XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mardi 3 juin 2008
Je pensais naître de lui. Je pensais n'être forte qu'en le sachant à mes côtés. Je me trompais. J'ai largement la force de faire ma route seule. J'ai largement la force de supporter l'idée qu'il fasse l'amour avec une autre, largement la force de savoir qu'il la présentera bientôt (si ce n'est déjà fait) à sa famille, à ses amis. J'ai largement la force de faire ma vie sans lui, de profiter de chaque minute, sans le pleurer. Je ne le pleure plus. Je ne le regrette plus. Ce que je regrette, c'est de n'avoir personne, aucun corps masculin contre lequel me blottir le soir avant de m'endormir. Oui, ça, ça me manque. Mais lui... Non. Je ne suis pas une victime.
Il m'a appris que l'amour est éphémère. Que de belles paroles peuvent se transformer en leur exact contraire, en l'espace d'une semaine. Il m'a appris que la vie est une succession de rencontres. De moments. On tombe sur quelqu'un, il nous plaît, on s'embrasse, on fait l'amour, plusieurs fois par jour et puis un peu moins souvent, au fil des jours et du quotidien. On s'emmène partout l'un l'autre, et nos amis savent tout d'elle ou de lui, il ou elle devient "mon coeur", "ma puce", on s'étreint, on s'interroge, on se dispute pour des conneries, on se bagarre, on dit qu'on y croit plus mais on y croit encore, dans le fond. On se le dit ou on n'ose pas le dire, on dit l'inverse pour l'emmerder et ne pas se montrer dépendante. Et puis on tombe sur la nouveauté. Toujours mieux que des années d'engueulades et de par coeur. Et tout recommence. Et tout ce qui s'est passé, avec lui ou elle, n'existe plus. Oui, au moins, il m'aura appris ça.
Ce n'est pas une leçon très agréable, c'est vrai. Cependant, il vaut mieux savoir, avant de s'engager dans une relation, que quand on nous dit "je t'aime", il ne faut pas entendre "toujours". Et que, quand bien même des "toujours" seraient prononcés, nous ne sommes, nous-mêmes, pas maîtres de ces "toujours". Qui peut prétendre demeurer fidèle, ne pas être ébloui par une rencontre ? Qui peut prétendre qu'il restera, pour le bonheur de quelqu'un, au détriment du sien ? Qui peut prétendre respecter assez quelqu'un pour ne pas faire preuve de lâcheté ? Qui peut combattre son égoisme naturel au point de résister à la tentation d'une histoire qui débute et pourrait mieux réussir que la précédente ?
La vie, c'est ça. Une succession d'histoires, différentes. Et j'avoue qu'il m'est difficile de l'admettre. Je n'aime pas l'idée du provisoire. Je n'aime pas l'idée que tout puisse se casser la gueule, tout le temps. Je n'aime pas l'idée du tout qui passe au rien. De l'amour absolu qui passe à l'indifférence. A la limite, je préfère la haine. Oui, devoir tirer sa révérence, sans un mot, parce que c'est comme ça, que c'est la vie et qu'il n'y a pas à contester, j'ai du mal à l'avaler. Ce que je ressens, pourtant, ce n'est plus de l'amour. C'est la constance des souvenirs, l'idéalisation d'instants précieux. Il n'est pas dans la nature des hommes d'être amoureux de la même personne pendant toute leur vie. Ou alors, c'est si rare ! On aspire tous à ça, bien sûr (quoi que...), mais on a, toujours, en toile de fond, la conscience que tout peut se terminer, là, maintenant, et que de toute façon, si ça se termine, eh bien, on s'en remettra, comme tout le monde. Voilà. J'ai appris ça. Je le savais, évidemment, en théorie, mais il y a un pas de géant entre la réalité imaginée et la réalité vécue.
Maintenant que je sais tout ça, je sais que j'aurai largement la force de continuer toute seule. C'est sans doute la leçon la plus douloureuse, mais la plus nécessaire, qu'il m'ait jamais inculquée. Je ne suis plus une petite fille. Il disait que je vivais dans mon monde. Grâce à lui, depuis plus d'une semaine, j'en suis sortie. J'ai les deux pieds bien ancrés dans la terre, la tête bien clouée sur mes épaules, et elle n'en bougera plus. Je n'irai pas jusqu'à le remercier, parce qu'il y avait, je crois, de multiples manières, bien plus élégantes, plus respectueuses que celle qu'il a choisie, de m'enseigner ça. Mais bon. C'est le résultat qui compte. Et le résultat, en l'occurence, c'est que je suis seule, libre, et que j'ai enfin compris que l'amour, c'est comme la vie. C'est comme traverser la rue, prendre l'avion, le train, le bus. On sait qu'on peut avoir un accident, que tout peut s'arrêter. Mais ce n'est pas ça qui nous empêche de monter, parce qu'on ne sait jamais, le voyage pourrait être fantastique, avec de superbes paysages...
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Dimanche 15 juin 2008
Mon cher Victor,

