XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 20 juillet 2008
Mon cher Victor,
 

Juste une petite apparition, aujourd'hui, histoire de boire un thé avec toi et de te dire que tout va bien. Aaah ! C'est si rare d'entendre des paroles si positives de ta bouche ! Tu n'as pas un magnétophone, que je t'enregistre ? Coquin ! Non, vraiment, je t'assure, tout va bien... Alors touchons du bois !

Tu sais, c'est drôle, je m'aperçois que j'ai beaucoup changé. Dans quel sens ? Depuis quelques semaines, il me semble que je m'ouvre aux autres d'une manière incroyable. Tant mieux, tant mieux... Pourvu que ça dure ! Je réfléchis beaucoup, aussi, mais sans resasser. Sans regretter. Ca, c'est très important ! Et cela montre que tu as évolué ! Je m'aperçois qu'aujourd'hui, je profite bien plus de la vie qu'à l'époque où j'étais avec lui. Cet homme a  occupé quatre ans sur ma route. C'est long, quatre ans, surtout quand tout se casse la gueule sans prévenir, surtout quand le procédé est dégueulasse. Mais au fond, je me dis que c'est peut être cette trahison qui me permet d'aller bien aujourd'hui. La vie a sans doute voulu t'administrer un joli coup sur le carafon pour te forcer à réaliser que tu faisais fausse route avec ce garçon !

Bizarrement, je crois que je n'ai jamais aussi peu regardé en arrière qu'aujourd'hui. Je sais que cette vie avec lui a existé mais elle me semble tellement lointaine, déjà, au point de me demander si tout ça, c'était vrai. J'ai l'impression de me réveiller d'un songe partagé entre le rêve et le cauchemar. Le rêve pour les débuts, bien sûr, et le cauchemar pour la fin. Il ne fait plus partie de ma vie et je ne nourris plus mes instants de tous les jours des souvenirs vécus ensemble. C'est étrange, mais c'est comme s'il n'existait plus. Comme si son existence s'était figée le jour où j'ai compris. Savoir ce qu'il fait ne m'intéresse pas. Savoir avec qui il est ne m'intéresse pas. Savoir où il est ne m'intéresse pas. Je sais que je n'aurai jamais de réponse à mes questions alors... J'ai cessé de m'en poser. Je crois qu'au bout du compte, j'ai arrêté de me faire du mal, et de me flageller pour une fin dont je ne suis pas responsable. Je sais aujourd'hui que tout cela n'était pas de ma faute. Et que j'ai fait tout ce que je pouvais pour y croire jusqu'au bout.

Pourtant, ma vie n'a pas fondamentalement changé depuis ce mercredi après-midi où j'ai compris la vérité sur lui. J'ai toujours les mêmes amis, les mêmes fréquentations, les mêmes activités... J'ai juste l'impression d'observer ma vie d'un oeil nouveau, de m'ouvrir aux rencontres, d'accepter les compliments, d'aller plus facilement vers les autres... Je profite des petits bonheurs que m'offre la vie au quotidien et je me rends compte, chaque jour, que ma route, si elle est pleine d'ornières, me donne aussi à voir de jolis paysages. Je m'aperçois que je suis forte, plus forte que je ne pensais, et cela me remplit d'une fierté dont je ne me  serais jamais crue capable envers moi-même. J'ai une nouvelle vie qui m'attend, et cela me rend profondément sereine d'écrire sur une belle page toute blanche. Je me sens prête. Je n'ai pas peur. Je vais bien.
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publié dans : Le tourbillon de la vie par Mirabelle
Mardi 22 juillet 2008
Mon cher Victor,

 


Dimanche, j'ai passé tout mon après-midi à mettre des babioles en carton, à décrocher des photos, retrouvant les murs de mon futur ex-futur appartement immaculés de blanc. Je pensais que ce serait difficile. Or, "difficile" n'est vraiment pas le mot. Ce fut dur dur, donc ? Ah non... Beaucoup plus aisé que je ne l'aurais cru !

J'aime profondément cet appartement. C'était mon premier, et tout le monde le sait, les premiers, on ne les oublie jamais tout à fait. Pourtant, je n'y suis pas restée longtemps. Mais c'est là que j'ai découvert l'indépendance, la liberté, et comme on me l'avait annoncé plusieurs fois, je ne peux maintenant plus m'en passer. Vivre seule m'a fait grandir. Relativiser certaines choses. Voler de mes propres ailes. Je vais poursuivre ma route à L., me construire de nouveaux repères, continuer ma route. Sereinement.

