XXIeme siecle

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Lundi 25 juin 2007

Mon cher Victor,bouder2.gif

Aujourd'hui, retour chez les petits. Un retour de courte durée, si je ne m'abuse... Les vacances se rapprochent à grands pas ! Eh oui. Plus que lundi prochain avec les gosses de maternelle et ma prochaine prise de classe, ce sera pour de vrai, et rien qu'à moi ! Les enfants étaient contents de te retrouver ?

Eh bien... A vrai dire... En ce qui me concerne, j'étais ravie. J'ai distribué des bisous à tours de bras (ne croulant pourtant pas sous la demande...) jusqu'au moment où Sonia est venue me voir, les sourcils froncés :
- Pourquoi elle est pas là, la maîtresse ?
- Tu sais bien, Sonia, c'est moi la maîtresse le lundi, le jour de la petite souris rouge...
- Oooooh non ! Je veux Martine !

Raaa... Parlez-moi du charme des Tout Petits...

 

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Mardi 26 juin 2007
Mon cher Victor,entretien.gif

Aujourd'hui, j'ai un entretien avec des formateurs informatique pour la certification C2i. La certification C2i ? C'est un examen pour les futurs enseignants que nous sommes, visant la maîtrise des outils informatique pour utiliser en classe. Tu parles d'un jargon... Et tu es prête pour cet entretien ?

A vrai dire, je ne sais même pas sur quoi il porte.
En guise de préparation à l'examen, les PE2 désireux d'être certifiés (car cela n'est pas obligatoire) ont reçu un pauvre tableau récapitulatif des épreuves, mais pas de descriptif détaillé.
Du coup, cet après-midi, j'y vais quasiment les mains dans les poches.
Eh bien, eh bien...
Voilà le symbole de cette formation : l'improvisation. Le flou. Le "Démerde-toi, le ciel t'aidera mais pas l'IUFM". Encore heureux que cette certification est facultative... Tu l'as dit !

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Vendredi 29 juin 2007

Mon cher Victor, cartable2.JPG

En ce 29  juin, j'aurais dû avoir la liste des postes. Oui. J'aurais dû. Car, ce midi, en cliquant fébrilement sur le site de l'Inspection académique de mon département, voici ce que j'ai pu lire :
 

"Compte tenu du nombre peu important de postes restés vacants à l'issue du 2nd tour du mouvement des enseignants titulaires, la première phase d'affectation des professeurs des écoles en formation prévue en juillet est supprimée. Vous recevrez prochainement un courrier à votre adresse personnelle, vous précisant le calendrier et les modalités de la procédure d'affectation qui aura lieu début septembre, ainsi que la circonscription auprès de laquelle vous serez mis à disposition la semaine de la rentrée, en attendant votre nomination pour l'année scolaire."

Le tout signé par Monsieur l'Inspecteur d'Académie.

Bon.

Et voilà.

Y a plus qu'à attendre septembre.
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Dimanche 1 juillet 2007
Mon cher Victor, 
--valcorrection.JPG
Je n'ai que très peu parlé, durant cette année de PE2 (et pendant nos conversations) du casse-tête que sont les évaluations. Non, effectivement ! Tu sais , Mirabelle, il y a énormément de lacunes dans nos discussions ! J'en suis bien consciente, mon pauvre Victor... J'essaierai de rectifier le tir pendant les vacances d'été !

Pendant mon SR3, j'ai dû évaluer les acquis de mes élèves. Eh bien laisse moi te dire que ce n'est pas une mince affaire ! Tu m'en diras tant... Pressée par l'instit' que je remplaçais ("Surtout, évalue bien ce que tu as fait ! Je n'ai quasiment pas fait d'évaluations au troisième trimestre et si je n'ai rien à montrer, les parents vont me tomber dessus !"), j'ai donc évalué conjugaison, géométrie et lexique.

Bon. Commençons par le début : la conjugaison. Il faut savoir, mon Victor, que l'instit' m'avait demandé de faire le passé composé avec ses élèves. Je m'attèle donc à la tâche, dès la première semaine. Malheur de malheur... Comme je te l'ai déjà dit... Les élèves sont très dissipés ! Exactement. Ils sont gentils mais assez paresseux. Ils n'écoutent pas grand chose. Et je dois sans arrêt ramer pour les intéresser, quand je ne suis pas obligée de faire de la discipline. Ca, ça devient un enjeu de société, ma pauvre chérie...

