'un millier d'inscrits. Mon dieu... J'ai tant d'admiration pour les PE2. Tous les matins, en arrivant à l'IUFM, sans m'en apercevoir, je m'arrête pile en face de leur tableau, je commence à lire leur emploi du temps, les modules qui leur sont proposés, etc... Et il me faut toujours deux bonnes minutes pour me rendre compte que je ne suis qu'en PE1 et que le plus dur reste à faire ! Je ne suis pas encore en PE2, crénom de nom ! Pas de grossierétés s'il te plaît !

Surtout qu'à part professeur des écoles, je ne sais absolument pas quoi faire de ma vie. Beaucoup de gens ignorent quelle route choisir. J'ai choisi la mienne. Et depuis longtemps. Pourtant, ce n'est pas "droit devant et à une allure folle", ce n'est pas encore "l'autoroute de la réussite". La réussite... C'est bien ça qui me manque. Plus de trois mois à attendre pour savoir si elle sera au bout, cette fichue réussite. Et je suis partagée entre l'impatience et la terreur. C'est atroce, l'inconnu...

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' commentaires (4)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Qu'as-tu pensé du récit que je t'ai fait du 21 Avril 2002 ? Eh bien... J'en pense, j'en pense que... Tout ça, c'est bien triste ! Et j'ai du mal à croire que ce soit la France du XXIème siècle ! Moi qui croyais avoir tout vu avec Napoléon ! Comment tout cela a-t-il tourné ? Je sais bien que c'est Chirac qui va gagner ces présidentielles, étant donné qu'il est toujours au pouvoir aujourd'hui... Mais dis-moi, après le premier tour, comment avez-vous réagi ? J'imagine que vous n'êtes pas restés les bras ballants ! Non, loin de là. Tu vas voir...

La France a changé le 21 Avril. Ce n'est désormais plus la même. Mais ce 21 Avril, paradoxalement, a été un électrochoc pour tous ces Français, bien au chaud chez eux, assis dans leur petit canapé. Et... Cela va sans doute t'étonner mais les jours qui suivirent ce "coup de tonnerre" restent l'un de mes meilleurs souvenirs. Effectivement, c'est pour le moins surprenant... Les gens ont compris, soudain. Ils ont compris que la France, aussi puissante soit-elle, n'était pas à l'abri de certaines dérives. Ils ont compris qu'il fallait se battre, s'unir, croire encore en une France faite de droits et de valeurs. Alors... Ils sont descendus dans la rue, main dans la main.

Ils ont défilé, tous ensemble, pour la République, pour la démocratie. J'ai défilé moi aussi. Nous étions des milliers, dans notre petite ville. Une marée humaine. Une marée humaine à refuser l'horreur. Mais... Je ne comprends pas ! Vous étiez toute la France à défiler un peu partout en refus de l'extrême droite, mais c'est la démocratie, non, qui a amené l'extrême droite au deuxième tour ? Les votes n'ont pas été truqués ! Si ce Le Pen est arrivé si loin, c'est que les gens l'ont bien voulu ! Tu n'as pas tort. C'était d'ailleurs un grand débat à l'époque : fallait-il ou non manifester ? Certains affirmaient que c'était aller à l'encontre même du principe démocratique, et ma foi, cela se défend. C'est vrai que beaucoup de gens ont voté pour Le Pen, c'est un fait. Sa montée en puissance était donc on ne peut plus démocratique. Mais... On a beau le savoir, on ne peut quand même pas l'accepter ! Alors on proteste, malgré tout. C'est ce que j'ai fait, tout en sachant qu'il y avait une part d'irrespect pour le vote de mes contemporains. Et puis... Pour une fois que les gens manifestaient tous ensemble, l'occasion était trop belle, vraiment !

Et le deuxième tour ? Le deuxième tour... Nous avons tous voté Chirac, évidemment. Pour faire barrage à l'extrême droite. La gauche a appelé à voter "contre Le Pen", ce qui, bien sûr, est louable, mais aussi assez bien formulé, puisqu'elle n'a pas renié ses convictions en demandant à ses militants de soutenir le président sortant. J'ai donc voté Chirac, moi aussi, la mort dans l'âme. Et le soir-même, pas de surprise : Chirac l'emporte avec 80% des voix. Et en assurant, par dessus le marché "qu'il ferait tout ce qu'il peut" pour ne pas nous decevoir... On voit ce que ça a donné... Pas brillant...