Ce qui est bien, dans les déménagements, c'est qu'on fait le tri. J'ai enlevé des photos de personnes que je croyais être mes amis et qui ne le sont plus, je me suis séparée de vêtements qui dataient de Matusalem, j'ai jeté des peluches qui me gênaient... Du vide, du vide, du vide ! Et... De l'air, de l'air, de l'air ! J'ai donc pu admirer mes murs blancs comme neige, tels que je les avais trouvé en arrivant ici. Cela m'a fait un drôle d'effet, parce que c'était hier, et qu'il s'est passé tout un tas de choses depuis, plus ou moins positives. J'ai eu mon permis de conduire (youpiii), me suis fait remplacée en une semaine par la personne que j'aimais le plus au monde (j'ai bien dit "aimais", hein, et rien que d'employer l'imparfait, j'en ai le sourire aux lèvres !), j'ai découvert que des amis pouvaient m'envisager comme bien plus que des amis, j'ai rencontré des collègues formidables, des gamins géniaux... Au fond, l'année n'aura pas été si terrible, et cet appartement reflète un mélange de tout ça... C'est là que je me suis écroulée le jour où j'ai appris qu'il avait quelqu'un d'autre, là où j'ai su, au petit matin, que quelqu'un d'autre m'aimait passionnément... C'est dingue comme on associe des lieux à certaines émotions... C'est dans cet appartement que je me suis vue autrement dans le miroir, et ça, ça n'a pas de prix...

Oui, vraiment, je l'adorais, cet appartement. Et j'avoue que cela m'a fait tout drôle d'accueillir des inconnus chez moi, de leur présenter ma chambre, le balcon, la cuisine, la salle de bain, le salon... De leur dire combien j'étais bien ici. Comme si, tout en étant chez moi, je n'étais plus chez moi. Voir leurs mines émerveillées ("Ooooh !!!! Il est bien !!!"), me revoir moi quand je l'ai visité pour la première fois... Pleine d'espoir, toute excitée à l'idée d'acheter des meubles... J'en souris aujourd'hui... Dans dix jours, j'aurais déménagé. J'ai hâte.

Tout à l'heure, en transportant des cartons, j'ai regardé les murs, tout blancs. Bon, d'accord, il y a quelques trous, à cause des cadres et c'est autant de souvenirs. Mais je me dis que c'est ce qui m'attend. Un appartement vierge. Où je ferai ma vie. Une vie à moi seule. En plus, il est trop beau... Je vais être bien, dans mon nouveau chez moi... Du blanc, du blanc, du blanc, du blanc...
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Samedi 26 juillet 2008
Mon cher Victor,
 
Hier soir, j'ai eu une discussion fort intéressante avec quelqu'un (oui, cette fois, c'est bien toi !) qui... Avec moi ? Hier soir ? Non, pas avec toi. Avec quelqu'un d'autre, qui lira sans doute ces lignes. Qui donc ? Je ne peux pas te le dire, c'est mon petit secret ! Pfff... Tu n'es pas drôle ! Mais je n'insiste pas. Sur quoi portait cette conversation ? J'ai le droit de le savoir, ça, au moins ? Nous parlions du bonheur. Vaste sujet !

Je lui disais que je n'avais sans doute pas une nature au bonheur. Tout de suite les grands mots ! Non mais c'est vrai ! Tu sais comment je suis ! Je me pose toujours tout un tas de questions sur la vie, l'amour, mes relations aux autres... Quitte parfois à gâcher ces dernières ! Oui, c'est vrai. Je m'en rends compte aujourd'hui. Je n'ai pas su profiter d'instants parfaits, ou plutôt, qui auraient pu l'être si je n'avais pas à tout prix cherché à les comprendre. Toujours ta foutue tendance à tout analyser ! Qu'est-ce que tu veux, je ne vais pas me refaire ! Je ne dirais pas que j'ai connu le bonheur, mais j'ai connu des moments magiques  qui ne m'ont pas tourné la tête alors que j'aurais dû les laisser m'enivrer. Je sais que l'éternité n'existe pas en amour, mais il existe des minutes, dans la vie, où on la touche du bout des doigts, où on la frôle. Il faut savoir les reconnaître, les respecter, et les respecter assez pour les laisser prendre toute leur place. Je ne sais pas faire ça.

Tu peux sans doute rectifier un peu le tir, quand même ! Si tu es capable de prendre du recul par rapport à cela, sans doute seras-tu également capable de modifier quelque peu ton attitude ! Oui, certainement. Il est vrai que ma déconfiture avec Johan doit y être pour beaucoup... Et je sais que j'essaierai, avec le prochain homme de ma vie, de m'en souvenir, afin de ne rien gâcher des instants précieux que je serai amenée à vivre. Profiter. Pendant que je peux. Oui, parce que ce n'est pas une fois que l'autre est parti que l'on peut commencer à en profiter ! Au fond, une rupture, ça sert à ça... A quoi ? A prendre conscience de ses défauts, à essayer de les rectifier. Attention, je ne pense pas que tu parviendras pour autant à t'ancrer complètement dans le présent ! Je crois malheureusement que quand on a une nature comme la tienne, on ne change pas. D'ailleurs, peut-on jamais vraiment changer ? J'imagine que non.

Bref. Tout ça pour dire, mon petit Victor, que je tente aujourd'hui d'envisager la vie avec plus de sérénité. De profiter des petits plaisirs qu'elle m'offre. Et j'y parviens mieux que ce que je pensais. Ca me réjouit. Car cela signifie que la grande claque que m'a administré Johan n'aura pas servi à rien, et m'aura permis de prendre conscience de tout un tas de choses qu'il ne m'aurait pas été permis de réaliser sans cette rupture. Je serais sans doute restée dans mon petit bonheur éternellement insatisfait. Ah, parce que maintenant, tu admets que tu étais insatisfaite ? Oui ! C'est bien, c'est bien... On avance ! N'est-ce pas ? Je ne suis pas mécontente de moi ! Je comprends de mieux en mieux l'expression "travailler sur soi-même". Cela demande beaucoup de temps. Il m'en faudra sans doute beaucoup, encore, mais c'est nécessaire. Avoir rompu me permet de mieux me connaître. De comprendre mes travers. Ou du moins quelques uns... Parce que tu en as un sacré paquet ! Merci, Victor, encourage moi !
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Dimanche 10 août 2008
C'est rentrer avec ma petite Twingo, un air de piano m'accompagne. C'est d'avoir, face à moi, alors que je roule en ligne droite, une belle lumière, entre le gris et le rose, épousant le contour des nuages. C'est d'admirer une petite pluie fine, étincelante, presque rougeoyante, si inédite qu'elle en paraît presque irréelle. C'est de penser très fort que je vis un joli moment et qu'il faut à tout prix que je me souvienne du gris, du rose, de la musique, du ronron sécurisant de la voiture et de mon sentiment de plénitude.
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Lundi 22 septembre 2008
Mon cher Victor,
 J'ai passé mon week-end à m'étourdir. De travail ? Non, à m'étourdir de musique, de rires, d'hommes et de danse. C'est plutôt bien, ça ! As-tu fait de nouvelles rencontres ? C'est bien de cela qu'il s'agit. Aaaaaaaaaah ! Raconte moi tout ! Tu vas vite déchanter, crois-moi...

J'ai dansé jusqu'au bout de la nuit, accompagnée d'un ami qui a joué les gardes du corps le temps de la soirée. Pourquoi ? Une horde d'hommes s'est ruée sur toi ? Une horde, n'exagérons rien, quelques uns suffisent. Je les ai tous repoussés. Pas méchamment, rassure-toi. Juste repoussés. En rentrant chez moi (vers les 5 h du matin quand même !), j'ai longuement réfléchi. La journée du lendemain aussi. J'en suis parvenue à une conclusion : je plais, c'est indéniable. Tiens... Tu es loin de me chanter ce refrain d'habitude ! C'est vrai. Alors écoute bien, tu vas en rester scotché sur ton siège !

Je plais. J'avais toujours été persuadée du contraire. Je le suis encore, intérieurement, mais comme dirait mon garde du corps d'hier soir, il faut s'en tenir aux faits. Paraît-il qu'il a été obligé d'"en calmer quelques uns" (ce sont ses mots !) alors que je virevoltais sur la piste de danse. Bon... Ne soyons pas hypocrites : cela me flatte d'attiser les convoitises. Encore heureux ! Il ne manquerait plus que tu t'en plaignes ! Cependant... Cependant ? Cependant, ce n'est pas pour autant que je me sens mieux. Ooooh, alleeeeez ! Même pas un tout petit peu ? Bon. En fait, si, tu as gagné. J'adore être courtisée. Bravo, bravo ! Que vont penser nos lecteurs ? Peut être qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien ? Hummm.... Sans doute vont-ils relever une certaine redite ? Pfff... Alors dis leur que j'ai le droit de radoter si je veux !!! Je leur dirai, je leur dirai... Et puis s'ils ne sont toujours pas contents, dis leur aussi que, en tant que victime d'un spécimen assez magnifique de goujat-macho-c*****d (pas la peine de rayer la mention inutile, c'est un 3en1 !), j'ai bien droit à quelques compensations ! Non, mais c'est vrai, quoi, sans blague !

Ah euh... Au fait, pourquoi les as-tu repoussés, tous ces hommes ? Aucun n'était à ton goût ? Si. Pourtant, si. Pfff... Il vaut mieux entendre ça que d'être sourd ! Tu es restée passive, tu n'as rien tenté malgré la mante religieuse qui sommeille en toi ? Eh non ! Je suis consciente que je tiens quelque chose de joli, là, au creux de ma main, mais je ne suis pas encore prête à m'en emparer. Alors je le laisse fuir. En attendant qu'il revienne, pour le savourer à pleine bouche, sans avoir un arrière goût de goujat-macho-c*****d pour me gâcher ce délice. En gros, tu veux finir de mépriser ce qu'il y a à mépriser avant de pouvoir aimer ce qu'il y a à aimer ? C'est tout à fait ça. Enfin, restons sur une impression positive, si tu veux bien... Sinon je pourrais te dire que je vais bientôt faire mon test HIV et que ça m'angoisse à mort, mais bon, puisque je veux rester d'humeur festive... Finissons sur une petite note de musique ! Chante avec moi : You are the Dancing Queeeeen, young and sweeeeet, only seventeeeeen ! Dancing Queen, feel the beaaaat from the tambourine ! Ohhhh Yeeeeeeeeeeeah !! You can dance, you can jive, having the time of your liiiiiife ! See that girl, watch that scene, dig in the Dancing Queen !
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Un mot au vol ?

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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