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Grains de sel

Mots en l'air


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 3 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !


Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !


Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Perdu le fil ?

Bruit qui court

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Mardi 27 mai 2008
Mon cher Victor,


C'était ce matin, en préparant mon cahier journal, alors que mes 25 CE2-CM1 s'installent à leur table. Ils bacouettent, comme tous les jours, et moi, comme tous les jours, je suis obligée de rappeler qu'on rentre en classe dans le calme. Ce matin, donc, j'attends un retour quant aux magnifiques cartes confectionnées pour la Fête de la "Personne qu'on aime". Je prends un air enjoué :


- Alors ? Est-ce que vos mamans ou vos amis ont bien aimé votre cadeau ?


L'enthousiasme est plus que mesuré. J'ai droit à des sourires polis, à des "oui" très (trop) discrets, genre on-dit-oui-pour-ne-pas-décevoir-la-maîtresse. J'attends mes compliments, j'en trépigne presque, quand soudain, Hector prend la parole, l'air aussi excité que le petit chien jaune qui secoue la tête à l'arrière des voitures :

- Maîtresse, ma mère elle a bien aimé mais...

Là, pause théâtrale. Tout le monde est suspendu à ses lèvres, cois de curiosité. Et moi, le "mais" me fait craindre le pire...

- Mais qu'est-ce que c'était joli ce qu'ils ont fait les CP de Clotilde !


Aujourd'hui, c'était donc ma fête à moi... Ah bon ? Il y a eu autre chose ? Oui, et dès 9 h, alors que je luttais pour surveiller le portail à l'arrivée des élèves ! Quoi donc ? Eh bien tu le sauras demain, petit curieux !
par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 commentaires (1)   
Lundi 26 mai 2008
Mon cher Victor,

Le samedi matin, c'est bien connu, ce n'est pas le jour préféré des élèves... Ni des parents d'élèves ! Ainsi, à 9 h, le papa d'Hector, CM1, débarque dans la cour et m'annonce qu'Hector-ne-viendra-pas-à-l'école. En revanche...

- Est ce que je pourrais récupérer la petite carte de la Fête des Mères d'Hector ?

Il a fallu que j'aille la chercher illico-presto évidemment. Heureusement pour ce papa, je ne suis pas encore expérimentée au point de dire ce que je pense aux parents, contrairement à d'autres collègues. Tu lui aurais dit quoi, dans ce cas ? Eh bien, je lui aurais dit que si l'école pouvait attendre lundi, le cadeau pour Maman pourrait patienter jusqu'à lundi aussi ! Eh bien, non Mirabelle ! Et pourquoi donc ? Parce que la fête des mères, c'était dimanche ! Oh, écoute, on ne peut quand même pas avoir le beurre et l'argent du beurre ! Sauf quand on a face à soi une jeune maîtresse inexpérimentée comme toi... Oui. Dans cette configuration, le papa, l'enfant et la maman pourront se frotter les mains, en effet...
par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 commentaires (3)   
Dimanche 25 mai 2008
Mon cher Victor,C'était mardi dernier, en pleine séance de littérature. Après avoir résumé (par groupe, admire la formidable instit' que je deviens !) les extraits du chapitre 3 de "Dico Dingo", voici le temps de les remettre en ordre pour tenter de reconstituer le bon déroulement de l'histoire. J'écoute les suggestions des uns et des autres et souris devant les propositions toutes plus farfelues les unes que les autres. Puis j'annonce, triomphalement :

- Eh bien aucune de vos suppositions n'est bonne !
- C'est quoi alors, Maîtresse ?
- Eh bien...
- C'est l'extrait 5 d'abord et puis le 3, non ? C'est pas ça ?
- Eh bien...
- Maîtreeeeeesse, personne n'a bon, c'est sûr ?
- Alooooors... Le bon ordre eeeeest..... Il est 10 h 30 ! Petite pause pour la récréation avant d'avoir la réponse !