J'en ressors un peu écoeurée, comme tout le monde j'imagine, mais il fallait éviter le pire : c'est ce que nous avons fait. Eh bien, j'étais à des lieues d'imaginer un tel tremblement de terre ! C'est fou, tout de même ! A croire qu'aucune époque ne tire la leçon des précédentes ! C'est vrai, ça, quand même ! Il y a eu la Terreur, Napoléon, et puis, j'imagine, bien d'autres horreurs après tout ça, et en 2002, rebelote, on frôle la pire atrocité qui soit ! Non, vraiment, personne ne tire jamais de leçon de rien !! Jamais, jamais, jamais !

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Françaises, Français... commentaires (3)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Tout d'abord, navrée pour le titre de cet article, d'apparence badine, qui contrastera fortement avec mon propos... J'ai crée une nouvelle catégorie pour le coup, car je viens de m'apercevoir (non, mais franchement !) que moi, Mirabelle, qui suis, d'après mon entourage "tout le temps en train de râler", je n'avais même pas encore crée une rubrique spéciale  "coups de gueule" ! Effectivement, il faut remédier à cela au plus vite ! Contre quoi vas-tu t'insurger aujourd'hui ? Contre les stéréotypes, et en particulier ceux sur la police !

L'autre jour, en parcourant les chroniques de Mel, je tombe sur un article intitulé "Je veux devenir CRS". Je fronce les sourcils : est-ce du lard ou du cochon ? Un titre comme ça, de nos jours, c'est très provocateur. Parce que les CRS, sans mauvais jeu de mots, on leur tape toujours dessus : on les accuse d'aimer tabasser de la racaille, de ne jamais rater une occasion de castagner... J'en passe et des meilleures. Je lis donc l'article en question. Et là, surprise : je tombe sur quelqu'un qui semble respecter les policiers ! Et même qui ne donne pas de leçon du genre : "les flics, ils sont tout juste bons à taper, ils ont zéro de QI", etc. Extraordinaire ! Te rends-tu compte, Victor, qu'il existe encore des gens qui ne sont pas systématiquement anti-flics ?

C'est vrai, quoi ! Zut, à la fin ! Explique-moi tout ça, parce que tu sais, les autorités, à mon époque... Elles étaient quand même respectées ! Bien. Petit point récapitulatif alors ! Oui, je veux bien...

LES POLICIERS

Les policiers font respecter la loi. Du coup, certaines personnes, qui veulent "enculer la loi" (il y en a qui le disent, ne me fais pas ces yeux !), ne les trouvent pas très gentils. Les policiers nous embêtent quand on roule trop vite sur la route, ils nous donnent des papiers qui disent combien on doit payer pour se faire pardonner. Pendant les manifestations, une catégorie de policiers, appelés les CRS, se postent parfois devant les manifestants quand cela tourne au vinaigre. Ils ont des boucliers et des gilets pare-balle. Parfois, ils attrapent des manifestants, et ils se servent de leurs matraques, qu'ils portent habituellement à leurs ceintures. Ils les frappent avec ? Oui. Mais quelle horreur ! Pas si vite, Victor ! Avant de hurler à l'injustice, avant de t'exiler de nouveau sur ton rocher, prends connaissance de ce qu'est vraiment un policier.

Les policiers sont confrontés à la misère humaine, dans toute sa splendeur, si je puis dire. Morceaux choisis : on leur vomit dessus ; ils assistent parfois à des scènes d'une extrême violence (un homme qui s'est fait sauté la cervelle par exemple...), et tout ça, cela fait partie de leur quotidien. La plupart du temps, en début de carrière, ils sont mutés en région parisienne, zone où les "problèmes de société" s'accumulent... Certains diront "racailles", d'autres "petites frappes", peu importe. Le genre de personnages auxquels ils sont confrontés brûlent des voitures. Les traitent de "sales flics", d'"enculés", de "décérébrés". On leur lance des pierres. On les traque dans leur vie quotidienne, car bien souvent, ces policiers vivent dans la zone même où ils travaillent : ils sont parfois amenés à croiser des types qu'ils ont relâché la veille. Drôle de situation...

J'ai de l'admiration pour les policiers. J'estime qu'il faut une sacrée force psychologique pour endurer tout ça. Certains diront qu'ils sont insensibles... Je dirais plutôt endurcis. J'ai de l'admiration pour les gens qui ont le courage de faire un métier difficile, et à qui on laisse un droit à l'erreur plus que réduit. Certains, bien au chaud derrière leurs bureaux, leur donnent des leçons, les traitent de fascistes. Cela me révolte. Parce que ces gens-là n'ont pas la plus petite idée de ce que c'est que le métier de policier.