J'ai tout relu. Tout. J'ai tout relu et tout déchiré en petits morceaux. J'ai tout déchiré en petits morceaux et tout jeté à la poubelle. "Je peux me voir dans le futur. Mais ceui-ci serait bien avec ta présence, car le fait que tu sois la mère de mes futurs enfants ne me déplairait certainement pas. Un mélange d'une littéraire et d'un scientifique, les enfants ne pourraient qu'être des êtres d'exception comme moi, et toi aussi.". J'ai tout relu. Toutes les lettres, toutes les cartes postales, jusqu'aux petits mots écrits à la hâte, que j'avais religieusement conservés dans une grande boîte en haut de mon armoire. Les souvenirs qu'on a le plus d'acharnement à détruire sont ceux auxquels on a le plus tenu.
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Mardi 8 juillet 2008
Mon cher Victor,


Ca
y est, c'est arrivé, quelqu'un est amoureux de moi. La roue tourne ! Oui, la roue tourne. Tu n'as pas l'air spécialement réjouie ? Non. C'est le monde à l'envers, ça ! Non. Quelqu'un m'aime, c'est vrai, et les grandes déclarations d'amour, surtout quand elles vous sont adressées, ça fait toujours du bien, mais ce qui m'attriste, c'est que moi, je ne suis pas amoureuse. La vie est mal faite.
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Vendredi 11 juillet 2008
Mon cher Victor,

J'ai rêvé de lui cette nuit. Cela faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Ah... Réveil difficile, donc ? Réveil étrange, disons. Que se passait-il dans ce... Cauchemar ? Il me semblait qu'il était à côté de moi. Je pouvais presque le toucher. Décor de salle de bain. Lui en train de se raser. Torse nu. Et moi à côté, à lui demander pourquoi. Pourquoi m'avoir fait croire qu'il voulait nous donner une autre chance alors qu'il l'avait déjà rencontrée, pourquoi avoir passé la nuit avec moi en rentrant de ses petites vacances pour finalement m'annoncer, une semaine plus tard, qu'il avait quelqu'un d'autre. Pourquoi m'avoir menti ? Pourquoi avoir trahi ma confiance ? Pourquoi avoir sali, en l'espace de quelques jours, quatre ans d'une histoire que je chérissais ? Et il reconnaissait tout. Qu'il m'avait menti. Qu'il avait juste attendu de rencontrer quelqu'un d'autre avant de rompre pour de bon avec moi. Qu'il ne m'aimait plus depuis un petit bout de temps déjà. Que je n'étais qu'un lot de consolation en attendant de trouver mieux.
Cela fait plus de deux mois maintenant que je n'ai plus aucune nouvelle. Et c'est tant mieux. Je sais que je ne l'aime plus. Sa bassesse aura au moins eu le mérite de me faire ouvrir les yeux sur sa véritable nature. Mais je continue à m'interroger. Toujours ce besoin de comprendre... Il faut dire qu'effectivement, il ne t'a donné aucune explication, aucune excuse, rien... Mais tu cherches de la cohérence là où il n'y en a pas, malheureusement... Si l'amour était cohérent, cela se saurait... Pourtant, je vais mieux. Beaucoup mieux. Je prends soin de moi, je retrouve le goût de plaire. Tout ça, ce sont des progrès énormes, il faut t'y accrocher de toutes tes forces ! Oui... Et malgré cela, tu vois, il vient me hanter dans mes rêves. Il est toujours là. Avec tous ces maudits détails, sa peau, son odeur... Et c'est d'une telle réalité... Je déteste rêver de lui. Je voudrais que le temps passe. Plus vite. Quand vais-je l'oublier pour de bon ? Quand son souvenir me laissera-t-il en paix ? Laisse le temps au temps...
Je trouve ça d'une injustice monstrueuse. Pourquoi la vie fait-elle qu'il m'a effacée de sa vie d'un revers de main,  sans excuses, sans explication ? Pourquoi suis-je bien un jour, sûre de moi, sûre que tout ira bien, pour m'écrouler le lendemain parce que j'ai rêvé de lui ? Chaque jour, il me faut reconquérir mon équilibre. Je sais que je peux être joyeuse, gaie, légère, je sais que mes amies peuvent me dire : "Tu as l'air beaucoup mieux, Mirabelle !" ; je sais aussi que je peux me traîner la journée du lendemain, craindre de le croiser en ville, m'étouffer avec mes interrogations sans réponse. C'est tellement injuste... Je lui avais pardonné tant de choses. Par amour. Parce que j'étais persuadée que cela valait encore la peine de se battre. Et qu'est-ce que j'y ai gagné au bout du compte ? Rien. A part me faire rabaisser plus bas que terre, me sentir bonne mais conne, sans une once de respect, même pas pour ce que nous avons vécu. Et le temps passe vraiment trop lentement. Je voudrais être libre, libre d'aimer à nouveau, mais je n'en suis pas encore capable. Oui, tu dois d'abord ramasser les petits bouts de toi qu'il a fait voler en éclats, les reconstituer, tout doucement... Il faut être patiente, Mirabelle... Malheureusement, il n'y a rien d'autre à faire...
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle
Lundi 21 juillet 2008
Mon cher Victor,
Vendredi soir, après une journée éreintante (j'ai collé du papier peint sans m'arrêter !) c'était fiesta dans un célèbre bar dansant de ma petite ville. Ah ah ! En galante compagnie ? Oui et non ! Avec une amie de longue date (la maternelle, tu te rends compte !) , nous
avons commencé par aller boire un verre dans un bar pour terminer à danser comme deux petites folles jusqu'à 4 h du matin. Profite de ta jeunesse ! Cueille dès aujourd'hui les roses de la vie, ne te prive pas ! Je suis rentrée chez moi ravie, heureuse, bien dans ma peau. Raconte moi tout ça ! Je veux des détails ! Des détails ! Des détails ! Et croustillants, si possible...