Yeux au ciel. Soupirs de frustration. Et Eléonore qui vient me voir, alors qu'elle met son manteau pour sortir :

- Maîtresse, ça fait comme dans la Star Académy, quand ils donnent le gagnant après la pub' !
par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Mirabelle, maîtresse T1 commentaires (4)   
Samedi 24 mai 2008
C'est d'avoir un fou rire monumental, barricadée dans ma classe, à pousser comme une folle contre la porte de ma classe, avec dans l'histoire un tuyau d'arrosage, une collègue quasiment en retraite qui pouffe comme une petite fille, un collègue qui sait mettre de la joie et de la folie dans le quotidien monotone. C'est d'élaborer une riposte imparable pour lundi avec la complicité de l'instit' de CP et partir de l'école le sourire aux lèvres, en me disant que c'était un joli samedi matin.
par Mirabelle ajouter un commentaire
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Vendredi 23 mai 2008
Il m'a remplacée. Ca y est. Je suis remplacée. Je le sais depuis mercredi. Par une prof en plus. J'avoue que cela a été très dur de l'entendre. Comme si je ne le connaissais plus. Comme si je le découvrais. Ce n'est toujours pas facile, d'ailleurs. Mais c'est peut être un service qu'il me rend au fond. Même si je comprends pas... Il y a encore quelques semaines, il clamait qu'il m'aimait et n'aimait que moi. Et tout à coup il y en a une autre. Une prof en plus. Oui, je sais, je l'ai déjà dit. Il ne lui aura pas fallu longtemps pour m'oublier. Et ça m'attriste. Et ça m'écoeure. Et je ne comprends pas.
Ce que j'avais toujours admiré chez lui, c'était le temps qu'il s'accordait avant de commencer une nouvelle histoire. Je ne le percevais pas comme un coureur mais comme un amoureux, et je ne l'en aimais que plus. Parce que j'avais toujours aimé ça chez lui. Il n'y a pas si longtemps, il me disait : "Non, je n'ai trouvé personne. Je ne cherche pas. Je sais qu'il va me falloir beaucoup de temps. Je n'ai pas envie." Et je le croyais. Je le croyais tellement. Ca me rassurait. Je me disais que nous avions bel et bien vécu la même histoire. Une grande histoire d'amour, qui ne s'oublie pas en claquant des doigts. Sauf qu'il m'a déjà oubliée. Ceux qui connaissent le fin fond de l'histoire, celle que je n'ai pas racontée ici, sauront combien je tombe de haut, et combien c'est dégueulasse de sa part. Combien c'est contradictoire.
Pour une fois, je n'écrirai pas un texte à rallonge. Surtout si c'est pour le supprimer plus tard parce que finalement, je le trouve trop intime. Parce qu'il n'y a plus rien à dire. Que je suis triste et c'est tout. J'atterris.
Je ne l'aurais jamais cru capable de me rayer de la carte aussi vite. Jamais. J'évite d'imaginer qui elle est. Et si elle l'aime. Et qui a fait le premier pas. Et si elle est blonde, brune. Si elle est plus mince que moi. Si elle est mieux que moi. Si elle est grande, porte des jeans moulants. Si elle est sportive. Ca ne me donne rien, à part remuer le couteau dans la plaie. Je réalise, tout doucement. Je réalise tout doucement ce que je n'étais pas parvenue à admettre jusqu'ici, malgré mes grandes déclarations et mes odes à la liberté tout à fait feintes : nous ne reviendrons pas l'un vers l'autre. Ce n'est plus ma moitié. Lui et moi, c'est terminé. Lui et moi, ce n'était rien. Un tout petit grain de sable dans un désert. Et il n'y a plus rien à dire. A part qu'il ne fait que me décevoir. Et que maintenant, c'est sans aucune importance. Sans aucune incidence. Sans aucune légitimité.
par Mirabelle ajouter un commentaire
publié dans : Ecrire, écrire, écrire... commentaires (8)   
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