Attention, Victor ! Je ne dis pas que les policiers sont irréprochables. Je ne dis pas non plus, que les méchants, ce sont les jeunes des banlieues, car ce serait tomber dans les travers stéréotypés que je dénonce ici, et j'imagine que ce n'est facile pour aucun des deux "camps". Mais j'en ai assez qu'on caricature les policiers. Mais qui es-tu, toi, pour savoir mieux que tout le monde qui sont exactement ces policiers ? Parce que c'est bien gentil de critiquer ceux qui critiquent, mais tu ne fais pas partie de la police à ce que je sache ! C'est vrai. Mais... Mais quoi ?

Mais j'en sais un peu plus sur la question que certaines personnes. Tu oublies que J. est gardien de la paix. Ahhh ! J'avais oublié, c'est vrai ! Il m'a parlé de son école de police. Il m'a parlé de ses stages. Il m'a parlé de ce qui l'attendait à la sortie, de la réalité du métier. Je sais ce qu'est un policier au quotidien. C'est quelqu'un de fatigué. Quelqu'un qui rencontre des situations difficiles tous les jours mais qui "fait avec parce qu'il n'a pas le choix" (dixit J.). J'ai pourtant jugé les gardiens de la paix moi aussi. Combien d'engueulades avons-nous eu à ce propos ? Je nous y vois encore ! La crise des banlieues. Des policiers qui tabassent un jeune. L'image est passée en boucle sur le petit écran pendant quelques jours...

 

- Attends, Mirabelle, tu n'as aucune idée de ce que c'est que de faire ce boulot, et en banlieue encore moins ! Imagine... Tu en interpelles un qui te provoque sans arrêt, qui te dit que de toute façon, la loi, "il la nique", il sait que le lendemain, il sera sorti, parce que tu n'as rien contre lui. Le lendemain, tu le relâches. Il s'en va en te faisant des bras d'honneur. Il revient un quart d'heure plus tard et il balance des tessons de bouteille sur la façade du commissariat. Et encore ! Il y a des cas bien pires !

Là, je n'ai rien dit. Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien, comme dirait Socrate. Ahh ! Voilà une référence qui m'est connue ! Référence ô combien pertinente : il faudrait s'en souvenir à chaque fois qu'on a tendance à se prendre pour Dieu le père.

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Positif, Négatif commentaires (5)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Je croyais avoir tout vu avec ce garçon... Eh bien, figure-toi que je me  trompais ! Encore un rebondissement ? Pas vraiment, juste un choc psychologique. Encore un ?!? Cela explique donc pourquoi tu m'as l'air si en colère. Je ne suis pas en colère... C'est juste que je ne peux pas le croire ! Allez, raconte-moi tout ça...

Il m'a appelée deux fois de suite. Je n'ai d'abord pas répondu. La troisième fois, pauvre de moi, j'ai décroché, sans pourtant rien espérer de lui. Il avait ce ton coquin que je lui connais, sauf que depuis quelques temps, cela ne prend plus. Je dirais même plus : cela m'exaspère. Il me demande comment ça va. "Bien. Qu'est-ce que tu veux ? Pourquoi tu m'appelles ?". Il s'étonne : "Tu m'as bien appelé ce matin !". Quoi ?!? Tu l'as appelé ce matin ? Mais qu'est-ce qu'est que cette histoire ? Ce n'était rien du tout. Très sincèrement. Je savais que l'anniversaire de sa mère (que j'aime beaucoup) approchait, et je ne me souvenais plus exactement du jour. Comme je tenais absolument à lui envoyer une petite carte, je me disais que la personne la mieux placée pour me répondre, c'était Johan, et j'ai bien fait, parce que, finalement, je l'ai eue, ma date. Il s'était peut être mis autre chose en tête le pauvre garçon... Mets-toi à sa place ! Me mettre à sa place ?!? Victor, je te rappelle que ce n'est pas moi qui ai tergiversé, couché avec lui, pour finalement lui dire que "non, finalement, je n'y croyais plus"... Pas la peine de monter ainsi sur tes grands chevaux, je sais déjà tout ça !

Je lui dis donc la triste vérité : que si je l'avais appelé ce matin, c'était uniquement pour avoir la date exacte de l'anniversaire de sa mère, et pas pour autre chose. Malheureusement pour lui, il ne sembla pas trouver mon explication très convaincante et me lança soudain, d'un ton badin :

- Tu viens dormir chez moi ce week-end ?

Là, je dois dire, Victor, que je n'en ai pas cru mes petites oreilles. Bien qu'extrêmement secouée, j'en tire une leçon des plus profitables : j'ai cessé de tendre le bâton pour me faire battre ! Effectivement, ma première réaction ne fut pas l'espoir ni un soupir énamouré. Non, non, au contraire... La moutarde m'est montée au nez à une vitesse fulgurante : "Non mais pour qui tu me prends franchement ?!?".