Je me suis fait draguer sept fois. J'ai compté. Je n'en revenais d'ailleurs pas moi-même. Petite prétentieuse ! Attaaaaaaa, je ne suis pas prétentieuse, je constate ! Humm... Tu te vantes, oui ! Meeeeuh non ! C'est juste que cela m'a rassurée sur ma capacité à séduire ! Hummm... Enfin tout de même, je trouve que depuis quelques temps, tu es bien sûre de toi ! Où est la Mirabelle torturée que j'affectionnais ? Elle n'existe plus. Oui, je vois ça... Enfin, si tu t'épanouis, hein, c'est le principal ! Allez, vas-y, poursuis la narration de tes conquêtes !

En fait, vendredi soir, je me suis rendu compte que j'étais capable de "me lâcher". Hummm... J'ai dansé sans me soucier du regard des autres. Sans avoir honte de moi-même et de mon corps. Même, je me sentais belle et bien, fait exceptionnel chez moi. Je sentais les yeux des hommes sur moi et j'avoue que je n'ai pas trouvé ça désagréable du tout... Au contraire ! A un moment, je me suis retrouvée seule à danser au milieu d'un groupe de mecs, je n'ai pas compris comment ! Tu me fais peur... Ne t'en fais pas ! C'était très "innocent" ! J'ai du mal à te croire... Tu n'es pas dans la tête des hommes, Mirabelle ! Crois-moi, ils ne font jamais rien d'innocent, j'en sais quelque chose : je fais partie de l'espèce ! Je contrôlais parfaitement la situation ! C'est juste que cela ne m'était jamais arrivé. Jamais, jamais, jamais ! Moi, j'étais le genre timide, tu vois... En fait, tu ne t'es pas reconnue ? Tu t'es étonnée toi-même ? Voilààà, c'est ça ! Je me voyais dans la glace. J'avais l'air à l'aise et épanouie. En dansant, j'avais des gestes amples, j'osais me déhancher comme jamais !  Je m'aperçois que je deviens bien avec moi-même. Confiante. Ca doit être grâce à l
ui. J'entends encore ses paroles. On ne m'avait jamais parlé comme ça... Oui, tu l'avais déjà dit dans une de nos conversations ! Excuse-moi, je me répète ! Aucune importance... Ce n'est ni la première ni la dernière fois !

J'ai longtemps pensé, après ma rupture avec Johan, que je revenais au point de départ. Qu'il me fallait tout recommencer. Or, c'est faux. Evidemment  ! Quand je l'ai connu, je ne connaissais quasiment rien de l'amour. Je ne pensais pas qu'on pourrait m'aimer plus de trois semaines. Il l'a fait. La fin de notre histoire, c'est autre chose, et tu sais ce que j'en pense, je ne vais pas revenir là-dessus, mais il m'a permis de grandir, même si ce fut douloureux. Vendredi, alors que je me laissais emporter dans une chorégraphie endiablée sur l'air de "Marcia Baila" des Rita Mitsouko, je me suis rendu compte que j'avais du PLAISIR à être célibataire. Retrouver le jeu de la séduction, les oeillades, tous ces petits riens qui font le charme des soirées de danse, illuminées par les spots et charnelles de sueur... Je crois que c'est la première fois que j'en arrivais à penser de la sorte... Je me sentais jeune et libre... Si libre... Au fond, c'est un euphorisant, la liberté ! Et il en va de même pour la jeunesse...

Au bar, j'ai parlé à un serveur. Oui, j'imagine bien ! Quoi de plus normal pour commander la boisson ? Mais je le connaissais, moi ! Il était avec moi en sixième ! Eh bien dis moi, c'est le temps des retrouvailles ! Si on veut... Enfin, il a quand même fallu que je me présente, parce que le bougre ne m'avait pas reconnue ! Quand j'ai dit mon nom, il m'a regardée avec de grands yeux et s'est exclamé :

"Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! T'as trop changéééééé !"

Evidemment, j'ai préféré prendre ça comme un compliment ! Comment ça ? Tu aurais pu le prendre en critique ? Ben écoute ! Pour la gamine que j'étais en sixième, c'est super décevant, tu vois ce que je veux dire ! Oui, je vois... Enfin, le principal, c'est ce que tu es devenue aujourd'hui, n'est-ce pas ? Oui. L'important, c'est le présent.
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publié dans : L'Amour toujours par Mirabelle

Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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