Au fur et à mesure des séances (très nombreuses et évidemment plus que prévu...), il s'est avéré que les élèves ne savaient pas reconnaître un verbe dans une phrase. Qu'ils ne maîtrisaient pas la notion de sujet. Qu'ils ne savaient pas conjuguer correctement "être" et "avoir" au présent. Dans ces conditions, je comprends que cela soit difficile... Mais ils ne sont encore qu'en CE1 ! Bien sûr. Et puis au fond, le passé composé, c'est compliqué. Je t'épargne les détails évidemment. Les séances défilent et avec elles la sensation de n'arriver à rien. Les gamins confondent tout, et j'ai bien du mal à y remédier. Pourtant, j'ai restreint au maximum et privilégié la conjugaison d'"être" et "avoir" ainsi que les verbes du premier groupe, en laissant tomber ceux du deuxième et troisième groupe. Comme tu peux t'en douter, ce sont surtout les verbes avec l'auxiliaire "être" qui posent problème...

La fin du stage approchant, je commence à concevoir mes évaluations. Je choisis consciencieusement mes exercices et élabore un système de notation (sur 10) dans la douleur. Je crains bien évidemment les résultats de cette évaluation et n'en attends pas grand chose de très reluisant, surtout quand je passe dans les rangs, le jour J, et constate que les élèves n'ont pas compris que le passé composé est formé de deux mots. C'est pourtant la base ! Aie ! C'est la mort dans l'âme que je récupère toutes les copies et que je me mets à corriger, le soir même.

Et là, c'est le drame. C'est de ma faute, en plus. Je me suis trompée dans mes comptes (eh oui, les chiffres et moi, décidemment, cela fera toujours deux) et mon système de notation est fichu en l'air. Après une quinzaine de minutes de prise de tête, j'en arrive à la désagréable conclusion qu'il me FAUT noter les élèves sur vingt. Je n'aime pas ça. Au CE1, ce n'est pas adapté. Je m'y résouds cependant, en soupirant.

Deux heures plus tard, je suis complètement déprimée. Ces évaluations sont CA-TAS-TRO-PHIQUES. Vraiment ? Vraiment. Deux élèves s'en sortent à peu près convenablement. C'est le raz-de-marée pour les autres. Les notes sont si basses que je n'ose même pas t'en donner une fourchette ! Ah la la... Ces notes m'amènent bien sûr à douter : sans doute ai-je mal fait passer la notion, j'aurais dû prendre les choses par un autre bout, n'ai pas été assez clair pour expliquer la formation du passé composé... Oh, allez ! Tout le monde se plante, Mirabelle ! Et puis s'ils n'écoutaient rien ! Ne remets pas tout sur le dos des gamins, Victor ! Disons que j'essaie de faire en sorte que tu cesses de te flageller !

Bref. Après avoir mûrement réfléchi, j'ai décidé de ne pas rendre les évaluations aux élèves. Je les ai laissées à disposition de l'instit', pour qu'elle puisse se rendre compte des erreurs, tout en lui précisant que je souhaitais qu'elle les garde pour elle. Mais je ne voulais absolument pas les rendre. Je ne vois pas l'intérêt de mettre tous les élèves face à l'échec et de les décourager. Il y aurait eu des larmes. Je crois que tu as bien fait, Mirabelle... Je ne suis pas enseignant mais, effectivement, le but de l'Ecole est d'aider à l'épanouissement de l'élève, et certainement pas de le casser... Tes raisons sont tout à fait légitimes ! 

Je ne sais pas si j'ai bien fait. De toute façon, je pense qu'on ne peut jamais le dire. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise solution. Il y a juste un choix. Ce qui est certain, c'est que l'évaluation me questionne pas mal. Si elle doit "sanctionner" les apprentissages, tout doit être soupesé très clairement, et surtout s'adapter à ce qui a été fait en classe. A ce qui a REELLEMENT été fait. Il faut être juste et savoir distinguer ce qui n'a été qu'effleuré (et qui ne nécessite pas d'évaluation...) de ce qui a été étudié en profondeur. Ce n'est pas si évident car cela recquiert un certain recul par rapport à sa pratique, recul que nous, professeur des écoles débutants, n'avons pas toujours. Nous sommes généralement, comme le disent les IMF, "dans le feu de l'action". Occupés à boucler la journée du lendemain, fiches de prep' de français, de maths... Nous sommes dans l'urgence de l'instant. Il nous faudra apprendre à prendre le temps de nous retourner sur ce qui a été fait. Nous avons toute notre carrière pour y parvenir, peu à peu.
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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle
Lundi 2 juillet 2007
Mon cher Victor,journal.jpg

Ca y est. Mon SRF est terminé. Ton SRF ? Mon Stage en Responsabilité filé. Ah oui, c'est vrai... Pas trop cafardeuse ? Un peu, bien sûr. Mais avec le temps, j'apprends à ne pas trop m'attacher. A me dire que si moi je vogue vers d'autres horizons, mes petits aussi ! Tu en parles comme de tes élèves à toi, c'est bien révélateur...

Révélateur ou pas, hier soir, en me couchant, je m'étais dit : "Surtout, Mirabelle, demain, n'oublie pas d'embrasser les enfants un à un à la sortie, de leur expliquer que tu ne les reverras plus". J'étais certaine d'y penser. Vraiment. Sauf que cela ne s'est pas passé comme ça. A 16 h 30, j'étais tellement dans ma journée, dans le bon déroulement des rituels (on lit une histoire, on distribue les suces et les doudous, puis on va ouvrir aux parents) que je n'ai pas réalisé que c'était la fin de l'année. Pas du tout. Bêtement, mon esprit détraqué m'a soufflé que je les reverrais la semaine prochaine. Mais non.

Du coup, ils sont partis sans mes bisous et moi sans les leurs. Ce n'est que quand j'ai vu arriver des mamans avec des bouquets de fleur (alors qu'il ne restait plus que quatre enfants dans la classe...) que j'ai compris que c'était VRAIMENT la fin. On m'a remerciée pour ma gentillesse et ma patience. J'étais émue. J'ai remercié. Cet instant, bien que sans chichi, me paraissait très solennel. Les petits derniers m'ont fait un bisou. Déjà nostalgique de cette classe, je les regardais, eux, les mômes, bien ancrés dans le présent, me faire juste un coucou (sous l'insistance de maman) et s'en aller en jacassant.

Je suis rentrée chez moi avec mes fleurs, après que la directrice m'ait raccompagnée pour la dernière fois. Ca fait toujours drôle, l'idée de la "dernière fois". J'ai promis d'envoyer de mes nouvelles. De la tenir au courant de mon poste. La portière de la voiture a claqué et je me suis retrouvée à pieds, à deux-cents mètres de ma petite maison, avec un bouquet de fleurs sous chaque bras.

Je me dis que j'ai quand même participé à quelque chose. Que c'est un tout petit peu grâce à moi si ces vingt-cinq loupiots grandissent bien. Oh... Il ne faut pas se leurrer, bien sûr... C'est l'instit' qui a fait les trois quarts du boulot ! Rendons à César ce qui lui appartient ! Oui. Je ne compte pas m'attribuer tous les mérites. J'ai peut être juste un peu contribué à la réussite de cette année, même si j'ai débarqué en janvier, même si je n'étais là que le lundi et que je n'étais "pas la maîtresse mais Mirabelle". Je me dis que peut être, certains se souviendront (je sais, Victor, ils n'ont que trois ans, c'est peu probable...) de la première fois où on leur a lu l'histoire de "Roule-Galette". C'était une maîtresse qu'ils voyaient le jour de la petite souris rouge... Des lunettes rectangulaires... Comment s'appelait-elle déjà ? Ils demanderaient à leurs parents. Et si les parents n'ont pas de mémoire non plus ? Je préfère ne pas envisager cette hypothèse...

Bon, d'accord... Si eux ne se souviendront sans doute pas de moi, moi, je me souviendrai d'eux. J'ai les photos du Carnaval, les photos de la sortie à la ferme. Des tas de minois joufflus, des sourires jusqu'aux oreilles, des têtes de mules, des loulous endormis dans le car. Ces instants, je les ai capturés. Je n'oublierai pas mon premier lundi en responsabilité. L'angoisse au ventre. La découverte de mes élèves. Apprendre les prénoms, cerner les personnalités. S'apprivoiser petit à petit. Et les quitter le lundi 2 juillet en me demandant à quoi ils ressembleront, ces loupiots, dans une vingtaine d'années, quand ils auront mon âge...

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publié dans : Mirabelle, PE2, maîtresse stagiaire par Mirabelle

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Opinion


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Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




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Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


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