Le pauvre, tout de même... Arrête Victor ! Il l'a bien cherché ! Cependant, dis-moi une chose... Si tu réagis avec autant de violence, n'est-ce pas parce que tu as été blessée et que tu veux lui rendre la pareille ? Je ne sais pas... Et si, une fois la colère passée, tu t'aperçois que tu l'aimes toujours, que feras-tu ? Rien, je suppose... J'attendrais que cela passe, en m'en mordant les doigts. C'est bien ce que je pensais aussi...

Tu sais le pire, Victor ? Non, mais je vais bientôt le savoir... C'est qu'au fond, je comprends tout à fait qu'il m'ait posé une telle question...

Parce qu'il n'y a pas un soir où je ne pense pas à lui avant de m'endormir. Pas un soir où je ne songe pas à chaque nuit que nous avons passée ensemble. Quand je m'endormais dans ses bras. Quand j'écoutais sa respiration régulière, à côté de moi, et que je regardais son joli dos pendant son sommeil. Quand je grommelais parce qu'il prenait trop de place, ou quand il me reprochait de prendre toute la couette... Pas un soir. Et je me sens seule. Je me dis, dans l'obscurité de ma chambre, que dormir sans lui est insensé, complètement insensé. Et mon lit, pourtant minuscule, me paraît soudain très grand, trop grand. Et j'ai envie qu'il soit là, et qu'il me serre contre lui, fort, très fort. Et qu'il ne me lâche plus... Et je veux encore sentir la chaleur de son corps et le toucher de sa peau, et son odeur, là,  au creux de son cou.

J'aurais pu poser la même question. Oui, dormir seule, c'est difficile, et je sais que cela l'est certainement pour lui aussi.

Oui, c'est bien ce que je pensais... Quoi ? Quand la colère retombera, tu t'en mordras les doigts. Sauf si elle ne retombe pas. Elle retombera forcément... Un jour...

 

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : L'Amour toujours commentaires (2)   
Samedi 29 avril 2006

Mon cher Victor,

Le jour-J approche. Et la peur d'échouer m'envahit... La peur d'échouer ? Ce n'est pas plutôt la peur de réussir ? C'est fort possible... La pression monte, monte, monte...

Et ça y va, les exclamations du genre : "C'est début Mai ton concours ! Aïe aïe aïe ! Mais c'est bientôt !", "Tu te sens prête ?","Deux cents places seulement dans l'académie...Bon courage !". Oui, c'est bientôt. Non, je ne me sens pas prête. Et oui, il n'y a que deux cents places. Et qu'est-ce que tu fais si tu ne l'as pas cette année ? Grande question que je me pose tous les jours, vois-tu, mon Victor. Je n'en sais rien. Une maîtrise de littérature anglaise, peut être, si je ne suis pas acceptée à redoubler à l'IUFM. Je ne sais pas. Je suis dans le flou. Et cela me fait très peur. C'est normal... Si c'est le premier concours que tu passes ! Justement non, ce n'est pas le premier... J'ai déjà passé le concours de l'Ecole Normale Supérieure après mes deux ans de classe préparatoire. Eh bien alors ?! Tu sais ce que c'est, la pression !

Oui, je sais ce que c'est. Mais là, c'est différent... Là, il y a un enjeu, et de taille qui plus est : ma vie, ma réussite, mon métier. L'Ecole Normale Supérieure n'était pas mon but, juste une expérience. Enrichissante certes, mais juste une expérience. Et puis, c'était un concours si sélectif (dix places sur toute la France) que je ne me faisais guère d'illusions quant à mes chances, comme tous mes petites camarades, dans notre tout petit lycée de province.

Et ce concours... Ce concours conditionne tout le reste : mon séjour de trois mois à l'étranger en PE2, l'achat de ma première voiture (une fois le permis en poche bien sûr... Mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs !), un appartemment à moi, une nouvelle vie bien à moi... Eh bien travaille d'arrache-pied pour l'obtenir, ce fichu concours ! C'est plus facile à dire qu'à faire... Et j'ai tendance à me laisser déborder par mes histoires personnelles... Enfin ! Secoue-toi un peu ! Tu ne vas pas aimer ce garçon jusqu'à la fin de tes jours !? C'est terminé ! Tu entends ?! TER-MI-NE ! Reprends-toi en main ! C'est ta vie, qui est en jeu, là, Mirabelle, ton avenir ! C'est du sérieux ! Allez, zou ! Quitte cet ordinateur et vas travailler ! Et que ça saute !

par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Mirabelle, PE1, future instit' commentaires (0)   
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus